En mars 2017, nous avions été invités à la présentation du projet de dragage du port du Brise Lame d’Anglet. Lors de cette conférence, il avait été convenu qu’un bilan des opérations serait exposé aux associations en lien avec la problématique. Un an après, c’est à dire le 04/04/2018, Karine Plagnot, ancienne responsable Qualité Sécurité Environnement au port de Bayonne et directrice du port de plaisance du Brise-Lame d’Anglet depuis Mars 2015, a présenté un compte rendu des opérations qui s’étaient déroulées entre le 15 mars et le 15 mai 2017.

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La drague aspiratrice en jaune est en pleine action dans la partie Est du port de plaisance.

Pour rappel, c’était l’entreprise Merceron qui avait été retenue pour réaliser les travaux de retour à l’état initial de 2004 . Pour y parvenir, cette société avait utilisé une drague aspiratrice stationnaire installée sur une barge. L’engin, ainsi que les tuyaux, ont été installé du 6 au 15 mars pour débuter les opérations dans les temps. L’épaisseur de la couche de sédiment à enlever dans le port variait entre 1 mètre et 1.5 mètres. Ces opérations auront duré presque deux mois puisqu’elles se sont terminées le 12 Mai. Le volume total dragué aura été de 34 963 m3 soit la quasi-totalité autorisée par l’arrêté préfectoral. Ce résultat donné par l’entreprise Merceron a été contrôlé par des relevés bathymétriques effectués par la Région.

Afin d’évaluer l’impact des rejets sur l’environnement, plusieurs paramètres ont été suivis pendant et après la campagne:

Durant la campagne:

1/ Deux sondes de suivi de turbidité ont été installée dans l’Adour une, située en amont du port du Brise-Lames au niveau du ponton du remorqueur Baléa, à 700 mètres de l’entrée du port, et l’autre, en aval devant la tour des signaux, soit à 1100 mètres du port. Initialement, elles étaient prévues à proximité de l’entrée du port de plaisance, mais aucun moyen d’amarrage n’avait satisfait la capitainerie et les pilotes de l’Adour pour sécuriser la navigation des navires de commerce. Cela explique pourquoi leur distance par rapport à la théorie soit aussi importante. Aussi, des mesures de corrélation ont été réalisées pour démontrer qu’elles reflétaient la réalité à plus de 70%, et ont été validées par la police de l’eau. Ces sondes avaient pour but de surveiller, toutes les dix minutes, le taux de matière mise en suspension (MES) par les rejets de dragage à l’extrémité du tuyau plongé dans l’Adour (voir schéma ci-dessous). Les rejets ont toujours été réalisés au jusant, soit une heure après le début du descendant et ce, jusqu’à une heure avant la marée basse, à raison de deux fois par jour.

port du brise lame b

Durant la campagne, six dépassements de seuil ont été enregistrés:

  • Trois l’ont été en dehors des activités de dragage, deux liés à une crue et un lié à une remise en suspension des sédiments dans l’estuaire de l’Adour suite à une forte marée.
  • Trois l’ont été durant les activités de dragage et, à chaque fois, durant la dernière heure de travail. L’un a eu lieu lors d’une décrue de l’Adour et les deux autres lors d’un événement accidentel lié à un colmatage du capteur de la sonde par des algues. Dans tous les cas, les activités ont été arrêtée immédiatement dès que l’alarme eu été lancée par SMS par les sondes.

2/ Dans l’enceinte du port, des mesures ont été réalisées par le laboratoire de Pyrénées sur l’oxygène dissout, la température de l’eau, les MES (limite 50 mg/l) et la bactériologie (E. Colis). Aucune anomalie significative n’a été relevée.

Après la campagne:

  • La faune macro benthique a été suivie pour évaluer l’impact qu’aurait pu avoir ces activités sur l’environnement. Cette faune spécifique est située dans les premiers centimètres du sédiment et possède une longévité importante. Cela en fait un très bon marqueur du milieu lors des activités de rejets. Deux zones de suivi ont été choisies (voir schéma au dessus): une au niveau du remorqueur qui présente majoritairement des vers et une autre au niveau de la capitainerie qui présente plutôt du coquillage. Il y a eu cinq campagnes de carottage pour mesurer la diversité des espèces: une un mois avant le début des travaux, une durant les activités, une à la fin de la campagne, une 3 mois après et une 6 mois après la fin des travaux. En terme de peuplement, et à la vue de la bibliographie existante sur la faune de l’estuaire de l’Adour, rien n’est paru anormal sur la variation des populations d’espèces suivies.
  • Concernant les paramètres physiques des sédiments prélevés, sable et limon, il n’y a pas eu, là non plus, de modification significative.

La communauté d’agglomération Pays Basque a débuté récemment une réflexion globale pour une solution d’entretien du port de plaisance plus pérenne dans l’avenir et répondant aux nouvelles exigences environnementales. Nous avons demandé d’être tenus informés quand au choix qui sera opté pour les prochaines années. Nous restons mobilisés!

L’équipe SosLa

NB/ Exposé présenté aux associations ici: 20180404_SuiviEnv présentation [Lecture seule]

 

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