Le 23 novembre 2016, un arrêté préfectoral spécifique pour le dragage d’entretien du port de plaisance a été accepté sous conditions pour le port de plaisance du Brise-Lames. Il est prévu d’y extraire 35 000 m2 de sédiments soit l’équivalent du chargement de 3 000 camions benne. Mais les sédiments, au lieu d’être emmenés par la route, vont être dispersés à marée descendante dans l’estuaire de l’Adour durant une durée stricte de deux mois, soit du 15 Mars au 14 Mai 2017.

Situé sur la rive gauche de l’Adour, à 700 mètres de son embouchure, le port de plaisance du Brise-Lames a été construit en 1974 et inauguré en 1975. Il se situe en lisière de chenal, derrière deux digues d’enrochements et au cœur d’un environnement marqué par la proximité des activités industrielles du port de commerce de Bayonne mais aussi des plages d’Anglet. Il est géré aujourd’hui par la Communauté d’Agglomération Pays Basque, dans le cadre d’une délégation de service public confiée par la Nouvelle Région Aquitaine. Son envasement est récurrent au fil du temps avec les dépôts de limon porté par l’Adour. Son dernier dragage remonte à 2004 et, à la suite de nouveaux problèmes de sécurité, la région a déposé en 2014 un nouveau projet de dragage d’un montant de 347 000 € environ. Nous avons pu lire, au travers du nouvel arrêté inter-préfectoral de dragage de l’estuaire de lAdour, que l’immersion de sédiments, lorsqu’elle était effectuée en zone interne devant la capitainerie par la drague du port de commerce, contribuait au déclassement de l’Adour Aval et donc par proximité, aux plages avoisinantes. Cette méthode devrait être abandonnée par le port de commerce dans un avenir proche. Aussi, nous avons été surpris de voir autoriser une telle pratique pour le port de plaisance, puisqu’elle s’apparente aux mêmes enjeux environnementaux. Défenseurs des plages d’Anglet contre l’érosion artificielle mais aussi contre la pollution, nous nous sommes intéressés à cette problématique et nous nous sommes rapprochés de la Communauté d’Agglomération Pays Basque pour y voir plus clair. Nous avons donc été conviés à une réunion technique d’information, où les acteurs ont voulu jouer la transparence avec les associations ce qui est, du reste, une bonne initiative. Quand est-il exactement:

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La drague aspiratrice en pleine opération le 16/03/2017. On peut voir émerger au-devant « la fraise » par laquelle les sédiments sont emportés.

Les dragages vont être réalisés à l’aide d’une drague aspiratrice munie d’une élinde qui va travailler par balayage à une profondeur déterminée. Les sédiments seront dilués à 10 ou 15% avec de l’eau pour être rejeté à un rythme de 1350 m3/heure à l’autre bout du tuyaux. Les volumes dragués permettront de revenir à l’état initial du port de 2004 lors du précédent dragage.

Les rejets vont être réalisés au jusant, soit une heure après le début du descendant et jusqu’à une heure avant la marée basse, deux fois par jour. L’émissaire se situera dans le fleuve, en face du restaurant « le Poisson à voile ».

Le taux de matière mise en suspension (MES) sera mesuré en continu par deux sondes de turbidité, une située en amont du Brise-Lames, au niveau du ponton du remorqueur Balea, et une autre en aval du port, devant la tour de pilotage. Les valeurs relevées toutes les dix minutes devront rester inférieures à 100 mg/litre pour le déroulement des travaux. Si une crue de l’Adour avait lieu avec des MES supérieures à la limite autorisée, les dragages devront s’arrêter en attendant un retour inférieur au seuil de référence pour ne pas saturer plus le fleuve.

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Les tuyaux connectés à la barge rejoignent la terre près de la piste cyclable.

De nombreux prélèvements ont été réalisés durant deux campagnes d’échantillonage, une en 2014 et une en 2016, dans différents endroits du port en utilisant la méthode standard de benne de type Van Veen allant jusqu’à 0.25 m de profondeur dans le sédiment. Nous aurions préféré des carottages pour que cela soit plus représentatif des couches de sédiments dragués, mais la loi n’est pas plus contraignante dans le cas d’immersion de sédiments dragués. Les points de prélèvements ont été vus avec la police de l’eau. Aucune anomalie dans les valeurs de référence de métaux lourd, PCB, HAP et TBT n’a été enregistrée. Les résultats sont bien en dessous de la norme N1, ce qui est plutôt rassurant.

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Les tuyaux pour évacuer les sédiments courent le long des quais.

Par sécurité, un suivi de la macro faune benthique (vers, crustacés et mollusques) va être réalisé au niveau des sondes de turbidité avant, pendant et après ce projet et ce, jusqu’à 6 mois après la fin des opérations, afin de voir si ces activités auront eu un impact sur l’environnement.

L’alternative avec une méthode à terre s’est avérée non envisageable car les sédiments, trop fins, rendent leur traitement difficilement réalisable. Elle aurait été trop coûteuse et son gain en impact carbone n’était pas évident. L’utilisation de la drague Hondarra pour le chargement des sédiments depuis un ponton n’obtenait pas plus d’intérêt et mobilisait le navire durant une trop grande période.

La communauté d’agglomération Pays Basque devra présenter un compte rendu des opérations à la police de l’eau à la fin des travaux de dragage. D’ici 18 mois, un projet sur des solutions d’entretien plus pérennes avec les exigences environnementales devra être validé par l’Etat et voir le jour.

L’équipe SoSLa

 

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Les tuyaux finissent dans l’Adour, à plusieurs mettre de profondeur. 

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