La modification de l’arrêté inter-préfectoral n° 04/EAU/24 du 24 mai 2004 demandée par la CCI de Bayonne et validée en Juin 2012 par les préfectures des Landes et des Pyrénées Atlantiques, autorise pour la première fois la vente d’une partie des sables dragués à l’entrée de l’Adour et provenant du littoral Angloy.

Modification de l’arrêté inter-préfectoral n° 04/EAU/24 du 24 mai 2004

 

Nous, citoyens soucieux de la préservation des plages publiques d’Anglet, appelons le maire de la ville d’Anglet ainsi que les préfets des Pyrénées Atlantiques et des Landes à prendre toutes les mesures nécessaires afin de retirer la modification de cet arrêté et d’empêcher son futur renouvellement dans l’intérêt général.

 

SIGNEZ LA PÉTITION ICI

 

Mon dieu, sont-ils devenus complètement fous ? A la lecture de cette modification, on se demande si l’on n’est pas en train de marcher sur la tête? La Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne Pays Basques (CCI BPB), gestionnaire du port de Bayonne pour le compte du Conseil Régional d’Aquitaine (CRA), a fait valider une modification de l’arrêté inter-préfectoral N° 04/EAU/24 autorisant, pour la première fois, la mise à terre de 80 000 m3 de sable par an issu du dragage de l’entrée de l’Adour. Ce sable, dérivant des plages d’Anglet, doit être vendu en matériau de construction pour une ré-utilisation dans le bâtiment (ciment, parpaing) ou pour des comblements comme celui de la zone marécageuse du Centre Européen de Fret (CEF).(Sud-ouest du 21/01/2013)

Le littoral angloy est en constante érosion à partir du début des activités de dragage en 1896. Cette érosion artificielle s’est fortement intensifiée, suite à la construction de la digue du Boucau en 1966, décidée dans le seul but de favoriser les intérêts commerciaux du port de Bayonne au détriment du littoral. Cet édifice a privé la côte angloye de tout apport naturel de sédiment venant des Landes et a augmenté la fuite du sable des plages d’Anglet vers l’entrée de l’Adour. Ce fait a été suivit d’une condamnation de l’Etat, propriétaire du port en 1974. Et voilà qu’aujourd’hui, on doit accepter la vente de notre sable, si précieux dans la lutte contre la montée du niveau des mers, au plus offrant des marchands de sables par les mêmes qui nous ont déjà causé préjudice???

 

Rappel des faits historiques de la lutte contre le pillage du sable littoral, ce bien public géré par la ville d’Anglet:

– Au 19ème siècle, les paysans angloys, population locale majoritaire à cette époque, avaient pour habitude d’extraire du rivage, avec leurs charrettes, les matériaux nécessaires à la construction de leurs maisons (sable et pierraille). Mais après l’effondrement d’une partie des dunes sur lesquelles étaient plantés les célèbres vignobles locaux, et la fragilisation des falaises, une taxe fut levée par la ville en 1907, pour diminuer fortement cette coutume.

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Fin 1800, les vignes se dressent sur les dunes de la future plage du Club. Notez la taille de la plage à cette époque.

le club fin 1800

Les charretiers chargent le sable sur la plage de la Chambre d’Amour vers 1914. La dune, ou poussaient les vignes, a pratiquement disparu!

– En 1911, le conseil municipale d’Anglet s’oppose au projet d’extraction de deux entrepreneurs bayonnais, en demandant au prefêt, l’interdiction de toute extraction industrielle de sable ou de madrague à la plage de la Chambre d’Amour, rendez vous des baigneurs et des touristes.

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Début 1900, l’établissement de bain de la petite Chambre d’Amour attirait déjà de nombreux baigneurs.

 

-De 1900 à 1974, plus de 100 000 m3 de madragues littorales, soit l’équivalent de 8500 camions bennes, seront quand même enlevés tous les ans de chaque côté de l’entrée du fleuve par l’usine de calibrage au nom évocateur: Barradour. L’Etat, après avoir été jugé responsable des reculs spectaculaires de la côte Angloy, causés par la construction de la grande digue, décidera en urgence l’arrêt total de ces extractions de sable. (Condamnation de l’Etat au tribunal administratif en 1974-p50)

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L’entrée de l’Adour dans les années 1950, encadrée par les usines d’extraction de madrague. Seul point positif de ces zones d’extraction, des piscines d’eau de mer apparaissaient et faisaient le bonheur des petites familles le week-end, pour des bains sans danger!

 

– De 1896 à 2012, le dragage devant l’entrée de l’Adour arrachera au littoral le volume vertigineux de 43 millions de m3 de sables, soit l’équivalent de 123 fois le volume de la tour Montparnasse (ou deux fois le projet Sand Engine), et ce malgré la mise en place, dès 1974, du clapage côtier* par les Services Maritimes de l’Etat !
Le sable, déposé au large à plus de dix mètres de profondeur, ne peut regagner naturellement la côte. Mais il n’est pas perdu pour autant, il est stocké sous forme de dune sous-marine. Il suffit juste d’aller le récupérer avec une drague pour le re-déposer sur sa côte d’origine.

Diagramme de 120 ans

-En 2013, la CCI BPB, avec l’accord de le CRA, tente une nouvelle fois de faire main basse sur notre sable avec la modification de l’arrêté inter préfectoral N°04/EAU/24 autorisant la disparition définitive de 10% du sable de nos plages tous les ans, ces 10% n’étant probablement qu’un début.

C’en est trop ! Ce sable dragué tout comme celui stocké au large appartient aux plages d’Anglet. En aucun cas, il ne doit faire l’objet d’une exploitation minière à des fins non littorales. Il reste, aujourd’hui, notre seule chance de pouvoir inverser la tendance érosive littorale créée par l’homme et donc de diminuer les coûts de lutte contre le recul du trait de côte.

 

Qui finance aujourd’hui les enrochements, les digues et le clapage côtier?

La ville d’Anglet et ses contribuables, qui ont le souci de la gestion patrimoniale de ces plages, sont les premières victimes économiques de cette érosion artificielle.

L’Agglomération Côte Basque Adour (ACBA) dont une bonne partie de ses habitants sont des utilisateurs de ces plages, notamment les Bayonnais, pour qui, Anglet reste la plage de référence.

Le Conseil Régional d’Aquitaine (CRA), propriétaire du port de Bayonne, participe seulement au clapage côtier alors qu’il est responsable du dés-ensablement des plages d’Anglet.

 

La situation aujourd’hui:

Comme le dit le Président de la CCI BPB, « pour des raisons de coût trop élevés, il n’y aura aucun m3 de sable mis à terre en 2013 ».
Et après?
L’arrêté inter-préfectoral n° 04/EAU/24 du 24 mai 2004 a été validé pour une période de 10 ans renouvelable. Il sera caduc en Mai 2014. La demande d’autorisation risque d’être renouvelée par la CCI BPB auprès des préfectures des Landes et des Pyrénées Atlantiques pour le dragage du port de Bayonne, incluant la nouvelle modification qui autorise le dépôt à terre des 80 000 m3 de sable , si ni la Mairie d’Anglet ni l’ACBA ne s’opposent à ce projet.

Il est totalement scandaleux et inadmissible que le sable des plages d’Anglet fasse l’objet d’une opération industrielle. Ce sable est un bien public qui appartient à la zone récréative que sont les plages, et il est indispensable dans la lutte contre l’érosion et le recul du trait de côte. C’est pourquoi, dans l’intérêt général et partant du principe « qui ne dit mot consent», l’équipe SoSLa lance un grand NON à la mise à terre et à la vente de tous les sables provenant directement ou indirectement des plages d’Anglet:

 

LE SABLE DES PLAGES D’ANGLET N’EST PAS A VENDRE !

Mobilisons-nous pour sauver le littoral angloy!

SIGNEZ LA PETITION ICI

 

Tout le monde doit être informé! Aussi envoyez cette pétition à tous vos amis utilisateurs réguliers ou occasionnels des plages d’Anglet c’est à dire les baigneurs, les glisseurs, les marcheurs, les joggeurs, les pêcheurs, les vacanciers.

 

Bibliographie:

Histoire d’Anglet des origines à nos jours de Manex Goyhenetche (édition Elkar 2003)
Anglet en cartes postales anciennes de Claude Benavides (bibliothèque Européenne 1976)
Etude de l’érosion de la Côte Basques de Alexendre A. (Rapport BRGM RP-52370-FR 2003)

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