LES TROUS DE RENARD: QUEZACO?

Actuellement, (Avril 2016) on peut apercevoir des travaux de réparation sur les trous de renard présents au niveau de la digue sud de l’embouchure de l’Adour. On nomme « trou de renard » les trous provoqués par la chute de matériaux situés en surface vers une cavité souterraine. A l’embouchure, ils sont dus à des infiltrations d’eau qui ont lieu à travers la digue sud lors des fortes marée montrant ainsi les faiblesses de l’ouvrage liées à son âge.

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Un encadrement de sécurité a été installé autour de la zone renardée près de la vielle digue sud.

 

C’est ce qui c’était déjà passé en Octobre 2002. A l’époque, les services de la DDE maritime avait excavé le sable présent contre la jeté pour en connaitre la raison.

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Trou de renard en Octobre 2002  pratiquement au même endroit. (Archives médiathèque Bayonne/Sud-ouest 2002)

 

Ils s’étaient rendu compte que l’eau circulait entre les blocs, présents côté sud de la jetée, suite à la formation de failles dans l’ouvrage. La digue était donc devenu perméable!

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L’excavation avait, à l’époque, mis au jour les blocs d’ophite mais aussi mis en évidence des infiltrations de l’eau du fleuve à travers la digue. ( Archives médiathèque Bayonne/Sud-ouest 2002)

 

Cela était aussi le cas en 1977, où l’on peut voir sur une photo aérienne de l’IGN de l’embouchure de l’Adour la présence de deux trous de renard situé au même endroit qu’aujourd’hui!

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Trou de renard le 08 11 1977 (photo IGN)

 

Pour rappel, la digue sud d’une longueur de 300 mètres environ avait été construit entre 1895 et 1912 par comblement des jetées à claires voies existantes, afin de canaliser le jusant de l’Adour et avoir un effet de chasse d’eau sur l’accumulation des sables qui formait le célèbre banc de la Barre. La jetée a bénéficié depuis de nombreuses maintenances et confortements par le service des Ponts et Chaussées.

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La digue sud vers 1960. Un ouvrage malmené par les intempéries océaniques. Notez la présence de rails de chemin de fer qui permettaient d’acheminer les matériaux pour son entretien.

 

Au même moment, la Région a procédé à la consolidation de la digue intérieure touchée par les mêmes intempéries. Le coût global des opérations, digue sud + digue de la patinoire, est de 90 000€.

L’équipe SosLA

 

 

 

 

 

 

 

L’érosion du littoral angloy pour les nuls!

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Le recul d’Anglet vu du ciel: 1954-1969-1978-2008.

Suite à plusieurs questions de certains d’entre vous, l’équipe SoSLa a créé une Foire Aux Questions qui reviennent le plus souvent. Afin d’y répondre, nous avons laissé la parole aux spécialistes! Nous avons été chercher des informations dans plusieurs thèses d’ingénieurs récentes, dont celles de l’Université de Montaury à Anglet. Nous précisons à chaque fois le document dont sont extraites ces informations. Si vous souhaitez en savoir plus, ces travaux sont consultables en intégralité via le WEB*.

1-Le littoral angloy subit-il la même érosion naturelle que le reste de la côte Aquitaine se traduisant par un transit du sable nord/sud ?

Non!

– Jusqu’en 1963, il existait un transit naturel nord/sud de sable d’environ 100 000 m3/an provoquant l’obstruction du chenal d’accès au port de Bayonne et impliquant son dragage régulier depuis 1896. La grande digue du Boucau fut construite au nord de l’embouchure vers 1966. Un transit sud-nord est alors apparu généré par les houles en réfraction sur cet obstacle créant un nouveau courant allant des Cavaliers vers la zone calme situé dans le chenal derrière la grande digue. Seul, les événements suffisamment énergétiques tels que les grosses houles hivernales sont capables de générer un courant suffisamment important pour transporter le sable angloy vers l’embouchure. (1; page 627)

Les volumes dragués à l’entrée de l’Adour sont passés d’une moyenne de 350 000 m3/an avant la construction de la grande digue à 700 000 m3 /an après la réalisation du projet.(2; page 69)

Diagramme de 120 ans

Dragages à l’embouchure de l’Adour de 1896 à 2014! Au total, plus de 54 millions de m3 de sable dragués sur la zone et 44 millions perdus au large… (Sources Archives départementaux Bayonne, Concession du port de Bayonne, 2 ETP 4/383 et CASAGEC

– Le littoral angloy, allant de la grande digue du Boucau jusqu’à à la pointe St Martin, est ainsi considéré comme étant un système sédimentaire fermé. Il n’y a quasiment aucune entrée/sortie de sable littoral. Ce système est donc constitué de 2 cellules sédimentaires qui interagissent entre elle:

– la première cellule est formée par les plages situées entre le Cap St Martin et la digue des Cavaliers

– la deuxième cellule est formée par la plage de la Barre et l’embouchure de l’Adour.

Ces deux cellules sont toujours à la recherche d’un équilibre entre elles. (3; pages 71 à 76)

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Origine du sable à l’entrée de l’Adour. (Origine Lasagec2)

 

2-Existe-t-il une dérive du sable sur la zone du littoral angloy?

OUI!

– La réalisation de simulations scientifiques avec des grosses houles montrent que la présence de la grande digue du Boucau génère un fort courant Sud-Nord sur les plages d’Anglet qui se dissipe devant la grande digue dans la zone de l’embouchure. (4; pages 68)

– Les grosses houles génèrent une dérive de sédiment de direction « sud-ouest-> nord-est » devant le nord du littoral angloy provoquant ainsi le transport d’une grande quantité de sable des plages d’Anglet vers la Plage de la Barre et l’embouchure de l’Adour. Ce flux a été évalué en moyenne a 520 000 m3/an au début des années 2000 équivalent au volume de sable dragué à l’embouchure de l’Adour. (3; page 73).

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Schéma des courants dominants sur la zone nord d’Anglet lors des grosses houles hivernales (extrait de la thèse de DUBRANNA)

 

3- Le dragage de l’entrée de l’Adour participe–t-il à l’érosion des plages d’Anglet?

OUI!

– L’extraction du sable à l’embouchure de l’Adour crée un déficit sédimentaire dans le système Barre/embouchure de l’Adour. Ce déficit est comblé par le sable en provenance du système des plages situées entre le cap St Martin et la digue des Cavaliers afin d’établir un nouvel équilibre. A cause des dragages permanent de l’entrée de l’Adour depuis 121 ans, cet équilibre n’est jamais atteint. Les sables dragués étaient, pour la plupart, exportés au large provoquant une diminution du stock de sable du littoral d’Anglet. (3; page 76) Mais depuis 2015, le volume de sable rapporter devant les plages étant proche des 100%, le déficit n’augmente plus.

– Le système est en érosion dès que le sable n’est pas ramener devant les plages. Un bilan sédimentaire permet de montrer que le taux d’érosion du site était important (~ 500 000 m3/an) depuis deux décennies. Le volume annuel de sédiment qui sort du système des plages est du même ordre que le volume qui ensable l’embouchure. (4; page 89)

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Schéma des fonds littoraux angloys avec notamment la fosse de garde au sud du chenal et la dune sous-marine au large crée par le clapage qui culmine à -12 m.(thèse Dubranna)

 

4- Est-ce primordial que le sable dragué à l’entrée de l’Adour soit lâché devant les plages d’Anglet ?

OUI!

– Le sable déposé au large est actuellement définitivement perdu pour le littoral. (4; page 89)

– Une accélération du recul du littoral Angloy est constatée à partir de 1965 suite à l’augmentation du transit Sud-nord du sable et au dragage de 700 000 m3 par an clapés au large. (2; page 69).

– A partir de 1974, et ce jusqu’en 1990, 70% du sable dragué à l’embouchure de l’Adour est clapé devant les plage du sud d’Anglet, afin de lutter contre l’érosion avérée. Cette disposition montre un résultat positif au sud des plages qui disparaît après, lorsque la proportion des clapages côtiers diminue à partir de 1991. (3; pages 62-68).

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Dragages et clapages entre 1974 et 2007.

La baisse du clapage côtier à partir de 1990 est liée à un changement de politique des responsables de la DDE Maritime de Bayonne et à la baisse des crédits accordés aux Ponts et Chaussées pour cette tache. (5)

5-Le phénomène de réchauffement climatique a-t-il un impact important sur l’érosion des plages d’Anglet des dernières décennies?

Non!

– Il y a 20 000 ans, lors du dernier maximum glaciaire, le niveau de la surface de l’océan était 120 mètres plus bas que celui que nous connaissons actuellement. Une grande partie de l’eau terrestre se trouvait sous forme de glace continentale. Lors de la déglaciation, il est remonté progressivement de 110 mètres et s’est stabilisé il y a environ 7 000 ans. Depuis, le niveau de la mer a peu varié: il ne se serait élevé que de 0,5 millimètres par an au maximum. (6) 

– Le niveau de la mer au niveau des côtes de la métropole (Atlantique et Méditerranée) s’est élevé à un rythme un peu inférieur à la moyenne globale, avec un taux de variation de l’ordre de 2 mm/an sur la période 1993-2010. (7; page 7 et page 16).

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Carte de la distribution géographique des vitesses de variation du niveau de la mer (1993-2007) d’après Topex/Poseidon et Jason-1 : Zoom sur la Méditerranée. Source :LEGOS

 

La plupart des études citées en référence ont été faites entre 2003 et 2012. Elles viennent affiner des études déjà sorties sur ce sujet dans les années 70 par le Laboratoire Central d’Hydrologie de France (LCHF), qui ont eu pour effet la mise en place du clapage côtier en 1974, avec un effet positif sur le sud des plages d’Anglet jusque dans les années 90.

Le creusement de la fosse de garde en 2000, où il a été retiré 1 350 000 m3 de sable au sud du chenal, a aussi impacté le littoral Angloy. Le but de cette fosse est de piéger le sable qui vient des plages d’Anglet avant qu’il n’obstrue le chenal de navigation.
 350 000 m3 de sable équivaut au volume de la tour Montparnasse. La création de la fosse de garde représente 4 fois le volume de la tour Montparnasse……..C’est depuis cette date que l’on a constaté visuellement une forte modification du profil des plages angloyes. Qui faut-il remercier pour cette initiative catastrophique alors qu’une enquête publique avait autorisé de ramener la plus part des sables devant la côte?

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La tour Montparnasse à Paris.

L’équipe SosLa

*sources:

(1)/ D. Rihouet, « Modèle empirique 3D: application à la gestion des activités de dragage à l’embouchure de l’Adour« .

(2)/ Thèse de Brière 2005, « Etude de lhydrodynamique dune zone côtière anthropisée: lembouchure de l’Adour et les plages adjacentes d’Anglet » .

(3)/ Thèse de Dubranna 2007, « Etude des échanges sédimentaires entre l’embouchure de l’Adour et les plages adjacentes d’Anglet » .

(4)/ Abadie et Al, Rapport final CABAB 2004 « Etude préliminaire du comportement hydro-sédimentaire du littoral d’Anglet et de l’entrée du port de Bayonne » .

(5)/ Article Sud ouest, 11 Mai 2004, « L’érosion menace les plages d’Anglet » Médiathèque Bayonne.

(6)/ Kemp et al., 2011

(7)/ ONERC: « Rapport du niveau de la mer 2012« .

L’histoire méconnue du dragage à l’embouchure de l’Adour

Des dragues, à Bayonne, il y en a eu. Il y en a même eu beaucoup! De toutes les tailles, de toutes les couleurs, de tous les styles et de toutes les performances, avec des moments de bonheur mais aussi de malheurs! Ces dragues marines, à bord desquelles les équipages ont fait de leur mieux, parfois au péril de leur vie, pour favoriser une économie industrielle naissante à la fin du XIX siècle, avant d’essayer de s’adapter à une économie touristique grandissante dans les années soixante-dix. Il fallait donc des engins bien spécifiques pour répondre à ces délicates opérations de dragage, dans des conditions houleuses dignes d’un fond de Golfe de Gascogne et des vents turbulents à l’approche des Pyrénées. Qui gérait ces dragues? Étaient-elles toujours à la hauteur de la situation? Quel impact sédimentaire imposaient-elles à l’embouchure de l’Adour et surtout au littoral? Étaient-elles bien différentes de la nouvelle drague Hondarra? C’est ce que nous allons voir au travers de cet article!

 

 1890-1945: LES « BAYONNES » A L’OUVRAGE!

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L’embouchure de l’Adour vers 1895 avec sa double Barre les mauvais jours, encadrée par deux jetées tubulaires en partie détruite par les grosses houles hivernales.

Vers 1890, l’embouchure de l’Adour est enfin stabilisée à son emplacement actuel suite à la construction de deux digues pleines qui canalisent le jusant du fleuve aux allures fougueuses quand approche la marée basse et quand les vagues se dressent comme des murs sur les bancs de sable de la Barre. Ce sont les Ponts et Chaussées de Bayonne qui sont en charge de la navigabilité de l’estuaire de l’Adour depuis la venue de Napoléon 1er en 1808. Comme leur prédécesseur des services de la marine, ils sont débordés par l’arrivée perpétuelle des sables venu de la côte nord, qui fait avancer l’embouchure vers le large à raison de 3 mètres par an et qui rend dangereux le franchissement de la Barre.

En 1892, sous l’impulsion de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne, il est décidé de tenter des essais de dragage pour sécuriser le passage des navires, là ou tant de drames maritimes ont marqué les mémoires.

C’est en 1893 et 1894 que la drague suceuse porteuse Boulogne I du Nord Pas-de-Calais vient faire les premiers essais pour permettre à des navires plus gros d’alimenter les forges de l’Adour. Après des résultats satisfaisants, les Ponts et Chaussés de Bayonne obtiennent les crédits nécessaires pour pratiquer le dragage continu de l’embouchure avec des engins similaires.

 

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Coupe frontale de la drague Bayonne I pour l’étude d’un projet de mise à terre des sables à des fins non littorales, eh oui, déjà! (Archives départementales de Pau, Fond de la préfecture, Sous Série 4 S 124, Service Maritime)

Dès 1895, ils font construire deux dragues porteuses à succion pour remplir au mieux cette mission: la Bayonne I de 450 chevaux et la Bayonne II de 325 chevaux. Elles seront les nouveaux pensionnaires de l’estuaire. La Bayonne I, qui mesure 55 mètres de longueur par 8.90 mètres de large et 3.50 mètres de tirant d’eau, avec un puits de drague de 409 m3 est plus performante que la Bayonne II qui ne mesure que 49.50 mètres de long, par 8.60 mètres de large et 4 mètres de tirant d’eau pour un puits de 305 m3. Elles ont été construites par les chantiers navals de Normandie (construction française!) et fonctionnent au charbon.(2) L’équipage de chacune d’entre elles est composé de 12 hommes: un premier capitaine, un capitaine en second, un premier mécanicien, un mécanicien en second, quatre matelots, trois chauffeurs et un mousse. Elles commenceront à travailler le 23 juillet 1986 et enlèveront en moyenne chacune 350 000 m3 de sable par an à l’embouchure du fleuve jusqu’à la Grande Guerre, demandant aux équipages un travail de jour et à l’année dès que les conditions météorologiques le permettent.(7 et 8)

Drague I et II

La Bayonne I, au premier plan, drague au point fixe le chenal de l’embouchure tandis que la Bayonne II dans le fond s’occupe de dégager la Barre. (photo début 1900)

 

Entre 1896 et 1898, le chenal à l’entrée de l’Adour sera approfondi de deux mètres supplémentaires, le menant à un tirant d’eau de 5 à 6 mètres au moment des vives eaux(6) ce qui est une véritable révolution pour le commerce maritime local. Pour ce faire, ces deux navires travaillent généralement entre la mi-marée et la marée haute, au moment ou le banc est le plus immergé et la houle la moins gênante. Les équipages draguent « au point fixe », c’est à dire accrochés à une ancre immobilisant le navire dans le courant et permettant de sucer le sable à l’aide d’une élinde rigide. Ils répètent l’opération en faisant des trous côte à côte pour approfondir le passage. Puis, quand le puits de drague est chargé, ils partent vers le large, à deux ou trois milles de la côte, plein ouest de l’embouchure pour déposer ou « claper »(x) ce sable par 20 mètres de profondeur.

Dragage dès 1898

Zone de dépôt au large située à 2 ou 3 miles de la côte. (photo IGN 1945)

 

Le 09 Mars 1898, la Bayonne II fait naufrage suite à une collision avec sa consœur! Au moment de quitter leur zone de chargement, devant l’embouchure, les deux dragues sont distantes de 250 mètres. Mais sous l’action du fort courant de jusant, les deux capitaines perdent le contrôle de leur navire. La Bayonne II se met alors en travers et se fait éperonner par la Bayonne I au niveau du compartiment des machines. La Bayonne II coule aussitôt. Elle se situe à 1200 mètres de la côte, légèrement au sud de l’embouchure par 17 mètres de fond à marée basse! Heureusement, l’équipage est sauvé et la Bayonne I, malgré son étrave brisée et son avant défoncé, réussit à rentrer au port à la marée suivante afin de faire les réparations nécessaires. Des tentatives de renflouement de la Bayonne II sont tentées, mais en vain. Elle est alors dynamitée et déplacée pour éviter qu’elle ne devienne un obstacle à la navigation. Elle n’avait que 2 ans d’âge! (3)

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L’emplacement du naufrage de la drague Bayonne II survenu en mars 1898.

 

Tout de suite, une nouvelle Bayonne II est reconstruite pour être livrée fin 1901. En attendant, la situation de l’embouchure sera maintenue en l’état, avant de reprendre l’amélioration des profondeur à partir de 1902. En effet, il ne faut pas oublier qu’après chaque grosse tempête, un flux de sable de plusieurs dizaines de milliers de mètres cube, venu de la côte littorale, vient combler le chenal et reformer les bancs, soit en graviers à l’embouchure, soit en sable fin sur la Barre. Il faut donc draguer en permanence le sable porté par la dérive littorale afin que le port de Bayonne puisse garantir à l’année le tirant d’eau.

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La drague Bayonne I, chargée en sédiment, se dirige vers le large pour effectuer un clapage sur la zone de déblai. 

 

En 1904, les deux dragues vont réaliser un record d’extraction puisque 904 000 m3 de sable seront dragués à la Barre de l’Adour et déposés au large soit l’équivalent de 3 fois le volume de la Tour Montparnasse! Au même moment, les services hydrographique de la Marine et les Ponts et Chaussées relèvent les premiers reculs de la côte angloye alors qu’au nord de l’embouchure, elle continue de progresser.(1 et 26)

En 1913, les performances inférieures de la Bayonne II deviennent un handicape pour l’avenir du port. On imagine déjà l’achat d’une drague plus puissante. Mais les temps de la réflexion et des ambitions vont disparaître avec l’arrivée de la Grande Guerre qui fera oublier durant de longues années l’espoir d’un chenal plus profond.

A partir de 1919, la moyenne des dragages effectués par les deux navires tombe à 350 000 m3. Les entretiens et les réparations sur les Bayonne I et II s’enchaînent les uns après les autres. Les navires vieillissent et perdent en efficacité provoquant une baisse des résultats de maintien des profondeurs et une augmentation du coût de la maintenance.(8)

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Les dragues Bayonne I et Bayonne II, côte à côte, sur le quai de Blancpignon à Anglet, là ou se trouvait le QG du service maritime des Ponts et Chaussées. (Photo extraite du livre « Bayonne 1900 » de Jean Casenave, édition Lavielle)

 

Le 09 Janvier 1924, une tempête exceptionnelle fait date dans l’histoire du littoral angloy puisque elle emporte pour la première fois les tribunes de hippodrome de la Barre, construites en 1873, livrant les premiers dégâts visibles à l’échelle humaine d’une érosion littorale débutante à proximité de l’embouchure.

En 1936, les moyennes de sables dragués devant l’embouchure tombent à 300 000 m3. Les calaisons des navires de commerce ne dépassent plus les 5 mètres de tirant d’eau suite aux difficultés de maintien des profondeurs et à des incidents lors du franchissement de la Barre. La drague aspiratrice la Coubre, du port autonome de Bordeaux, est dépêchée en urgence pour donner un coup de main et faire des essais de « dragage en marche ». Cette nouvelle méthode d’extraction des sables est une révolution, mais les dimensions du navire d’une longueur de 87 mètres, d’une largeur 14.30 mètres pour un tirant d’eau chargé de 6.20 mètres avec un puits de 1300 m3 sont trop importantes. Son temps de travail est considérablement réduit et il reste difficilement maniable. De plus, ses moteurs à mazout manquent de puissance face au courant traversier et au jusant du fleuve lors des grandes marées. D’ailleurs l’équipage et les ingénieurs des Ponts et Chaussées se font une grosse frayeur le jour où cette drague, avec son fort tirant d’eau, talonne la jetée tubulaire sud de l’embouchure, évitant de peu le naufrage! Les résultats sont jugés instructifs mais insuffisants. (4)

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La drague  » La Coubre » en 1936 à l’embouchure de l’Adour (Archives via exposition CCI Bayonne Octobre 2015)

 

En 1937, les Ponts et chaussées de Bayonne tentent d’acheter la drague aspiratrice Ingénieur de Joly appartenant au port autonome de Nantes et bien mieux adaptée à la Barre de l’Adour, mais le projet tombe à l’eau, notamment remis en cause par l’arrivée de la Deuxième Guerre Mondiale. (4)

Le 10 septembre 1942, nouveau coup du destin: la drague Bayonne II est coulée par une mine magnétique mouillée par l’aviation anglaise à l’embouchure de l’Adour. Le capitaine de la drague, gravement blessé, meurt de ses blessures quelques jours plus tard à Anglet ainsi que 4 autres marins d’après Guy Hiriat-Durruty. La drague, elle, est renflouée par les Allemands pour être déposée en aval du banc St Bernard le 19 Septembre 1942 et y être ferraillée, après 41 ans de bons et loyaux services. Elle gît aux cotés d’une autre drague de même dimension, la « Suriname », navire Hollandais réquisitionnée par les forces allemandes pour remplacer la Bayonne II. Elle connut le même destin puisqu’elle fut coulée le 21 Août 1944 avec une dizaine d’autres navires lors du départ de l’occupant. Elle fut renflouée entre 1945 et 1946 et déposée aux côtés de la Bayonne II pour y être ferraillée à son tour. Les restes qui n’ont pu être emportés à l’époque, apparaissent encore aujourd’hui à marée basse devant le quai St Gobain.

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La Surinam et la Bayonne II disloquées, gisent encore, côte à côte, au sud du banc St Bernard (photo du 30 Août 2015).

 

En 1943, on installe une ceinture anti-magnétique sur la coque de la Bayonne I afin qui ne lui arrive le même sort. Durant la guerre, on compte jusqu’à cinq dragues travaillant sur la Barre de l’Adour: les Bayonne I et II, la Suriname, la Panama et la Sambre. Le but de l’occupant nazi étant de garantir au port de Bayonne une profondeur de chenal à -7 mètres pour créer un port de première envergure. Mais cet objectif n’est atteint qu’une seule fois, c’est à dire durant les 4 premiers jours d’Octobre 1943. (4) Il est certain que la Barre est capricieuse et difficile à dompter mais il est probable aussi que les équipages français travaillant pour l’occupant n’aient pas fait preuve d’une grande motivation pour satisfaire les plans Allemands…

 

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L’embouchure de l’Adour devant la Capitainerie à Anglet, au lendemain du départ de l’occupant. Les épaves des dragues coulées là rendent difficile le passage des navires. (fond d’Auguste Peigné, bibliothèque de Boucau)

 

Le jour de l’armistice, en 1945, il ne reste plus que la Bayonne I pour assurer les travaux de déblai de la Barre. Son grand âge se fait plus que sentir et la présence de mines et de nombreuses épaves à l’embouchure du fleuve rendent impossible les opérations de maintien des profondeurs. Le chenal est obstrué par le sable et la Barre de l’Amour s’est reconstituée comme en 1892. Tout est à refaire question dragage. 

 

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DEUXIÈME PARTIE (1945-1975): VERS PLUS D’EFFICACITÉ… ET PLUS D’ÉROSION!

Au début de 1946, la situation de la Barre est catastrophique car un haut fond est venu se reformer devant l’embouchure comme en 1892, et cela pose un véritable problème technique aux ingénieurs des Ponts et Chaussées pour rétablir le trafic maritime. La Bayonne est réparée et reprend le travail modestement.

A partir de 1947, et ce, pendant plusieurs années, la Bayonne I est suppléé par la drague aspiratrice en marche Ingénieur de Kerviler, qui vient du port autonome de Nantes tous les étés. Elle mesure 60 mètres de long pour 11 mètres de large, un tirant d’eau de 4.50 mètres avec un puits de 600 m3. La situation s’améliore grâce aussi à l’enlèvement d’épaves dans le chenal de l’embouchure. Mais les Ponts et Chaussées restent inquiets du risque de panne grandissant de la Bayonne I et de ses besoins de maintenance durant l’année. (4)

 

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L’embouchure de l’Adour vers 1947-48. Les brisants, à la sortie du fleuve, forment un arc de cercle délimitant le banc de La Barre.(Archives départementale de Bayonne, Concession du port 2ETP4/383)

 

En 1948, une grosse partie des épaves gisant à l’entrée du port sont enlevées, ce qui facilite un peu plus le travail de dragage à l’embouchure. (4)

En 1953, le dragage peine à nouveau. Seulement 250 000 m3 de sable sont enlevés cette année là. Les agents des Ponts et Chaussées de Bayonne demandent à leur administration d’entrer en possession de la drague Ingénieur de Kerviler pour travailler toute l’année dans de bonnes conditions. Mais les finances de l’état ne sont pas là et il va falloir patienter. (8)

 

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La drague Ingénieur de Kerviler sortant de l’Adour, au début des années 50.

En 1955, le port de Nantes fait l’acquisition de La Sangsue, drague prise par la France aux Allemands au titre de dommage de guerre, construite en 1925 et cédée par les Ponts et Chaussées de Boulogne. Elle sera refondue en 1957 par les Ateliers et Chantiers Navals de Nantes. Il s’agit là d’une drague marine aspiratrice en marche et refouleuse qui mesure 69 mètres de long, par 11.30 mètres de large et 4.40 mètres de tirant d’eau en charge. Son moteur, issu d’un sous-marin allemand, lui procure une vitesse de 10 nœuds et son puits peut contenir 800 m³, soit deux fois plus que la Bayonne I. Après ce lifting, elle partagera son temps entre le port de Bayonne et le port de Nantes à 2/3 1/3! Elle donne de très bons résultats sur la Barre de l’Adour puisqu’elle est capable de travailler par trois mètres de houle et des courants traversiers de 5 nœuds. La Bayonne I prend alors un rôle secondaire et optimise les opérations.

 

Bayonne I fin des années 50

La Bayonne I de retour d’un clapage au large au début des années 60!

A partir de 1960, les besoins du port en matière de dragage vont grandissants avec la venue de bateaux toujours plus gros dont les tirants d’eau avoisinent désormais les 6 mètres à 6.5 mètres.

En 1961, les Ponts et Chaussées vont draguer 620 000 m3 de sable soit le double! Mais la Bayonne I n’est plus qu’une épave flottante,que ses hommes font vivre miraculeusement, et la Sangsue a besoin de maintenances répétées puisqu’elle n’est pas de première jeunesse non plus! Ainsi, le port va devoir lever le pied en matière de dragage, en attendant l’arrivée imminente d’un projet de grande digue à l’embouchure. Étonnamment, c’est cette même année que l’on voit apparaître les premières attaques sérieuses du mur de soutien à la plage de la Chambre d’Amour.

La Sangsue à la barre1969

La Sangsue, à la fin des années 60, est en plein dragage en marche devant l’embouchure!

 

En 1963, le port de Bayonne acquiert définitivement la Sangsue pour assister la Bayonne I à l’année. Le 17 Juin de la même année, la Bayonne I manque d’exploser, en draguant une mine au niveau de la zone du Redon. Mais fort heureusement, l’objet retombe dans le fleuve sans se déclencher et c’est la Marine Nationale qui se charge de récupérer l’engin explosif. (9) Afin de répondre au mieux à l’exploitation du gisement de Lacq, les ingénieurs vont creuser le chenal et s’assurer d’un tirant d’eau à l’année pour la venue des gros cargos méthaniers. Ainsi, la future grande digue du Boucau, d’une longueur de 1200 mètres, doit résoudre les problèmes de maintien des profondeurs à l’embouchure.(5)

En 1965, la construction de la grande digue se termine après trois ans de travaux titanesques. La Barre du large n’existe plus car les apports en sable venant de la côte nord ont été stoppés par l’édifice. Mais c’est avec surprise que la grande digue, par réfraction de la houle de Nord ouest, crée un contre courant venant du sud du littoral, et formant une flèche sableuse vers le chenal de l’embouchure devant la plage de la Barre. Plus la houle est grosse, plus le contre-courant est fort.(27) L’ensablement de l’embouchure est deux fois plus rapide qu’avant et résiste au travail des deux dragues à demeure! Selon un rapport du 11 Mars 1971 de l’ingénieur d’arrondissement de la DDE de Bayonne, une tempête de 4 à 5 jours est capable de pousser 50 à 100 000 m3 de sable dans le chenal(9), sable ne pouvant désormais venir que des plages d’Anglet.

En 1966, les Ponts et Chaussées de Bayonne font appel à une société de Travaux Public pour épauler La Sangsue et la Bayonne I. Mais cette société va essuyer un échec avec une drague défaillante sur la Barre de l’Adour. Les Ponts et Chaussées vont alors se tourner vers la société hollandaise « Bos et Kalis » qui possède un parc d’une dizaine de dragues. Des essais sont pratiqués dès Mai-Juin 1966 avec l’Alfons Franz, construite en 1955. C’est un succès! Cette drague qui mesure 71.35 mètres de long, pour 11,69 mètres de large et un tirant d’eau en charge de 4.85 mètres possède deux élindes. Une souple pour le dragage « à la traîne » comme la Sangsue et une rigide pour le dragage « en point fixe » comme la Bayonne I. Sa particularité est de posséder 2 hélices, 2 gouvernails, deux puissants moteurs diesels et deux pompes aspiratrices ce qui la rend très maniable et efficace. C’est donc une deux en un! Sa capacité de puits est de 1000 m3 environ et elle peut draguer jusqu’à 20 mètres de profondeur 24h/24h. De la bouche de l’ingénieur des Ponts et Chaussés de l’époque: « cette drague est magnifique » et de rajouter plus loin: « il y a autant de différence entre l’Alfons Franz et la Sangsue, qu’entre une Ferrari et une 2 CV »!(9) En effet, ils dragueront cette année là près de 715 000 m3 de sable à l’embouchure de l’Adour, soit le volume de deux tours Montparnasse, une première pour les plages d’Anglet, unique contributeur en sable possible depuis la construction de la grande digue. En juin de la même année, c’est le grand effondrement du mur de soutien devant la plage du Club à la Chambre d’Amour…

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La drague Alfonz Franz et la plage de la Barre vue depuis la nouvelle digue du Boucau en 1966. (photo Archives départementales de Bayonne, Concession du port 2ETP4/383)

 

En 1967, la Direction Départementale de l’Equipement(DDE) est crée et reprend les attributions des services territoriaux des Ponts et Chaussées. Du 31 Mai au 22 Juillet, c’est la drague Pierre Henri Watier, du port autonome de Bordeaux, qui est envoyée. Ses dimensions sont de 89 mètres de long pour 15 mètres de large et 6 mètres de tirant avec un puits de 1 000 m3. Ses résultats sont moins bons que l’Alfons Franz car elle est trop grande et pas assez puissantes. Sa venue à Bayonne sera intéressante mais décevante. 832 000 mètres cube de sable seront quand même dragués cette année-là à l’embouchure de l’Adour! On vous laisse deviner qui est le contributeur en sable…

Entre le 18 décembre 1967 et le 29 Février 1968, c’est au tour de la drague René Siegfried du port autonome de Nantes de venir donner un coup de main. D’une longueur de 75.59 mètres, de 11.85 mètres de large et de 4.80 mètres de tirant d’eau, elle a une capacité exceptionnelle en puits de 1376 m3. 720 000 mètres cubes seront retirés de l’embouchure. On retrouve ainsi les moyennes des dragages de début du siècle!(voir première partie)

En 1970, la toute jeune WD Hoyle, de la société hollandaise « Bos et Kalis » qui possède les mêmes dimensions que l’Alfons Franz, va venir exécuter deux campagnes. Une durant l’hiver, et une autre durant l’été du 23 Juillet ou 28 Août! Il faut agrandir le chenal en urgence, gêné par l’épave du “Romulus“, navire coulé au bout de la grande digue du Boucau le 15 Décembre 1969. Mais elle éprouve des difficultés à draguer le banc sud de l’embouchure qui est très haut. Elle va s’échouer à sept reprises avant d’abandonner cette zone de travail. De plus, ce banc est encore constitué d’épaves datant de la fin de la deuxième guerre mondiale, ce qui ne facilite pas les opérations. Les trois dragues réunies, WD Hoyle, Bayonne I et Sangsue, arriveront quand même à réaliser un nouveau record d’extraction en sable depuis 1904, puisqu’elles enlèveront 1 250 000 m3 de l’embouchure cette année là… (10)

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La sangsue rentre au port au début des années 70, bientôt la fin d’une longue mission?

En 1971, la société hollandaise envoie la drague WD WaterWay, d’une longueur de 75.59 mètres, de 11.85 mètres de largeur et 4.80 mètres de tirant d’eau. La capacité de son puits est de 1376 m3. Elle va permettre d’obtenir un chenal suffisamment profond livrant un accès au port à des navires de commerces de 150 à 160 mètres de long et 9 mètres de tirant d’eau.
La même année, la WD Hoyle va revenir pour la campagne de dragage de l’hiver 71-72. Mais les résultats montrent que la WD Waterway reste plus efficace et moins chère, notamment grâce à la capacité de son puits.

En 1972, la DDE de Bayonne obtient le feu vert pour trouver et acheter une nouvelle drague à demeure. Parmi les opportunités, la drague “WD Tradeway“, l’ancienne « Alfons Franz » construite en 1955 par les Hollandais, présente un bon rapport qualité prix pour une drague de 16 ans d’âge. Elle est idéale pour travailler à l’embouchure et rentre dans la forme de radoub du port pour son entretien.

En 1973, la DDE de Bayonne procède à l’acquisition de la “Tradeway“! Il s’agit là d’un achat de 10 000 000 de franc TTC de l’époque. C’est ainsi que le rêve de l’ingénieur des Ponts et Chaussées de 1966, qui l’avait trouvé magnifique, va se réaliser! Elle est attendue alors comme « le messie » titre le journal Sud ouest!

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Durant cette période, 34 million de m3 de sable auront été arrachés du littoral par dragage soit l’équivalent de 97 tours Montparnasse…

 

TROISIÈME PARTIE (1974-1991) : DÉBUT DU CLAPAGE CÔTIER ET DÉCLIN DES DRAGUES A DEMEURE.

 

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La drague Tradeway, tout juste arrivée au port de Bayonne, était attendue comme le messie, mais un messie semble-t-il déjà un peu usé! (Photo Sud-ouest, Médiathèque de Bayonne)

 

Le 09 Février 1974 la drague Tradeway, ex Alfons Franz arrive à Bayonne et se met aussitôt au travail. La nouvelle drague, elle, va changer deux fois de nom pour son baptême! Au départ, elle devait s’appeler « Bayonne III » en continuité des deux premières dragues du port. Mais le nom étant déjà utilisé par un autre navire français, elle va s’appeler Labourd durant quelques mois avant qu’administrativement le nom de Bayonne soit libéré et lui soit officiellement attribué. Désormais, elle assure seule le maintien des profondeurs. Le 4 Juin 1974, un rapport de l’ingénieur subdivisionnaire de la DDE montre que la Bayonne III, n’est en fait plus de première jeunesse et qu’il va falloir envisager de nombreuses réparations imprévues pour qu’elle soit dans un état optimal.(10)

La Bayonne I, âgée de 78 ans, et la Sangsue, âgée de 49 ans, seront désarmées et remises à l’administration des Ponts et Chaussée.(10) Ces deux navires qui sont usés et très obsolètes n’auront, à priori, pas de nouvelle vie maritime.

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Les dragues la Sangsue et Bayonne I, ici à quai à Blancpignon ont été désarmées en 1974 avant de quitter définitivement l’estuaire de l’Adour. (Photo archives CCI Bayonne)

1974, c’est aussi le début du clapage côtier dont les premiers essais, pratiqués en 1973, ont montré la faisabilité de l’opération. Cette pratique, avec la condamnation de l’Etat en Novembre 1974, jugé responsable du recul des plages d’Anglet avec la construction de la grande digue et l’augmentation des volumes de dragages à l’embouchure de l’Adour, va se développer.

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Le chemin du clapage côtier effectué par les dragues devant les plages d’Anglet dès 1974.

 

En 1976, la Bayonne III ramène plus de 85% des sables dragués devant les plages du littoral d’Anglet. (voir ici tableau) Nouvelles habitudes aussi, la drague à demeure aura des missions chaque année dans les autres ports français comme à Nantes ou à La Rochelle durant deux à trois mois par an afin de rentabiliser le nouvel outil de l’administration.

En 1977, la digue des Cavaliers, d’environ 400 mètres de long, est construite à 500 mètres au sud de l’embouchure. Son but est essentiellement de casser les courants traversiers qui gênent les pilotes de l’Adour que de contenir l’érosion.(25)

En 1978, la Bayonne III commence à enchaîner de grosses réparations, qui vont finir par l’immobiliser un certain temps, notamment au port autonome de Bordeaux.

1980, c’est l’année de tous les records! Les travaux d’agrandissement du chenal de navigation par déroctage et dragage doivent permettre la venue de navires de 20 000 tonnes avec des tirant d’eau prévus à -9.50 mètres soit une profondeur de chenal requise qui tourne autour des -12 mètres. (21) La Bayonne III va donc être suppléée pour ces opérations titanesques par la drague « Volvox Zelandia » de la compagnie Hollandaise Dredging VO2 de Rotterdam. Elle mesure 95 mètres de long, pour 16 mètres de large et 6 mètres de tirant d’eau avec un puits de 3607 m3. Autant dire qu’elle est grande pour l’embouchure du fleuve mais posséde un bon rapport service rendu/prix. Ces deux engins vont ainsi réussir à supprimer des fonds de l’embouchure 1 500 000 m3 de sables dont 87% seront ramenés devant les plages d’Anglet ce qui, du coup, est de bon sens!

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La drague Hollandaise Volvox Zelandia effectue un clapage côtier devant les baigneurs ébahis par la proximité de ce navire à la plage des Sables d’Or, le 04 Septembre 1980!

 

1980, c’est aussi la création du Groupe d’Intérêt Economique(GIE) de Dragage des port Français dont l’Etat, propriétaire à 51%, partage cet actionnariat avec les ports autonomes français. Les dragues appartenant au GIE sont louées nues aux ports les utilisant. Cela permet d’avoir des dragues neuves et performantes, louées au meilleur coût à l’ensemble des ports du territoire Français. Si besoin est, un port français peut toujours faire appel à une drague des quatre compagnies privées européennes qui se partage le marché, sans être victime d’un prix excessif.

En 1981, de gros travaux de réparation s’enchaînent sur la drague Bayonne III, dont la maintenance finit par être jugée non rentable. Huit ans après son achat, il est décidé de ne plus faire que le stricte minimum pour gagner encore quelques années avec ce navire…(11) Il semble que les opportunités du GIE de dragage soient plus économiques pour la DDE maritime.

Le 01 Avril 1984, c’est officiel, la Bayonne III est désarmée, soit 10 ans après son rachat et 29 ans après sa construction!(12) On ne peut pas dire qu’elle aura été dans la lignée de ses grandes sœurs et c’est là une bien triste nouvelle pour le port de Bayonne, car elle ne sera pas remplacée de si tôt et va rouiller durant de nombreux mois au quai de Bancpignon, avant d’être recyclée!

 

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L’embouchure de l’Adour au début des années 80, de grands changements visuel depuis 1948 et depuis les années 1890 avec une grande artificialisation!

 

Désormais, c’est un marché public qui gère la venue d’une drague deux fois par an à Bayonne: une fois après l’hiver et une fois à l’automne. Il est ainsi devenu plus intéressant pour l’Etat de sous-traiter les opérations de maintien des profondeurs de l’Adour que d’avoir recours à une drague à demeure. Mais pour les plages angloyes, cette stratégie s’avère coûteuse, car elles vont à nouveau s’éroder artificiellement. Le 01 Juin 1984, c’est la drague René Gibert du GIE de dragage du port autonome de Nantes qui vient faire le maintien des profondeur. Toute neuve, elle est prévue de venir deux fois par an. Il s’agit là d’une grosse drague qui mesure 90 mètres de long par 18 mètres de large et 7 mètres de tirant d’eau en charge, avec un puits de 2200 mètres cube. Sa particularité est dans sa coque et c’est une première à Bayonne: elle s’ouvre en deux grâce à de puissants vérins hydrauliques libérant le sable. Tout est en double sur ce navire, même la salle des machines. Le château, lui unique, est très élevé avec une bulle vitrée à l’avant pour un meilleur suivi des opérations de dragage. Le progrès à un prix puisqu’elle coûte 7000 francs de l’heure!

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Pak sur les vagues de la plage des Dunes durant l’automne 1988 avec, dans le fond, la René Gibert qui fait alors partie du paysage côtier durant une bonne décennie.

 

En 1986, le verdict en appel de l’Etat, condamné en 1974 pour sa responsabilité dans le recul des plages angloyes, est donné. La peine est réduite de 80 à 50%, mais il reste quand même coupable. (voir dernier paragraphe du B ici) Les volumes clapés sur la côte étant passés de 87 à 50% depuis 1983, cette nouvelle sentence fait l’effet d’un coup d’aiguillon qui relance la politique de clapage côtier jusqu’en 1990.

En 1990, le directeur de la DDE maritime de Bayonne , PY Landouer, quitte la région et laisse un rapport exceptionnel sur la problématique d’érosion liée à l’artificialisation de l’embouchure de l’Adour et son impact sur les plages d’Anglet. Il rappelle qu’il est capital pour les plages de ramener le sable dragué devant les plages et de reconstituer les petits fonds au plus près de la côte. (25)

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Diagramme des dragages à l’embouchure de l’Adour entre 1974 et 1990. Sur cette période, 11,7 millions de m3 de sable ont été dragués à l’embouchure et 7,9 millions ont été ramené sur la côte angloye soit 68% de l’ensemble des sables.

 

 

QUATRIÈME PARTIE (1991-2015): CLAPAGES CÔTIERS EN BAISSE, ÉROSION ANGLOYE EN HAUSSE!

A partir de 1991, la DDE de Bayonne va laisser s’effondrer le clapage côtier en ne ramenant plus à la côte que 17% des volumes dragués. POUR QUELLE RAISON? D’après le LASAGEC, laboratoire de génie côtier d’Anglet qui a eu accès à des archives plus récentes de la DDE (14), il semblerait que la sous-traitance des opérations pour ramener le sable devant la côte coûtait trop chère à l’Etat et l’administration supposait que le sable rejeté au large finirait un jour par revenir à la côte. Les dragues vont ainsi faire le minimum pour les plages durant les quinze années suivantes. La CCI de Bayonne, elle, s’inquiète plus pour la pérennité dans le temps de son chenal d’accès et rêve de retrouver une nouvelle drague à demeure. Ainsi, la drague René Gibert du GIE de dragage va continuer d’assurer les opérations de maintien de profondeur à l’embouchure.

En 1994, un contrat de 3 ans est passé entre la ville de St Jean de Luz et la DDE de Bayonne. Une partie du sable prélevé à l’embouchure de l’Adour est déversé dans la baie de la commune pour combler une fosse apparue près de la digue aux chevaux. En totalité, 45 000 mètres cube de sable seront vendus à 14 francs le mètres cube transport compris aux luziens… (19 et 20)

A partir de 1997, le GIE de dragage manque de disponibilité pour prêter ses dragues au port de Bayonne. C’est le grand retour des compagnies privées hollandaises qui vont réaliser les deux campagnes annuelles. (15) Le bal des dragues étrangères commence avec l’arrivée de la HAM 312 de la compagnie Hollandsche Aanneming Maatschappij, drague de 95 mètres de long pour 17 mètres de large et 6.3 mètres de tirant d’eau chargé, avec un puits de 5436 m3.

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La drague Keto, dans le fond, est en train de réaliser un clapage sur la zone de dépôt au large. (photo YEP/1998)

Début 1998, une nouvelle drague battant pavillon allemand vient à Bayonne pour faire l’entretien: la Keto de la société Hollandaise Van Oord. Elle mesure 80 mètres de long, 14.40 mètres de large et 5.70 mètres de tirant d’eau chargé avec un puits de 2305 m3. Elle sera remplacée en cours d’opérations par la Volvox Ibéria, de plus grosse capacité et qui, pour l’occasion sera la plus grosse drague que le port de Bayonne est jamais vue avec ses 100 mètres de long, 19 mètres de large, 9.6 mètres de profondeur et un puits de 6000 m3!
Au mois de mai, on apprend lors du conseil municipal d’Anglet que l’Etat envisage l’accueil à Bayonne de navires de 20 000 tonnes. Pour ce faire, une étude de la SOGREAH conclut qu’il est nécessaire d’enlever 600 000 m3 de sable devant la plage de la Barre pour créer une fosse de garde et une digue. L’enquête publique qui s’y attache relève que les 600 000 m3 pourront être réinjecté sur les plages angloyes déficitaires. (17) Aussi , tous les conseillers de la ville d’Anglet vote favorablement à l’esprit de ces travaux, surtout après le départ massif de 30 000 m3 de sable sur la plage des Sables d’Or durant l’hiver! (18)

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La drague Keto creuse la fosse de garde au sud de l’embouchure durant la construction de la nouvelle jetée sud. (Archives sud ouest 2000/ Médiathèque Bayonne)

En 2000, la DDE maritime fait creuser la fameuse « fosse de garde« . Cette fosse est une sorte de trou de 10 mètres de profondeur au sud du chenal, qui piège le sable angloy avant qu’il ne déborde dans le chenal. Ce système permet de garantir un trafic permanent des gros navires à l’année. Dans cette opération assurée par la drague Keto, près de 1 300 000 m3 de sable fin angloy seront dragués devant la plage de La Barre soit, au final, bien plus que les 600 000 m3 prévus. Plus grave encore, seulement 200 000 m3 seront ramenés devant le littoral angloy contrairement à ce qui avait été annoncé aux élus angloys et lors de l’enquête publique de Mai 1998(???).

 

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Sur les 3 200 000 m3 dragués à l’embouchure, 2 810 000 m3 auront été subtilisés au littoral angloy entre 1999 et 2001.

De plus, d’après ce diagramme, on se rend compte que la création de la fosse de garde aura réellement durée 3 ans! Si l’on fait une comparaison avec 1980, l’année 2000 reste inférieure en volume de sable retiré, mais si l’on additionne 1999, 2000 et 2001, on totalise 3 200 000 m3 contre 2 800 000 m3 retiré en 1979-80-81, ce qui permet d’enregistrer un nouveau record d’extraction! Autre grande différence, seulement 10% de sable sera ramené à la côte entre 1999 et 2001, contre 84% entre 1979 et 1981 expliquant les changements inquiétants du profil des plages apparus au début des années 2000…
Au même moment, une nouvelle digue de 260 mètres de long est construite à 120 mètres au sud de l’embouchure de l’Adour pour dévier le courant traversier vers la fosse de garde. L’ensemble de ces travaux doit permettre la venue de cargos proches des 20 000 tonnes comme cela avait été souhaité lors des travaux de 1980! (22)

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Plans des accès maritimes prévus par la DDE de Bayonne en 2000 pour améliorer l’accès au port.

 

Depuis ces grands travaux et la continuité des campagnes de dragage, aucune restriction du port n’a été enregistrée, même durant l’hiver 2013-2014 qui, pourtant, avait déplacé beaucoup de sable angloy vers l’embouchure. Les volumes annuelles de sables dragués sont alors tombés en moyenne à 500 000 m3 ce qui laisse imaginer un effet tampon positif de la fosse de garde.

Entre 2001 et 2002, c’est la DAM Argonaut qui sillonne l’embouchure et les plages d’Anglet. Cette drague Hollandaise de 81.80 mètres de long, de 14 mètres de large et de 6.31 mètres chargés, possède un puits de 3000 m3.

 

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Bilan fosse de garde 2002 (photo IGN 1998)

 

En 2002, la digue des Cavaliers perd durant l’hiver les 30 mètres de son musoir. Étonnamment, les ingénieurs de la DDE ne mettent pas en cause la création de la fosse de garde et ses « 3 200 000 m3 » de sable retirés en 3 ans correspondant à 9 fois le volume de la tour Montparnasse(23) mais plutôt l’effet de la zone de dépôt au large qui forme désormais un haut fond par -12 mètres de profondeur, là ou il y avait autrefois -25 mètres. Cette nouvelle dune sous-marine provoque la réfraction des grosses houles hivernales vers les infrastructures de l’avant-port, les endommageant plus rapidement! Les autorités compétentes agrandissent ainsi la zone de dépôt des déblais et la déplace un peu plus vers le large mais le haut fond demeure! (13)

Haut fond de la zone de dépôt

 

A partir de 2003, la DDE de Bayonne renoue avec le GIE de dragage et on voit le retour de la drague René Gibert à l’embouchure du fleuve, deux fois par an. (15)

En 2004, le clapage côtier est arrêté par la volonté du président de l’agglomération côte basque Adour et maire de Biarritz, cherchant un bouc émissaire à la mauvaise qualité de ses eaux de baignade! (24). Les chercheurs du Génie Côtier de l’UFR de Montaury, Stéphane Abadie et Philippe Maron montent au créneau en démontrant avec certitude que l’érosion artificielle menace alors les plages d’Anglet, et que le sable déposé depuis plus de 110 ans sur la zone de déblais située au large n’a pas bougé et donc peut être considéré comme définitivement perdu pour le littoral. (14 et 25) Cette étude financée par l’ACBA a une portée juridique intéressante car elle souligne que celui qui prélève du sable à l’entrée de l’Adour sans le remettre devant les plages d’Anglet est responsable de l’érosion artificielle qu’il crée sur cette côte angloye.

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La René Gibert, ici en 2004, effectue un dragage de la fosse de garde devant la plage de la Barre.(Photo Ph LAUGA)

 

Le 1er Août 2006, la Région Aquitaine hérite de la gestion des maintiens de profondeurs qui était, jusqu’alors gérée par la DDE de Bayonne. La Région et son concessionnaire, la CCI de Bayonne, se partagent en deux l’enveloppe de financement de ces opérations tournant autour de 2 à 2.5 millions d’euros.

La même année, la René Gibert est vendue à la Malaisie. Le GIE de dragage ne peut plus, comme par le passé, assurer les besoins du port de Bayonne. Les dragues de la Société belge de Dragage Internationale, SDI où DEME, vont investir le paysage local. Cette compagnie va envoyer les engins les plus gros que l’embouchure de l’Adour ait jamais connus. La drague Antigoon, avec ses 115 mètres de long, 22.4 mètres de large et 9.80 mètres de tirant d’eau pour un puits de 8 400 m3 ouvre le défilé. N’oublions pas qu’il n’y a plus de contrainte de clapage côtier. Ce qui compte désormais, c’est de draguer à moindre coût!

En 2007, c’est la drague Reynaert, avec ses 97.50 mètres de long, 21.6 mètres de large et 7.60 mètres de tirant d’eau pour un puits de 5 600 m3 qui vient à Bayonne. Elle est toute neuve et va faire ses armes.

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La drague Reynaert de la SDI, en plein dragage de la fosse de garde, élinde plongée dans les profondeurs de la fosse de garde devant la plage de Barre.(Photo Ph LAUGA)

 

En Mai 2008, c’est la drague Brabo, véritable mastodonte flottant, qui se présente au port. C’est à ce jour, la plus grosse drague qui soit venue faire le maintien des profondeurs. Attention, tenez vous bien, 121.50 mètres de long, 28 mètres de large, 9.80 m de tirant d’eau chargé et un puits de drague de 11 650 m3. C’est à se demander comment elle a réussi à manœuvrer à l’embouchure, dans un espace aussi étroit. Mais ces engins sont de mieux en mieux équipés, avec des moteurs latéraux hyper puissants et des postes de pilotage hyper informatisés, où le capitaine devient alors un véritable trader des océans et peut ainsi naviguer avec grande précision et aspirer autant de sédiment que possible dans les meilleurs conditions. A noter que cet engin est capable de draguer jusqu’à 43 mètres de profondeur. En Septembre de la même année, c’est encore une grosse drague, la Jade River, Longueur 98.50 x largeur 16.42 x profondeur 8.21 et puits de 3281 m3, qui vient à son tour. C’est aussi, cette année là, le retour d’une érosion forte sur les plages d’Anglet avec la disparition des deux musoirs des digues des Sables d’Or et de Marinella!(24)

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La Brabo en plein dragage de la fosse de garde en 2008. (photo J D Chopin sud ouest)

 

A partir du 1er Janvier 2009, c’est la CCI de Bayonne qui récupère la gestion du dragage du port de Bayonne. Les campagnes vont continuer « bon train » avec la SDI jusqu’en 2014. On va voir débarquer durant cette période la Charlemagne, l’Atlantico Due, la Marieke, la Mellina, l’Amazone, l’Orwell, la Pallieter, l’Elbe ou la Vlaanderen XX, cette dernière étant la plus grosse, avec ses 106 mètres de long, 21.50 mètres de large, 7.60 mètres de tirant d’eau avec une capacité en puits de 5072 m3.

En 2010, après des constats alarmants d’une érosion artificielle grandissante sur les plages d’Anglet, une convention tri-partite est mise en place entre la CCI de Bayonne, l’agglomération et la ville d’Anglet pour qu’un maximum de sable dragué à l’embouchure soit ramené devant les plages. Désormais, la CCI demande de l’argent à la ville d’Anglet pour financer le retour de son sable.(?) De plus, l’appel d’offre signé entre la CCI de Bayonne et la SDI est inadapté au clapage côtier car les tirants d’eau des navires énumérés précédemment sont trop importants pour se rapprocher de la côte et être efficace comme l’expliquait l’ingénieur de la DDE dans son mémoire en 1990.

Le 16 Janvier 2012, la jeune association Sos Littoral Angloye (SosLa) milite officiellement pour une drague à demeure, unique solution pour réaliser 100% de clapage côtier.

Le 01 Mars 2013, l’association SoSLA se dresse contre un projet de mise à terre des sables dragués à l’embouchure à des fins non littorales et récolte 4500 signatures à travers une pétition qui s’intitule  » le sable des plages d’Anglet n’est pas à vendre »! Les élus ne peuvent plus ignorer l’érosion artificielle qui touche les plages d’Anglet et doivent se battre pour sauver ce joyau comme en 1974.

Le 03 Octobre 2014, le Collectif littoral Angloy (COLIAN) composé d’associations et d’usagers des plages d’Anglet, se forme pour défendre l’intégrité des plages d’Anglet face notamment aux activités de dragage qui ont lieu à l’embouchure de l’Adour.

En 2015, la SDI envoie ENFIN une petite drague, l’Albatros, qui répond merveilleusement bien à cette mission. Cette drague, construite en Hollande, mesure 72 mètres de long pour 9,50 mètres de large et un tirant d’eau de 3 mètres! Sa capacité en puits est de 1240 m3 de sable, ce qui demande un travail plus long mais lui permet de réaliser quasiment 100% de clapage côtier, ce qui reste à ce jour le meilleur résultat pour une campagne de dragage avec une seul navire à Bayonne!

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La drague Hondarra à l’embouchure de l’Adour durant sa première journée officielle de dragage/clapage de l’embouchure de l’Adour.

 

Le 08 Septembre 2015, après 31 ans d’attente, c’est enfin l’arrivée de la nouvelle drague à demeure. La CCI BPB ne s’y est pas trompée avec l’achat de ce navire particulièrement adapté à l’embouchure de l’Adour et au clapage côtier. Hondarra, construite à Bilbao, mesure 62.3 mètres de long pour 12.8 mètres de large et 4.60 mètres de tirant d’eau en charge avec un puits de 1200 m3. L’équipage du navire est composé de dix marins locaux qui travailleront 6 jours sur 7, de jour et hors période estivale. Il sera au fait de toutes les études menées sur la zone et acquérira avec le temps une forte expérience de l’embouchure et des profondeurs angloyes.

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Durant ces 120 années, 55 millions de m3 de sable auront été dragués à l’embouchure de l’Adour et 44 millions auront été clapé au large, et restent à ce jour perdus pour le littoral!

 

Cet historique met clairement en lumière que l’embouchure de l’Adour est intimement liée aux plages d’Anglet, et que ses profondeurs suivent de près le développement du port. La seule solution pour que les activités portuaires soient en harmonie avec leur environnement côtier, c’est de ramener 100% du sable dragué à l’embouchure. Avec le temps, les quatre dragues à demeure du port de Bayonne ne se sont pas vraiment allongées mais ont pris de la hauteur, avec des châteaux dressés comme des observatoires pour mieux appréhender les manœuvres. Elles se sont aussi améliorées en puissance et en maniabilité pour répondre à des forts courants dans des zones de dragages étroites avec parfois une faible hauteur d’eau. Enfin, ce que pouvait draguer la Bayonne I en un jour correspond à un seul voyage pour l’Hondarra, ce qui est un énorme progrès!
Anne Sophie Lapix, marraine du navire, lance la bouteille de champagne sur la coque de ce beau bateau le jour de son inauguration et….et elle se brise en mille morceaux avec un puissant choc capable d’éloigner tous les mauvais esprits! Nous souhaitons longue vie à ce nouveau navire en espérant qu’il remplisse au mieux et le plus longtemps possible ses nouvelles missions.

 

L’équipe SoSLa

 

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Vidéo de l’inauguration par la marraine Anne Sophie Lapix à l’instant crutial! (cliquer sur l’image)

 

*Les zones de texte en rouge font référence à d’autres images ou articles en lien, cliquez dessus.
(x)claper le sable = larguer le sable dragué au fond de la mer.

Bibliographie:

(1) Anglet:du sable plus qu-il n’en fallait, la vraie histoire. SosLa
(2) Archives départementales de Bayonne, concession du port de Bayonne, 2 ETP 4/376
(3) Archives départementales de Bayonne, concession du port de Bayonne, 2 ETP 2/202
(4) Archives départementales de Bayonne, concession du port de Bayonne, 2 ETP 4/379
(5) Archives nationales de Pierrefitte/Seine: Dragues Sangsue et Bayonne(1961 à 1965) 19770759/188, P.M. 454
(6) Archives départementales de Pau, fond de la préfecture sous Série 4 S 124, Service Maritime
(7) Archives départementales de Bayonne, concession du port de Bayonne, 2 ETP 4/382
(8) Archives départementales de Bayonne, concession du port de Bayonne, 2 ETP 4/383
(9) Archives départementales de Bayonne, DDE64, 1792 W 49
(10) Archives départementales de Bayonne, DDE64, 1792 W 30
(11) Archives départementales de Bayonne, DDE64, 1792 W 35
(12) Archives départementales de Bayonne, DDE64, 1792 W 31
(13) Mr Le Pors, ingénieurs de la DDE de Bayonne via exposé S3pI 2004
(14) Article Sud ouest, 11 Mai 2004, « L’érosion menace les plages d’Anglet » Médiathèque Bayonne.
(15) Article Sud ouest, 30 Août 2003, « La dragueuse de fond » Médiathèque Bayonne.
(16) Stéphane Abadie et Al. Rapport final pour la CABAB 2004 « Etude préliminaire du comportement hydro-sédimentaire du littoral d’Anglet et de l’entrée du port de Bayonne ».
(17) Article Sud ouest, 16 Mai 1998, « Aménagement du Port » Médiathèque Bayonne.
(18) Article Sud ouest, 29 Avril 1998, « Mais où est passé le sable » Médiathèque Bayonne.
(19) Article Sud ouest, 28 Janvier 1997, « Une entrée soignée » Médiathèque Bayonne.
(20) Article Sud ouest, 28 Février 1996, « Le sable est dans l’air » Médiathèque Bayonne.
(21) Article Sud ouest, 22 Janvier 1980, « De l’Escault à l’Adour, les grandes manœuvres de l’Ourthe » Médiathèque Bayonne.
(22) Article Sud ouest, 19 Janvier 2000, « Le sable est dans l’air » Médiathèque Bayonne.
(23) Article Sud ouest, 27 Novembre 2002, « La digue en danger » Médiathèque Bayonne.
(24) Article SoSLa du 14 Mai 2015 Anglet: du sable plus qu’il n’en fallait, la vraie histoire.(paragraphe C).
(25) Pierre Yves Landouer, DDE de Bayonne « Défense du littoral d’Anglet, Golfe de Gascogne : un exemple dans une zone à forte houle. » Bulletin 1990 n 71, page 40-49.
(26) Article SoSLa, 05 Octobre 2014 L’embouchure de l’Adour: Pourquoi si peu de sable du coté des plages de Tarnos?
(27) Jean Dubranna, Thèse universitaire de génie civil 2007 « Etude des échanges sédimentaires entre l’embouchure de l’Adour et les plages adjacentes d’Anglet. »           (28) Caractéristique des dragues sur dredgepoint

Re-profilage printemps 2015

Les plages d’Anglet ont subi un petit lifting de six semaines entre le 18 Mai et le 26 Juin 2015. Cette année encore, la tâche était grande, surtout sur les plages situées entre les Corsaires et les Cavaliers
Au sud de la côte, entre la plage de la petite Chambre d’Amour et la plage de Marinella, le déstockage du haut de plage s’est fait naturellement tout au long du printemps, permettant ainsi de retrouver des profils de plages et des bancs de sable proches de ceux des années 90. Certainement un effet positif des dernières campagnes de dragage avec 99% de clapage côtier au sud d’Anglet.

Pour rappel, les opérations de reprofilage ont pour but d’améliorer la sécurité des baigneurs en améliorant la visibilité entre le haut de la plage et le rivage, notamment pour les maîtres nageurs sauveteurs. C’est pour cette raison qu’elles sont lancées juste avant la saison estivale, mais au niveau « surfistique », cela ne change rien!

 

Voici, plage par plage, un résumé des opérations:

– A la plage de la petite Chambre d’Amour, un travail de désensablement a été effectué sur la zone sud, au niveau des escaliers, près du parking et de la rampe handicapée face au poste de secours. Une partie de ce sable a été déposé aux pieds de la falaise et une autre a été emmenée à la plage des Sables d’or.

 

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Les bulls en action entre la rampe handicapé et les escaliers plus au sud.

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Une partie du sable a été déposée au pied de la falaise de la pointe St Martin.

 

– A la plage du Club, la tâche paraissait importante il y a encore quelques mois. Finalement, le travail présenta moins d’intérêt en Mai 2015 au vu du fort désensablement qui s’y est opéré. La plage a perdu une partie de sa surface émergée à marée haute. (photos ASI)

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Fin Juin 2014

 

 

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Fin Juin 2015

En un an, on voit clairement que la plage a reculé et s’est décaissée sur la partie haute avec la réapparition des enrochements.

 – La plage des Sables d’or s’est totalement décaissée en perdant plus de deux mètres de hauteur, pour retrouver un profil très similaire à celui des années 90. Ce changement a permis de renouer avec le surf de marée haute disparu depuis plus de 15 ans sur l’ensemble des spots d’Anglet par petite houle:

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Juillet 2014

 

 

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Juillet 2015. Cherchez l’intrus! (photos ASI)

 

Du coup, un beau matin, une faille est apparue sur la rampe d’accès au niveau de la digue du Club, provoquant l’effondrement du plan incliné:

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Avant

 

 

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Après (photos ASI)

Comme la plage continue de se désensabler sur sa partie haute, l’opération de reprofilage a consisté, ici, à amener le sable excédentaire de la plage de la petite Chambre d’Amour afin de conforter les travaux de restauration de la rampe d’accès à la plage. Mais attention à ne pas trop modifier le haut de la plage par comblement, action qui risquerait de noyer les nouveaux bancs de sable de marée haute. Rappelons qu’à cette plage une compétition de surf professionnel sera organisée fin août, compétition qui renoue avec le surf de haut niveau disparu depuis de nombreuses années sur le littoral d’Angloy.

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Les camions benne ont ramené plusieurs centaines de m3 de sable de la petite Chambre d’Amour aux Sables d’Or par la plage enjambant l’ancien émissaire du groupe d’immeuble.(photos ASI)

 

Du sable a été rapporté en quantité sur la plage des Sables d’Or, en voici le résultat après le passage de quelques marées:

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La plage des Sables d’Or un beau matin d’été. On distingue à gauche la bosse de sable reconstituée par les engins.

Ce qu’il faut retenir de cette diminution de sable sur la plage des Sables d’Or et du Club en 2015, c’est que l’estran reprend petit à petit une pente normale. Le haut de plage baisse suite aux quantités élevées des clapages côtiers qui ont eu lieu devant ces plages. Cette arrivée massive de sable reforme les petits fonds et permet de ralentir l’impact de la houle hivernale sur le rivage:

Pente raide = érosion , pente douce = plage stabilisée

 

– A partir de la plage des Corsaires, le profil des plages change sérieusement. L’estran y est bombé et malgré de nombreux passages de bulldozers, la pente y reste élevée près du bord.

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Les plages du centre angloy vu depuis l’esplanade Victor Mendiboure.

Au second plan (plage avec le tracteur), la plage de Marinella fait office de transition. Puis vient ensuite la plage des Corsaires, dans le fond, qui possède un estran plus haut, plus long et bombé sur les trois quart de la plage avant de plonger rapidement dans la mer, signe d’une forte pente.

 

– idem à la plage de la Madrague:

 

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Sable grossier et forte pente sont présents dans la partie basse de la plage de la Madrague.

 

Vue depuis le rivage, la pente de la plage, impressionnante, est à plus de 10° après le passage des engins. Preuve qu’ils ne peuvent pas tout modifier. Mais les tractopelles ont quand même réussi à supprimer la bosse du haut de plage…

 

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Les tractopelles et les camions benne réduisent l’aspect bombé de la plage en suppriment la bosse présent en milieu de la plage et en déposant le sable sur le rivage non loin de là.

 

– Plage de l’océan:

Afin d’évaluer le volume de sable déplacé par les opérations de reprofilage sur cette plage, nous avons fait un comparatif avant et après avec des images de la webcam de Viewsurf. Effectivement, le résultat est impressionnant et sans appel. On est passé d’une plage ou la visibilité du rivage depuis le poste de secours était nulle, à une visibilité bonne permettant aux MNS de travailler dans de bonnes conditions. Mais pour combien de temps???

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Plage de l’océan le 02/06/2015

 

 

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Plage de l’Océan le 04/07/2015

 

– Plage des Cavaliers:

Pas mal de travail là aussi avec un dégagement spectaculaire du sable accumulé en haut de plage jusqu’à la digue.

 

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Résultat du travail de reprofilage de la plage des Cavaliers un soir de Juin, où quand le naturel côtoie l’artificiel!

 

L’équipe SosLa

 

Dragage Automne 2014: un résultat exceptionnel !

En effet, la Société de Dragage Internationale (SDI) a réalisé presque un sans faute lors de cette campagne en ramenant sur les plages d’Anglet 98% des sables dragués à l’embouchure de l’Adour
De mémoire de clapage côtier angloy, cela ne s’était jamais vu!

 

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Sur la gauche, la petite drague Orwell, d’une capacité en sable de 2575 m3, sort chargée de l’estuaire de l’Adour. A droite, la grosse drague Pallieter d’une capacité de 5230 m3, est en plein dragage à l’embouchure du fleuve.

 

Pour une première, c’est une première!
En effet, la Société de Dragage Internationale (SDI) a réalisé presque un sans faute lors de cette campagne en ramenant sur les plages d’Anglet 98% des sables dragués à l’embouchure de l’Adour. De mémoire de clapage côtier angloy, cela ne s’était jamais vu!
Autant, lors de la dernière campagne de Mars 2014, nous avions été très désappointés par le mauvais résultat, autant cette fois ci, nous sommes satisfaits de ce résultat enregistré pour les plages. Pour la première fois, nous avons senti une volonté commune entre l’équipe de la SDI et les agents du port à vouloir faire un bon résultat! Seul bémol, le tirant d’eau important de la DAM Pallieter implique des clapages côtiers en moyenne vers 8 mètres de profondeur, soit à une distance de plus de 700 mètres du bord ce qui a pour effet une diminution de l’effet de régalage des petits fonds, si chers aux baignades et aux sports de glisse.

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Le 14 10 2014, la DAM Pallieter effectuait 8 clapages côtiers en 24H à une distance moyenne de 700 mètres de la côte. (Photo issu de Marine Traffic)

 

Quelles sont les raisons d’un tel succès?
Au départ, il était prévu que la DAM Orwell (Drague Aspiratrice en Marche) face tout le boulot de cette campagne. Comme à l’habitude, elle commence par s’occuper du banc St Bernard, ce qui tombe bien car les conditions de houles ne permettent pas de faire du clapage côtier avec le sable accumulé à l’entrée de l’Adour. La DAM Pallieter, de retour d’un chantier méditerranéen, passe devant le golf de Gascogne au moment même où une période d’accalmie de houle se met en place. L’occasion est trop belle pour draguer rapidement l’embouchure de l’Adour et faire un maximum de clapage côtier, pendant que la DAM Orwell s’occupe du banc St Bernard et avant que les conditions ne se dégradent. La drague Pallieter est donc réquisitionnée par l’équipe sur place de la SDI, pour accélérer la campagne de dragage dans de bonnes conditions. C’est pour cette raison précise que l’on a pu apercevoir durant une petite semaine, deux dragues vertes circuler à l’embouchure du fleuve. A situation exceptionnelle, résultat exceptionnel!

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La DAM Orwell est en train de sucer la vase du banc St Bernard, zone de dépôt naturel de l’Adour.

 

Mais pourquoi pas 100% de clapage côtier?

Sur les 139 332 m3 de sable dragués à l’embouchure de l’Adour durant cette campagne de dragage, 136 528 m3 ont été clapés dans la zone d’immersion côtière soit 98% des sables dragués. 2% de sable angloy ont été perdus au large sur la zone de dépôt. Lors de sa dernière rotation, l’élinde de la DAM Palletier est restée bloquée en dessous du niveau de la coque, cet incident technique ne permettant pas au navire de claper devant la côte dans de bonnes conditions. Par mesure de sécurité, elle est allée claper ce dernier chargement au large.

 

Quel est le bilan de l’année 2014?

Sur 546 205 mètres cube de sable angloy dragué à l’entrée de l’Adour, 272 672 mètres cubes angloys ont été perdus au large soit 50% de perte en 2014 qui viendront impacter une nouvelle fois le littoral angloy lors des prochaines houles hivernales. Depuis l’année 2000, le littoral angloy a perdu près de 5 millions de mètres cube de sable lié aux activités de dragage. D’ailleurs, la faiblesse du littoral se voit à travers la digue des Cavaliers qui, après une restauration en Octobre 2013, est l’objet de nouveaux travaux en 2014!

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Au premier plan, les travaux de renforcement de la digue des Cavaliers commencé en septembre 2014 et dans le fond, la DAM Pallieter qui clape, qui clape et qui clape…Une performance exceptionnelle de la SDI que l’on aimerait voir se reproduire dans l’avenir!

 

L’équipe SosLa

 

*clapage côtier: sable dragué déposé devant les plages.

Point érosion au 1507 2014

Rappelons que le profil des plages a été sérieusement modifié par les fortes houles de cet hiver exceptionnel. La pente de l’estran, de manière générale, était si élevée qu’au lieu de se cantonner à un test de reprofilage à la plage de Cavaliers, la municipalité a fait le choix de pousser le sable sur quasiment toute les plages de la côte angloye entre le 15 Mai et le 24 Juin 2014. (voir article reprofilage printemps 2014)

-Voici l’analyse traditionnelle et comparative de la tendance générale au 15 Juillet 2014:

 Au sud

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Marée basse 2014 15 07 coef 106 hauteur mer 0.53 mètre

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Marée basse 2013 07 25 coefficient 104 hauteur 0.52 mètre

A la plage de la petite Chambre d’Amour, de manière générale, parait avoir reculé par rapport à l’année dernière:
– Au sud, le banc de sable ou une personne se promenait l’année dernière n’existe plus (cercle orange).
– Au nord de la plage, plus aucun banc n’émerge cette année (croix verte).

 

Même comparatif à la plage du Club entre une photo de grande marée de Juillet 2014 et celle de la grande marée de Septembre 2013

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Marée basse 2014 15 07 coef 106 hauteur mer 0.53 mètre

 

 

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Marée basse 2013 19 09 coef 105 hauteur mer 0.61 mètre

Il y a vraiment beaucoup plus de sable en haut de plage cette année malgré l’opération de reprofilage. En revanche, il y a moins de sable sur la partie basse puisque quasiment aucun banc n’émerge au plus fort de la marée d’un coefficient de 106, et il y a même une réapparition de trou d’eau presque comme il y a deux ans.

 

Au niveau du centre angloy avec des photos de Juillet 2014 et celle de Juillet 2013:

 

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1507 2014 marée basse coef 106

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marée basse 2013 07 25 coef 104

– Dans la zone de la Madrague, il n’y a plus à proprement parler de banc de sable qui émerge nettement et ce, jusqu’à la digue des Cavaliers.
– Vue la zone de déferlement des vagues, on a l’impression que la mer a un peu plus gagné sur la terre..

Au nord d’Anglet, hélas pas de comparatif, mais on peut relever quelques détails sur cette photo du 15 Juillet 2014:

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– la tour de surveillance à la plage de l’Océan a les pieds dans l’eau malgré la marée basse tellement la pente reste forte après le reprofilage.
-Aux Cavaliers, la pente de la plage semble plus douce en face du poste de surveillance et par endroit, elle semble même aller plus loin dans la mer. Ici, on a une impression visuelle positive des bulldozers, mais pour combien de temps? à suivre…

 

L’équipe SoSLa

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA CCI DE BAYONNE

Ce communiqué, qui est logiquement là pour apporter de la transparence, soulève des interrogations qui, dans leurs finalités, reviennent à 2 questions: Qu’est ce qui retient aujourd’hui la CCI de Bayonne de faire l’achat d’une nouvelle drague à demeure? Le Conseil Régional a-t-il la volonté d’investir dans ce projet?

Pourtant l’intérêt financier de cet achat n’est plus à démontrer. Il permettrait aussi d’entretenir régulièrement le chenal de navigation de l’estuaire de l’Adour, de défendre la côte angloye, première victime de ce dragage avec des clapages côtiers* de qualité, le tout en créant des emplois….

 

Analyse détaillée du communiqué de presse du 27/03/2013 :

 

-« LE DRAGAGE, UN MOYEN DE LUTTE CONTRE L’EROSION DU LITTTORAL »:

Nous nous permettons de rappeler que l’érosion de la côte d’Angloy est liée à un phénomène artificiel qui a débuté avec les activités de dragage en 1896, date à laquelle ces plages ont commencé à reculer. Nous trouvons ainsi que ce titre est trompeur puisqu’il fait croire à l’opinion publique que le dragage est un moyen de lutte contre l’érosion lié au réchauffement climatique. C’est faux, le sable dragué à l’entrée de l’Adour provient directement des plages d’Anglet et  cette disparition artificielle crée l’érosion de nos plages. Une gestion durable impliquerait que le sable soit ramené en totalité sur la côte ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

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Les plages d’Anglet vue depuis les Landes. On voit nettement le phénomène artificiel qui provoque le recul du littoral angloy.

 

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Ici, on note l’accumulation du sable dérivant au nord de l’embouchure de l’Adour depuis la plage du Métro de Tarnos jusqu’à la grande digue. Au sud de l’embouchure le recul de la plage flagrant caractérise le phénomène artificiel angloy….

 

« -Service public que lui a confié la Région Aquitaine »:

Le Conseil Régional d’Aquitaine(CRA) a récupéré fin 2006 la mission du dragage du port de Bayonne. Il l’a confié à son tour à la CCI BPB en 2009 dans le cadre de la concession du port.

 

-« Les travaux de dragage …s’effectuent dans un cadre réglementaire défini par l’Arrêté Inter préfectoral modificatif du 21 juin 2012 de l’Arrêté Inter préfectoral N°04/EAU/24 »:
Les campagnes de maintien des profondeurs s’effectuent bien dans le cadre réglementaire de l’arrêté inter-préfectoral modificatif du 21 juin 2012 N°04/EAU/24 autorisant notamment la mise à terre de 80 000 m3 de sable à terre par an soit l’équivalent de 6 700 camions-benne.

 

« -L’entretien du chenal d’accès au fleuve dont les fonds doivent être maintenus entre -11 et -12 m Côte Marine. »

Ceci sous entend que techniquement il serait possible de draguer plus profondément si c’était nécessaire. (voir plus loin)

 

« -La zone d’immersion côtière : C’est la destination du sable dès que les conditions météorologiques le permettent »:

Effectivement, tant que la CCI BPB commanditera une prestation de dragage avec la Société de Dragage Internationale (SDI)sur une période très courte, le pourcentage de sable clapé sur la côte sera toujours dépendant des conditions météorologiques de navigation. Alors que les plages d’Anglet sont les premières victimes morales et financières, l’objectif n’est pas d’optimiser le clapage côtier.

 

-La zone de dépôt à terre: Cet espace n’est actuellement pas encore aménagé, mais il pourrait accueillir jusqu’à 80 000 m3 de sable dragué à l’embouchure, dans le seul cas où les conditions météorologiques ne permettraient pas de le claper sur les plages d’Anglet:
 

Depuis que le port de Bayonne travaille avec la SDI, toutes les campagnes de dragage ont un volume de sable rejeté au large supérieur à 80 000 m3 de sable par an. Le cahier des charges, inadapté au clapage côtier, donne toutes les chances au navire de rejeter le sable au large et laisse entrevoir l’option de récupération du sable à terre.
Suite à l’article Sud Ouest du 03/04/13, il semblerait que ce projet soit officiellement abandonné par suite de pressions politiques et citoyennes.

 

« -A ce jour, suite à une procédure d’appel d’offre public, c’est la Société de Dragage International (SDI) qui est en charge de la prestation de dragage à l’embouchure.
A chaque campagne, la CCI Bayonne Pays Basque passe une commande de travaux qui précise les volumes et les objectifs auprès de son prestataire SDI. Celui-ci répond à cette commande en mobilisant, dans le délai convenu, son moyen de dragage (c’est-à-dire le navire de son choix). »

L’appel d’offre entendait que la SDI serait en charge du dragage jusqu’à fin 2013. Et après, que va- t-il être décidé? La réponse très attendue devrait intervenir dans l’été….

 

« -Il appartient au capitaine du navire d’apprécier si les conditions météorologiques permettent d’approcher en toute sécurité de la plage: avec un navire de +/-90m de long et +/- 6.50m de tirant d’eau en charge, il est nécessaire que la houle devant la plage soit inférieure à 1.5m. »:

En effet, la drague envoyée par la SDI n’est pas prévue à l’avance par un cahier des charges favorisant le clapage côtier* au plus près de la côte. De ce fait, le capitaine et son navire changent quasiment à chaque campagne: voici les navires intervenus en moins de 3 ans: Vlaanderen XX, MAriéké, Mélina, Elbe… Aussi, comment le capitaine peut-il faire des clapages côtiers de qualité quand celui ci ne connait pas la côte?
De plus, le tirant d’eau du navire, intimement lié à la qualité du clapage côtier, ne sera jamais optimisé pour cette opération: 6.5m de tirant d’eau en moyenne pour les dragues de la SDI contre 4.85m de tirant d’eau pour la dernière drague à demeure la « Bayonne III ».
Les marnages (différence entre la hauteur d’eau à marée haute et celle de la marée basse d’avant ou d’après) vont sur notre côte jusqu’à 3,5m lors des grands coefficients de marée. Aussi, la drague devrait elle travailler entre la mi marée à la marée haute pour être au plus près de la côte afin d’optimiser cette opération. Mais actuellement, les dragues de passage, viennent claper autant à marée haute qu’à marée basse. Bilan: 2m de plus de tirant d’eau pour les dragues de la SDI, + 3m de marnage sur la moitié des clapages = 5m de profondeur perdus pour optimiser l’opération: c’est énorme !

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La drague Alfons Franz avant qu’elle ne prenne le nom de Bayonne III avait un tirant d’eau de 4.85m seulement.

 

« -Jusqu’en Juin 2012, si les conditions météorologiques ne permettaient pas d’approcher le navire en toute sécurité devant la plage, le capitaine n’avait d’autre solution que de claper les sables dragués dans la zone d’immersion du large. Or il faut savoir que ce sable clapé au large est alors définitivement « perdu » dans le sens ou les courants ne le ramènent jamais devant la plage. »

Le sable « perdu » au large se présente à partir de -12m de profondeur. C’est d’ailleurs la limite que s’est fixée la CCI BPB pour entretenir le chenal de navigation (voir plus haut). Aussi, n’importe quelle drague est capable d’aller chercher le sable dans ces profondeurs. Par exemple, la drague qui entretient une partie du fleuve Saint Laurent au Canada est capable d’aller chercher les sédiments jusqu’à -70m. Il est évident que ce sable n’est pas perdu et nous trouvons cette conclusion très surprenante !
Ce stock de sable repose actuellement dans son milieu naturel et reste en attente pour servir aux prochaines générations. N’est ce pas là une approche plus durable que de fixer ce sable dans du béton?

 

« -Fort de ce constat, la CCI BPB a souhaité étudier une solution alternative afin de mettre du sable à terre dans la limite de 80 000 m3 par an. »

La solution alternative portée par la CCI de Bayonne n’a aucun effet durable sur l’environnement côtier de la commune d’Anglet à laquelle ce sable appartient. En revanche, proposer une alternative de ré-engraissement des plages qui passe par la terre serait une belle initiative! Le grenelle de la mer (Groupe N° 11 du Grenelle de l’Environnement, page 7 paragraphe 4) spécifie que les sables dragués peuvent être réutilisés à terre soit comme des matériaux de construction dans le bâtiment, soit dans le rechargement des plages en matière de lutte contre l’érosion du trait de côte. Pourquoi la CCI BPB a t’elle construit son projet seulement dans l’esprit de la 1 ère option sachant que la ville d’Anglet est la première victime de ces dragages?

 

« -Le souhait de la CCI BPB est de proposer ce sable à la collectivité, à prix coûtant. A ce titre, le Centre Européen de Frêt de Mouguerre (émanation de collectivités territoriales) qui a des besoins en matériaux de remblai, est actuellement intéressé. »

Vendre du sable à prix coûtant reste quand même une opération de vente! Pourquoi ne pas donner au Centre Européen de Frêt les vases qui sont draguées à l’intérieur de l’Adour? C’est exactement ce qui avait été réalisé dans les années 1980 afin de combler la zone marécageuse des Pontôts et donner naissance à la zone commerciale de BAB2. Ces vases, qui sont draguées, ne pourraient elles pas avoir une valorisation en matériau de remblai, car après tout, c’est de la terre mélangée avec du sable?

 

« -La préservation de l’environnement est une démarche que nous avons intégrée dans notre fonctionnement depuis de nombreuses années. »

Depuis que la CCI de Bayonne a instauré le dragage en 1896, les plages d’Anglet n’ont jamais cessé de reculer anormalement. Peut-on appeler cela de la préservation de l’environnement? On pourrait vraiment parler de préservation de l’environnement si 100% du sable dragué à l’embouchure de l’Adour était ramené sur les plages d’Anglet.

 

-Jusqu’en Juin 2012, si les conditions météorologiques ne permettaient pas d’approcher le navire en toute sécurité devant la plage, le capitaine n’avait d’autre solution que de claper les sables dragués dans la zone d’immersion du large. Or il faut savoir que ce sable clapé au large est alors définitivement « perdu » dans le sens ou les courants ne le ramènent jamais devant la plage.

Le sable « perdu » au large se présente à partir de -12m de profondeur. C’est d’ailleurs la limite que s’est fixée la CCI BPB pour entretenir le chenal de navigation (voir plus haut). Aussi, n’importe quelle drague est capable d’aller chercher le sable dans ces profondeurs. Par exemple, la drague qui entretient une partie du fleuve Saint Laurent au Canada est capable d’aller chercher les sédiments jusqu’à -70m. Il est évident que ce sable n’est pas perdu et nous trouvons cette conclusion très étonnante !
Ce stock de sable repose actuellement dans son milieu naturel et reste en attente pour servir aux prochaines générations. N’est ce pas là une approche plus durable que celle qui est proposée par la modification de l’arrêté?

 

-Fort de ce constat, la CCI BPB a souhaité étudier une solution alternative afin de mettre du sable à terre dans la limite de 80 000 m3 par an.

La solution alternative portée par la CCI de Bayonne n’a aucun effet durable sur l’environnement côtier de la commune d’Anglet à laquelle ce sable appartient. En revanche, proposer une alternative de ré-engraissement des plages qui passe par la terre serait une belle initiative! Le grenelle de la mer (Groupe N° 11 du Grenelle de l’Environnement, page 7 paragraphe 4) spécifie que les sables dragués peuvent être réutilisés à terre soit comme des matériaux de construction dans le bâtiment, soit dans le rechargement des plages en matière de lutte contre l’érosion du trait de côte. Pourquoi la CCI BPB a t’elle construit son projet seulement dans l’esprit de la 1ère option sachant que la ville d’Anglet est la première victime de l’impact de ces dragages?

 

 

-Le souhait de la CCI BPB est de proposer ce sable à la collectivité, à prix coûtant. A ce titre, le Centre Européen de Frêt de Mouguerre (émanation de collectivités territoriales intéressées par le trait de côte ??) qui a des besoins en matériaux de remblai, est actuellement intéressé.

Vendre le sable à prix coûtant est une dévalorisation du sable Angloy et cela reste quand même une opération de vente! Pourquoi ne pas donner au Centre Européen de Frêt les vases qui sont draguées à l’intérieur de l’Adour? C’est exactement ce qui avait été réalisé dans les années 1970 afin de combler la zone marécageuse des Pontôts et donner naissance à la zone commerciale dont fait partie BAB2. Ces vases, qui sont draguées, ne pourraient elles pas avoir une valorisation en matériau de remblai, car après tout, c’est de la terre?

 

« -La préservation de l’environnement est une démarche que nous avons intégrée dans notre fonctionnement depuis de nombreuses années. »

Depuis que la CCI de Bayonne a instauré le dragage en 1896, les plages d’Anglet n’ont jamais cessé de reculer anormalement. Depuis 1896, 43 millions de m3 de sable ont été retiré du littoral par le dragage. Peut-on appeler cela de la préservation de l’environnement? On pourrait parler de préservation de l’environnement si 100% du sable dragué à l’embouchure de l’Adour était ramené sur les plages d’Anglet.

 

« -Jusqu’en Juin 2012, si les conditions météorologiques ne permettaient pas d’approcher le navire en toute sécurité devant la plage, le capitaine n’avait d’autre solution que de claper les sables dragués dans la zone d’immersion du large. Or il faut savoir que ce sable clapé au large est alors définitivement « perdu » dans le sens ou les courants ne le ramènent jamais devant la plage. »

Le sable « perdu » au large se présente à partir de -12m de profondeur. C’est d’ailleurs la limite que s’est fixée la CCI BPB pour entretenir le chenal de navigation (voir plus haut). Aussi, n’importe quelle drague est capable d’aller chercher le sable dans ces profondeurs. Par exemple, la drague qui entretient une partie du fleuve Saint Laurent au Canada est capable d’aller chercher les sédiments jusqu’à -70m. Il est évident que ce sable n’est pas perdu et nous trouvons cette conclusion très surprenante !
Ce stock de sable repose actuellement dans son milieu naturel et reste en attente pour servir aux prochaines générations. N’est ce pas là une approche plus durable que celle qui est proposée par la CCI de Bayonne?

 

« -Fort de ce constat, la CCI BPB a souhaité étudier une solution alternative afin de mettre du sable à terre dans la limite de 80 000 m3 par an. »

La solution alternative portée par la CCI de Bayonne n’a aucun effet durable sur l’environnement côtier de la commune d’Anglet à laquelle ce sable appartient. En revanche, proposer une alternative de ré-engraissement des plages qui passe par la terre serait une très belle initiative! Le grenelle de la mer (Groupe N° 11 du Grenelle de l’Environnement, page 7 paragraphe 4) spécifie que les sables dragués peuvent être réutilisés à terre dans le rechargement des plages en matière de lutte contre l’érosion du trait de côte. Pourquoi la CCI BPB a t’elle construit son projet seulement dans l’esprit de la 1ère option sachant qu’elle a signé une convention tri partite avec la ville d’Anglet pour ramener un maximun de sable? Cette idée est en totale opposition!

 

« -Le souhait de la CCI BPB est de proposer ce sable à la collectivité, à prix coûtant. A ce titre, le Centre Européen de Frêt de Mouguerre (émanation de collectivités territoriales) qui a des besoins en matériaux de remblai, est actuellement intéressé.

Vendre le sable à prix coûtant reste quand même une opération de vente! Pourquoi ne pas donner au Centre Européen de Frêt les vases qui sont draguées à l’intérieur de l’Adour? C’est exactement ce qui avait été réalisé dans les années 1980 afin de combler la zone marécageuse des Pontôts et donner naissance à la zone commerciale BAB2. Ces vases, qui sont draguées dans le fleuve, ne pourraient elles pas avoir une valorisation en matériau de remblai, car après tout, c’est de la terre et du sable?

 

-La préservation de l’environnement est une démarche que nous avons intégrée dans notre fonctionnement depuis de nombreuses années.

Depuis que la CCI de Bayonne a instauré le dragage en 1896, les plages d’Anglet n’ont jamais cessé de reculer anormalement. Elle ont perdu avec ces activités 43 millions de m3 de sable. Peut-on appeler cela de la préservation de l’environnement?

 

Diagramme de 120 ans

 

« -Concernant les dragages, nous travaillons en collaboration étroite avec les institutions locales comme la ville d’Anglet, l’Agglomération Côte Basque Adour et le Conseil Régional d’Aquitaine. »

La ville d’Anglet a fait savoir lors de l’inauguration de l’exposition « Agir contre l’érosion » en Avril 2012 qu‘elle était contre ce projet d’utilisation des sables à des fins non littorales. La CCI BPB était présente, elle le fait d’ailleurs savoir un peu plus haut dans le texte. Alors, ils ont fait ça en douce?

 

« En 2012, la CCI BPB a participé à une exposition et à des conférences organisées par la Ville d’Anglet sur le thème de l’évolution des plages d’Anglet et les dragages. »

Pourtant,le projet a été validé fin Juin 2012 et la ville d’Anglet demande toujours que cet arrêté soit retiré. Peut-on caractériser ces faits comme une « collaboration étroite »?

 

Conclusion:

Le dragage n’est pas un moyen de lutte contre l’érosion du littoral. Il est un outil qui sert les activités portuaires et qui, mal utilisé, déstabilise l’équilibre écologique des plages à proximité et crée par la même occasion l’érosion artificielle de la côte.

L’équipe SosLa

 

 

*clapage côtier= largage du sable sur la côte.

CAMPAGNE DE DRAGAGE AUTOMNE 2012

La drague aspiratrice Mellina a effectué plus de 67 cycles et dragué 154 013 m3 de sable à l’embouchure de l’Adour. 44 681 m3 ont été perdu en zone d’immersion du large soit 29% des sables dragués. Pourtant les conditions météorologiques étaient, comme l’indique le communiqué du port, particulièrement favorables pendant 7 jours (du 5 au 11).

 

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Mellina dans la brume durant un clapage côtier, une opération délicate devant la plage du Club ( Photo JM Aramburu 2012)

Dommage que la Mellina ne soit pas restée 5 jours de plus car elle aurait bénéficié de 4 jours supplémentaires de conditions exceptionnelles pour réaliser 100% de clapage côtier soit zéro perte de sable provenant des plages angloyes. Mais y a-t-il une réelle volonté d’atteindre les 100% de clapage côtier?

tableau de la houle

On voit sur ce shéma que la drague a bénéficié de 8 jours parfaits, dont un perdu pour des problèmes techniques. Elle avait l’opportunité de profiter de 4 jours de conditions idéales supplémentaires du 23 au 26 Octobre (photo windguru)

 

Si on fait le bilan de l’année 2012, en incluant la campagne de printemps, 139 839 m3 de sable ont disparu du littoral angloy soit 40% des sables dragués représentant au total de 11653 camions benne ! Cette perte va venir fragiliser un peu plus le littoral angloy face aux fortes houles hivernales. (lien)

Bien qu’il s’agisse du meilleur résultat de ces dernières années, ce qui est encourageant, il semble que la méthode utilisée pour le dragage de l’entrée de l’Adour montre ses limites.

La CCI de Bayonne, concessionnaire du Port pour le compte du Conseil Régional d’Aquitaine, doit trouver des solutions plus efficaces (et il en existe) afin d’entretenir l’activité industrialo-portuaire tout en sauvegardant le littoral angloy et son activité touristique* de l’érosion artificielle. Cela parait être aujourd’hui une logique de bons sens et une absolue nécessité.

L’équipe SOSLA

 

* 21% de l’activité économique angloye

 

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La drague Mellina en route pour un clapage côtier ! (Octobre 2012)

« Big banc », la belle surprise du printemps !

L’équipe SOSLA a profité des grands coefficients de marée de Mai 2012 pour faire un point sur la position des bancs de sables angloys apparaissant à marée basse. 
L’observation visuelle de ce bilan sédimentaire est influencée par l’arrêt du clapage* côtier en 2004 puis par sa reprise fin 2010. Un article à ce sujet vient juste de sortir sur le constat d’un abaissement des fonds de la côte Angloy.

On note depuis 2 ans une amélioration du pourcentage de sable clapé devant la côte: 6% fin 2010 en évolution vers 51% en Mars 2012.
 Le clapage côtier se fait toujours sur la même zone au sud d’Anglet, dans une zone pré-définie en 2004 par l’arrêté inter-préfectoral n°04/EAU/24.

Pour faire le comparatif, nous avons choisi 2 périodes de forts coefficients de marée: celle de début Mars 2012 durant la 1 ière campagne de dragage 2012 et celle de début Mai 2012. Après les 2 tempêtes du mois d’Avril qui ont encore bien agité les bancs de sable angloys avec 2 pics de houle enregistrés sur la bouée ouest Arcachon de la NOAA supérieure à huit mètres et des périodes oscillant entre 9 et 12 secondes.

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Mars 2012 marée basse coefficient de 104

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Photo de Mai 2012 marée basse coefficient 106.

 

Comparatif des bancs apparaissant à marée basse entre le mois de Mars et le mois de Mai:

– Sur la zone nord de la petite Chambre d’Amour, disparition du banc de sable autour de la plaque rocheuse créant un trou s’étendant jusqu’à la digue du Club. (2ième digue en partant du sud)

– Sur la plage des Sables d’Or, légère disparition du banc de sable.

– Sur la plage de Marinella, apparition de 2 langues sableuses perpendiculaires à la plage découvrant bien au-de la de l’épis de Marinella ( 4ième digue en partant du sud).

– Entre les Corsaires et la petite Madrague, apparition d’un énorme banc parallèle à la plage découvrant fièrement: le « Big bank »!

– De la Madrague aux Dunes, c’est un grand trou visuel! Rien n’a vraiment changé.
- Au sud des Cavaliers, augmentation légère de la petite pointe sableuse.
- Au Nord des Cavaliers, diminution nette de la petite pointe sableuse.

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Photo de Mars 2012, marée basse coefficient 112 (source CASAGEC)

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Photo Mai 2015, marée basse coefficient 109 (source CASAGEC)

 

En 2011, le constat d’ensemble était quasiment le même avec un seul vrai banc à la Madrague, provoquant une augmentation de fréquentation des surfeurs sur cette plage mais le banc n’était pas aussi proéminent! L’apparition de ce mega banc étonne…
Nous sommes allés faire un prélèvement de sable sur ce banc pour l’analyser à la loupe binoculaire, au parc Izadia, et le comparer avec du sable d’autres plages d’Angloye ainsi qu’avec celui prélevé par la drague dans la fosse de garde à l’entrée de l’Adour. Voici les échantillons:

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Le sable dans la barquette est le sable échantillon du « big bank » de la Madrague.
Vu l’aspect visuel de notre échantillon, on peut rapidement écarter le sable de la plage des Cavaliers et celui de la plage des Dunes, tous les deux trop grossier.

 

Étudions le sable des dunes situé derrière les plages et le sable de la fosse de garde de l’embouchure de l’Adour:
 Au premier coup d oeil, notre échantillon est ressemblant à celui de la fosse de garde.

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Pour une analyse plus précise, nous observons à la loupe binoculaire:

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Notre échantillon issu du big bank

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Le sable issu de la fosse de garde à l’embouchure de l’Adour:

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Le sable de la dune stabilisée en haut de plage

 

Bien qu’il soit un peu plus brillant (absence de cache plastique sur la barquette), notre échantillon ressemble fortement au sable de la fosse de garde. En effet, notre prélèvement, comme le sable de la fosse de garde, est riche en quartz aux contours irréguliers (gravillons blancs translucides) et contient quelques grains marrons jaunes issus des gravières.

Le sable issu des dunes stabilisés possèdent moins de quartz, un peu plus de gravier et l’ensemble des éléments sont bien plus arrondis et polis.
On en déduit donc que notre échantillon pris à la plage de la Madrague, via le clapage côtier, provient du dragage de l’embouchure de l’Adour.

Pourquoi?

Le premier sable à fuire vers la fosse de garde est le sable fin car il est plus facilement mobilisable du fait de son faible poids. Cela explique en partie pourquoi les plages d’Anglet ont un sable de plus en plus grossier puisque une partie du sable dragué à l’entrée de l’Adour est clapé au large et donc définitivement perdu pour le littoral !

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Le sable grossier du haut de la plage des Cavaliers.

 

Pour revenir vers la côte, le sable transporté par la drague doit être clapé à une faible profondeur pour que les vagues et le courant puissent finir de le ramener vers la plage. Lors de la campagne de dragage de 2011, le sable a été lâché en moyenne par 6 mètres de profondeur devant la plage de la Madrague. (Source port de Bayonne) S’agissant d’un important clapage côtier connus ces dernières années et avec l’assaut des fortes tempêtes du mois d’Avril 2012, il est possible qu’il soit à l’origine de la formation de ce « big bank » de la Madrague… Quelle dérive!

 

L’équipe SosLa

 

*clapage: sable dragué puis relâché sur une zone pré-définie.

ILS L’ONT FAIT!

Dans le rapport de M. COUSIN (député de la Manche) qui s’intitule « Propositions pour une stratégie nationale de gestion du trait de côte, du recul stratégique et de la défense contre la mer, partagée entre l’État et les collectivités territoriales » et publié le 02/11/2011, on peut y lire qu’il est recommandé d’élaborer une protection voire une restauration du bon fonctionnement des écosystèmes côtiers en faisant appel à des solutions innovantes et douces afin de lutter contre l’érosion côtière ».

La Hollande, pays où la lutte contre l’érosion littorale est vitale, a opté pour une de ces solutions innovantes: le projet pilote Sand Engine!

Ce projet a un triple intérêt:

-protéger par une méthode douce le littoral contre l’érosion en ré-engraissant les plages.
-établir une zone tampon protégée pour créer une réserve naturelle.
-développer une économie touristique par l’amélioration de la qualité des baignades et des sports de glisse.

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Le banc, vu du ciel, est un réservoir à sable pour toute la côte qui l’entoure.

 

Les résultats au 24 novembre 2011 sont plutôt satisfaisants et on parle même de dupliquer le projet à d’autres sites en Hollande et dans le monde.

Evolution scientifique du projet dans le temps

Il existe, au large d’Anglet, des montagnes de sable sous-marines. Elles ont été crées par 116 ans de dragage intensif de l’embouchure de l’Adour. Ce stock précieux représente 44 millions de m3 de sable. Il est présent à partir de -12 mètres de fond!

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Bathymétrie des fonds angloys avec la présence d’une dune sous-marine au large (zone de dépôt) crée par 120 années de dragage de l’embouchure (thèse Dubranna)

 

Pour aller chercher cette mine de sable, il faut une drague capable d’aller pomper jusqu’à 35 mètres de profondeur et de ramener ce sable sur la zone de clapage côtier quand les conditions le permettent. Aujourd’hui, toutes les dragues marines sont capables de répondre à cette mission! Alors qu’attendons-nous pour se donner les moyens de sauver notre littoral?

 

L’équipe SosLA