Histoire des naufrages aux abords de l’embouchure de l’Adour. IV

 

Les naufrages survenus entre 1866 et 1895

 

Suite à l’avancée incessante de la terre sur la mer, et ce à raison de 3 mètres/ an, la visibilité de la tour des signaux et des autres balises depuis l’océan devient de moins en moins évidente. Les naufrages liés à un manque de distinction des signaux depuis le large sont en augmentation ces dernières années. (28) Il s’ensuit une campagne de construction de nouvelles balises au plus près du rivage entre 1866 et 1869 afin d’articuler un système de communication plus moderne. En même temps, la plage de la Barre comme celle de la Chambre d’Amour s’équipent de lances amarres pour venir en aide aux marins à bord des navires échoués. (26) Un nouveau remorqueur, ‘ »Adour n°2 » est mis en service en 1869 et contribue à l’amélioration du franchissement de la Barre, même si parfois cet ange gardien est à l’origine d’accidents. Le risque zéro n’existe pas mais il restera très utile pour le renflouement des navires échoués. On le verra à plusieurs reprises aller de Saint Jean de Luz jusqu’à Capbreton pour apporter son aide précieuse aux navires en difficulté. Toujours à la même époque, on constate que les jetées en charpentes de bois construites dix ans plutôt sont ruinées par l’océan. Elles vont être remplacées progressivement par des jetées en palées métalliques et des jetées tubulaires qui vont s’avancer plus dans l’océan pour chasser le sable de la Barre. Mais là aussi, à plusieurs reprises, des navires en difficulté viendront s’y heurter, provoquant de sérieuses avaries. Voici les dates et les circonstances des naufrages que l’on a retrouvés entre 1869 et 1895:

-Le 13 Février 1869, le brick goélette français « Jeune Gustave » venant du Havre avec un chargement d’huile de pétrole s’échoue sur la pointe sud de l’embouchure en dehors de l’estacade. L’équipage est sauvé grâce à un va et vient organisé par une brigade de douane depuis la plage. Le navire non endommagé pourra être renfloué dès que son chargement sera déposé à terre. (26 et 42)

 

jeune gustave 1869

L’épave du voilier Jeune Gustave posé sur la grève au sud immédiat de l’Adour avec un campement de fortune a proximité, des bidons d’huile de pétrole et un canot de secours. On aperçoit aussi les vestiges de la digue de charpente.

 

– Le 25 Avril 1875, le lougre « la Bonite » transportant de la houille s’approche avec deux autres goélettes pour franchir une Barre paisible. Alors que ce navire s’avance en dernier pour passer entre les deux digues, le gouvernail obéit mal à son capitaine et le navire est subitement pris par le courant pour être porté sur la jetée nord. Un cordage est lancé depuis le bateau à une équipe de 20 personnes pour tirer le navire, mais il se rompt et, n’ayant pas jeté l’ancre, celui-ci finit par s’échouer sur la pointe de sable présente du même côté à 200 mètres en rivière. L’état du navire, qui date de 1835, ne permet pas son renflouage par manque de résistance. La coque du lougre va rester plusieurs années visibles près de l’estacade sans gêner la navigation. Des poteaux en bois portant des croix vont être disposés à proximité pour signaler la présence de l’épave. (16 et 45)

– Le 9 mars 1876, le vapeur le « Bayonnais » sombre en 4 jours sur la Barre de l’Adour après avoir abordé les tubes de la digue sud par l’avant puis par l’arrière. Il faudra faire sauter la chaudière du navire à la dynamite afin que cette dernière, posée en plein milieu du chenal, ne présente plus de danger pour la navigation…

archives

Après avoir heurté la jetée tubulaire sud suite à une tempête, le navire s’échoue sur le banc de la Barre avant de disparaître définitivement quelques jours plus tard! (5)

 

– Le 30 septembre 1876, la goélette anglaise « St George« , en difficulté au large, prend la remorque du navire « Adour » pour entrer dans le port. Au moment du franchissement de la Barre, un autre navire, l’ « Elisa de Grainville« , décide par erreur de rentrer au port en même temps, vient trop près du remorqueur et l’aborde. Le pilote est obligé de couper le câble de tractage pour sauver l’équipage de l’Adour de l’infortune.  Le « St Georges » est à la dérive et jette ses deux ancres, lui donnant un certain répit. Mais le vent ouest-sud ouest forcit, le navire chasse sur ses deux ancres et finit par s’échouer sur la côte.

– Le 6 Mai 1877, la goélette espagnole « Maria-Téresa » arrive de nuit devant la Barre de Bayonne. Alors que les feux verts de direction de l’embouchure sont éteints signifiant que toute entrée est interdite, le voilier s’engage sur la Barre et manque son passage en finissant sur la plage nord de l’embouchure! L’équipage est sain et sauf. Les tentatives de renflouage réalisées dès le lendemain ne donnent aucun succès. La houle finit par grossir et arrache le navire aux chaines qui le retiennent à la plage. Il dérive jusque dans le fleuve en cassant l’estacade nord au passage. Ensuite, il est repris par le jusant, il franchit la Barre et est à nouveau jeté à la côte à environ 300 mètres au nord de l’estacade dénué de mâts et d’agrès! Le navire transportait de la houille. Les objets qui seront récupérés de l’épave feront l’objet d’une vente aux enchères, notamment pour payer les frais de sauvetage à la Chambre de Commerce. (43)

– Le 13 Mai 1877, le steamer anglais « Tynedale » de 600 tonneaux, chargé de charbon s’échoue lors de son entrée après un problème de gouvernail contre l’estacade nord avec son arrière échoué sur le sable. Il est renfloué à la marée du lendemain à l’aide du remorqueur Adour, sans avoir éprouvé d’avarie. (44)

– le 18 Août 1878, le vapeur anglais « Electra » chargé de 600 tonnes de charbon à gaz talonne deux fois sur le banc de la Barre au moment de son entrée, à tel point que le deuxième choc brise le gouvernail et une vague de travers le porte sur la jetée sud où un tube métallique transperce la coque. Le navire sombre aussitôt sur le banc.

navire échoué à l'entrée sud de l'embouchure de L'Adour fin 1800

L' »Electra » échoué contre l’estacade sud. Les secours sont réalisés par une passerelle de fortune installée entre l’estacade et le navire.

steamer digue sud

Le cargo vu depuis la tour des signaux est littéralement posé sur le banc de sable contre la digue sud.

La cargaison est sauvée dans les jours qui suivent grâce à l’aide de gabares. Le navire est renfloué jusqu’au port pour y être réparé dans le bassin prévu à cet effet. (41)

Electra

Les mâts et autres matériaux ont été retirés du navire pour le renflouer plus facilement. Les badaud sont toujours présents pour contempler le naufrage et les opérations de sauvetage.

 

– En 1er Août 1878, le navire espagnol « Nuestra Seniora del Carmen« ,  chargé de bois de pin, butte contre l’estacade sud lors de sa sortie. Une forte voie d’eau se déclare obligeant l’équipage à abandonner le navire. Ce dernier ne coule pas complètement en raison de sa cargaison et il reste entre deux eaux en haute mer. Une tentative de renflouement est réalisée avec le remorqueur Adour mais force est de constater l’obligation d’abandonner l’épave, qui devient rapidement un écueil pour la navigation. De la dynamite est utilisée pour dégager le passage de la Barre.(7 et 40)

– Le samedi 28 Juillet 1879, le brick « Hyacinthe et Marie » venant de Rochefort sur lest s’échoue de nuit à 300 mètres sur la côte nord. Il est laissé à sec par la marée mais une montée de houle et des coefficients de marée ont raison de ce vieux navire. (39)

– Le 9 Novembre 1879, la goélette « Jeune aimée » a une voie d’eau au large de l’embouchure ne lui permettant pas d’attendre plus longtemps en mer. Le navire force le passage et casse son gouvernail sur la barre, ce qui le laisse à la merci du courant et des vagues. Il finit par être poussé à la côte sud balayée par les vagues. Ceux sont les deux frères Puyot, dont l’un est pilote à la tour des signaux qui viennent au secours du navire par la plage, accompagnés du marin Duprat. Ils lancent un filin sur le bateau pour organiser un va et vient dans cette mer capricieuse. Les quatre marins sont sains et sauf et les sauveteurs sont récompensés pour leur courage sans faille. (25, page 149)

– Le 10 mai 1881, le navire italien « Nueva Emilia Celestina » est conduit vers la sortie du port par le remorqueur Adour. Alors que la calaison admissible sur la Barre est à ce moment là de 4.25 mètres maximum, le pilote prend quand même la décision de conduire le navire vers la Barre avec une calaison du navire à 4.35 mètres. L’incident se produit au contact du banc de sable où le voilier de 379 tonneaux, ayant pour cargaison des poteaux de mine à destination de Newport, est littéralement posé sur la Barre suite à la rupture de l’amarre.  Les marins s’occupent de délester au plus vite le navire pour la marée suivante puis durant quelques jours, avant qu’il soit finalement considéré comme épave et vendu aux enchères. Les onze hommes d’équipage, sain et sauf sont rapatriés par le brick goélette « Can » présent sur Bayonne. (37)

– Le 13 Juillet 1882, le chasse marée « Santa Ana » se retrouve privé d’énergie au moment de franchir la barre après la chute du vent. Pris par le courant, il vient s’échouer sur la côte sud en face de l’hippodrome. L’équipage de sept hommes est immédiatement sauvé. Une escadre de quarante hommes décharge le navire de sa cargaison de bois. Il est renfloué 15 jours plus tard à l’aide du remorqueur Adour n 2. (38)

– le 17 septembre 1882, « le Lister« , un trois mats norvégien jaugeant 434 tonneaux, parti de Philadelphie avec une cargaison de froment, arrive devant la Barre de Bayonne. Il est tiré par le remorqueur « Adour 2″ vers le port avec une seule amarre. Alors qu’il est à 250 mètres à l’intérieur du fleuve, l' »Adour 2 » tente de ramener le navire dans l’axe. La remorque cède et le voilier est poussé par les courants vers la jetée nord. Le navire finit par s’échouer près de la rive droite dans l’embouchure.

voilier Lister

Le trois-mats norvégien s’échoue sur un banc de sable à l’entrée de l’ Adour vers 17h30, alors qu’il se faisait remorquer!

Une première tentative de renflouage est tentée une heure plus tard mais elle ne donne rien. Le lendemain matin, une voie d’eau fait son apparition dans la cale. Malgré l’appel à l’aide au remorqueur, celui ci ne vient pas. Au bout de cinq jours, le voilier finit par se mettre en travers du fleuve ce qui lui est fatal…(36)

– Le 15 Août 1891, le navire « Jacques » est à la remorque de l' »Adour n 2 » avec un autre navire pour quitter le port. Il se retrouve alors abandonné sur la Barre après la rupture de son amarre. Le temps que le remorqueur revienne le chercher, le navire a dérivé au nord de l’estacade nord malgré ses deux ancres mouillées. Les vagues finissent par pousser le navire jusque sur le sable. Durant les trois jours qui suivent, la cargaison de résine de pin, destinée pour St Malo, est déchargée, permettant au remorqueur d’arracher le navire au littoral après trois tentatives et lui permettre de regagner le port.

– Le 10 Février 1892, le steamer anglais « Denaby » venant de South-Shields et transportant du charbon percute l’estacade nord de l’embouchure, après la rupture de son gouvernail suite à un choc lors du franchissant de la barre. Pendant plusieurs jours, des réparations sont réalisées sur le navire et une partie de la cargaison est jetée en mer pour l’alléger.

Denaby

Le Denaby, au bout de l’estacade, dérive après son renflouage. Dans le fond, un des remorqueurs en opération.

Deux remorqueurs venus pour l’occasion, le « Bilbao » et le « Rodas« , viennent tirer le navire plein d’eau puis le reconduisent en sûreté au port. (17)

Denaby

Le navire tracté par un remorqueur devant l’embouchure fait le spectacle des gens venus pour l’occasion.

 

– le 21 mars 1894, le sloop français « Paquebot du Brésil« , après avoir franchit de 100 mètres la Barre, vient s’échouer sur le banc au nord immédiat de l’embouchure du fleuve suite à une accalmie de vent.(5)

Paquebot du Brésil

La feuille de route du « Paquebot du Brésil » le 21 Mars 1894!

Il est libéré de sa cargaison et on travaille le sable pour tirer le navire avec des cabestans et le renflouer rapidement, sachant qu’il ne connait aucune avarie. (70)

A cette époque en moyenne, il y a 1400 franchissements de la Barre de l’Adour annuellement, correspondants à la venue d’environ 700 bateaux. On compte généralement un naufrage tous les deux ans, ce qui ne représente plus que 0.07% des navires qui viennent à Bayonne, au lieu de 0.4% sur la période précédente. On note donc une très nette amélioration, qui est certainement liée à tous les aménagements de l’embouchure réalisés par les Ponts et Chaussées, mais aussi grâce à l’augmentation de la proportion des navires à vapeur sur les navires à voile, ces derniers ne représentant plus que 20% du trafic maritime vers 1895.

Prochain épisode: Les naufrages de 1896 à 1940!

L’équipe Sosla

 

 

 

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Histoire des naufrages aux abords de l’embouchure de l’Adour. III

Les naufrages survenus entre 1828 et 1863:

Après la chute de l’empire Napoléonien, les balises de l’embouchure sont reconstruites et le trafic maritime reprend. Bien que l’exutoire du fleuve parait plus stable qu’autrefois, le franchissement de la Barre n’en reste pas moins délicat. Grâce aux documents qui nous sont parvenus, nous avons pu déterminer les causes de naufrages les plus fréquentes durant cette période:

Le navire qui fait sauter son gouvernail en touchant le banc de la Barre par manque d’eau. Le navire est alors à la dérive et s’échoue là où le courant l’emmène,

Le navire pris dans un océan en furie et le capitaine désespéré qui prend la décision de rentrer au port coûte que coûte quitte à finir sur la côte sous l’œil des secours,

Les « coups de mer » ou vagues déferlantes qui, dans un moment inattendu, viennent heurter le navire sur la Barre provoquent son déséquilibre et son naufrage,

La chute inattendue du vent au moment où le bateau à voile franchit la Barre, le livrant à la merci du courant.

L’amarre du navire tracté par le remorqueur qui se brise lors du passage sur la Barre livrant une fois de plus le navire au courant.

1840 environ

Situation de l’embouchure de l’Adour vers 1840: le banc de sable venant du nord déborde dans le chenal et alimente l’écueil de la Barre plus au large.

 

Vous trouverez dans les paragraphes qui suivent les détails de ces naufrages qui, hélas, tournent souvent à la tragédie:

– Le 8 Février 1828, le brick  « Courrier de Bayonne » en provenance de Santander et transportant des passagers est poussé par une forte tempête lors de son arrivée devant la Barre. Les signaux des pilotes ne lui donne pas l’autorisation de rentrer. Il tente de patienter au large mais la violence des rafales finit par le jeter à la côte, englouti par les vagues et rejeté sur la plage centrale de Tarnos. Il a attendu pendant plus de 24 heures une autorisation de franchir la Barre qui ne vint jamais. L’équipage et tous les passagers disparaissent lors de ce triste accident.

Toujours en Février 1828, un chasse-marée chargé de bois de construction et appartenant à la marine française chavire sur la Barre. Il est renfloué et remorqué par les chaloupes des pilotes mais trois hommes sur sept périssent noyés. Le même jour, un autre chasse-marée chargé de sardine chavire au même endroit. Tous l’équipage y laisse la vie.

– En avril 1829, deux navires, l' »Aimé » et l' »Actif » s’échouent en plein sur le banc de Barre.

– En 1834, le chasse marée « Estelle » sombre sur la Barre de l’Adour. (56)

– En 1835, un chasse-marée chargé de froment fait naufrage à la Barre. Le navire est perdu et sur les quatre hommes d’équipage, trois ont péri. (56)

– En 1836, la sentinelle des Pyrénées rapporte que: « des habitants du village d’Anglet ont été arrêtés pour avoir pillé quelques marchandises appartenant à des navires naufragés, et le second d’un de ces navires a vu ses malles brisées sous ses yeux, et tous ses effets enlevés, lorsqu’il venoit à peine d’échapper à la fureur des flots. En vérité, il y a des cœurs que rien ne sauroit toucher… » Sauvage, les gens du coin, à l’époque!

– Le 01 Avril 1841, c’est la mise en service du premier remorqueur à vapeur de Bayonne, l' »Adour« . Il doit contribuer à améliorer le franchissement de la Barre pour les bateaux qui le souhaitent. Il est un service payant!

adour n 1

Le remorqueur Adour près des rives angloyes  vers 1854

 

– Le 8 Janvier 1843, un navire commandé par un marin de Biarritz est perdu, corps et biens, sur les plages d’Anglet. (56)

– Le 7 Octobre 1843, le chasse-marée la « Rosalie » coule à l’embouchure de l’Adour alors que l’autorisation d’entrée ne lui avait pas été donnée par les pilotes présents sur la tour des signaux.

– Le 1er Avril 1844, le « Sablais » venant de St Gilles avec un chargement de froment s’échoue à l’embouchure. L’équipage est sauvé ainsi qu’une partie de la cargaison. On tentera de renflouer le navire qui aura pas mal souffert la première nuit. L’opération sera une réussite!(67)

– Le 29 Avril 1846, la gabarre « St Anne » venant de Bordeaux s’échoue sur le banc sud de la Barre. Le lendemain, lors de son renflouement à l’aide du remorqueur, le bateau coule à pic après avoir été tiré sur une cinquantaine de mètre à l’intérieur du fleuve. Personne ne le reverra!

– Le 24 Janvier 1848, un sloop s’échoue sur la pointe nord de l’embouchure de l’Adour. Il sera renfloué à l’aide du remorqueur.

– Le 20 avril 1849, le brick-goélette « St André » à destination de Rochefort chavire une fois de plus au nord de la Barre pris sous le travers par un coup de mer. Le navire sombre, tout l’équipage disparaît. Il transportait du bois de construction.(63)

– Le 30 Avril 1850, le brick anglais « Ino« est remorqué par l’Adour n 1 pour gagner le port! Il a du mal à gouverner car le brick est surchargé et subit des embardés à l’approche du fleuve. Le câble d’amarrage finit par se briser et le navire, à la dérive, finit par s’échouer sur un banc de la pointe sud de l’embouchure.

– Le 30 septembre 1850, le sloop français « Lise Annette » venant de Douarnenez et chargé de sardines en baril s’échoue au sud immédiat de l’embouchure. Sur les quatre membres d’équipage, deux marins périssent. (68)

– Le 13 Octobre 1850, le lougre »Constancia » à destination de Bilbao s’échoue aussi au sud de l’embouchure. Il transportait du goudron et du souffre.

– Le 26 Novembre 1850, c’est l »Amédée » qui s’échoue au sud du Boucau avec à son bord de la laine, du vin et des minerais de Fer.

– le 02 Novembre 1851, le sloop « Industrie » venant de Morlaix et transportant das ses cales de l’avoine, s’échoue à quatre kilomètres au nord de l’embouchure.

– Le 26 Janvier 1852, c’est le brick-goélette « Marie-Louise » qui s’échoue à un mille au nord de l’embouchure en arrivant à Bayonne.

– Le 7 Février 1852, c’est pas moins de quatre navires qui s’échouent dans la même journée sur la Barre. L' »Harmony« , le « François« , le « St Charles » et le « Résolution« . Le premier au nord, les trois autres au sud immédiat de l’embouchure.

– Le 14 Juin 1852, le « Joven Concha » quitte Fontarabie avec sept hommes à bord pour venir chercher des planches à Bayonne. Lors de cette traversée, la petite goélette est prise subitement dans la tourmente. Elle lutte une journée entière contre le fort vent qui la pousse vers la côte car elle ne peut franchir la Barre en furie. Le lendemain, au petit jour, elle est prise sur le travers et finit par chavirer. Seul trois marins arriveront à gagner la côte à la nage. Ces hommes sont secourus par les préposés des douanes. Le navire arrivera brisé à la Chambre d’Amour. (64)

nauvrage anglet MDB

Des naufragés sur la plage de la Chambre d’Amour vers 1850. Peut-être ceux du Joven Choncha. Le campement de fortune est installé en haut du rivage en attendant un renflouage hypothétique.

 

– Le 16 février 1853, une-goélette anglaise est jetée par le vent et les courants sur la pointe nord de l’embouchure. L’équipage est sauvé.

– Le 18 février 1853, la journée a été déplorable pour le franchissement de la Barre de Bayonne. Trois navires se sont échouées en fin de matinée au sud de l’embouchure: une goélette anglaise la « Résolution » navigant sur lest a été brisée sur le rivage. Le chasse-marée « Saint Charles« , venant de Dournenez avec un chargement de sardines, est aussi perdu après que sa coque ait été ouverte à la marée du soir. Enfin, le « Français » venant de Rouen et transportant diverses marchandises s’échoue à l’extrémité sud de l’embouchure. Fort heureusement, aucune perte humaine n’est à déplorer ce jour là. (60)

– Le 20 mars 1853, le chasse-marée espagnol « Très Hermanos » quittant Bayonne pour Bilbao s’échoue à 1 km au sud de l’embouchure. Étonnement, le même jour, le chasse-marée « Joven Antonio » à destination de Santander connait le même sort! Dans les deux cas, c’est l’absence de vent au moment du franchissement de la Barre qui est à l’origine du naufrage. Personne n’a péri mais le premier navire a quand même été brisée après avoir déchargé sa cargaison. (61)

– Le 14 janvier 1854, le brick goélette français  » la Gazelle » chargé de houille en provenance de Nelly (Angleterre) finit sa course en sombrant à l’intérieur de la Barre par une mer forte agitée. L’épave est brisée au moment du franchissement et les lames l’ont rejeté à la pointe sud. Deux chaloupes du Boucau sont sorties courageusement pour aller chercher ces matelots à la mer. Ils en récupèrent sept dont un, dans un sale état, qui reçoit immédiatement des premiers soins à la tour des signaux. C’est le capitaine qui n’a, hélas, pas survécu. Une autre goélette et un chasse-marée qui assistent à la scène depuis le large en attendant leur tour ont préféré s’éloigner. Deux marins manquent à l’appel dans ce naufrage. L’un d’eux est rendu par l’océan quelques jours plus tard. L’autre a probablement été coincé dans une chambre de l’épave…(62)

– Le 14 décembre 1854, le brick « le Cygne » arrivant d’Angleterre se présente vers 11h00 devant la Barre avec un brouillard important. Les signaux, à peine visible, sont mal interprétés, le navire prend une mauvaise direction et finit par s’échouer à 250 mètres au sud de l’Adour. Il transporte dans ses cales du charbon de terre.

– Le 20 février 1855, le brick-goélette « Aimable Auguste » arrivant de Brest sur lest perd le contrôle de son sillage en franchissant la Barre après que le vent soit subitement tombé! Pris par le courant, il s’échoue à la pointe de l’extrémité sud de l’embouchure. Il sera perdu. (58)

– Le 27 mars 1855, l' »Auguste Degré« , après une journée en relâche à Socoa, décide de franchir la Barre de l’Adour avec un pilote à bord. Arrivé devant l’écueil, le vent tombe une nouvelle fois subitement, le navire subit la dérive et se trouve ballotté par de sérieux coups de mer. Aussitôt le pilote major à la tour signale que l’embouchure n’est plus praticable. Le capitaine, dans l’urgence,  jette l’ancre et décide de quitter le navire avec ses six hommes et le pilote. Aussitôt fait, l’amarre cède et le navire finit par s’échouer au sud de la côte. Les marins de Biarritz, assistant à la scène décident de venir en aide depuis le port des pêcheurs à la rame et réussissent à ramener l’embarcation et ses occupant dans ce petit havre. Le brick sera renfloué. (59)

– Le 30 Octobre 1857, le chasse marée « St Joseph » en provenance de Landerneau et transportant de l’avoine s’est échoué à cinq kilomètres sur la côte nord en voulant franchir la Barre! Le remorqueur vient à son secours mais le voilier résiste suffisamment pour empêcher le renflouage. Le remorqueur reste dehors toute la nuit pour intervenir au petit matin avec la marée. C’est alors un succès et le chasse-marée peut rentrer dans le port dans la matinée sans aucune avarie, ouf! (77)

– Le 19 mai 1856, la petite goélette anglaise « Helena » provenant de Liverpool et transportant de la houille s’échoue au sud de l’Adour après avoir été drossée par les vagues sur une grosse mer sans vent. L’équipage est sauvé et le navire renfloué dans les jours qui suivent grâce au remorqueur Adour et à l’assistance de spécialistes locaux.

– Le 21 octobre 1856, l »Odet » s’échoue sur la pointe nord de l’embouchure. Le navire est brisé en deux et deux marins sont noyés. Il arrivait de Bilbao et transportait du froment.

– Le 11 Janvier 1857, après une nuit à naviguer dans le golf de Gascogne à travers la tempête, le lougre « Celine« de Paimpol chargé d’avoine et malmené par les lames décide de franchir la Barre au petit matin malgré un brouillard qui lui masque la vue du phare de Biarritz. L’enfourchement de la houle lui brise son beaupré au raz de la coque rendant la navigation encore plus délicate. Fort heureusement, le navire fait côte au sud de l’embouchure, échappant à une Barre affreuse et permettant aux marins de gagner la terre. La cargaison est déchargée à marée basse ce qui permet de renflouer le navire un mois plus tard. (56)

–  Le même jour à la marée du soir, la tempête ayant redoublé de violence et la Barre grondant comme jamais. C’est dans ces conditions que la goélette « Berthe » venant de Dinan avec ses cales chargées de blé se présente devant Bayonne. Toutes les poitrines des hommes présents se serrent à son approche pressentant un grand malheur. Depuis l’océan, les marins à bord doivent aussi avoir une appréhension sinistre à la vue du lougre « Celine » échoué il y a peu sur la plage d’Anglet. Le lougre tenta le franchissement et à peine arrivée sur la Barre, une vague gigantesque vint l’engloutir à tel point que rien ne reparut aux tristes spectateurs sur place, hormis une immense nappe d’écume blanche. Il y avait là dans cet accident, des pères de famille, des jeunes pleins de vigueur, et même des enfants… Aucun secours ne pu être porté et, dans les jours qui suivirent, la mer rejeta les corps sans vie de ces marins au destin tragique. (56)

– Le 24 janvier 1857, le « Bienvenu » venant d’Auray avec ses cales pleines de grain s’échoue sur la barre en arrivant à Bayonne et finit à 2 kilomètres sur la plage de Tarnos. L’équipage est sauvé et le navire renfloué le 9 Février.

– Le 25 Janvier 1857, quatre goélettes font côte à l’embouchure de l’Adour: la « Marie-Eulalie » venant d’Anvers et chargée de froment et de haricots, la « Jeune Clara » chargée de seigle et venant de Dunkerque, le « Fhoff-Pilot« , venant de Liverpool avec une cargaison de maïs, les « Deux Frères » chargés de froment et venant de Nantes. La première finit sur la plage sud de la Barre. En effet, voyant que les vagues allaient balayer le pont du navire, le capitaine ordonne à son équipage de grimper aux matures, assumant seul de tenir le gouvernail. C’est ce qu’ils font et le capitaine, ballotté dans tous les sens reçoit un coup de barre dans la figure laissant apparaître une entaille. Malgré son acharnement à tenir bon, le gouvernail se brise et ils dérivent jusqu’à la plage. Il fait descendre son équipage et c’est après avoir sécurisé au maximum son navire qu’il descend pour aller se faire soigner à l’hôpital! La goélette est renflouée le lendemain à l’aide du remorqueur pour être réparée à Bayonne. Les trois autres voiliers finissent du côté nord de l’embouchure. Le navire « Deux Frères » se fait briser par les vagues mais l’équipage est sauvé comme sur les autres navires. Quelle triste journée quand même…(57)

– Le 01 Avril 1858, un chasse marée s’échoue à l’intérieur de la pointe nord de l’embouchure. Il sera relevé.

– Le 07 mai 1858, un navire quittant le port, s’échoue sur le nord de la Barre. Cette fois ci, seul l’équipage sera sauvé par le pilote major.

– Le 11 septembre 1859, l' »Aimable Guillemette » sort du port et se retrouve tout de suite en difficulté après le franchissement de la Barre et s’échoue sur la plage à 500 mètres plus au sud. Le navire est en peu de temps brisé et l’équipage sauvé grâce au canot.

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Reste d’une épave brisée par les vagues près de l’embouchure de l’Adour. Des hommes sont là pour récupérer ce qui reste de la cargaison de pierre, probablement du lest.

 

– le 12 février 1860 vers 16h00, le vapeur « Siméon » sur lest, tente de franchir une Barre peu praticable. Il casse alors la chaîne de son gouvernail suite à un choc violent sur le banc. A la dérive et poussé par les paquets de mer, il s’échoue sur la côte nord et subit des dommages considérables. Les treize hommes d’équipage sont sains et sauf mais la coque est brisée par l’océan la nuit suivante. L’épave sera détruite sur place. Les machines et la cargaison seront sauvées. La chaudière finit au fond du fleuve après qu’un coup de vent fasse perdre l’équilibre à l’embarcation qui la ramène au port. Il y a des destins que l’on ne peut changer! (54)

– Le 15 mars 1860 à 11h00, le chasse marée « La Sidonie » venant de Marans sur lest, dans une tempête monstrueuse, fait côte entre le phare et la Chambre d’Amour. Les sept hommes d’équipage sont sauvés. Le navire sera défoncé par la houle et on vendra ses débris sur la plage. (55)

– Le 10 avril 1860 vers 18h30,  la goélette française l' »Euphémie » venant de Quimper avec un chargement d’avoine s’échoue au sud de l’embouchure, juste en arrière des travaux de consolidation des nouvelles estacades. L’équipe des douanes intervient suffisamment vite pour sauver l’équipage. La cargaison sera déchargée à basse mer. Elle sera renfloué quelques jours plus tard.

– Le 28 Février 1861, la chaloupe espagnole non ponté « Inocensia » continue sa route vers le port de Bayonne malgré que le pilote-major est levé le signal d’interdiction de franchir la Barre. Elle est alors prise par un coup de mer en franchissant l’écueil et vient sombrer à l’intérieur du fleuve à 100 mètres de l’extrémité des jetées. Les sept hommes d’équipage ont à peine le temps de mettre le canot à l’eau et de s’y installer dedans pour gagner la terre. La chaloupe, poussée par les flots, s’échoue sur les rochers des tillacs. Le remorqueur tente de la sortir de ce faux pas en la tirant par son mât de misaine. Mais ce dernier casse et la chaloupe sombre une nouvelle fois sur le banc de sable devant la tour de pilotage. Les équipages des lonches qui sont dans le port, vont tenter de la renflouer mais le petit navire sera quand même perdu. (75)

–  Le 12 Mars 1861, la goélette française « Georges » de présente dans une énorme tempête devant Bayonne à 16h00. Ne pouvant ni rester en mer pour la nuit, ni franchir la Barre pour trouver refuge, le navire, chargé en lest, tente de gagner la côte alors que les vagues brisent à plus de deux kilomètres au large… Nombreux sont les spectateurs qui assistent à cette pénible scène en attendant avec anxiété le dénouement. Elle s’échoue ainsi sur les plages d’Anglet à 500 mètres de l’embouchure, sans avarie, et son équipage de cinq hommes est miraculeusement sauvé!  Elle sera renflouée.(51)

– Le 17 Mars 1861, la chaloupe espagnole non pontée »Pasagera » venant de Pasajes sur lest et à direction de Bayonne, se présente devant l’embouchure par une jolie brise de nord-ouest le dimanche à 16h30. Elle reçoit un coup de mer au moment du franchissement de la Barre et sombre immédiatement au milieu des brisants. Les huit hommes présents à bord se retrouvent éjectés dans l’océan et tentent pour les uns de regagner le bord, de s’accrocher sur les objets flottants pour les autres, et ce devant plus de 300 personnes en train de contempler l’océan en cette belle fin de journée. Le pilote de garde récupère six marins dans sa chaloupe et un pêcheur sauve les deux autres avec son couralin. Le capitaine, presque noyé, est ramené à la vie grâce au travail du pilote et d’une équipe médicale durant deux heures. La lonche, quant à elle, est rejetée sur la côte sud. Trop vielle et trop endommagée, elle finit comme épave. (52)

– Le 04 septembre 1861 en début d’après-midi, la chaloupe espagnole « Sébastiana » venant de Fontarrabie sur lest arrive sur la Barre quand elle est prise par un violent coup de mer qui l’envoie sur la pointe nord de l’embouchure. Elle s’échoue entre le banc et les travaux de l’estacade nord. Les secours viennent rapidement grâce à la présence des ouvriers du chantier des digues. Tous les marins seront sauvés et le navire renfloué. (76)

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L’embouchure de l’Adour avec vue sur les travaux des digues à claire voie exécutés entre 1859 et 1868 et l’entrée d’un voilier tracté par le remorqueur Adour n 2!

– Le 16 Octobre 1861, le brick français « La Suite » et trois autres navires sortent du port de Bayonne à la remorque du vapeur Adour 2. Plus lourdement chargé que les autres, avec une cargaison de matières résineuses, « La Suite » n’arrive pas à rester dans le sillage du remorqueur et vient talonner le banc devant l’estacade sud, suffisamment fort pour détacher l’amarre. Pris par le courant, et sans ancre « sous la main », il est porté contre l’estacade avant de s’échouer à extérieur de la jetée. Ne connaissant pas d’avarie, il sera rapidement renfloué. (52)

– Le 12 décembre 1861 le paquebot à vapeur « Aviso » venant de Pasajes avec quelques passagers prend des coups de mer au moment de franchir la Barre, à tel point qu’il se met en travers et une de ces déferlantes le pousse jusqu’au nord de l’embouchure, c’est à dire au même endroit que le « Siméon » deux ans plus tôt. Après avoir évacué les passagers, le spécialiste des renflouements, M. Ader, fait remonter le navire sur le haut de la plage à l’aide de cabestans pour le protéger de l’impact des vagues. Une quarantaine d’hommes va travailler le sable pour des opérations de remise à l’eau et sauver le vapeur.

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L’Aviso à vapeur vent debout par Louis de Guarneray

 

– Le 13 Janvier 1862, suite à l’arrivée d’une tempête violente, le chasse marée « Arthur« , chargé de lest, se retrouve à lutter toute la nuit au large de Bayonne contre les brisants. Au petit matin, sa voile de misaine est totalement déchirée. L’heure du flot pour entrer dans le port étant encore loin, le capitaine préfère faire côte à 300 mètres au nord de l’embouchure! L’équipage est sauvé et le navire, n’ayant que deux ans d’age, ne connait aucune avarie… Il est alors renfloué pour repartir au travail mais coup du sort, le navire s’échoue une nouvelle fois le 30 septembre de la même année et cette fois-ci au sud de l’embouchure. En effet, le capitaine commet une erreur d’interprétation des signaux. Il tente de franchir la Barre alors que la profondeur d’eau n’est pas suffisante! Il talonne à plusieurs reprises, casse son gouvernail et dérive au sud jusqu’en bout d’estacade, où il jette l’ancre pour se maintenir contre la jetée. Mais les conditions météorologiques se dégradent, le navire chasse et finit par s’échouer sans gravité au sud immédiat de l’embouchure. La cargaison est tout de même perdue. (49)

– Le 20 Octobre 1862, c’est au tour du lougre breton « Les Deux Joachim » de connaitre une fin tragique à Anglet. Alors qu’il vient de Sunderland avec un chargement de houille, il est pris sur la Barre, ballotté et projeté sur l’estacade sud avec une telle violence qu’il finit défoncé sur la plage. L’équipage a le temps de quitter le navire avant que ce dernier ne soit brisé durant la nuit suivante au même endroit que l' »Arthur » vingt jours avant. (50)

– Le 15 décembre 1862, la chaloupe espagnole pontée « Madalena » chargée de différentes marchandises est jetée sur la pointe sud de l’embouchure suite à un coup de mer survenu au moment du franchissement de la Barre. L’équipage est sauvé et le navire renflouée.

– le 16 Janvier 1863, le brick français « La suite » transportant aussi de la houille et provenant de New-Castel est de retour à Bayonne. Il se présente vers 10h00 du matin devant la Barre. Malheureusement, il est pris par le courant qui le jette sur la dernière travée de l’estacade sud, causant une voie d’eau importante et le naufrage du navire. Il sombre rapidement et l’équipage de six marins est sauvé par l’intervention éclair du pilote Puyo et de sa chaloupe. Seul le capitaine disparaît dans les flots avec son navire pour toujours. (48)

– Le 26 Janvier 1863, la « Marie-Louise » de Bayonne et venant de Paimboeuf sur lest fait côte au nord de l’Adour à 16h00. L’équipage est sauvé, pas le navire!

– Le 10 février 1863 à 9h30 du matin, les bricks « La Louise » et « Hortense » profitent d’une embellie annoncée par la tour des signaux pour sortir en mer et rejoindre leur destination. Remorqué par l’Adour n 1, ce dernier est assailli par plusieurs vagues au moment du franchissement de la Barre, se retrouve en difficulté et on le craint bientôt à la côte avec ses deux voiliers en remorque. Fort heureusement, les amarres se brisent ce qui lui permet de se tirer de ce mauvais pas. Hélas, « La Louise » livrée à elle-même n’a pas le temps de sortir ses voiles et se retrouve enchâssée contre l’estacade sud en brisant quelques pieux. L’équipage a juste eu le temps de s’échapper mais le navire, qui prenait le cap de St Sébastien avec une cargaison de bois est totalement perdu. Le brick « Hortense« , moins engagé que sa consœur sur la Barre, a le temps de hisser ses voiles et faire demi-tour jusqu’au port sans trop d’avarie. Durant la nuit suivante, l’océan va soulever l’épave de la Louise pour la tirer en mer. Le lendemain, le vapeur Adour réussit la saisir et l’amener sur le travers de la plage de la Chambre d’Amour!(46)

– Le 7 septembre 1863, c’est au tour d’un chasse marée espagnol « Amistad » de sombrer à l’embouchure de l’Adour avec son chargement de minerais. Quatre marins doivent leur salut aux bouées jetées depuis l’estacade sud. Le capitaine, qui a la jambe brisée dans l’accident sera transporté à l’hôpital de Bayonne à l’aide d’une embarcation remorquée par le vapeur « Siméon« . Le cinquième marin périt noyé. (47)

– Le 01 Janvier 1864, la goélette « Iris » a fini à la côte à 2 km au nord de l’Adour. Elle ne pourra être renflouée.

A cette époque, il y a en moyenne 1500 franchissements de la Barre de l’Adour annuellement avec des pics à 2200 certaines années correspondant à environ 1100 bateaux. On compte généralement trois naufrages par an entre 1843 et 1863 essentiellement durant la période hivernale ce qui représente 0.4% des navires qui viennent à Bayonne. Même si c’est peu, cela reste pour la population locale des faits marquants notamment quand les marins disparus sont des homme du pays.

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Vapeur franchissant la Barre de l’Adour en plein coup de mer, accrochez-vous matelot !

 

Prochain épisode: les naufrages de 1866 à 1896!

L’équipe Sosla

 

 

 

 

 

Clapage côtier 2018: joli doublé pour Hondarra !

Ça y est, les chiffres du clapage côtier sont arrivés et ils sont excellents! La drague Hondarra signe un joli doublé puisqu’elle réitère le record de 2017 en réalisant une nouvelle fois 100% de clapage au droit des plages d’Anglet. 364 432 mètres cubes de sable auront été dragués cette année à l’embouchure de l’Adour et auront fini clapés en totalité dans la zone située entre la plage de la Madrague et la plage des Dunes, secteur qui a toujours été délaissé depuis le début de cette pratique en 1974. Nous connaîtrons prochainement l’impact de ces dépôts marins sur les bancs de sables du nord du littoral. 

Rappel historique des clapages côtiers de la côte angloye:

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En vert, le sable qui a été ramené à la côte, en rouge, le sable qui a été perdu pour le littoral. Cliquer sur l’image pour un agrandissement!

Explication diagramme:

Avant 1974, le sable dragué à l’embouchure de l’Adour était perdu au large provoquant une érosion sans précédent des plages d’Anglet: Pas de Cadre!

En 1974, l’état alors propriétaire du port, est condamné pour être à l’origine de l’érosion artificielle des plages d’Anglet. La DDTM de Bayonne met en place dans l’urgence le clapage côtier avec de bons résultats (83% de retour à la côte), d’abord avec sa drague à demeure (1974-1984) puis avec des dragues venues de l’extérieur (1980-1990). Les volumes dragués sont importants et varient en moyenne autour des 700 000 m3 : Cadre vert!

Entre 1991 et 2003, la DDTM n’est plus pro-active sur le clapage côtier alors qu’elle était garante des mesures compensatoires issues de la condamnation de l’Etat. Les résultats des clapages côtiers sont en forte baisse. (15% de retour à la côte) Des dragues venues de toutes l’Europe viennent travailler au port de Bayonne: Cadre violet!

Entre 2004 et 2010, c’est l’arrêt du clapage côtier. Le président de l’ACBA, aussi maire de Biarritz, fait stopper cette activité compensatoire car il est persuadé, à tort, que se sont les clapages côtiers qui polluent ses plages… Les volumes dragués sont en baisse et varie autour des 500 000 m3. Mais l’érosion artificielle de la côte angloye s’accélère à nouveau: Cadre noir!

Entre 2010 et 2015, le clapage côtier reprend grâce à l’association de la ville d’Anglet, la Région Aquitaine et de la CCI Bayonne Pays Basque sur le projet. Des dragues venues d’ailleurs reprennent cette pratique sans trop de contraintes jusqu’à notre manifestation en 2012. Les volumes dragués baissent encore avec des moyenne autour des 400 000 m3: Cadre orange!

Entre 2015 et 2018, la nouvelle drague à demeure Hondarra travaille dans de bonnes conditions. L’équipe du navire ne cesse de progresser, fait tomber les records chaque année et finit par réaliser deux sans faute en 2017 et 2018 . Les volumes dragués baissent encore ce qui montre l’avantage d’une drague à demeure: Cadre jaune!

Il aura fallu attendre 43 ans pour obtenir ce résultat idéal et faire en sorte que cette activité portuaire ait un impact sédimentaire moindre sur la côte angloye:

L’équipe SosLa

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Mars 2018, la drague Hondarra est en train de draguer juste devant l’exutoire de l’Adour.

Histoire des naufrages aux abords de l’embouchure de l’Adour. II

II- Naufrages survenus lors du blocus de Bayonne en 1814:

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Carte anglaise d’époque pour les opérations de blocus de Bayonne annotées par nos soins!

– Le 24 février 1814, durant la guerre contre l’empereur Napoléon 1er, les troupes anglaises, espagnoles et portugaises, menées par le général Wellington, remontent d’Espagne et tentent de traverser l’Adour près de l’embouchure pour resserrer l’étaux sur la ville de Bayonne fidèle à l’empire. Le général anglais imagine construire un pont de bateaux entre la Tour des signaux, aujourd’hui la Capitainerie du port, et la berge de Tarnos de l’autre côté du fleuve. Cette opération périlleuse, retardée à maintes reprises en raison des mauvaises conditions météorologiques, prévoie d’envoyer depuis St Jean de Luz soixante et un bateaux afin d’acheminer le matériel nécessaire à l’entrée de l’Adour pour construire un pont. Sur les 61 embarcations envoyées, 34 réussiront à franchir l’embouchure de l’Adour, 15 s’échoueront et 12 y renonceront. Il est important de rappeler qu’en temps de guerre, toutes les balises avaient été retirées par les troupes françaises pour rendre la navigation plus délicate. Mais l’opération fut un succès puisque les Anglais avec l’aide de quelques pilotes séparatistes réussirent à construire le fameux pont et prendre position de l’autre côté de la rive resserrant ainsi l’étau autour de la citadelle de Bayonne.(2)

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Le pont de bateau réalisé par les alliées pour le franchissement de l’Adour en 1814

 

De toute l’histoire de l’embouchure de l’Adour, c’est probablement ce jour de 1814 où la Barre de l’Adour aura causé le plus de naufrage et le plus de victime du à un franchissement stratégique en temps de guerre.

Prochain épisode: « Les naufrages survenus entre 1828 et 1866« 

L’équipe SoSLa

(2) Le franchissement de l’Adour par les anglais en février 1814. Général F. Gaudeul.

 

 

 

Histoire des naufrages aux abords de l’embouchure de l’Adour.

D’après une étude de Laurier Turgeon sur les morutiers basques du 17 ème et 18 ème siècle(1), les naufrages étaient jadis plus fréquents à l’entrée et à la sortie des ports qu’en pleine mer car le risque de rencontrer un écueil près de la côte était bien plus important que celui de sombrer au milieu de l’océan dans une violente tempête. C’est ainsi qu’au moyen-âge, les accidents de navigation étaient suffisamment fréquents dans la région pour que les seigneurs locaux exigent un droit de naufrage sur leurs terres. (14) C’est alors que l’inventeur, c’est à dire celui qui découvrait le bateau échoué ou ses restes sur la plage, avait obligation de restituer la cargaison au seigneur dont il dépendait. Ce dernier ou son représentant légal, partageait le butin en trois: une part pour le seigneur, une part pour le propriétaire du navire et une part pour son inventeur… Après plusieurs jours de ramassage, les restes abandonnés ou oubliés revenaient à la population.(0) Mais il n’en a pas toujours été ainsi au cours du temps et nombreux sont ceux qui firent main basse sur ces trésors, un crime passible de la pendaison!

A Anglet, les naufrages furent plus nombreux dès que Louis de Foix y fixa l’embouchure de l’Adour! La formation et le déplacement perpétuel de la Barre mêlés à des conditions climatiques difficiles, étaient à l’origine de cette augmentation d’accidents de navigation. Hélas, à ces accidents s’ajoutait souvent le drame humain dont la mauvaise réputation reconnue de tous avait, depuis longtemps, fait le tour du monde!

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L’embouchure de l’Adour en 1824: une goélette américaine, poussée par le mauvais temps tente de franchir la Barre furieuse de l’Adour. Deux barques de pilote coincées dans le fleuve attendent qu’elle soit hors de danger pour la conduire jusqu’au port (Peinture Garneray L.)

 

Les autorités locales tentèrent de diminuer ces accidents en mettant en place un système de balisage sans cesse amélioré que les pilotes de l’Adour utilisaient pour mener les vaisseaux à bon port. Mais l’embouchure resta longtemps indocile et bien qu’au fil du temps, une amélioration fût enregistrée et permit à des navires plus importants de franchir la Barre, cela n’empêcha que de nombreux accidents défrayent la chronique locale. Voici un résumé non exhaustif de tous ces événements tragiques survenus aux abords de l’embouchure de l’Adour avec, parfois, le détail des circonstances:

 

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Un voilier malchanceux qui a terminé sa route sur la plage, brisé par les vagues près de l’embouchure.

 

I- Naufrages survenus entre 1680 et 1811:

A partir de 1680, l’Adour décide de fuir à plusieurs reprise le lit que lui avait offert Louis de Foix, pour rejoindre la Chambre d’Amour. Ses divagations successives forment alors un estuaire mobile du type « passes » du bassin d’Arcachon augmentant sérieusement la difficulté de franchir l’écueil avec des chenaux étroits et remplis de courant. Les interventions multiples des ingénieurs du génie militaire comme Ferry et Vauban, pour contenir le fleuve, ne furent que des patchs d’efficacités éphémères.

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Extrait d’une carte de l’embouchure de l’Adour en 1730 montrant la disposition complexe des bancs de sable malgré plusieurs interventions. (BNF)

 

On trouve dans les minutes des notaires locaux les traces de plusieurs navires naufragés à la Barre de Bayonne durant cette période. En effet, les navires transportant de la marchandise précieuse étaient souvent assurés mais ils ne représentent qu’un échantillon des nombreux accidents survenus dont on ne retrouvera trace! (1)

– Le 22 Novembre 1702, la frégate « La Jolie » est prise dans la tempête et tente de se réfugier au port en franchissant la barre. Elle sombre lors de son passage faisant plusieurs victimes. (25; p63)

– En 1735, lors d’un projet de prolongement de l’endiguement du fleuve,  les ingénieurs eurent à s’adapter face aux nombreuses épaves présentes sur les bord de l’embouchure d’Adour. Voici une carte montrant cette situation étonnante avec une carcasse de bateau intégrée au plan:

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Carcasse d’épave visible autrefois à marée basse au sud immédiat de l’embouchure de l’Adour.

En 1736, deux morutiers revenant de Terre Neuve et chargés de leur pêche décidèrent de franchir la Barre sans l’assistance des pilotes et s’échouèrent malheureusement sur les bancs locaux. (7)

Entre 1773 et 1782, le rapport Chardon adressé au ministère de la guerre sur les bris et naufrages, répertorie pas moins de 63 naufrages en 10 ans! En voici un florilège:

En 1773, le « César« de Bayonne s’échoue à la pointe sud de l’embouchure et transportait notamment du bois de campêche et de l’eau vive.

Début 1774, le « Christian » d’Amsterdam s’échoue au même endroit et contenait du fromage, des jarres de tôles et des nattes.

Le 26 février 1774 , la « Montagne d’or » en provenance de Bordeaux et chargé en pierre se pose sur la côte nord.

Le 2 Avril 1774, c’est le « Notre dame des Anges » qui, en quittant le port, s’échoue comme la « Montagne d’or » sur la côte nord!

Le lendemain, le 3 Avril 1774, c’est au tour du « St Charles » en provenance de Dieppe et transportant du lin de s’échouer au même endroit! (7)

 

Embouchure de l'Adour 1779

Le passage étroit de l’embouchure de l’Adour vers 1779. On voit l’apparition d’une première tour des signaux (cercle rouge) pour guider au mieux les navires pour franchir cet écueil!

En 1775, la Barre est particulièrement compliquée. Le « Denis » de Pont Labbée transportant du sel se pose au sud de l’embouchure.

Le 23 Janvier 1775, le « Saint Jean-Baptiste » en provenance d’Espagne se tchanque au nord de la passe avec ses cales remplit de froment.

Le 23 Février 1775, c’est au tour du « Soleil levant » en provenance de Zierikzee (pays bas) d’être victime à l’embouchure de l’Adour.

Le 29 septembre 1775, c’est la « Marie » qui s’échoue devant la plage de Tarnos en quittant le port.

Le 3 Octobre 1775, la « Jacinthe » de l’Ile aux Moines, chargée d’animaux, s’échoue toujours sur la côte nord. (7)

En 1777, le « Bienfaiteur » des Sables d’Olonne coule sur la pointe nord de l’embouchure avec à son bord de la laine, de l’eau de vie et du jambon.

Le 14 Mai 1777, le « Michel Amouraux » chargé d’avoine et de vache se pose aussi au même endroit .(7)

En 1779, le « Saint Jean-Baptiste » naufrage à la pointe sud avec en cale, du vin, de la cannelle, du cacao et du savon alors que le « Saint-Anne » lesté en terre s’échoue sur la pointe nord en fin d’année.(7)

En 1780, le navire « la Découverte » de Boston finit par s’abîmer du côté de Tarnos avec à son bord du sucre, du café, du coton et de l’indigo. (26; p160)

– En 1803, un navire fait naufrage à la Barre et emporte avec lui la vie de 3 marins biarrots.

– A la nuit du 2 septembre 1811, huit bateaux chargés de soldats blessés par la guerre qui fait rage en Espagne se jettent à le côte, près de l’embouchure. Les marins angloys et biarrots viennent à leur secours. (53)

Durant cette période, on constate que plus de deux navires sur trois s’échouent sur la côte nord montrant la présence d’un courant local à l’embouchure poussant les vaisseaux vers ce rivage…

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Vaisseaux en approche du tumulte de la Barre (Helene Feulillet M641025201_E1019)

 

Prochain épisode: « Naufrages survenus pour créer le blocus de Bayonne en 1814« 

L’équipe SoSLa

(0) Droit de naufrage dans le vicomté de Marennes: F. Hirigoyen.

(1) Naufrages des Terreneuviens Bayonnais et Luziens; L. Turgeon. page 116, « 4 ème centenaire du détournement de l’Adour » SSALB, 1978.

(2) Le franchissement de l’Adour par les anglais en février 1814. Général F. Gaudeul.

(3) Anglet en carte postale ancienne Claude Benavides.

(4) Musée de la Mer de Biarritz: « A l’appel des SOS », Roger Laffon, Ed. Soc. du Journal de la Marine Marchande » 1927.

(5) Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime Naufrage de 1847 à 1913.

(6) D’après José Arocena.

(7) Archives nationales BNF, C4175.

(8) Archives Sud ouest: « Cargo échoué à Anglet : ces marins revenus indemnes de « l’enfer« .

(9) Le marin.fr:  » Naufrage du cargo « Luno » à Anglet: un défaut technique en cause, l’enquête classée »

(10) Phillipe-ship.com : »5 FÉVRIER 2014, LE NAUFRAGE DU LUNO« 

(11) Histoire du Breezand, site « les enfants de la cité des forges« .

(12) Phillipe-ship.com: « Naufrage du Romulus »

(13) Secours de l’équipage du Romulus « les enfants de la cité des forges »
En savoir plus sur http://www.angletsurfinfo.com/news-culture-168/histoire-des-naufrages-sur-la-cote-angloye.html#4fMVGO6FA6Wzj5U1.99

(14) Droit de naufrage accordé à la ville de Bayonne allant jusqu’à Fontarabie en 1377 et 1461. « Nouvelle chronique de la ville de Bayonne« , Volumes 1, p36, Jean Baptiste Bailac 1827.

(15) Ponts et Chaussées de Bayonne, 4S115 Archives départementales de Pau.

(16) Archives consulaire de la CCI de Bayonne, 2ETP2/202 « Bris naufrage et sauvetage 1874/1890 » Archives départementales Bayonne.

(17) Archives consulaire de la CCI de Bayonne, 2ETP2/202 « Bris naufrage et sauvetage 1891/1911 », Archives départementales Bayonne.

(18) Concession du port de Bayonne (C.C.I), 2ETP4/345 « Statistique des naufrages 1895-1923« , Archives départementales Bayonne.

(19) Port de la Chambre de Commerce 2ETP1/180 « Bris et naufrage 1752-1827« , Archives départementales Bayonne.

(20)  Port de la Chambre de Commerce 2ETP1/181 « Bris et naufrage 1828-1837« , Archives départementales Bayonne.

(21)  Port de la Chambre de Commerce 2ETP1/182 « Bris et naufrage 1837-1839« , Archives départementales Bayonne.

(22)  Port de la Chambre de Commerce  2ETP1/183 « Bris et naufrage 1839-1855« , Archives départementales Bayonne.

(23) Fond Auguste Peigné, Médiathèque de Boucau.

(24) Guy Hiriart-Durruthy: « Anglet, ma ville » Livre, médiathèque Bayonne.

(25) Paul-Henri Détrie « La société centrale de sauvetage des naufragés, l’impératrice Eugénie et le port de Bayonne » 1865-1921, Port de Bayonne 1999, SSALB 2000.

(26) F. Jaupart, « Les variations de l’embouchure de l’Adour aux XVII et XVIII siècles » SSLAB 1978. Quatrième centenaire du détournement de l’embouchure de l’Adour.

(27) « Courrier de Bayonne » 23-24 et 29 Novembre 1910, Médiathèque Bayonne.

(28) 4S 177,  « Ports et transports maritimes » P&C de Bayonne,  AD de Pau.

(29) « Courrier de Bayonne » 17-18-20-21 Novembre 1938, Médiathèque Bayonne.

(53) Marcel Fortune, « Les drames de la mer de 1738 à 1860« , Fond Maurice Sacx, Musée Basque.

 

 

 

 

 

 

 

Flash-back sur l’aire de jeu des Cavaliers!

Le bateau en bois qui fut présent autrefois sur les espaces verts de la Plage des Cavaliers à Anglet, est resté suffisamment longtemps pour qu’il soit, pour ceux qui l’ont connu, le symbole d’un lieu de gaieté à proximité du rivage quelle que soit la saison. Suite à l’émotion qu’a suscité la publication d’une de nos photos, à la demande de l’un d’entre vous et comme les bons souvenirs sont précieux, nous avons décidé de retracer l’histoire de ce célèbre navire qu’abordèrent petits et grands.

Tout commence en 1981, avec les travaux d’aménagement de la plage des Cavaliers. Suite à l’érosion marquée de la plage, l’idée était d’offrir aux Angloys et aux vacanciers des infrastructures adaptées pour les accueillir.

plage des Cavaliers

Terrassement de l’accès à la plage des Cavaliers en 1981 (Anglet Mag/ Médiathèque Bayonne)

 

Au même moment, les élèves charpentiers du lycée Cantau participent avec leur professeur, maître compagnon, à l’élaboration et la réalisation d’un bateau tout en bois. Il sera installé derrière la dune de la plage remodelée pour former un complexe de jeu pour enfants. On apercevra alors deux parties de ce navire: une avec une coque émergente, et l’autre avec une carène échouée (d’après Jean Michel Dorbe).

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Le fameux navire échoué derrière la dune de la plage des Cavaliers!

 

Ces deux éléments volumineux faisaient face à de grands toboggans en béton coulés sur la dune aménagée. Nombreux sont ceux qui y ont usé leur maillots et parfois même s’y sont brûlés les fesses! D’autres, plus aguerris, utilisaient des cartons ou des sacs poubelles pour mieux glisser dans la pente. Déjà des graines de surfeurs? En tout cas, tous étaient d’accord pour dire que c‘était « super cool »!

Cavalier jeu 1981 INA

Les toboggans en béton cirés faisaient face aux éléments du navire de bois!

 

Ainsi, grâce à son succès, le complexe de jeu prenait une dimension internationale quand les familles de tous horizons venaient y passer des heures pour contempler la joie de leur enfants.

Voici quelques morceaux choisis parmi les souvenirs de ceux qui ont connu cet endroit autrefois:  » On essayait de marcher sur le pont du navire sans glisser, les plus téméraires montaient sur le toit et sautaient du haut de la cabine. Tous des Jack Sparrow avant l’heure…mon âme de pirate est peut être née là! »;  » Je me prenais pour un pirate à bord de celui ci, des sauts dans le sable du haut de ce pont, des labyrinthes dans les soutes, des échardes dans les pieds et sur les doigts ramenées à la maison… « ;  « à mes amis étudiants, à nos soirées alcoolisées musique à fond, où c’était nous qui chavirions en quittant gaiement le port!« ; « De belles fins de soirée dans ce bateau, ah les feux de camp sous le bateau, nous étions jeunes et fous! » Bref, vous l’aurez compris, la plage des Cavaliers, c’était « The Spot »!

le navire 1989

Le navire intégré aux infrastructures d’accueil de la plage des Cavaliers en 1989.

 

Mais hélas, tant de succès aura contribué à sa perte. En effet, à la fin des années 90, il connaîtra un naufrage plus sérieux suite à un incendie provoqué par des indélicats, qui le fit partir en cendres et marqua sa disparition définitive….

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Années 90, juste avant sa disparition, une dernière image du navire face à l’océan…

 

Définitive? Pas tout à fait! L’aire de jeu a été reconstruite mais le site semble avoir perdu son attrait. En effet, le nouveau bateau est plus petit que le précédent et les quelques balançoires intégrées dans l’espace sont là pour tenter de compenser la disparition des fameux toboggans de béton.

Plage des Cavaliers 2007

Le nouveau bateau de l’aire de jeu des Cavaliers.

 

Bref, les grands qui ont connu «l’âge d’or» disent à leur enfant: «C’était mieux avant!» Mais l’espace attire toujours autant de familles dès que le soleil y montre son nez. Comme un parfum de nostalgie lointaine? Ou bien les regrets d’une jeunesse insouciante passée trop vite? Qu’importe, le plus important est de garder dans notre mémoire une belle image de ces moments forts partagés ici en famille ou entre amis!

L’équipe SosLa

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Le site des Cavaliers vu du ciel en 1982, juste après la finalisation du projet. (photo IGN)

 

 

 

 

 

 

Point sédimentaire du 17/09/2018: une belle amélioration des plages sud d’Anglet!

Voici la situation du profil des plages d’Anglet au 10 septembre 2018. Pour rappel, durant l’année 2016, nous avons pu observer que les clapages côtiers avaient été effectués devant les plages de Marinella, des Corsaires et de la Madrague. Depuis le début de l’année 2017, les clapages côtiers se sont concentrés essentiellement devant la plage de l’Océan avec plus de 500 000 m3 de sable déposé en 18 mois. Cette habitude va t-elle être l’occasion de re-muscler les bancs de sable du nord du littoral, quasi absents depuis plus de deux décennies? C’est ce que nous allons tenter de voir en faisant un « comparatif visuel » des plages d’Anglet à marée basse et par grand coefficient de marée sur trois même période des trois dernières années:

Les plages sud d’Anglet:

– Plage de la petite Chambre d’Amour:

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Photo du 10 Septembre 2018, marée basse, coefficient de 108 et hauteur d’eau de 0.45 mètre.

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Photo du 08 Octobre 2017, marée basse, coefficient de 103 et hauteur d’eau de 0.53 mètre.

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Photo du 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre.

L’amélioration est très nette sur les bancs de sable de marée basse du sud d’Anglet à l’automne 2018. Il n’y a plus aucune baïne sur la plage de la petite Chambre d’Amour. Les pentes sont douces et les bancs de sable s’avancent bien plus dans l’océan que les années précédentes.

– Plage de la petite Chambre d’Amour vu depuis sa pointe:

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Photo du 08 Octobre 2017, marée basse, coefficient de 103 et hauteur d’eau de 0.53 mètre

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Photo du 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

 

– Plage du Club:

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Photo du 10 Septembre 2018, marée basse, coefficient de 108 et hauteur d’eau de 0.45 mètre.

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Photo du 08 Octobre 2017, marée basse, coefficient de 103 et hauteur d’eau de 0.53 mètre

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Photo du 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

En 2018, il n’y a plus de trou d’eau là aussi. La plage est très étendue. On peut même faire le tour des digues du VVF et du Club à pied comme il y a 20 ans!!!

– Plage des Sables d’Or vue d’en haut:

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Photo du 11 Septembre 2018, marée basse, coefficient de 111 et hauteur d’eau de 0.40 mètre.

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Photo du 08 Octobre 2017, marée basse, coefficient de 103 et hauteur d’eau de 0.53 mètre

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Photo du 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

La baïne qui était venue se creuser en plein milieu de la plage en 2017, a totalement disparu. La situation semble être revenue à celle de 2016.

– Vue de profil depuis la digue du Club:

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Photo du 10 Septembre 2018, marée basse, coefficient de 108 et hauteur d’eau de 0.45 mètre.

sable d'or profil b

Photo du 09 Octobre 2017 (photo ASI)

16-09-2016

Photo du 16 Septembre 2016

Le haut de la plage est stable avec un léger désensablement des fondations de l’ancien émissaire des résidences des Sables d’Or.

Ainsi, la situation sédimentaire du sud des plages est en plein progression, livrant des profils d’antan qui permettent la pratique du surf autant à marée basse qu’à marée haute. Fait étonnant, la drague Hondarra ne vient plus claper devant ces plages depuis 30 mois…

 


Le centre angloy:

 

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Photo du 10 Septembre 2018, marée basse, coefficient de 108 et hauteur d’eau de 0.45 mètre.

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Photo du 08 Octobre 2017, marée basse, coefficient de 103 et hauteur d’eau de 0.53 mètre

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Le 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

La belle lentille de sable apparue entre la plage des Corsaires et la plage de la Madrague en 2017 s’estompe!?? La pente de la plage au niveau de la marée haute y est toujours importante.

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Au nord d’Anglet:

 

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Photo du 10 Septembre 2018, marée basse, coefficient de 108 et hauteur d’eau de 0.45 mètre.

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Photo du 08 Octobre 2017, marée basse, coefficient de 103 et hauteur d’eau de 0.53 mètre

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Photo du 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

En 2018, statu-quo sur la zone nord des plages malgré 30 mois de clapage côtier au droit de la plage de l’Océan, avec plus de 500 000 m3 de sable déversés en moyenne entre 600 et 800 mètres de la côte. L’att -nte d’une amélioration nette des plages nord se fait de plus en plus prier…Encore combien de temps va -t-il être nécessaire???

 

Conclusion:

– Les plages sud sont en nette amélioration indiquant un renforcement sédimentaire du littoral.

– Au centre, il semblerait que les plateaux de marée basse sont en train de s’essouffler.

– Au nord, toujours pas de signe d’amélioration. A voir en 2019 si l’effet clapage côtier devant la plage de l’Océan va finir par payer !

 

L’équipe SosLa