II-MULTIPLICATION DES BALISES ET DÉBUT DES SIGNAUX A L’EMBOUCHURE DE L’ADOUR. (1696-1778)

A partir de 1696, les balises qui signalent le chenal de l’embouchure de l’Adour sont au nombre de trois. Elles sont notées par la lettre « d » sur le schéma suivant du génie militaire. A noter qu’un corps de garde (e) a été placé à proximité pour les surveiller, les entretenir ou les déplacer si besoin. Ce bâtiment a aussi pour rôle d’informer le receveur du port de tous les vaisseaux entrant ou sortant du port de Bayonne : ceux sont les prémices d’une capitainerie ! (4)

1696 ferry bis

Projet de ferry en 1696 copié par Bérard (6)

 

Le 14 Juillet 1718, le conseil de la ville de Bayonne propose de construire une tour près de l’embouchure du fleuve et d’entretenir à son sommet un feu et d’autres signaux. Mais cette idée restera au stade de projet ! (7)

En 1724, l’entrée de l’Adour se déplace vers le sud de la côte, le long des vignes d’Anglet pour sortir non loin de la grotte de la Chambre d’Amour ! A cette occasion, le conseil de la ville de Bayonne fait construire en urgence de nouvelles balises avec des pins trouvés non loin de là pour limiter le nombre de naufrages, les anciennes étant devenues obsolètes. (7)

En 1730, deux balises supplémentaires sont installées à l’extrême sud de la nouvelle embouchure pour marquer la nouvelle passe. (8)

En 1731, on ne compte pas moins de six balises pour signaler trois passes tellement l’embouchure de l’Adour est perturbée. Le schéma suivant rappelle les passes du bassin d’Arcachon d’aujourd’hui !

1731 bnf

En 1730, chaque chenal potentiel pour la navigation était signalé par un lot de 2 balises à terre qui donnait la trajectoire à suivre pour le franchissement de la Barre (9)

 

En 1733, une commission nommée par la Chambre de Commerce juge à nouveau nécessaire d’établir un feu sur un point élevé au plus près de la Barre pour que les navires puissent entrer de nuit. Cette commission choisit étonnamment la tour de l’Atalaye à Biarritz située à plus d’une lieue de l’embouchure ! Le feu y est allumé le 01 octobre 1739. Mais il se révéla peu efficace car on se rendit compte qu’il ne portait pas à plus de trois ou quatre lieux par beau temps et on estimait qu’il devait être vu à plus de six ou sept lieues pour être satisfaisant. Peu de temps après, le roi décida de le supprimer ! (4)

tour Atalaye

Photo de la tour de l’Atalaye début 1900 dont l’emplacement servit de feu de nuit pour aider les vaisseaux à franchir la barre de l’Adour vers 1739

 

A partir de 1740, on chercha une nouvelle fois à faire évoluer le balisage à l’embouchure de l’Adour. Cette fois-ci, une des deux balises présente jusqu’alors sur la dune littorale, fut déplacée sur le point le plus haut des environs, c’est à dire sur la dune de Blancpignon qui culmine à trente-trois mètres de hauteur. Cette balise qui dépassait largement les pins, améliora sensiblement l’approche des vaisseaux. Elle prit alors le nom de « balise orientale » ou « grande balise » (cercle orange) :

1740 Mediathèque de bayonne art

Voici le chemin de la passe donné par l’alignement des deux balises en Octobre 1740 (10)

 

Au même moment, un système de signaux est mis en place à terre pour communiquer avec les vaisseaux souhaitant franchir la Barre de l’Adour. Sur la balise la plus proche du rivage, appelée aussi « balise occidentale » ou « petite balise » (cercle bleu), est installé un grand pavillon à trois raies horizontales : rouge, blanche, bleue. Il s’agissait du pavillon dit « hollandais » à cause de sa ressemblance avec le drapeau de nationalité hollandaise ! Sa position était choisie en fonction de l’état de la mer : « Si le temps permet d’approcher la Barre, pour entrer, on mettra le pavillon en haut de la balise et si on juge que les navires ne peuvent pas entrer, on le hissera et puis immédiatement, on l’abaissera, afin que le navire s’éloigne de la côte. Si le pavillon n’est pas maintenu en haut de la balise, les navires ne devront pas s’approcher de la côte… » Les capitaines qui voudront entrer, devront prendre leur alignement sur les deux balises (cercles bleu et orange). Quand les navires seront dans le chenal, les capitaines régleront leur manœuvre en fonction des signaux donnés par le pilote major présent sur sa chaloupe à l’embouchure et si le temps ne permet pas à la chaloupe de sortir, le signal se fera depuis le grand quai sud. (4)

Jaupard/1743/MDB

La petite balise au pavillon hollandais est visible sur une dune littorale en 1743 (cercle bleu), ainsi que la maison du gardien pilote (cercle violet). Plus au nord, on aperçoit le quai d’où pouvait être émis les signaux en cas de grosse mer. (11)

 

En 1762, l’abbé Jean Joseph Expilli, observateur instruit, précise l’organisation des balises et des pilotes de l’Adour pour le franchissement de la Barre : « Les balises qui sont placées sur la grande dune, au-dessus de la digue neuve, marquent le milieu du passage et que toutes les fois que la Barre change, on change aussi les balises… Pour remédier aux difficultés, on a établi douze pilotes de la Barre. Ces pilotes ont chacun une chaloupe armée de huit hommes. Ils entrent ou ils sortent les vaisseaux qu’ils vont chercher quelques fois au-delà de la Barre et que d’autre fois ils attendent sur la Barre ou en dedans. Dans cette dernière position, les pilotes font un signe pour que le navire vienne jusqu’à eux. Le navire étant arrivé, on jette un grappin, un des Pilotes entre dedans et prend le gouvernail. Alors les chaloupes, au nombre de deux ou trois, remorquent le navire jusque d’en la rivière, et ne le quitte que lorsqu’il est hors de danger. Les pilotes de la Barre sortent les navires de la même manière et avec les mêmes précautions. Il y a un pilote major qui commande tous les pilotes de la Barre… Ces derniers demeurent à Bayonne ou aux environs : ils se trouvent toujours prêt au moindre signal ou lorsqu’ils aperçoivent quelques vaisseaux ! » (12)

barre3 la dours

Le pilote et son équipage partent depuis le quai sud de l’embouchure chercher un vaisseau qui franchit difficilement la Barre de l’Adour.  (13)

 

Prochain épisode: De la première tour des signaux au premier mât d’approche.

Episode précédent: Premières balises et prémices d’une réglementation à l’embouchure de l’Adour.

 

L’équipe SoSLa

Bibliographie:

(1) Gravure en aquatinte « Bayonne, vue de l’embouchure de l’Adour » de Paul Legrand, 1830.

(2) Maugier : « Les embouchures de l’Adour à Bayonne en 1578 » peinture produite en 1598, Archives Médiathèque de Bayonne, C124

(3) Peinture du « Plan de l’Adour depuis Dax et autres jusqu’au Boucau » fin 16 ème/ début 17 ème siècle, Archives Médiathèque de Bayonne.

(4) F. Jaupart: « L’embouchure de l’Adour et ses variation après le détournement, aux xviie et xviiie siècle » dans  le » IV centenaire du détournement de l’Adour » SSLAB, 1978, page 153

(5) Exposé George Strullu, Pilote de l’Adour, Adala: « Anglet et les pilotes de l’Adour »

(6) Bibliothèque du génie, ms 144 4°98 feuille 1.

(7) (Histoire militaire de Bayonne. De la mort d’Henri IV à la Révolution française, Blaÿ de Gaïx, Gabriel-François de (1848-1919)

(8)  Carte de la BNF « Plan du Cour de la Rivière de la Dour depuis St. Bernard jusqu’à Basse mer de la Coste » 1730.

(9) Carte de la BNF « Plan du Cour de la Rivière de la Dour depuis St. Bernard jusqu’à Basse mer de la Coste » 1731.

(10) Carte de Chaveneau: « Plan de la Barre de Bayonne » Octobre 1740, Archives médiathèque Bayonne, C127 FR.

(11) Cartes de l’embouchure de l’Adour, C1336, Fond Jaupard, Médiathèque de Bayonne.

(12) L’Abbé Jean Joseph Expilli: « Dictionnaire géographique, historique et politique des gaules et de la France » Tome 1, 1762, Paris.

(13) Extrait de « Vue de l’embouchure de l’Adour« , GARNERAY L. (1783 – 1857) Gravure  1830, 1ED98 Médiathèque Bayonne.

 

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POUR FRANCHIR LA BARRE DE L’ADOUR, SUIVEZ-NOUS!

A l’occasion de la rénovation de la nouvelle capitainerie du port de Bayonne située au bord de l’Adour à Anglet, nous avons retracé l’épopée des balises et des tours des signaux qui ont participé à l’histoire maritime locale.

Depuis des siècles, plusieurs systèmes de signalisations maritimes ont été inventés et élevés à l’embouchure de l’Adour pour guider les vaisseaux où les navires marchands à franchir la fameuse Barre avant de rejoindre le port de Bayonne. Ces édifices multiples et variés participant à l’artificialisation du fleuve ont permis de contribuer au développement économique de la ville et ont sauvé de nombreux navires du trépas!

Embouchure de l'Adour

Cartes des balises et tours des signaux qui ont fait dates dans l’histoire de l’embouchure de l’Adour

 

I- PREMIÈRES BALISES ET PRÉMICES D’UNE RÉGLEMENTATION A L’EMBOUCHURE DE L’ADOUR. (1578-1694)

Notre chronique commence dès 1578, date à laquelle Louis de Foix, sur ordre du roi de France, détourne le cours de l’Adour à Anglet en construisant une digue d’une longueur de 290 mètres au lieu-dit « Trossoat », à Boucau. Cet édifice majeur en bois fait barrage à l’écoulement du fleuve vers les Landes et le rejette à travers les terres angloyes jusqu’à la mer par un canal creusé dans le sable de 1800 mètres de long. (4) Cette nouvelle embouchure, très vite instable, fut propice à la formation d’une « barre« , haut fond sablonneux et mobile sur laquelle se dressait dangereusement les vagues. Il était donc primordial de mettre en place des balises à terre pour signaler l’emplacement du chenal aux marins qui souhaitaient la franchir en toute sécurité.

C’est le peintre Maugier qui, en premier, releva la présence de ces balises sur une carte de la fin du 16 -ème siècle. Cette carte représente la position des deux embouchures de l’Adour, l’ancienne et la nouvelle, permettant d’argumenter pour un procès entre les villes de Capbreton et de Bayonne :

MDB/1598/Maugier

Peinture de Maugier réalisée en 1598 pour présenter la situation des embouchures en 1578 (2)

Ces deux balises sont représentées dans la lande angloye par deux mâts en bois non loin de l’embouchure (cercle orange). Leurs seules présences sur ce territoire à la fois dunaire et sauvage, montre le rôle essentiel qu’elles jouaient dans l’accès au port de Bayonne.

Au début du 17 -ème siècle, une autre carte mentionne l’existante de ces deux balises démontrant une nouvelle fois leur grand intérêt dans le franchissement de la Barre:

CARTE MDB Début 17 eme

Extrait du plan de l’Adour depuis Dax jusqu’au Boucau, datant du début du 17ème siècle (3)

Ces balises étaient construites avec de jeunes pins qui étaient élevés en forme de ruches garnies de branches provenant des mêmes arbres issus du pignadar voisin. Plus tard, on les bâtira de façon moins rudimentaire, en leur donnant une forme pyramidale avec une base de 16.50 mètres et une hauteur de 23.70 mètres. L’entretien de ces balises était financé par un droit de balisage qui était levé en fonction du tonnage des vaisseaux franchissant la Barre ! (4)

Elles étaient ainsi installées avec précision sur la rive gauche du fleuve pour indiquer l’alignement à suivre lors du franchissement de la Barre. Elles étaient déplacées de dune en dune quand le chenal d’accès au port changeait de position notamment après une forte tempête : c’était vital ! Ce travail, technique et précis, était sous la responsabilité des pilotes de l’Adour. Ces hommes de la mer, triés sur le volet, connaissaient comme leur poche la Barre et ses courants. Ils avaient pour mission d’aider les navires, autant que possible à franchir cet écueil au risque de leur vie, dans le but de pérenniser l’activité économique maritime. Ce métier fit son apparition probablement dès que les premières balises furent construites. Des écrits attestent leur présence sur les bords du fleuve dès 1315. (5) Mais les pilotes eurent besoin de s’organiser au fil du temps pour assurer un service de qualité. La première réglementation officielle des pilotes de l’Adour date de 1694. Voici comme elle est décrite : « chaque pilote doit posséder une chaloupe composée d’un équipage de huit hommes qui sert à remorquer les navires. Lorsqu’un navire se présente à l’entrée de l’Adour, le pilote de tour part à sa rencontre avec sa chaloupe si les conditions le permettent, pour grimper dans le navire, en prendre les commandes et l’amener jusque dans le fleuve, à la rencontre des pilotes de rivière (au niveau des rochers des Casquets). Si la mer est trop forte, le pilote attendra à l’intérieur de la Barre que le bateau s’approche en lui prodiguant des signes ! On verra alors deux ou trois chaloupes remorquer le navire. Il en va de même pour la sortie des navires. L’ensemble de ces pilotes qui assurent la sécurité de l’embouchure est dirigé par un pilote-major nommé par la ville. » (4, p153) Chaque pilote avait l’obligation d’habiter le village de Boucau proche de la mer. (5)

Prochain épisode: Multiplication des balises et apparition des signaux à l’embouchure de l’Adour.

L’équipe SOSLA

Bibliographie:

(1) Gravure en aquatinte « Bayonne, vue de l’embouchure de l’Adour » de Paul Legrand, 1830.

(2) Maugier : « Les embouchures de l’Adour à Bayonne en 1578 » peinture produite en 1598, Archives Médiathèque de Bayonne, C124

(3) Peinture du « Plan de l’Adour depuis Dax et autres jusqu’au Boucau » fin 16 ème/ début 17 ème siècle, Archives Médiathèque de Bayonne.

(4) F. Jaupart: « L’embouchure de l’Adour et ses variation après le détournement, aux xviie et xviiie siècle » dans  le » IV centenaire du détournement de l’Adour » SSLAB, 1978, page 153)

(5) Exposé George Strullu, Pilote de l’Adour, Adala: « Anglet et les pilotes de l’Adour »

 

Compte rendu de la réunion littorale 2018

Le vendredi 15 Juin 2018 s’est tenu une réunion d’information sur l’évolution de la côte angloye. Les échanges entre la ville et les associations en lien avec le sujet se sont fait dans un contexte positif. Voici le compte rendu de cette rencontre:

–  Mr le Maire a fait un rappel sur tous les projets en cours sur le littoral angloy. Cette été, huit plages seront gardées par 80 MNS. 500 000€ auront été dépensés pour maintenir les plages d’Anglet dans un bon état: dragage + reprofilage + études… A cela, il faut rajouter le nettoyage, l’entretien, le suivi des qualités des eaux… soit  un total de 1.700 000€ pour une activité touristique qui représente 26% de l’économie d’Anglet.

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–  T. de Recy (TR) a présenté le bilan des dragages/ clapage 2017. Pour rappel, Hondara est une drague mixte à benne et à l’élinde. Ce navire est armé 6 jours/7, 12h/ jour par 5 marins. Il existe principalement deux zones de travail, la zone de l’embouchure de l’Adour où il faut 80 jours de travail pour y draguer en moyen 400 000 m3  de sable /an et le banc St Bernard dans l’estuaire de l’Adour, où il faut 120 jours de travail pour y draguer en moyenne 300 000 m3 de sédiment/an. Viennent ensuite le curetage à la benne des pieds de quai et des endroits exigus qui mobilisent environ 70 jours/ an la drague.

Hondarra 2016

La drague est en train d’effectuer un dragage à benne sur le banc St Bernard.

 

Il existe 3 zones de clapage: la zone du large qui accueille les sables de l’embouchure et les vases de l’estuaire, la zone devant les plages qui ne reçoit que du sable de l’embouchure et la zone interne qui ne sert qu’en cas de nécessité absolue pour des volumes aujourd’hui très faibles.

ZOnes définies arrété 2016

 

Pour le littoral angloy en 2017:

Sur 341 917 m3 de sable qu’il était nécessaire de draguer à l’embouchure du fleuve (zone 1), 100% ont été clapé devant les plages d’Anglet, c’est à dire en zone côtière (zone B). Depuis Janvier 2017, les dépôts de sable se sont concentrés sur la nouvelle zone de clapage nord en grand déficit. Voici les résultats précis de ces clapages:

• Zone B1: 78 273 m3
• Zone B2: 54 659 m3
• Zone B3: 6 170 m3
• Zone B11: 19 994 m3
• Zone B12: 12 305m3
• Zone B13: 3 056 m3

Voici les résultats depuis le début d’année 2018 qui pour l’instant, à ce jour, atteigne les 100% de clapage côtier:

• Zone B1: 70 548 m3
• Zone B2: 57 786 m3
• Zone B3: 0 m3
• Zone B11: 24 350 m3
• Zone B12: 9 098m3
• Zone B13: 0 m3

Une barre et des petits fonds étaient en formation en B1 suite aux derniers relevés bathymétrique de Mars 2018 .

7

 

Pour la zone de l’estuaire de l’Adour:

En 2017, sur 243 000 m3 de sédiments dragués dans l’estuaire, 241138 ont été clapés au large de la côte en zone A soit 99.23% et 1862 m3 clapés en zone interne (zone C)  correspondant à deux clapages entre le 20 et 25 Décembre 2017.

Bilan de l’ensemble des dragages en 2017:

Au total, 584 000 m3 de sédiment ont été dragués dans l’estuaire ce qui est comparable aux résultats de 2016. Depuis 2015, on atteint des résultats proches de 100% dans les deux cas pour les sédiments clapés. A priori, avec une drague à demeure tel qu’ Hondarra, on part pour une diminution des volumes dragués dans l’estuaire et à l’embouchure de l’Adour. Il en va de même pour les volumes clapés en zone interne avec 2 800 m3 de sédiment en 2016, 1 800 m3 en 2017 et 0 m3 pour le moment en 2018. L’année dernière, les navires de 20 000 tonnes, correspondant à la capacité maximale pour l’accès des cargos dans le port de Bayonne, n’ont pas connu de restriction de tirant d’eau pour entrer dans le port.

Suivis environnementaux des opérations de dragage et de clapage:

  • Suivi bathymétrique mensuel des zones de dragage et semestriel des zones de
    clapage.
  • Suivi semestriel de la granulométrie et de la chimie des sédiments dans l’ensemble des zones draguées au cours du semestre suivant. En 2017, aucun dépassement n’a été signalé.
  • Suivi des invertébrés macro-benthiques dans les substrats meubles. Cette étude menée par la CCI BPB devrait bientôt être rendu et poursuivi sur des zones moins larges.
  • Les mesures bactériologiques dans les sédiments prélevés en puits de drague, sur les zones de clapage et les zones de prélèvements montrent l’absence quasi totale de bactérie!

Les perspectives pour 2018:

Les clapages côtiers vont continuer à se concentrer dans les 4 casiers du nord (B1; B2; B11; B12) jusqu’à la fin de l’année. 162 000 m3 de sables y ont déjà été déposés depuis le début de l’année. On peut s’informer sur le site du port de Bayonne tous les mois des opérations de la drague. On peut savoir aussi où la drague se situe en temps réel grâce à ce lien! Une étude va être réalisée entre 2018 et 2019 sur l’impact de la faune piscicole aspirée par la drague.

*Question association: Pourquoi la drague Hondarra ne s’approche-t-elle pas plus du rivage que les dragues de la SDI quand les conditions météorologiques le permettent sachant que ce navire a un tirant d’eau inférieur à ces anciennes dragues?

Clapage Hondarra

Clapage côtier à différentes distances du rivage en fonction de la marée et de la houle. Ces distance peuvent varier de 250 mètres environ

 

TR: Ce navire n’a finalement pas beaucoup de différence de tirant d’eau avec les dragues de la SDI. En effet, chargé, cela rajoute au navire un mètre de tirant d’eau soit 4.60 mètres au total . Dans la conception du navire, il a été choisi de faire des portes qui pivotent augmentant le tirant d’eau de 2.10 mètres durant le clapage. Ainsi  4.60 +2.10 m = 6.70 m de tirant d’eau. Pour s’approcher au plus près de la côte, il faut une marée haute et pas de houle. De toute façon, on s’approche au maximum du rivage en fonction de l’état de l’océan et de ce qu’autorise l’arrêté inter préfectoral. Il faut savoir que les casiers allant de B11 à B20 sont interdit d’accès du 15 Mai au 30 Septembre. Ainsi, en fonction de ces paramètres et de la sensibilité des capitaines, l’accès reste difficile ce qui explique qu’on clape entre 70 et 80% du temps sur les zones extérieurs allant de B1 à B9 ce qui reste correct.

DR: Malgré cette distance, l’isocôte de -4 mètres s’est éloignée du littoral depuis le début du clapage côtier dans cette zone ce qui est reste positif pour les petits fonds au droit de ces plages. On voit qu’il y a un transfère des sables depuis la barre externe sous marine vers les petits fonds et même si ce transfert est lent, il a lieu. Le sable qui était clapé au droit de la Madrague il y a quelques années, venait bénéficier déjà au droit de la plage de l’ Océan.

*Question association: Est ce que le haut fond sur la zone de dépôt au large (zone A) a évolué au fil du temps?

Depuis que la drague Hondarra est entrée en activité en 2015, la zone du large ne reçoit quasiment plus que des sédiments issus du fleuve qui sont majoritairement des vases ou des sables vasard qui se dissolvent dans la colonne d’eau quand ils sont clapés. Ainsi on peut dire que cette bosse n’a pas évolué depuis cette date.

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–  A. Lahontas (AL) présente le déroulement des opérations de reprofilage 2018. Elles ont eu lieu du mercredi 16 Mai au jeudi 14 Juin 2018,  la matinée du vendredi 15 ayant servi pour l’évacuation des engins. Pour rappel, le reprofilage avait été mis en place en 2013-2014 suite à un hiver très énergétique, où les pentes des plages étaient devenues très forte à la sortie d’hiver. On avait constaté que le sable fin avait tendance à disparaître à cause des fortes houles qui l’emportaient au large ou à cause de l’action éolienne. Ainsi le sable grossier restait majoritaire sur le rivage et favorisait l’apparition de fortes pentes. Le sable qui est présent aujourd’hui au sud du littoral est d’environ 2 microns. Il ne cesse de grossir au fur et à mesure que l’on remonte vers le nord.

Capture

 

Pour pallier à ces problèmes d’estran, des bulldozers ont été envoyés pour réduire les pentes et raser les bosses avant la saison estivale.  Les horaires de travail ont été avancés. Les équipes ont commencé à fonctionner dès 6h00 du matin pour terminer à 14h00, afin de ne pas être gênées par les estivants qui poseraient leur serviette dans les zones de travail dès l’apparition du soleil!

L’utilisation des tombereaux pour transférer le sable d’une plage à une autre a été abandonnée car c’était une méthode coûteuse en temps et en argent avec des résultats peu significatifs. Les bulldozers légers ont été privilégiés car ils s’enfoncent moins dans les graviers et sont du coup plus efficaces. Sachant que le dernier hiver a été plus calme, il y avait moins de sable à déplacer. Les opérations ont commencé au sud du littoral car c’est là que débute dans le calendrier la surveillance des premières plages. La plage du Club est l’une des seules cette année à avoir des terrasses de bas de plage avec l’absence de plage sèche à marée haute avant les opérations. Son état est favorable aux activités nautiques. Elle n’a donc fait l’objet d’aucune intervention.

La suggestion qui avait été proposée à Marinella par une association a été réalisée et reproduite aux Sables d’Or. Il s’agissait de pousser le sable vers les épis pour qu’il soit emporté par les courants longitudinaux les digues.

sosla repro marinella

A la petite madrague, les engins ont cassé la bosse de milieu de plage. A la Barre, les engins ont travaillé qu’un jour car la butte se reformait aussitôt. Une repasse a été nécessaire à la plage de Marinella, suite à une rentrée de la houle durant les opérations.

*Question association: Avec l’expérience de 3 ans de bons clapages et de 4 ans de reprofilages, peut-on imaginer quel sera le profil des plages d’ici 5 ans?

JGunsett (JG): Depuis 2014, le profil des plages est en amélioration constante. On peut imaginer que l’avenir ira dans ce sens positif, à condition qu’il n’y ait pas un hiver énergétique comme 2014, hiver qui annulerait tous les efforts consentis depuis cet événement. Il y a donc toujours une incertitude climatique qui frêne cette projection.

*Question association: Pourquoi la réunion d’information sur le reprofilage a-t-elle eu lieu cette année après les opérations alors que les années précédentes, elle avait lieu avant ce qui permettaient aux acteurs nautiques de mieux appréhender cette situation pour travailler?

V. Deckequer (VD): Il y a eu un problème de planning pour réunir tous les intervenants cette année. L’année prochaine, une prochaine réunion aura lieu début Mai afin de répondre au mieux aux attentes des usagers des plages.

*AL: Quelles idées pourraient être apportées par les associations pour améliorer le profil des plages?

Réponse d’une association: L’idée de pousser tout le sable à plat pour diminuer la pente de la plage ne semble pas fonctionner au nord du littoral puisque dès le lendemain, la mer le rapporte à l’identique. Alors au lieu de créer des équilibres qui nous semblent logiques mais qui ne marchent pas, pourquoi ne pas tenter d’accentuer des déséquilibres dans certains points pour obliger les vagues à faire leur travail de redistribution du sable? A méditer…

Vous pouvez retrouver le déroulé en photo des opérations de reprofilage au travers de notre dernier article: « Reprofilage 2018: Nouvelle approche »

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– Contrats de recherche menés par la ville d’Anglet et le Casagec sur le littoral angloy entre 2015- 2018 et 2018-2021.

J. Gunsett (JG): Depuis 2010, le travail du clapage côtier et de reprofilage des plages semblent porter ses fruits et redonner à certains endroits des plateaux de marée basse et des pentes moins fortes. Bien que le travail restant à faire soit encore important, cela demandera encore du temps pour arriver à des résultats positifs partout mais la ville oeuvre dans le bon sens.

plage du club

La plage du Club en Mai 2018, une plage qui a repris du poil de la bête ces dernières années, mais pour combien de temps?

 

La stratégie du trait de côte mis en place par l’agglo pays basque après une longue expertise reprend le travail mis en place par la ville d’Anglet en soulignant le bon sens des actions. Depuis 2010, quasiment 2 million de m3 de sable clapé devant les plages d’Anglet. Chaque campagne de reprofilage mobilise environ 150 à 200 000 m3 de sable pour tenter de nourrir les petits fonds mais les effets de ce travail sont limités dans le temps.

Un premier contrat de recherche a été mis en place par la ville d’Anglet en Avril 2015, suite à l’arrêt du fonctionnement de l’observatoire de l’estuaire de l’Adour en 2013 et par le retard de la mise en place du SDAGE Adour Aval. Aujourd’hui, un nouveau contrat de recherche a été mis en place par la ville pour les 3 prochaines années. Il a pour but notamment de réaliser des relevés bathymétriques et topographiques deux fois par an pour bien évaluer les zones de clapage en lien avec les plages érodés.

Suite à la tempête de 2013-2014, une barre de sable énorme s’était formée au large avec le sable des plages et des petits fonds vidés de leur sable. Les pratiques vont s’affiner au fil du temps pour savoir où mettre le sable dragué afin d’avoir le meilleur retour pour le littoral angloy.

D.R: Anglet est le seul site en France ou se fait le rechargement de la plage à l’aide du clapage côtier. Le retour d’expérience est faible dans le monde sauf en Hollande et en Australie ou les résultats sont très positifs. Les relevés topographiques et bathymétriques ont été mis en place depuis la reprise du clapage côtier en 2010. L’évolution positive des pentes des plages sur le sud de la côte est évidente en 2013 ainsi qu’au nord. Le passage de l’hiver 2013-2014 a tout bouleversé et il a fallu repartir à 0 puisqu’il avait eu un retour des fortes pentes. Ces deux dernières années, on voit une nette amélioration sur le sud. Sur le nord, c’est moins évident bien que là aussi il y a des effets positifs devant la Madrague et l’Océan.

Les derniers relevés bathymétriques montrent que l’isocôte -6 mètres s’éloigne de la côte avec l’afflux du sable par le clapage favorisant ainsi le retour de barres sédimentaires qui feront barrage aux fortes houles sur les prochains hivers et nourriront les plages qui leur font face..

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Le prolongement du contrat de recherche, c’est aussi un volet basé sur l’exploitation vidéo avec une caméra dôme installée sur la tour des signaux qui fait des prises de vue du nord vers le centre de la côte. Une autre devrait être installée prochainement sur le Cap St Martin pour surveiller les plages de la Chambre d’amour. Ces instruments permettent de suivre les mouvements des barres sédimentaires, des bancs de sables qui sont un nouvel indicateur apportant des informations complémentaires sur les rivages et les petits fonds mais aussi sur les jets de rives notamment lors des tempêtes houleuses pour repérer les faiblesses du terrain.

Tour des signaux

Les instruments de mesure sur le toit de la tour de pilotage avec notamment une prise vidéo avec la caméra dôme.

 

On peut aussi suivre la fréquentation des plages avec un logiciel qui compte le passage des gens au travers de ces images. Ce suivi vidéo a été réalisé du 1er Juin 2017 au 30 Septembre 2017. Voilà ce qu’il en est resorti:

-Plages nord (Cavaliers/dunes/Océan): occupation préférentielle de la plage au droit des parking.

-Plages sud (Madrague/petite madrague/ Corsaires): pas d’occupation préférentielle, répartition homogène sur la plage.

Dans l’ensemble, la fréquentation est plus importante le weekend, avec une augmentation régulière jusqu’au 15 Août, plus gros weekend d’occupation avant une baisse de population jusqu’au mois de septembre. Le taux max d’occupation est de 40 à 50% pour le nord et 60 à 70% sur le sud! En semaine, le pic de fréquentation est le lundi et le jeudi. Le weekend, c’est le dimanche. Dans la journée, augmentation des plagiste se fait progressivement entre 9 et 17h sur le nord et entre 9h et 18h sur le sud avant une lente baisse jusqu’à la nuit.

marée basse coef79 10mai2012

Observation des plages depuis la caméra de la tour de pilotage le 10 mai 2012 (Casagec)

 

*Question association: Connait-on le temps nécessaire au sable clapé pour qu’il regagne significativement les petits fonds au droit de la plage concernée?

Reponse DR: Ce temps est fortement non linéaire! Il varie en fonction des bons et des mauvais hivers. Difficile donc d’avoir une temporalité. Il peut y avoir un premier retour dès 6 mois voir un an à 18 mois. La période la plus favorable est située entre le primptemps et l’automne. Mais par expérience avec d’autres régions, c’est sur le long terme que l’on arrive à tirer des conclusions. En tout cas, 327 000 m3 ont été déposé au large de la plage de l’Océan depuis début 2017, ce sable est à la vue sur les relevés et sur la route du rivage!

Ce qui faut garder en tête par rapport aux autres plages landaises, c’est que notre système sédimentaire est fermé au nord par la digue du Boucau, au sud, par la pointe St Martin et à l’est par l’artificialisation de la dune. Aussi l’océan croque les petits fonds et le rivage. En faisant du clapage côtier, on vient nourrir ces petits fonds en déficit. Le système est globalement stable avec du sable grossier sur la plage qui ne part pas et des pentes fortes. Il sera difficile de redonner une pente de l’estran plus faible dans certaines zones avec 90% de fraction grossière. On ne reviendra probablement jamais en arrière.

JG: On va faire du clapage côtier sur le nord jusqu’à la fin de l’année, on va voir ce que cela aura donné. Mais dans le temps, il faudra faire des choix car d’ici là, peut être que d’autres secteurs auront de nouveau besoin de sable à un moment donné.

*Question association: Est ce qu’il y a eu une étude avec un estran qui resterait naturel, c’est à dire qui ne serait pas passé pas au criblage systématique, criblage qui enlève tous les petits bois et autres insectes xylophages?

VD: à l’heure actuelle, il n’existe pas d’étude sur ce genre d’approche à Anglet. Le choix du maire est de continuer le nettoyage des plages pour qu’elles gardent leur attrait touristique parce qu’il y a une forte demande.

JG: Il y a des zones du littoral en pied de promenade que l’on ne travaille plus pour que la végétation y revienne. Ces zones fonctionnent mais il faut de temps en temps y rentrer pour aller chercher certain déchet accumulé par le vent.

Voilà, la réunion ce termine sur cette dernière réponse. Nous espèrons avoir bien retranscrit la réalité des échanges pour une parfaite compréhension.

L’équipe SoSLa

 

Reprofilage 2018: nouvelle approche!

Comme chaque année depuis quatre ans, les plages d’Anglet se sont offertes un petit lifting en vue de la saison estivale. Ces opérations auront duré quatre semaines environ, entre le mercredi 16 Mai et le vendredi 15 Juin 2018, comptant le dernier jour pour l’évacuation des engins. Le coût financier de ce chantier fut d’environ 60 000€ soit 40 000€ de moins qu’en 2017!

Depuis quelques années, on constate une amélioration du profil des plages situées au sud du littoral, probablement moins impacté par les tempêtes depuis 2014 et en corrélation avec une augmentation des volumes de sable clapés au droit des plages. L’ampleur du travail étant moins importante, l’enveloppe nécessaire à ces opérations n’a cessé de diminuer au fil du temps.

Marinella 2018

Le travail des engins à la plage de Marinella

 

Cette année, le problème était quasiment inexistant sur le sud du littoral, à la vue des profils de plage tout à fait corrects. C’est donc à partir de la plage de Marinella que les besoins commençaient à être visibles et devenaient de plus en plus sérieux au fur et à mesure que l’on remontait vers la plage des Cavaliers. Ainsi, deux à trois bulldozers légers ont opéré sur l’ensemble de ces plages. Leur objectif était d’aplanir les buttes de sable formées durant l’hiver et de redonner aux plages une morphologie propice aux bains. Cela se traduisait par recréer des terrasses de bas de plage permettant de mieux dissiper la houle, et des pentes plus douces en milieu d’estran afin d’assurer une meilleur visibilité pour les sauveteurs côtiers encore que ces derniers se tiennent de toute façon sur leur mirador durant la surveillance des plages. Les engins ont travaillé plus tôt le matin, entre 6h00 à 14h00, afin de ne pas être gêné par les estivants qui posent de toute façon leur serviette dans les zones de travaille dès qu’il y a du soleil, ce dernier se faisant rare ces derniers temps!

Lors de ces opérations, qui n’ont fait l’objet d’aucune présentation en amont cette année aux associations, nous avons pu constater que le sable fut en partie déplacé différemment. Au lieu d’utiliser la technique du « pousser tout droit comme dans un champ de maïs vers le rivage », comme cela était le cas les années précédentes, nous avons pu observer sur certaines plages les engins fonctionner avec notamment la méthode proposée par le Collectif Littoral Angloy deux ans plutôt, c’est à dire:

  • pousser le sable des bosses vers les digues, quand elles sont présentes, pour qu’il soit emporté par les courants transversaux. (épis des Sables d’or, Marinella, Cavaliers)
Marinella

Le sable est poussé vers les digues en tas avant d’être rejeté au pied des courants transversaux longeant les digues

 

  • concentrer le sable des bosses sur des zones de plages sélectionnées avant de le pousser ensuite vers le rivage à marée basse en un point favorable à sa reprise par les courants du bord.
Cavaliers 2018

Le sable est porté latéralement sur des distances variables avant d’être ensuite poussé vers le bord.

 

L’utilisation des tombereaux pour transférer le sable d’une plage à une autre à été abandonné car c’était une méthode coûteuse en temps et en argent et aux résultats peu significatif! Enfin, entre le début et la fin des travaux, une repasse a été nécessaire à la plage de Marinella, suite à une rentrée de la houle durant les opérations.

Voici un comparatif avant et après avec les images de la caméra Webcam HD.

01062018 Océan

Avant

Océan le 0806 2018

Après

Effectivement, le résultat est sans appel. On est passé d’une plage où la visibilité du rivage depuis le poste de secours était mauvaise, à une visibilité bonne permettant aux MNS de travailler dans de bonnes conditions. Mais pour combien de temps?

Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre pour voir comment l’océan va interagir avec ce retour de sable dans les petits fonds. La suite au point érosion du mois de Septembre 2018!

L’équipe SoSLa

 

 

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Point érosion au 17/05/2018

L’hiver 2017-2018, pour le littoral angloy, a été plutôt calme! Des trois plus importantes tempêtes qui ont frappé la côte, la plus grosse est survenue tardivement à la fin du mois de Mars avec 1 pic de houle XXL de 11,2 mètres pour une période de 12 secondes relevé à la bouée ouest Arcachon. Heureusement, il n’y a eu aucun dégât grâce à un faible coefficient de marée. Les plages ont donc été moins soumises à l’érosion des vagues. Pour rappel, la drague Hondarra a clapé durant les 12 derniers mois essentiellement devant les plages de l’Océan et des Dunes. L’année précédente, c’était devant les plages des Corsaires et de la Madrague. Cela a-t-il eu un bénéfice pour ces plages? C’est ce que nous allons voir:

Voici l’analyse comparative, plage par plage, de l’évolution sableuse de la côte angloye au printemps de ces trois dernières années, à marée basse, avec une hauteur d’eau de 0.62 mètre le 17 Mai 2018 (coef 102), une hauteur d’eau 0.43 mètre le 27 Avril 2017 (coef 109) et une hauteur d’eau de 0.48 mètre le 8 Mai 2016 (coef 111) sachant que cette année, la hauteur d’eau est 0.19 cm plus haute que l’année précédente.

 

  • Au sud d’Anglet:

-Plage de la petite Chambre d’Amour vue depuis pointe St Martin ( photos 2018-2017-2016)

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vvf 0805 2016

La plage de la petite Chambre d’Amour, de manière générale, parait stabilisée en 2018 par rapport à 2017. Des lentilles de sables apparues en 2017 semblent s’être conservées sur la zone qui découvre à marée basse.

-Petite Chambre d’Amour vue depuis la pointe Chambre d’Amour (photos 2018-2017-2016)

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vvf2

Avec un profil très proche de celui de 2017, ces photos confirment l’impression d’une tendance à la stabilisation en 2018.

La plage du Club: (photos 2018-2017-2016)

club

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club 0805 2016

La plage du Club offre cette année un magnifique banc de sable à marée basse alors qu’elle était dans la tourmente, voire même dans une phase de recul sédimentaire en 2017. Une énorme baïne s’était alors installée devant le rivage sur toute la plage, rejetant les bancs au large.

La plage des Sables d’Or vue depuis la pointe Chambre d’Amour: (photos 2018-2017-2016)

sables

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sable d'or 0805 2016

La aussi, la situation sédimentaire s’est bien améliorée en 2018 par rapport à 2017. Deux lentilles de sable ont émergé à marée basse.

La plage des Sables d’Or vue de profil depuis la digue du Club: (photos 2018-2017-2016)

sable

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sable d'or digue2 0805 2016

Le haut de la plage s’est nettement désensablé, constat visible grâce à l’ancien émissaire dont les blocs sont réapparus. Pour rappel, au printemps 2015, cette plage avait connu un fait similaire mais depuis, le sable était revenu se déposer dans cette partie haute.

Ainsi, on a l’impression que pour le sud des plages, la situation sédimentaire s’est bien améliorée par rapport à l’année dernière, alors que la drague Hondarra n’est pas venue au droit de ces plages depuis plus de 2 ans…!

 

  • Au centre d’Anglet:

-Plages des Corsaires et de la Madrague vues depuis la pointe Chambre d’Amour: (photos 2018-2017-2016)

central

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cote nord 0805 2016

L’arrivée de sable qui s’était produite en 2017 sur les bancs de marée basse de ces deux plages s’est sensiblement maintenue.

Toujours étonnant, la plage de Marinella semble encore subir une submersion de sable par dessus la digue du même nom provenant de la plage des Corsaires. (?)

Plage de la Madrague vue depuis le bas de l’estran: (photos 2018-2017-2016)

madrague b

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madrague

En Mars 2015, l’enrochement de la Madrague était enseveli sous le sable. Il était réapparu en 2016 et cette tendance s’était confirmée au printemps 2017. En 2018, l’épi semble être à nouveau mangé par la plage… Le haut de plage est bien plus bombé qu’en 2017. La visibilité depuis les postes de secours s’est dégradée. Que se passe-t-il?

  • Au nord d’Anglet:

Plages des Cavaliers, des Dunes et de l’Océan vues depuis la Barre: (photos 2018-2017-2016)

cavaliers 2018

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cavallier 0805 2016

Les photos sont sombres, mais on note quand même que le rivage des plages nord à reculé en 2018 et que le haut des plages parait plus haut et plus bombé...

Conclusion:

Le sud du littoral s’est bien amélioré en 2018 alors que la drague n’est pas venue au droit des plages depuis plus de deux ans. Au centre de la côte, l’embellie constatée sur les petits fonds l’année dernière s’est stoppée en 2018, là même où la drague a travaillé tout au long de l’année 2016. Au nord, un recul est même perceptible en 2018 alors que cela fait 12 mois que la drague travaille sans relâche devant les plages de l’Océan et des Dunes…

A la veille de l’été 2018, aucun effet positif pour les rivages de l’Océan, des Dunes et des Cavaliers même avec un travail de 14 mois de clapage côtier. Plus troublant encore, là où un engraissement est constaté, la drague n’est pas venue depuis plus de 2 ans. Les clapages sont-ils effectués suffisamment près de la côte pour que les plages en tirent rapidement un bénéfice? Ou peut-être qu’une certaine inertie dans les éléments fait qu’une plage ne bénéficie du clapage que plusieurs années après que celui-ci soit effectué? Probablement un peu des deux!

L’équipe SosLa