Les naufrages survenus entre 1828 et 1864:

Après la chute de l’empire Napoléonien, les balises de l’embouchure sont reconstruites et le trafic maritime reprend. Bien que l’exutoire du fleuve parait plus stable qu’autrefois, le franchissement de la Barre n’en reste pas moins délicat. Grâce aux documents qui nous sont parvenus, nous avons pu déterminer les causes de naufrages les plus fréquentes durant cette période:

Le navire qui fait sauter son gouvernail en touchant le banc de la Barre par manque d’eau. Le navire est alors à la dérive et s’échoue là où le courant l’emmène,

Le navire pris dans un océan en furie et le capitaine désespéré qui prend la décision de rentrer au port coûte que coûte quitte à finir sur la côte sous l’œil des secours,

Les « coups de mer » ou vagues déferlantes qui, dans un moment inattendu, viennent heurter le navire sur la Barre provoquent son déséquilibre et son naufrage,

La chute inattendue du vent au moment où le bateau à voile franchit la Barre, le livrant à la merci du courant.

L’amarre du navire tracté par le remorqueur qui se brise lors du passage sur la Barre livrant une fois de plus le navire au courant.

1840 environ

Situation de l’embouchure de l’Adour vers 1840: le banc de sable venant du nord déborde dans le chenal et alimente l’écueil de la Barre plus au large.

 

Vous trouverez dans les paragraphes qui suivent les détails de ces naufrages qui, hélas, tournent souvent à la tragédie:

– Le 8 Février 1828, le brick  « Courrier de Bayonne » en provenance de Santander et transportant des passagers est poussé par une forte tempête lors de son arrivée devant la Barre. Les signaux des pilotes ne lui donne pas l’autorisation de rentrer. Il tente de patienter au large mais la violence des rafales finit par le jeter à la côte, englouti par les vagues et rejeté sur la plage centrale de Tarnos. Il a attendu pendant plus de 24 heures une autorisation de franchir la Barre qui ne vint jamais. L’équipage et tous les passagers disparaissent lors de ce triste accident.

Toujours en Février 1828, un chasse-marée chargé de bois de construction et appartenant à la marine française chavire sur la Barre. Il est renfloué et remorqué par les chaloupes des pilotes mais trois hommes sur sept périssent noyés. Le même jour, un autre chasse-marée chargé de sardine chavire au même endroit. Tous l’équipage y laisse la vie.

– En avril 1829, deux navires, l' »Aimé » et l' »Actif » s’échouent en plein sur le banc de Barre.

– Le 28 Mars 1830, une chaloupe de pilote chavire sur la Barre de l’Adour en relevant les profondeurs. Jean Bourgeois, célèbre pilote major de la Barre sauve 8 marins. (81)

– En 1834, le chasse marée « Estelle » sombre sur la Barre de l’Adour. (56)

– En 1835, un chasse-marée chargé de froment fait naufrage à la Barre. Le navire est perdu et sur les quatre hommes d’équipage, trois ont péri. (56)

– En 1836, la sentinelle des Pyrénées rapporte que: « des habitants du village d’Anglet ont été arrêtés pour avoir pillé quelques marchandises appartenant à des navires naufragés, et le second d’un de ces navires a vu ses malles brisées sous ses yeux, et tous ses effets enlevés, lorsqu’il venoit à peine d’échapper à la fureur des flots. En vérité, il y a des cœurs que rien ne sauroit toucher… » Sauvage, les gens du coin, à l’époque!

– Le 01 Avril 1841, c’est la mise en service du premier remorqueur à vapeur de Bayonne, l' »Adour« . Il doit contribuer à améliorer le franchissement de la Barre pour les bateaux qui le souhaitent. Il est un service payant!

adour n 1

Le remorqueur Adour près des rives angloyes  vers 1854

 

– Le 8 Janvier 1843, un navire commandé par un marin de Biarritz est perdu, corps et biens, sur les plages d’Anglet. (56)

– Le 7 Octobre 1843, le chasse-marée la « Rosalie » coule à l’embouchure de l’Adour alors que l’autorisation d’entrée ne lui avait pas été donnée par les pilotes présents sur la tour des signaux.

– Le 1er Avril 1844, le « Sablais » venant de St Gilles avec un chargement de froment s’échoue à l’embouchure. L’équipage est sauvé ainsi qu’une partie de la cargaison. On tentera de renflouer le navire qui aura pas mal souffert la première nuit. L’opération sera une réussite!(67)

– Le 29 Avril 1846, la gabarre « St Anne » venant de Bordeaux s’échoue sur le banc sud de la Barre. Le lendemain, lors de son renflouement à l’aide du remorqueur, le bateau coule à pic après avoir été tiré sur une cinquantaine de mètre à l’intérieur du fleuve. Personne ne le reverra!

– Le 24 Janvier 1848, un sloop s’échoue sur la pointe nord de l’embouchure de l’Adour. Il sera renfloué à l’aide du remorqueur.

– Le 20 avril 1849, le brick-goélette « St André » à destination de Rochefort chavire une fois de plus au nord de la Barre pris sous le travers par un coup de mer. Le navire sombre, tout l’équipage disparaît. Il transportait du bois de construction.(63)

– Le 30 Avril 1850, le brick anglais « Ino« est remorqué par l’Adour n 1 pour gagner le port! Il a du mal à gouverner car le brick est surchargé et subit des embardés à l’approche du fleuve. Le câble d’amarrage finit par se briser et le navire, à la dérive, finit par s’échouer sur un banc de la pointe sud de l’embouchure.

– Le 30 septembre 1850, le sloop français « Lise Annette » venant de Douarnenez et chargé de sardines en baril s’échoue au sud immédiat de l’embouchure. Sur les quatre membres d’équipage, deux marins périssent. (68)

– Le 13 Octobre 1850, le lougre »Constancia » à destination de Bilbao s’échoue aussi au sud de l’embouchure. Il transportait du goudron et du souffre.

– Le 26 Novembre 1850, c’est l »Amédée » qui s’échoue au sud du Boucau avec à son bord de la laine, du vin et des minerais de Fer.

– Le 02 Novembre 1851, le sloop « Industrie » venant de Morlaix et transportant das ses cales de l’avoine, s’échoue à quatre kilomètres au nord de l’embouchure.

– Le 14 Juin 1852, le « Joven Concha » quitte Fontarabie avec sept hommes à bord pour venir chercher des planches à Bayonne. Lors de cette traversée, la petite goélette est prise subitement dans la tourmente. Elle lutte une journée entière contre le fort vent qui la pousse vers la côte car elle ne peut franchir la Barre en furie. Le lendemain, au petit jour, elle est prise sur le travers et finit par chavirer. Seul trois marins arriveront à gagner la côte à la nage. Ces hommes sont secourus par les préposés des douanes. Le navire arrivera brisé à la Chambre d’Amour. (64)

– Le 03 Novembre 1852 dans l’après midi, le lougre « Le furet » venant de Bilbao et chargé en mine de fer, s’échoue sur la Barre. Il est ainsi assailli par de violent coup de mer. L’équipage se croit perdu mais le sang froid du capitaine, œuvrant pour se dégager avec la marée montante finit par se dégager 4 heures après ce début de naufrage et rentre aux port avec seulement des avaries sur le pont du navire. Il est alors félicité par ces amis marins. (85)

nauvrage anglet MDB

Des naufragés sur la plage de la Chambre d’Amour vers 1850. Peut-être ceux du Joven Choncha. Le campement de fortune est installé en haut du rivage en attendant un renflouage hypothétique.

 

– Le 26 Janvier 1853, c’est le brick-goélette « Marie-Louise » venant de Paimboeuf sur lest s’échoue à un mille au nord de l’embouchure en arrivant à Bayonne l’après-midi. L’équipage est sauvé mais le navire semble perdu.

– Le 29 Janvier 1853, le « Charles-Louis » venant de Morlais chargé d’avoine s’échoue à la petite Chambre d’Amour. L’équipage est sauvé et le navire, n’ayant pas d’avarie, est renfloué le 15 Février. Il rentre au port le 16 pour y être calfaté par sécurité. (79)

– Le 16 février 1853, le brick-goélette anglais « Harmony« , navigant sur lest, est jetée par le vent et les courants au nord de l’embouchure. L’équipage est sauvé, le navire semble perdu.

– Le 18 février 1853, la journée a été déplorable pour le franchissement de la Barre de Bayonne. Trois navires s’échouent en fin de matinée au sud de l’embouchure: une goélette anglaise la « Résolution » navigant sur lest a été brisée sur le rivage. Le chasse-marée « Saint Charles« , venant de Dournenez avec un chargement de sardines, est  aussi perdu après que sa coque ait été ouverte à la marée du soir. Enfin, le « Français » venant de Rouen et transportant diverses marchandises s’échoue à l’extrémité sud de l’embouchure. Fort heureusement, aucune perte humaine n’est à déplorer. (60)

– Le 20 mars 1853, le chasse-marée espagnol « Très Hermanos » quittant Bayonne pour Bilbao s’échoue à 1 km au sud de l’embouchure. Étonnement, le même jour, le chasse-marée « Joven Antonio » à destination de Santander connait le même sort! Dans les deux cas, c’est l’absence de vent au moment du franchissement de la Barre qui est à l’origine du naufrage. Personne n’a péri mais le premier navire a quand même été brisée après avoir déchargé sa cargaison. (61)

– Le 14 janvier 1854, le brick goélette français  » la Gazelle » de Granville chargé de houille en provenance de Nelly (Angleterre) finit sa course en sombrant à l’intérieur de la Barre par une mer forte agitée. L’épave est brisée au moment du franchissement et les lames l’ont rejeté à la pointe sud. Deux chaloupes du Boucau sont sorties courageusement pour aller chercher ses matelots à la mer. Ils en récupèrent sept dont un, dans un sale état, qui reçoit immédiatement des premiers soins à la tour des signaux. C’est le capitaine qui n’a, hélas, pas survécu. Une autre goélette et un chasse-marée qui assistent à la scène depuis le large en attendant leur tour ont préféré s’éloigner. Deux marins manquent à l’appel dans ce naufrage. L’un d’eux est rendu par l’océan quelques jours plus tard. L’autre a probablement été coincé dans une chambre de l’épave…(62) L’épave est drossée dans plusieurs coins du fleuve, et finit par couler définitivement dans la passe en face du lazaret avant de devenir un obstacle à la navigation. Ce sont les Ponts et Chaussées qui finiront par dégager la passe en retirant les débris du navires en Avril. (92)

– Le 14 décembre 1854, le brick « le Cygne » arrivant d’Angleterre se présente vers 11h00 devant la Barre avec un brouillard important. Les signaux, à peine visible, sont mal interprétés, le navire prend une mauvaise direction et finit par s’échouer à 250 mètres au sud de l’Adour. Il transporte dans ses cales du charbon de terre.

– Le 20 février 1855, le brick-goélette « Aimable Auguste » arrivant de Brest sur lest perd le contrôle de son sillage en franchissant la Barre après que le vent soit subitement tombé! Pris par le courant, il s’échoue à la pointe de l’extrémité sud de l’embouchure. Il sera perdu. (58)

– Le 27 mars 1855, l' »Auguste Degré« , après une journée en relâche à Socoa, décide de franchir la Barre de l’Adour avec un pilote à bord. Arrivé devant l’écueil, le vent tombe une nouvelle fois subitement, le navire subit la dérive et se trouve ballotté par de sérieux coups de mer. Aussitôt le pilote major à la tour signale que l’embouchure n’est plus praticable. Le capitaine, dans l’urgence,  jette l’ancre et décide de quitter le navire avec ses six hommes et le pilote. Aussitôt fait, l’amarre cède et le navire finit par s’échouer au sud de la côte. Les marins de Biarritz, assistant à la scène décident de venir en aide depuis le port des pêcheurs à la rame et réussissent à ramener l’embarcation et ses occupant dans ce petit havre. Le brick sera renfloué. (59)

– Le 30 Octobre 1857, le chasse marée « St Joseph » en provenance de Landerneau et transportant de l’avoine s’est échoué à cinq kilomètres sur la côte nord en voulant franchir la Barre! Le remorqueur vient à son secours mais le voilier résiste suffisamment pour empêcher le renflouage. Le remorqueur reste dehors toute la nuit pour intervenir au petit matin avec la marée. C’est alors un succès et le chasse-marée peut rentrer dans le port dans la matinée sans aucune avarie, ouf! (77)

– Le 19 mai 1856, la petite goélette anglaise « Helena » provenant de Liverpool et transportant de la houille s’échoue au sud de l’Adour après avoir été drossée par les vagues sur une grosse mer sans vent. L’équipage est sauvé et le navire renfloué dans les jours qui suivent grâce au remorqueur Adour et à l’assistance de spécialistes locaux.

– Le 21 octobre 1856, l »Odet » s’échoue sur la pointe nord de l’embouchure. Le navire est brisé en deux et deux marins sont noyés. Il arrivait de Bilbao et transportait du froment.

– Le 11 Janvier 1857, après une nuit à naviguer dans le golf de Gascogne à travers la tempête, le lougre « Celine« de Paimpol chargé d’avoine et malmené par les lames décide de franchir la Barre au petit matin malgré un brouillard qui lui masque la vue du phare de Biarritz. L’enfourchement de la houle lui brise son beaupré au raz de la coque rendant la navigation encore plus délicate. Fort heureusement, le navire fait côte au sud de l’embouchure, échappant à une Barre affreuse et permettant aux marins de gagner la terre. La cargaison est déchargée à marée basse ce qui permet de renflouer le navire un mois plus tard. (56)

–  Le même jour à la marée du soir, la tempête ayant redoublé de violence et la Barre grondant comme jamais. C’est dans ces conditions que la goélette « Berthe » venant de Dinan avec ses cales chargées de blé se présente devant Bayonne. Toutes les poitrines des hommes présents se serrent à son approche pressentant un grand malheur. Depuis l’océan, les marins à bord doivent aussi avoir une appréhension sinistre à la vue du lougre « Celine » échoué il y a peu sur la plage d’Anglet. Le lougre tenta le franchissement et à peine arrivée sur la Barre, une vague gigantesque vint l’engloutir à tel point que rien ne reparut aux tristes spectateurs sur place, hormis une immense nappe d’écume blanche. Il y avait là dans cet accident, des pères de famille, des jeunes pleins de vigueur, et même des enfants… Aucun secours ne put être porté et, dans les jours qui suivirent, la mer rejeta les corps sans vie de ces marins au destin tragique. (56)

– Le 24 janvier 1857, le « Bienvenu » venant d’Auray avec ses cales pleines de grain s’échoue sur la barre en arrivant à Bayonne et finit à 2 kilomètres sur la plage de Tarnos. L’équipage est sauvé et le navire renfloué le 9 Février.

IMG_8905b

Tampon des échanges de courriers de la Chambre de Commerce de Bayonne (92)

 

– Le 25 Janvier 1857, quatre goélettes font côte à l’embouchure de l’Adour: la « Marie-Eulalie » venant d’Anvers et chargée de froment et de haricots, la « Jeune Clara » chargée de seigle et venant de Dunkerque, le « Fhoff-Pilot« , venant de Liverpool avec une cargaison de maïs, les « Deux Frères » chargés de froment et venant de Nantes. La première finit sur la plage sud de la Barre. En effet, voyant que les vagues allaient balayer le pont du navire, le capitaine ordonne à son équipage de grimper aux matures, assumant seul de tenir le gouvernail. C’est ce qu’ils font et le capitaine, ballotté dans tous les sens reçoit un coup de barre dans la figure laissant apparaître une entaille. Malgré son acharnement à tenir bon, le gouvernail se brise et ils dérivent jusqu’à la plage. Il fait descendre son équipage et c’est après avoir sécurisé au maximum son navire qu’il descend pour aller se faire soigner à l’hôpital! La goélette est renflouée le lendemain à l’aide du remorqueur pour être réparée à Bayonne. Les trois autres voiliers finissent du côté nord de l’embouchure. Le navire « Deux Frères » se fait briser par les vagues mais l’équipage est sauvé comme sur les autres navires. Quelle triste journée quand même…(57)

– Le 01 Avril 1858, un chasse marée s’échoue à l’intérieur de la pointe nord de l’embouchure. Il sera relevé.

– Le 07 mai 1858, un navire quittant le port, s’échoue sur le nord de la Barre. Cette fois ci, seul l’équipage sera sauvé par le pilote major.

– Le 11 septembre 1859, l' »Aimable Guillemette » sort du port et se retrouve tout de suite en difficulté après le franchissement de la Barre et s’échoue sur la plage à 500 mètres plus au sud. Le navire est en peu de temps brisé et l’équipage sauvé grâce au canot.

– le 12 février 1860 vers 16h00, le vapeur « Siméon » sur lest, tente de franchir une Barre peu praticable. Il casse alors la chaîne de son gouvernail suite à un choc violent sur le banc. A la dérive et poussé par les paquets de mer, il s’échoue sur la côte nord et subit des dommages considérables. Les treize hommes d’équipage sont sains et sauf mais la coque est brisée par l’océan la nuit suivante. L’épave sera détruite sur place. Les machines et la cargaison seront sauvées. La chaudière finit au fond du fleuve après qu’un coup de vent fasse perdre l’équilibre à l’embarcation qui la ramène au port. Il y a des destins que l’on ne peut changer! (54)

– Le 15 mars 1860 à 11h00, le chasse marée « La Sidonie » venant de Marans sur lest, dans une tempête monstrueuse, fait côte entre le phare et la Chambre d’Amour. Les sept hommes d’équipage sont sauvés. Le navire sera défoncé par la houle et on vendra ses débris sur la plage. (55)

– Le 10 avril 1860 vers 18h30,  la goélette française l' »Euphémie » venant de Quimper avec un chargement d’avoine s’échoue au sud de l’embouchure, juste en arrière des travaux de consolidation des nouvelles estacades. L’équipe des douanes intervient suffisamment vite pour sauver l’équipage. La cargaison sera déchargée à basse mer. le navire sera renfloué en le tirant sur le sable vers le fleuve par un trou existant dans la jetée. (92)

– Le 28 Février 1861, la chaloupe espagnole non ponté « Inocensia » continue sa route vers le port de Bayonne malgré que le pilote-major est levé le signal d’interdiction de franchir la Barre. Elle est alors prise par un coup de mer en franchissant l’écueil et vient sombrer à l’intérieur du fleuve à 100 mètres de l’extrémité des jetées. Les sept hommes d’équipage ont à peine le temps de mettre le canot à l’eau et de s’y installer dedans pour gagner la terre. La chaloupe, poussée par les flots, s’échoue sur les rochers des tillacs. Le remorqueur tente de la sortir de ce faux pas en la tirant par son mât de misaine. Mais ce dernier casse et la chaloupe sombre une nouvelle fois sur le banc de sable devant la tour de pilotage. Les équipages des lonches qui sont dans le port, vont tenter de la renflouer mais le petit navire sera quand même perdu. (75)

–  Le 12 Mars 1861, la goélette française « le Georges » se présente dans une énorme tempête devant Bayonne à 16h00. Ne pouvant ni rester en mer pour la nuit, ni franchir la Barre pour trouver refuge, le navire, chargé en lest, tente de gagner la côte alors que les vagues brisent à plus de deux kilomètres au large… Nombreux sont les spectateurs qui assistent à cette pénible scène en attendant avec anxiété le dénouement. Elle s’échoue ainsi sur les plages d’Anglet à 500 mètres de l’embouchure, sans avarie, et son équipage de cinq hommes est miraculeusement sauvé puis il saute à terre sans se mouiller les pieds! (51)

le Georges

Travaux de renflouement du Georges en 1862 (Ponts et chaussées de Bayonne)

L’opération de renflouage est exactement la même que pour la goélette française l' »Euphémie » un an plus tôt. Sauf, que depuis, les tillacs de la jetée gauche de l’embouchure ont été réparés et il faut maintenant envisager d’en détruire un pour faire passer le navire! Ce sera chose faite quelques après ! (92)

– Le 17 Mars 1861, la chaloupe espagnole non pontée »Pasagera » venant de Pasajes sur lest et à direction de Bayonne, se présente devant l’embouchure par une jolie brise de nord-ouest le dimanche à 16h30. Elle reçoit un coup de mer au moment du franchissement de la Barre et sombre immédiatement au milieu des brisants. Les huit hommes présents à bord se retrouvent éjectés dans l’océan et tentent pour les uns de regagner le bord, de s’accrocher sur les objets flottants pour les autres, et ce devant plus de 300 personnes en train de contempler l’océan en cette belle fin de journée. Le pilote de garde récupère six marins dans sa chaloupe et un pêcheur sauve les deux autres avec son couralin. Le capitaine, presque noyé, est ramené à la vie grâce au travail du pilote et d’une équipe médicale durant deux heures. La lonche, quant à elle, est rejetée sur la côte sud. Trop vielle et trop endommagée, elle finit comme épave. (52)

– Le 04 septembre 1861 en début d’après-midi, la chaloupe espagnole « Sébastiana » venant de Fontarrabie sur lest arrive sur la Barre quand elle est prise par un violent coup de mer qui l’envoie sur la pointe nord de l’embouchure. Elle s’échoue entre le banc et les travaux de l’estacade nord. Les secours viennent rapidement grâce à la présence des ouvriers du chantier des digues. Tous les marins seront sauvés et le navire renfloué. (76)

palangé b

L’embouchure de l’Adour avec vue sur les travaux des digues à claire voie exécutés entre 1859 et 1868 et l’entrée d’un voilier tracté par le remorqueur Adour n 2!

– Le 16 Octobre 1861, le brick français « La Suite » et trois autres navires sortent du port de Bayonne à la remorque du vapeur Adour 2. Plus lourdement chargé que les autres, avec une cargaison de matières résineuses, « La Suite » n’arrive pas à rester dans le sillage du remorqueur et vient talonner le banc devant l’estacade sud, suffisamment fort pour détacher l’amarre. Pris par le courant, et sans ancre « sous la main », il est porté contre l’estacade avant de s’échouer à extérieur de la jetée. Ne connaissant pas d’avarie, il sera rapidement renfloué. (52)

– Le 12 décembre 1861 le paquebot à vapeur « Aviso » de la compagnie espagnol La Union venant de Pasajes avec quelques passagers prend des coups de mer au moment de franchir la Barre, à tel point qu’il se met en travers et une déferlante le pousse jusqu’au nord de l’embouchure, après la jetée c’est à dire au même endroit que le « Siméon » deux ans plus tôt. Après avoir évacué les passagers sans difficulté, les marins ont tenté de stabiliser le navire avec des cordages mais le courant littoral, très vif, porta le navire contre la jetée de service et l’endommagea à plusieurs endroits. C’est au bout d’une deuxième marée que le navire finit par se poser sur une butte de sable à l’écart de la jetée. Le spécialiste des renflouements, M. Ader, fit alors vider le navire et déplaça le navire en amont de la pointe intérieure avec des rouleaux dans le but de lancer le navire dans le fleuve à travers une brèche dans la jetée. Ceci prit une quinzaine de jours jusqu’au 1er Janvier où l’océan devint si calme et la marée si haute que le spécialiste changea d’avis et profita de cette accalmie et du fait que tout le navire tremper dans l’eau pour le tirer vers l’océan à l’aide d’un cabestan depuis le pont de service, et de deux chaloupes de lamanage qui parvinrent à le tirer à 200 mètres de la Barre. C’est alors qu’intervient le remorqueur « Adour » qui récupéra le navire et le tracta en sécurité jusqu’au port. Une quarantaine d’hommes furent nécessaire pour cette opération de sauvetage du vapeur. (92)

– Le 13 Janvier 1862, suite à l’arrivée d’une tempête violente, le chasse marée « Arthur« , chargé de lest, se retrouve à lutter toute la nuit au large de Bayonne contre les brisants. Au petit matin, sa voile de misaine est totalement déchirée. L’heure du flot pour entrer dans le port étant encore loin, le capitaine préfère faire côte à 300 mètres au nord de l’embouchure! L’équipage est sauvé et le navire, n’ayant que deux ans d’age, ne connait aucune avarie… Il est alors renfloué pour repartir au travail mais coup du sort, le navire s’échoue une nouvelle fois le 30 septembre de la même année et cette fois-ci au sud de l’embouchure. En effet, le capitaine commet une erreur d’interprétation des signaux. Il tente de franchir la Barre alors que la profondeur d’eau n’est pas suffisante! Il talonne à plusieurs reprises, casse son gouvernail et dérive au sud jusqu’en bout d’estacade, où il jette l’ancre pour se maintenir contre la jetée. Mais les conditions météorologiques se dégradent, le navire chasse et finit par s’échouer sans gravité au sud immédiat de l’embouchure. La cargaison est tout de même perdue. (49)

– Le 20 Octobre 1862, c’est au tour du lougre breton « Les Deux Joachim » de connaitre une fin tragique à Anglet. Alors qu’il vient de Sunderland avec un chargement de houille, il est pris sur la Barre, ballotté et projeté sur l’estacade sud avec une telle violence qu’il finit défoncé sur la plage. L’équipage a le temps de quitter le navire avant que ce dernier ne soit brisé durant la nuit suivante au même endroit que l' »Arthur » vingt jours avant. (50)

– Le 15 décembre 1862, la chaloupe espagnole pontée « Madalena » chargée de différentes marchandises est jetée sur la pointe sud de l’embouchure suite à un coup de mer survenu au moment du franchissement de la Barre. L’équipage est sauvé et le navire renflouée.

– le 16 Janvier 1863, le brick français « La suite » transportant aussi de la houille et provenant de New-Castel est de retour à Bayonne. Il se présente vers 10h00 du matin devant la Barre. Malheureusement, il est pris par le courant qui le jette sur la dernière travée de l’estacade sud, causant une voie d’eau importante et le naufrage du navire. Il sombre rapidement et l’équipage de six marins est sauvé par l’intervention éclair du pilote Puyo et de sa chaloupe. Seul le capitaine disparaît dans les flots avec son navire pour toujours. (48)

– Le 26 Janvier 1863, la « Marie-Louise » de Bayonne et venant de Paimboeuf sur lest fait côte au nord de l’Adour à 16h00. L’équipage est sauvé, pas le navire!

– Le 10 février 1863 à 9h30 du matin, les bricks « La Louise » et « Hortense » profitent d’une embellie annoncée par la tour des signaux pour sortir en mer et rejoindre leur destination. Remorqué par l’Adour n 1, ce dernier est assailli par plusieurs vagues au moment du franchissement de la Barre, se retrouve en difficulté et on le craint bientôt à la côte avec ses deux voiliers en remorque. Fort heureusement, les amarres se brisent ce qui lui permet de se tirer de ce mauvais pas. Hélas, « La Louise » livrée à elle-même n’a pas le temps de sortir ses voiles et se retrouve enchâssée contre l’estacade sud en brisant quelques pieux. L’équipage a juste eu le temps de s’échapper mais le navire, qui prenait le cap de St Sébastien avec une cargaison de bois est totalement perdu. Le brick « Hortense« , moins engagé que sa consœur sur la Barre, a le temps de hisser ses voiles et faire demi-tour jusqu’au port sans trop d’avarie. Durant la nuit suivante, l’océan va soulever l’épave de la Louise pour la tirer en mer. Le lendemain, le vapeur Adour réussit la saisir et l’amener sur le travers de la plage de la Chambre d’Amour!(46)

– Le 7 septembre 1863, c’est au tour d’un chasse marée espagnol « Amistad » de sombrer à l’embouchure de l’Adour avec son chargement de minerais. Quatre marins doivent leur salut aux bouées jetées depuis l’estacade sud. Le capitaine, qui a la jambe brisée dans l’accident sera transporté à l’hôpital de Bayonne à l’aide d’une embarcation remorquée par le vapeur « Siméon« . Le cinquième marin périt noyé. (47)

– Le 01 Janvier 1864, la goélette « Iris » a fini à la côte à 2 km au nord de l’Adour. Elle ne pourra être renflouée.

A cette époque, il y a en moyenne 1500 franchissements de la Barre de l’Adour annuellement avec des pics à 2200 certaines années correspondant à environ 1100 bateaux. Le trafic s’est donc intensifié par rapport à l’époque qui précède la révolution Française. On compte généralement trois naufrages par an entre 1843 et 1863 essentiellement durant la période hivernale ce qui représente 0.4% des navires qui viennent à Bayonne. Il y a une belle amélioration du franchissement de la Barre notamment grâce à l’amélioration du balisage de l’embouchure de l’Adour et à l’apparition de la navigation à vapeur mais les naufrages demeurent pour la population locale des faits marquants notamment quand les marins disparus sont des homme du pays.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Vapeur franchissant la Barre de l’Adour en plein coup de mer, accrochez-vous matelot !

 

Prochain épisode: les naufrages de 1866 à 1895!

L’équipe Sosla

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “Histoire des naufrages aux abords de l’embouchure de l’Adour. III

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s