Vers une lente asphyxie de la grotte de la Chambre d’Amour…Episode 4/7

LA LENTE ASPHYXIE DE LA GROTTE

Après la chute de l’Empire, le tourisme côtier va poursuivre son essor. Parallèlement, l’attrait de la grotte va décliner face aux assauts des éléments naturels:
Vers 1815, P-J. Lesauvage, pharmacien aide major à l’hôpital militaire de Bayonne, témoigne dans un ouvrage peu connu de l’état de la grotte (55): « A l’extrémité d’Anglet, sur le bord de la mer, on voit la Chambre d’Amour, laquelle n’est autre qu’une roche qui offre une vaste cavité au niveau de la mer et qui est baignée par les flots dans les grandes marées….» . Ainsi nous apprenons que la grotte n’est plus atteinte que par les grandes marées alors que 9 ans auparavant, elle est quasiment immergée en permanence!

Dans le livre « Nouvelle chronique de la Ville de Bayonne » écrit par le Bayonnais Jean-Baptiste Bailac, l’auteur signale à la page 440 que la grotte de la Chambre d’Amour en 1820 est à demi-comblée …(58)

En 1822, Wilhelm von Ludemann, écrivain allemand mais aussi ethnographe, vient en voyage au pays basque! Quatre ans plus tard, il sort un livre qui s’intitule « Züge durch die Hochgebirge und Thäler der Pyrenäen im Jahre » , dans lequel il écrit une nouvelle version de la légende, en choisissant des prénoms différents . Point important, il signale que l’événement sur lequel s’appuie la légende remonterait à la fin du 17 ème siècle…comme Etienne de Jouy cinq ans plus tôt. (34 page 54; 4 page 27)

En 1828, la duchesse de Berry, Marie-Caroline de Naples, est en pèlerinage royaliste dans le sud-ouest de la France. Elle fait un arrêt bucolique un soir d’été à la Chambre d’Amour avec sa cour. Pour l’occasion, la lune est de sortie et l’accompagne jusqu’à la mer dans une chevauchée incertaine. A son arrivée, le vicomte Walsh, journaliste et romancier raconte dans « Suite aux lettres vendéennes » (10 p447): « Enfin, on arriva à la Chambre d’Amour…O surprise, ô désappointement! Un tas énorme de sable amoncelé par les vagues avait tellement encombré la grotte, qu’il restait à peine à découvert quelques pouces de la voûte; mais cela n’arrêta pas la princesse; elle voulut voir le peu qu’il existait encore; précédée par des torches que portaient des habitants de ces bords, elle gravît gaiement la montée pénible….Arrivée en haut, elle repris haleine un moment et daigna adresser à ceux qui l’avait suivie quelques questions sur l’état antérieur de la grotte et sur les causes de son état actuel. La princesse, toujours aimable, malgré son désappointement, se replaça sur son cacolet et la caravane se remit en route » J. Thore n’avait pas tort! Les sables, venus du nord, étaient en passe de doubler la pointe de la Chambre d’Amour et par la même occasion, finissaient d’obstruer l’entrée de la grotte qui faisait encore 5 à 6 mètres de haut 20 ans plus tôt! Le phénomène d’ensablement était si marqué qu’il commençait à étouffer la légende. C’était les prémices de son déclin.

Le cadastre Napoléonien, réalisé en Septembre 1831, situe l’emplacement de la grotte. Une précision qui prendra toute son importance 150 ans plus tard…

1831-grotte-de-la-chambre-damour-et-bourdeille-bis

La grotte de la Chambre d’Amour signalée en pointillée sur le plan cadastral Napoléonien de 1831

Le 20 Juillet 1834, un obscur littérateur, Prosper de Lagarde, constate à son tour l’ensablement du seuil de la grotte. Il retranscrit son étape dans « Voyage dans le pays basque et aux bains de Biarritz » (11, p81),  sorti à Paris en 1835: « Après les rochers et les bains de Biarritz, j’avais encore à voir la Chambre ou Grotte d’Amour. C’est une grotte située au bord de la mer, dans un enfoncement de rochers, à quelques distances de ce village. On donne à cette dénomination de grotte d’Amour, l’origine suivante… » C’est alors que l’auteur livre sa version de la légende des amoureux, avant de reprendre un peu plus loin: « Quoiqu’il en soit de l’authenticité de cette histoire, toujours est-il que la Grotte d’Amour, quoique beaucoup moins digne d’attention que Biarritz, figure au nombre des curiosités de l’endroit. Je résolus donc de ne pas partir sans lui avoir payé mon tribut… » Pour la première fois, Biarritz semble voler la vedette à Anglet et à sa grotte. Les centres d’intérêt des touristes seraient-ils en train de changer? L’auteur reprend: « Après avoir laissé sur notre gauche un très beau phare de construction récente, auquel même on travaillait encore, nous arrivâmes à un petit hameau misérable nommé Bourdeille (voir photo cadastre Napoléonien). Là, trois ou quatre petits polissons prenaient leurs ébats. Catherine en appelle un, et lui dit de me conduire à la grotte d’Amour. Me voilà donc avec mon guide chevauchant dans le sable, comme tout à l’heure Glorieux (nom du cacolet), et ; comme lui, y entrant jusqu’aux genoux. Enfin nous arrivons devant un immense rocher, au bas duquel j’aperçois une ouverture d’un pied de hauteur sur trente ou quarante de longueur. Mon guide s’arrête et me montre du doigt cette ouverture:  Eh bien! lui dis-je, en regardant de tous les côtés, où est donc la Grotte d’Amour?_ La voilà! _Comment çà, la voilà, on y entre donc pas, dans cette grotte?_ Si fait, on y entre monsieur. _Mais Comment? _ En se couchant à plat ventre et en y descendant à reculons sur le sable. Oh! une fois que vous y serez, vous pourrez vous y tenir debout, vous y serez fort à votre aise. De temps en temps, on déblaie l’entrée pour la faciliter aux voyageurs; mais la mer y ramène toujours une quantité de sable et, au bout de peu de temps, c’est comme vous voyez. En effet, la mer s’avançait à cent pas de nous, terrible et furieuse; je ne vous mens pas: c’était justement une marée pleine lune, le dimanche 20 juillet; voyez l’almanach… »  L’enfant révèle que l’entrée de la grotte demande un entretien fréquent de désensablement pour en améliorer l’accès au gens de passage, mais en vain. « _Oh monsieur, soyez tranquille. La mer ne vient jamais jusqu’à la grotte: elle reste à plus de cinquante pas, même dans les plus fortes marées comme celle-ci. _ Mais tu viens de me dire que la mer y ramenait toujours des sables qui en bouchent l’entrée? _La mer les amène sur la plage, mais c’est le vent qui les porte jusqu’ici… » C’est alors qu’on réalise que la mer a abandonné la caverne car même les plus hautes marées ne l’atteignent plus.

L’auteur se lance: « Je pris donc mon parti et me décidais à pénétrer dans la grotte…_Allons, monsieur, mettez-vous à plat ventre, tout de votre long, les pieds vers la grotte, et ramper, comme moi, à reculons; et surtout, ne levez pas la tête, car vous la casseriez sur le rocher. Je m’exécutais de bonne grâce, après m’être bien assuré que la plage était déserte, et que personne ne pouvait me voir faire ma génuflexion. Nous descendîmes ainsi d’une douzaine de pieds en nous débattant dans ce sable, après quoi, nous pûmes mettre pied à terre et nous tenir debout….Après avoir erré quelques temps à tâtons dans cette caverne qui m’a paru avoir une forme à peu près circulaire, cinquante à soixante pied de diamètre, sur douze à quinze pieds de hauteur, comme il était avéré que j’avais bien vu la grotte de la Chambre d’Amour, je pensais à la retraite. Nous sortîmes aussi agréablement que nous étions rentrés… » Les dimensions de la grotte relevées par P. de Lagarde sont précieuses. Après conversion, on obtient un diamètre de 16.50 à 19.80 mètres pour une hauteur de 4 à 5 mètres. On a donc le sentiment que le sol s’est élevé au fil du temps!

En 1836, Félix Morel fait le même constat que Prosper de Lagarde dans le guide régional « Bayonne, vues historiques et descriptives » (41, page 417) et rajoute: « La Chambre d’Amour est aujourd’hui dépouillée de son attrait de terreur et de mystère; solitaire et abandonnée, elle n’est plus témoin que des amours 100 fois renouvelés des goélands et des éperviers qui planent et qui s’ébattent incessamment sur cette côte. Tous les vieux souvenirs que recommandaient une chapelle, une roche, un ermitage, ou un tombeau sont éteints ou déflorés et il faut au chroniqueur ou au romancier de longues études pour raviver ces couleurs et donner quelque prix à un récit des temps passés» Il confirme que la grotte est en train de disparaître sous les sables et avec elle, la flamme de sa légende. Il rappelle qu’elle fait l’objet d’un constant désensablement de son entrée pour permettre aux visiteurs de s’y introduire.

En 1842, G. de Lavigne rapporte dans l’ «Artiste en province», journal de la littérature et des beaux arts, que ce lieu de rendez-vous des amoureux existe toujours, que l’entrée de la grotte est à demi comblée, que la voûte est couverte de noms et de dates et qu’elle perd encore de son charme avec l’installation ressente de deux auberges près de la « tombe de Saubade et Laurens… » (43 p 201)

img_1311

Des noms, des dates et des codes gravés à plusieurs mètres de haut témoignent encore de ce passé romantique où la voûte était, durant un temps, à portée de main.

En 1843, Victor Hugo entreprend une escapade amoureuse dans les Pyrénées avec Juliette Drouet (23). De passage à Biarritz le 27 Juillet, il est subjugué par ce village blanc aux toits roux et aux volets verts. Il en parle dans des œuvres inédites: «En voyage, Alpes et Pyrénées » (44 page 54). Il décrit la présence de grottes « où l’eau filtre goutte à goutte, et pleure en longue perles depuis la voûte » et « des chambres sur les rivages avoisinant » du dit village, mais sans préciser si la fameuse caverne en fait partie. Manquait-il de temps pour aller lui rendre visite ou bien trouvait-il que la grotte avait tout simplement perdu son statut légendaire?

En 1845, le « Guide pittoresque et artistique du Voyageur, du géologue et de l’homme du monde aux Pyrénées» , édité par Richard parle d’une grotte de 13 mètres de diamètre.(44 page 594) Or, en 1806, J. Thore relève un diamètre situé entre 21 et 24 mètres. Ainsi, on constate une nouvelle fois que celle-ci s’ensable.

En Juin 1847, le naturalise M. de Quatrefages vient parcourir la baie de Biscaye et commence son étude par la côte angloye. Voici l’analyse qu’il dresse sur la grotte de la Chambre d’Amour dans la Revue des deux mondes: «depuis quelques années, sous le choc répété des vagues, une portion de la falaise s’est écroulée, des sables venus du large ont recouvert ces débris et obstrué l’entrée de la grotte… Aujourd’hui, le voyageur surpris par la marée et enfermé dans la Chambre d’Amour en serait quitte pour être pendant quelques heures en plein air; tout au plus, si la mer était grosse, serait-il forcé de chercher un refuge au sommet du monticule qui recouvre le tombeau des deux amants» (22) L’auteur explique aussi que le sable fin, emportés par le vent, s’accumule contre les falaises.

LE DEUXIÈME SOUFFLE POUR LA GROTTE

Pierre Lafargue révèle qu’en 1850, la municipalité a alloué une somme d’argent pour procéder à l’ouverture de la grotte et à son entretien pendant les dix années suivantes, dans le but d’éviter qu’elle ne disparaisse pour toujours. (13; p18 et 179).

En 1852, »Le guide du voyageur, de Bayonne à Saint Sébastien » publié par C. Hennebutte, confirme l’intervention de la ville d’Anglet pour sauver la caverne: « La grotte a été longtemps comblée et que l’on s’occupe de la déblayer« .(12)  Ainsi la légende revit, mais pour combien de temps?

En 1853, le Courrier de Bayonne publie plusieurs articles sur la Chambre d’Amour:

Celui de E. Lamégnère, daté du 22 Mai, fait une analyse historique des lieux avec une grotte encore obstruée: « La chambre d’Amour était une grotte de la commune d’Anglet qui a longtemps joui d’une grande renommée dans le pays. On s’y rendait en pèlerinage le dimanche, de Bayonne et de Biarritz, comme d’Avignon on se rend à Vaucluse. Les parois en étaient couvertes intérieurement de noms, de devises et de chiffres amoureux. L’événement fort ancien qui s’y rattache et que raconte cette légende a été également célébré en prose par de Jouy, en vers par quatre poètes, français, espagnol, anglais et allemand Népomucène Lemercier, Iriarte, Southey, ou Bürger… Quant à la grotte, jadis, si célèbre, nul n’en parle plus de nos jours. Tous les pèlerinages élégiaques ont cessé depuis plus de trente ans. Les sables ont comblé l’asile des amours fugitifs; tous ces noms d’heureux inconnus, tous ces chiffres entrelacés, toutes ces devises palpitantes ont disparu sous l’avalanche aréneuse et la Chambre d’Amour n’est plus, pour les populations gasconnes et basques du littoral, qu’un souvenir lointain que le temps oublieux efface chaque jour de son aile.« (12b)

Un autre article, du 16 Octobre, d’Auguste Bouët, raconte une nouvelle légende, celle de Mérilla et Saubad. Il termine ses lignes en rappelant la situation de la grotte: « Bien qu’elle soit aujourd’hui presque entièrement obstruée par les sables, elle n’en attire pas moins encore les visites des curieux voyageurs, et plus d’une fois elle éveilla leur verve et leurs sympathiques souvenirs.« (42)

Pierre Lafargue déclare dans ses recherches en 1853: « Suite à son dégagement, la grotte de la Chambre d’Amour n’avait jamais été plus attrayante« . (13 p18)

E.2229.42trio

Dessin de Henry Charles Landrin de 1854 montrant l’entrée de la grotte récemment déblayée de ses sables par la municipalité.

En 1854, Napoléon III, probablement dans l’esprit d’un pèlerinage familial, fit construire une grande villa face à la mer au pied du cap St Martin, du côté de Biarritz. Sa femme, Eugénie de Montijo, y passa les quatorze années suivantes, de juillet à octobre, avec sa cour. Cette côte, qu’elle avait découverte dès l’age de 9 ans, lors de ses allez-venues entre Madrid et Paris, l’avait conquise. Une fois devenue impératrice, sa contribution pour le quartier de la Chambre d’Amour fut sans appel: construction d’une chapelle, financement d’une forêt de pins dans la lande littorale, soutien à Notre Dame du Refuge… Bien que nous n’ayons trouvé aucun texte attestant de sa visite à la grotte, il est dit qu’elle était reconnue de tous comme une aventurière romantique et qu’elle avait été séduite par la grotte et sa légende.

En 1855, A. Chaho, écrivain et périodiste basque, rappelle dans son ouvrage « Biarritz, entre les Pyrénées et l’Océan » combien la terre gagne sur la mer à la Chambre d’Amour et prend la caverne comme repère pour signaler que le dénouement de la légende aurait été bien différent à son époque! (46)

En 1856, A. Germond de Lavigne signale, dans le guide: « Autour de Biarritz: promenades à Bayonne, à la frontière et dans le Pays Basque« , que l’on peut entrer dans la grotte en se courbant mais qu’elle est loin des dimensions qui en ont fait sa réputation. (14, page 67-68)

Le 10 Août 1858, Adolphe Joanne publie ses fameux guides touristiques, dont un numéro sur le sud-ouest de la France: »Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées« . Il n’est pas très enchanté par le coin et décrit les lieux tels quels: « La Chambre d’Amour, grotte insignifiante, à demi-fermée par les sables, est située dans une anse profonde, au pied d’une falaise escarpée« (35)

Les bains de mer qui continuent de recevoir l’approbation du corps médical, poursuivent leur développent à Anglet. Après les deux guinguettes implantées près de la grotte, voici quatre baraques de bain en bois en contre bas du chemin de la plage, représentées sur un document des Ponts et Chaussées de 1861.

1861-ad-pau-trio

La Chambre d’Amour en 1861, avec sa grotte, sa pointe « entière », ses baraques de bains, sa végétation et ses grandes marées (en bleu et rouges)

En 1864, le Guide de l’étranger pour Bayonne et ses environs, précise qu’il est difficile de pénétrer dans la grotte remplie de sable.(48, p15)

En 1865, Bismarck, ministre-président de Prusse, vient à Biarritz pour échanger avec Napoléon III sur l’avenir de l’Europe. Il décrit dans ses mémoires quelques unes de ses excursions, que P. de Gorsse recueillit dans une plaquette (23 page 18). La phrase suivante touche notre étude: « A un quart de lieu de Biarritz, il y a une étroite fissure dans les rochers de bord de la mer, gazonnée, buissonneuse, ombragée, invisible à tous les regards…. »  Que pouvait-il bien y faire???

Prochain épisode:  La grotte face a son imparable destin: sa disparition!

L’équipe SoSLa

Bibliographie:

(1) J.F Larguillier et P. Charbonneyre, RR-32374-FR, « Effondrement de l’allée des Arroques, étude géologique et prospection radar » 15 03 1991, BRGM Aquitaine.

(2) Pierre de Lancre « Tableau de l’inconstance des mauvais anges et démons... , Paris 1612, p43 et 44.

(3) E. Ducéré, Société des sciences, art et lettres de Bayonne »Entrée solennelle des rois, reines et grands personnages dans la ville de Bayonne. » Chapitre II, le prince de Condé, 1903, p41 et p42.

(4) Emile V. Telle, professeur de lettre à l’Université Catholique d’Amérique, à Washington: « La Chambre d’Amour : les origines littéraires et pittoresques de la fortune de Biarritz » Marrimpouey Jeune, Pau, 1969, Médiathèque de Bayonne.

(5) F. de Baculard d’Arnaud: » Délassement de l’homme sensible ou Anecdotes diverses » Tome V, Neuvième partie, page 224-246.

(6) Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent; Annales des Voyages, de la Géographie et de l’histoire Tome VI, 1810: »Sur les grottes de Biarits, près de Bayonne » p54.

(7) Jean Thore, « Promenade sur les côtes du golfe de Gascogne ou aperçu topographique, physique et médical des côtes occidentales de ce même golfe », 1810.

(8) Edouard Ducéré: « Les journées de Napoléon à Bayonne » Bayonne 1908. page 51 et 69

(8b) Népomucène Lemercier, « Mercure de France » 33 ème tome, Paris, 1808.

(8c) Mademoiselle Avrillion, « Memoires de Mademoiselle Avrillion, premiere femme de Chambre de l’impératrice« Tome I, Paris, 1833.

(9) Etienne de Jouy: « L’Hermite en province » Tome I, 1819.

(10) Joseph de Walsh,  » Suite aux lettres vendéennes » Paris 1829.

(11) Prosper de Lagarde, « Voyage dans le pays basque et aux bains de Biarritz« Paris 1835.

(12) Charles Hennebutte « Le guide du voyageur, de Bayonne à Saint Sébastien » 1852, Archives Médiathèque de Bayonne.

(12b) Courrier de Bayonne 19, 22 Mai et 16 Octobre 1853, Archive Médiathèque de Bayonne.

(13) Pierre Laffargue: « Anglet, la Chambre d’Amour » 2007, Edition Atlantica.

(14) Germond de Lavigne,  « Autour de Biarritz : promenades à Bayonne, à la frontière et dans le Pays basque« , 1856, Paris.

(18) Hector Iglesias, professeur de la langue basque, « Onomastique historique de la paroisse labourdine d’Anglet au XVIIIe siècle« Janvier 2000, page 9.

(21) René Cuzacq, « La prestigieuse histoire de la Chambre d’Amour« , S.S.L.A.B, 1974, série N 130.

(22) Armand de Quatrefages, Souvenir d’un naturaliste, « La Revue des deux Mondes, recueil de la politique, de l’administration et des mœurs » Janvier 1850.

(23) Pierre de Gorsse: « Biarritz de jadis, plage des rois » 1962.

(24) Camille Pitollet, Bulletin Hispanique « Les débuts du règne de PhillipeV  » 1934.

(25) Le maréchal de Bassompierre, « Mémoire sur l’histoire de sa vie » 1665.

(26) Gabriel François baron de Blaÿ de Gaïx, « Histoire militaire de Bayonne: De la mort d’Henri IV à la Révolution française » 1980.

(27) Henri Beraldi, « 100 ans aux Pyrénées » 1899.

(29) E. Ducéré, 1908: »Marie-anne de Neubourg à Bayonne 1706-1738 » Archives Médiathèque de Bayonne.

(29b) E. Ducéré, 1908: « Les journées de Napoléon à Bayonne : d’après les contemporains et des documents inédits« . page 39; 51; 68.

(29c) E. Ducéré, 1904: « L’impératrice en cacolet » SSALB, page 171.

(30) Manex Goyhenetche, « Histoire d’Anglet: des origines à nos jours », Donostia, Elkar, 1997

(32) René Cuzacq, Anglet Mag « Image du passé à la Chambre d’Amour » Médiathèque de Bayonne.

(33) Lassus Alfred, « Petite contribution à l’histoire d’Anglet » n°88, Ekiana 2003

(34) Wilhelm von Ludemann,  » Züge durch die Hochgebirge und Thäler der Pyrenäen im Jahre » 1822.

(35) Adolphe Joanne : »Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l’Océan a la Méditerranée » Edition Hachette, 1858.

(36) SOLETCO S.A., Etude Géotechnique, « Falaise du VVF« , Anglet, 4 Juillet 1984, Archives Municipaux de la Ville d’Anglet.

(37) Pierre Hourmat: »La Chambre d’Amour » Anglet Magasine, 1979, Archives Médiathèque Bayonne.

(41) Félix Morel: »Bayonne, vues historiques et descriptives« , Bayonne, Juin 1836.

(42) Auguste Bouët, le Courrier de Bayonne: « La Chambre d’Amour » Octobre 1853, médiathèque Bayonne.

(43) Germond de Lavigne, l’Artiste, journal de la littérature et de l’art: « L’artiste en Province« , Paris, 1842.

(44) Victor Hugo, En voyage, Alpes et Pyrénées, 1843.

(45) Richard, « Guide pittoresque et artistique du Voyageur, du géologue et de l’homme du monde aux Pyrénées » 1845.

(46) Auguste Chaho, écrivain et périodiste basque: « Biarritz, entre les Pyrénées et l’Océan : itinéraire pittoresque » Deuxième partie, Bayonne, 1855.

(48) Madame Lamagnière, « Le Guide de l’étranger pour Bayonne et ses environs« ,  Bayonne, 1864.

(52) Dr Ch. Lavielle, « Où faut-il en France, passer l’hiver? Les stations climatiques hivernales« , Paris, 1901.

(54) Paul Raymond « Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées« , Imprimerie Impériale, 1863.

(55) P-J. Lesauvage, pharmacien militaire: « Essai topographique et médical sur Bayonne et ses environs » Paris, 1825.

(57) Mémoire du constructeur de navire Castaings de Bayonne, 1725.

(58) Jean-Baptiste Bailac:« Nouvelle chronique de la Ville de Bayonne » imprimerie Duhart-Fauvet, Bayonne 1828.

 

 

La grotte de la Chambre d’Amour, à Anglet, est-elle bien celle que l’on croit connaitre? Episode 2/7

II- Des origines du terme « Chambre d’Amour » aux prémices d’une légende!

L’ORIGINE DU TERME « CHAMBRE D’AMOUR »

Les premiers termes retrouvés sur des documents bayonnais pour nommer ce coin d’Anglet datent de 1150, de 1198 (33; 54 page 48), ou encore de 1392 (13). Ils se présentent sous différentes orthographes: Igasc, Ygasc ou Higasc. Il s’agirait d’un terme occitan, d’origine pré-celtique signifiant ravin, falaise, bas fond ou encore basse terre humide. Hector Iglesias, professeur en langue basque, raconte qu’en 1307, l’endroit était aussi appelé « Roque d’Igasc »(18), ce qui signifie clairement pour l’agrégé d’histoire P. Hourmat: « Rochers du littoral ».(37)

Le terme « Chambre d’Amour » fait son entrée beaucoup plus tard, en 1612, avec le récit de Pierre de Lancre, conseiller au parlement de Bordeaux en voyage à Bayonne (2), mais il est fort probable que cette dénomination existait déjà à la fin du 16 ème siècle. En effet, ce magistrat ne fait que reprendre le terme à son avantage pour localiser ce coin de côte lors d’un épisode célèbre de chasse aux sorcières de 1609: « Elles sont là…caquetant et devisant le plus souvent de ce qu’elles ont veu la nuit précédente, et du plaisir qu’elles ont pris au Sabbat, aspreté et hauteur de ces montagnes, l’obscurité de ses antres qui s’y rencontrent, les cavernes, grottes et autres chambres d’amour qui se trouvent le long de cette coste de mer. Mer laquelle de son escume jadis engendra Venus: Venus qui renaist si souvent parmy ces gens maritimes, par la seule veüe du sperme de la baleine qu’ils prennent chaque année, d’où on dict aussi que Vénus a prins sa naissance: ce meslange de grandes filles et de percheurs qu’on voit à la coste d’Anglet en mandille, et tout nuds au dessous, se pesle-meslant dans les ondes, fait que l’Amour les tient à l’attache, les prend par le filet, les convie de pescher dans cette eau trouble, et leur donne autant de désir qu’elles ont de liberté et de commodité, s’étant mouillées partout, de s’aller seicher dans la Chambre d’Amour voisine, que Venus semble avoir planté pour cette seule occasion tout exprès sur le bord de la mer ». Ces notes, bien qu’elles soient sinistres et grotesques, vont probablement éveiller la curiosité de ceux qui seront amenés à les lire ou les entendre. De ce fait relaté, on comprend que la grotte est déjà accessible et se situe tout près d’un petit port de pêche angloy aujourd’hui disparu.

Le 20 Septembre 1611, c’est Antoine II, comte de Gramont, souverain de Bidache, gouverneur de Bayonne et de ses environs, qui conduit le prince de Condé, Henri II de Bourbon, à la Chambre d’Amour pour y faire une « belle collation ». Il  profitera de cette escapade pour lui montrer l’état inquiétant de l’embouchure de l’Adour, récemment détournée à Boucau neuf et qui méritait déjà de grands travaux onéreux (3).

Le 25 Mai 1621, le Maréchal de Bassompierre, de passage à Bayonne, profite de l’occasion pour aller voir, après dîner, la grotte d’amour et pêcher.(25, page 25)

En 1673, après avoir visité la plage de Biarritz, les échevins conduiront le comte de Molina à la grotte appelée « Chambre d’Amour ». (26, page 248)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 La « Chambre d’Amour » est nommée pour la première fois sur cette carte pré-Belin réalisée entre 1680 et 1700 (17). Elle est située entre la Barre de l’Adour et le Cap Jette Chien qui deviendra plus tard la pointe de la Chambre d’Amour.   

Le 04 Janvier 1701, le jeune roi d’Espagne, Philippe V, se fait conduire en balade à cheval à la grotte, avec son frère et sa suite. (24 page 366) Voici la petite description qu’il en fait: «C’est une espèce de gouffre sous les rochers creusés par les flots». (32; page 6)

En 1706, la reine douairière d’Espagne, vient pour un long exil à Bayonne. Dès le mois de novembre, elle commence ses excursions pour découvrir les alentours et se rend à la Chambre d’Amour avec son cortège de cinq carrosses. Le site, suffisamment sauvage, inquiète la « Camarera mayor » qui demande à la reine de retourner à Bayonne sans voir la grotte…(29) Mais cette dernière, d’après Edouard Ducéré, revint souvent sur ces lieux. Ce nouvel épisode démontre le caractère attractif que suscitait déjà la caverne en ces temps anciens, notamment avec la noblesse de passage. Mais pour l’instant aucun écho de légende…

En 1728, Joseph Simonin, célèbre ingénieur hydrographe de Bayonne travaillant pour la marine royale, note pour la première fois sur une carte l’emplacement exacte de la grotte!

1720-carte-de-simonin-idrographe-de-la-ville-bis%e2%80%8e

La grotte de Chambre d ‘Amour, signalée par la flèche orange, est balayée par l’océan à marée haute.  (Carte de l’estuaire de l’Adour, J Simonie, 1728)

Et puis plus rien! Plus une seule ligne parlant de la grotte et ce, pendant près de 56 ans. Mais que s’est-il passé?

Sur la carte de J. Simonin, on peut voir que l’embouchure de l’Adour avait atteint un cap extrême vers le sud la plaçant à moins de 2.7 km de la grotte.(57) Il semblerait que les travaux pharaoniques pour ramener l’embouchure à son exutoire initial se soient multipliés à partir de 1694 et tout au long du siècle suivant. La dépense de sommes d’argent colossales pour contribuer au retour du fleuve ont attiré toute l’attention des personnalités de passage. Depuis les quais de la ville de Bayonne, ces derniers se déplaçaient sur le fleuve à l’aide d’une embarcation spéciale jusqu’à la Barre de l’Adour, pour apprécier l’avancée des travaux et le spectacle des navires franchissant les passes. En général, une fois sur place, un grand repas était servi sur la plage dans un pavillon en bois monté pour l’occasion, suivi d’une belle fête! (3) La grotte s’était-elle fait prendre la vedette par la terrifiante Barre de l’Adour, où bien aurait-elle simplement disparu du paysage?

LES PRÉMICES D’UNE LÉGENDE

Au 18 ème siècle, les bains de mer sur la côte basque se développent grâce à l’attrait des bayonnais pour la thalassothérapie. Cette mode, encouragée par les médecins dès 1750, aurait des effets bénéfiques pour la santé.(52) La Chambre d’Amour, plage la plus proche de Bayonne, devient la plage de référence face à un Biarritz qui n’est encore qu’un petit port de pêche, d’accès difficile et qui périclite suite à la disparition de la chasse à la baleine (4, page 9). René Cuzacq, célèbre historien local, rappelle dans une de ses publications que « de nombreux récits de ce siècle montrent la venue d’innombrables jeunes baigneurs et baigneuses se plongeant en foule dans les flots de la Chambre d’Amour» (21). De ce fait, la prévalence des accidents par noyades augmente avec cette nouvelle coutume. D’après M. Goyhenetche, en 1772, 8 personnes y périrent malgré la distribution d’un fascicule de premiers secours aux habitants l’année précédente.(30) Dans ce contexte, il est facilement imaginable que la tragédie d’un jeune couple imprudent qui se noie devant où dans la grotte de la Chambre d’Amour, balayée par des fortes houles, comme le précise J. Thore en 1806, ait pu se réaliser. Rappelez-vous, plus proche de nous, le cas de ce drame survenu au cap St Martin durant l’hiver 2014. Un couple de trentenaires, s’étant trop approché de la falaise durant une tempête, se fit emporter par une vague massive devant l’entrée de la grotte du phare…  Ainsi, il n’est pas difficile d’imaginer qu’une légende s’appuyant sur un incident similaire et défrayant la chronique locale, ait émergé du quartier. (6, page 54) D’ailleurs, deux auteurs du début du 19 ème, qui feront des recherches sur cet événement tragique, situeront l’accident vers la fin du 17 ème siècle.(9 et 34)

00

Saubade et Laurens en plein échange romantique dans un coin de la caverne de la Chambre d’Amour.

C’est en 1784 que la légende de la grotte fait officiellement son entrée dans l’histoire du pays et devient rapidement un fait littéraire par la plume de François d’Arnaud de Baculard, écrivain sentimental, rival de Voltaire et pourtant illustre inconnu de nos jours! Son oeuvre intitulée: « Délassement de l’homme sensible ou Anecdotes diverses » (5) va directement placer la grotte de la Chambre d’Amour aux premières places du hit-parade des lieux les plus romantiques de France! Ce témoignage exalté, qui attirera la noblesse de passage, livre de précieux détails sur l’aspect physique de cet antre, sur ses fréquentations et son environnement : « Sous le rivage, et presque sous les murs de Bayonne, sont amoncelés un nombre de rochers dont la plupart sont inaccessibles. Au pied de ces rochers, l’assaut répété des vagues et les coups du temps qui frappent et qui minent en silence, ont creusé des cavités très spacieuses, où, lorsque les heures de la marée le permettent vont s’amuser les diverses sociétés de la ville; on y sert d’agréables collations, on y donne des concerts; une de ces espèces de grotte l’emporte sur les autres, pour la situation et les commodités qu’on y trouve: elle a environ dix toises de long, sur trois de haut et huit de large: de ce lieu se dégage le spectacle si imposant et varié de la mer, l’entrée et la sortie des vaisseaux……. Cette retraite, qu’embellit son air sauvage, semble avoir été formée exprès par la nature pour servir d’asile au sage qui médite et à l’amant qui cherche à se remplir de sa passion: il n’appartient en effet qu’a ces deux individus de goutter le charme de la solitude: c’est pour eux que la nuit étend ses voiles épais, que la lune fait vaciller à travers les arbres ou sur les eaux sa lumière mobile et argentée; oui, c’est pour le philosophe et le cœur sensible que les flots mugissent, et vont se briser contre la rive; l’un et l’autre préféreront à un palais la caverne que nous venons de décrire…. » . D’après les détails erronés de la première phrase du texte, le professeur de littérature Emile V. Telle déduit que l’existence du lieu fut certainement colportée aux oreilles d’Arnaud de Baculard à Paris.(4) Mais qu’importe, cette première description est déjà un témoignage sur l’aspect de la caverne. Ses dimensions, après conversion, sont de 19.49 mètres de long x 5.85 mètres de haut et 15.60 mètres de large. D’autres détails intéressants sont cités ce qui nous invite à imaginer l’ambiance des environs. Puis l’auteur nous plonge dans la première version des amoureux de la grotte qui se noient où les protagonistes se nomment Angélique et Henry! Il y précise aussi que le drame est antérieur à 1784 et fixe ainsi la première pierre à l’édifice romantique local. Ensuite, ce sont les nombreuses visites de touristes, animées par la curiosité de cette histoire qui contribueront à la notoriété du lieu et au développement sans fin de nouvelles versions. A suivre…
Prochain épisode: « Des premières visites scientifiques à la venue de Napoléon 1er!« 

L’équipe SosLa

Bibliographie:

(1) J.F Larguillier et P. Charbonneyre, RR-32374-FR, « Effondrement de l’allée des Arroques, étude géologique et prospection radar » 15 03 1991, BRGM Aquitaine.

(2) Pierre de Lancre « Tableau de l’inconstance des mauvais anges et démons... , Paris 1612, p43 et 44.

(3) E. Ducéré, Société des sciences, art et lettres de Bayonne »Entrée solennelle des rois, reines et grands personnages dans la ville de Bayonne. » Chapitre II, le prince de Condé, 1903, p41 et p42.

(4) Emile V. Telle, professeur de lettre à l’Université Catholique d’Amérique, à Washington: « La Chambre d’Amour : les origines littéraires et pittoresques de la fortune de Biarritz » Marrimpouey Jeune, Pau, 1969, Médiathèque de Bayonne.

(5) F. de Baculard d’Arnaud: » Délassement de l’homme sensible ou Anecdotes diverses » Tome V, Neuvième partie, page 224-246.

(6) Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent; Annales des Voyages, de la Géographie et de l’histoire Tome VI, 1810: »Sur les grottes de Biarits, près de Bayonne » p54

(9) Etienne de Jouy: « L’Hermite en province » Tome I, 1819.

(13) Pierre Laffargue: « Anglet, la Chambre d’Amour » 2007, Edition Atlantica.

(18) Hector Iglesias, professeur de la langue basque, « Onomastique historique de la paroisse labourdine d’Anglet au XVIIIe siècle« Janvier 2000, page 9.

(21) René Cuzacq, « La prestigieuse histoire de la Chambre d’Amour« , S.S.L.A.B, 1974, série N 130.

(24) Camille Pitollet, Bulletin Hispanique « Les débuts du règne de PhillipeV  » 1934.

(25) Le maréchal de Bassompierre, « Mémoire sur l’histoire de sa vie » 1665.

(26) Gabriel François baron de Blaÿ de Gaïx, « Histoire militaire de Bayonne: De la mort d’Henri IV à la Révolution française » 1980.

(29) E. Ducéré, 1908: »Marie-anne de Neubourg à Bayonne 1706-1738 » Archives Médiathèque de Bayonne.

(30) Manex Goyhenetche, « Histoire d’Anglet: des origines à nos jours », Donostia, Elkar, 1997

(32) René Cuzacq, Anglet Mag « Image du passé à la Chambre d’Amour » Médiathèque de Bayonne.

(33) Lassus Alfred, « Petite contribution à l’histoire d’Anglet » n°88, Ekiana 2003

(34) Wilhelm von Ludemann,  » Züge durch die Hochgebirge und Thäler der Pyrenäen im Jahre » 1822.

(37) Pierre Hourmat: »La Chambre d’Amour » Anglet Magasine, 1979, Archives Médiathèque Bayonne.

(52) Dr Ch. Lavielle, « Où faut-il en France, passer l’hiver? Les stations climatiques hivernales« , Paris, 1901.

(54) Paul Raymond « Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées« , Imprimerie Impériale, 1863.

(57) Mémoire du constructeur de navire Castaings de Bayonne, 1725

La grotte de la Chambre d’Amour, à Anglet, est-elle bien celle que l’on croit connaitre?

« En ces lieux jadis déserts existait, il y a longtemps, une grotte face à la mer où se rencontraient souvent deux amants. Un soir, surpris par la marée, ils périrent tous deux noyés, laissant à ces lieux pour toujours, le doux nom de Chambre d’Amour. »

Qui n’a pas entendu parler de la légende des amoureux de la grotte de la Chambre d’Amour, emportés par les flots? Ce poème, si romantique, appelait le visiteur sensible a un pèlerinage sur les plages d’Anglet, près des falaises exactement, à la recherche de volupté et de nostalgie. Cette grotte, à cheval entre la côte sableuse et la côte rocheuse, est nichée contre le flanc nord du promontoire du même nom, à 100 mètres du rivage. Le voyageur peut aujourd’hui s’y recueillir grâce à un belvédère qui en domine l’entrée. Mais ce drame local se présente comme une histoire dénuée de sens car l’emplacement de la cavité, loin du rivage, laisse perplexe sur la vraisemblance d’une telle tragédie

Pourtant, cette cavité singulière a donné son nom à un petit coin de paradis attirant, au fil des siècles, des écrivains de toutes plumes. Afin de faire toute la lumière sur la grotte, nous allons l’étudier sous un autre angle, un angle plus scientifique pour connaitre ses origines, comprendre son évolution et, finalement, aboutir à une belle surprise que personne ne soupçonnait!

Vous trouverez, dans les paragraphes qui suivent, les extraits de témoignages et les preuves les plus pertinentes pour l’élaboration de cette étude. Si vous souhaitez approfondir le volet « parnassien » de la grotte, car celle-ci possède une véritable chronique littéraire, vous apprécierez les textes originaux en vous reportant à la bibliographie à la fin du dernier chapitre.

I- LA GENÈSE DE LA GROTTE 1/7

Pour savoir d’où vient notre grotte, il est nécessaire de remonter loin dans le temps . Il y a environ 40 millions d’années, les continents sont à la dérive. Il se crée dans le sud-ouest de l’Europe une collision entre la plaque ibérique et la plaque eurasienne qui donne naissance à la chaîne des Pyrénées. Durant cette période, des couches rocheuses d’origine diverses remontent des profondeurs de la terre pour former le piémont Pyrénéen. Le plateau Saint Martin, allant des falaises de la Chambre d’Amour jusqu’à celles de Bernain à Biarritz, est un segment de cet événement géologique. Il est composé, ici, de strates de marne, de grès calcaire et de marne gréseuse de type Stampien affleurant dans le paysage littoral.(1)

2014 couche géologique d'Anglet

Carte du BRGM: près de la côte, le marron foncé représente les falaises d’origine Stampien, en jaune, les sables littoraux et en orange, les sables des dunes. La Chambre d’Amour est à cheval entre la côte sableuse et la côte rocheuse.

Durant cette période de genèse, des bulles de sel ou de gypse vont remonter à travers cette formation rocheuse par perforation de strates intermédiaires pour atteindre la surface. Dans leur ascension, ces bulles vont finir par être stoppées par des couches de calcaire trop imperméables. Ce phénomène va favoriser la formation d’amas localisés dans le plateau St Martin. La dissolution de ces amas notamment par des eaux de source ou des eaux d’infiltration est à l’origine de l’apparition de petites dolines visibles aujourd’hui autour du golf du phare. C’est suite à cette manifestation que des ingénieurs du BRGM attribuent, en 1991, l’origine de la grotte de la Chambre d’Amour située à seulement 450 mètres de ses voisines. (1) (Une autre thèse, portée par le professeur T. Mulder de l’université de Bordeaux, affirme que son apparition pourrait être d’origine karstique. Mais cette option n’ayant fait l’objet d’aucune publication à ce jour pour notre grotte, nous avons gardé la première hypothèse.)

Puis les périodes de glaciation et de déglaciation vont s’enchaîner durant des centaines de milliers d’années. La ligne de côte va faire le va-et-vient sur les contreforts pyrénéens, et provoquer une érosion lente et irrégulière du plateau continental en fonction de la roche rencontrée. Ce travail d’usure contribue à l’apparition de pointe, de baie et de cap.Il y a 18 000 ans, après avoir atteint un maximum glaciaire, la planète débute son dernier réchauffement climatique correspondant à une période nommée «Holocène ». A cette occasion, le niveau des océans va passer de -120 mètres à -10 mètres en seulement 11 000 ans! C’est alors que la mer va submerger une nouvelle fois le littoral pyrénéen, rendant vives les falaises du plateau Saint-Martin.

Ensuite, il y a environ 7 000 ans, l’océan finit par se mettre en équilibre avec le climat. Le niveau marin se stabilise et remonte depuis lentement à raison de 1.5 à 2 mm/an. C’est aussi durant cette période que des quantités astronomiques de sable, libérées par les glaciers, vont gagner la côte et suivre la dérive littorale. Cette arrivée massive de sables, poussée par les vents marins à l’intérieur des côtes, va façonner le paysage littoral.

Enfin, c’est probablement durant le dernier millénaire que la grotte de la Chambre d’Amour va s’ouvrir, grâce à l’érosion marine des derniers pans de falaise qui en cachaient l’entrée. Rappelons ici que la côte rocheuse recule en moyenne de 25 mètres par siècle soit 250 mètres par millénaire! Son dégagement se réalisera au gré des vagues et des intempéries par dégradation des couches de calcaire.

Mais la grotte, était-elle accessible à l’homme dès son apparition dans le paysage local? Probablement pas! Une étude de la SOLETCO, datée de 1985, dévoile que le sol rocheux à l’entrée de la grotte est au même niveau que la basse mer et s’élève à moins d’un mètre au dessus des eaux dans le fond de la cavité. (36 et 38) Une autre étude plus ancienne des Ponts & Chaussées démontre que dès lors que l’on s’éloigne de la caverne, le plateau rocheux descend rapidement d’une dizaine de mètres (39) et se situe déjà à 25 mètres de profondeur près des bassins de stockage des Sables d’Or (40). Ainsi, pour atteindre la grotte, il aurait fallu nager depuis le rivage ou attendre que les sables portés par la dérive littorale s’accumulent suffisamment contre les falaises de la Chambre d’Amour pour que la caverne soit accessible à pied ce qui n’était point possible à l’époque…

Bref, c’est grâce à un phénomène exceptionnel rapporté par la littérature, que l’homme va pouvoir s’en approcher progressivement, l’examiner lentement, l’inspecter entièrement, la contempler longuement, s’y reposer probablement avant de la nommer joliment!

Prochain épisode:

Des origines du terme « grotte de la Chambre d’Amour » aux prémices d’une légende!

L’équipe SoSLa

100_6065-panorama

La caverne est constituée de parois de grés aux courbes étonnamment régulières.

 Bibliographie:
(1) J.F Larguillier et P. Charbonneyre, RR-32374-FR, « Effondrement de l’allée des Arroques, étude géologique et prospection radar » 15 03 1991, BRGM Aquitaine.
(38) M. Gassan, Service technique de la ville d’Anglet « Journal sur la recherche de la grotte de la Chambre d’Amour« , Novembre 1978.

(39) Archives départementaux de Pau, Sous série 4S185, Ponts et Chaussées de Bayonne.

(40) Construction d’un bassin de stockage, Sable D’or Printemps 2016, échange avec l’entreprise  en charge des travaux.

LA BARRE STORY: FLASH-BACK!

Retour sur l’exposition « La Barre Story » qui était présente devant le parc Izadia durant l’été 2015. Cette exposition rétrospective du site de la Barre avait été montée par le service d’Izadia et la direction culturelle de la ville d’’Anglet. Nous avions, à cette occasion, apporté quelques photos et témoignages. L’exposition abordait plusieurs thèmes comme celui de l’embouchure de l’Adour avec le dragage de la Barre, la construction de la grande digue du Boucau avec sa grue Titan, l’âge d’or du surf dans les années 60 avec sa fameuse vague de renommée internationale, mais aussi les extractions littorales, le camping, l’hippodrome, le tir au pigeon, la patinoire et le célèbre karting, premier de son genre en France. Un vrai flash-back sur ce site emblématique de 50 hectares. Rétrospective en image donc:

Cliquez sur les images pour un agrandissement!

23

i

 

4

5

7

D

8

H

6

9

L’équipe SosLa

ENQUETE PUBLIQUE: LE LITTORAL ANGLOY PRIS EN COMPTE

Ça y est, le verdict du commissaire enquêteur sur le projet de dragage de l’estuaire de l’Adour est tombé. Cette personne a émis un avis favorable, assorti de 8 réserves et de 7 recommandations. L’Etat devra donc s’appuyer sur ces conclusions pour sortir le nouvel arrêté.

Plusieurs points soulevés dans notre rapport ont été repris par le commissaire enquêteur, appuyé de son côté par des avis scientifiques locaux et régionaux comme l’IFREMER,  l’IMA, l’Institution ADOUR, et le CNRS avec notamment un spécialiste en océanographie, membre du conseil Maritime de la Façade Sud-Atlantique. Ces huit réserves demandent  à la CCI de Bayonne une augmentation des contrôles d’impact de ces activités, une amélioration des techniques de dragage dans un soucis de préservation de l’environnement estuarien et une plus grande transparence avec le public et les associations. Concernant les sept recommandations, le commissaire enquêteur invite la CCI de Bayonne à avoir une vision plus globale de l’évolution écologique de l’estuaire de l’Adour en lien avec ces activités, de lancer des études dans le but de trouver des solutions alternatives aux dragages/clapage, et de garder à l’esprit que tout projet doit envisager des mesures compensatoires sur l’environnement comme le préconise le GEODE. Pour notre association de défense du littoral, c’est une victoire car une nouvelle fois, il a été reconnu que ces activités ont un impact préjudiciable sur la côte angloye! D’ailleurs, le commissaire enquêteur n’a pas suivi les recommandations de la DREAL et de l’ARS concernant une restriction des dragages à l’embouchure et des clapages côtiers du 15 Mai et au 30 Septembre démontrant qu’elles n’étaient pas justifiées face aux enjeux du trait de côte angloy. Le combat du Colian était donc légitime et a eu gain de cause!

Nous allons vous énumérer, en première partie, les réserves et les recommandations proposées par l’enquête publique . En deuxième partie, nous joignons le rapport que l’association Sos Littoral Angloy avait remis au commissaire enquêteur le 22 Mars 2016. Bonne lecture!

 

Zone de dragage clapage définie par l'arrêté

Zones définies dans le projet de dragage de l’estuaire de l’Adour. (origine CCI Bayonne Pays Basque)

AVIS DU COMMISSAIRE ENQUÊTEUR RENDU LE 05 MAI 2016:

« Nous émettons un avis FAVORABLE assorti de 8 RESERVES et de 7 RECOMMANDATIONS.

8 RESERVES

Car même si le dossier est conforme, nous pensons que, compte tenu des enjeux, le porteur de projet doit être en mesure de:

1- PILOTER ET MESURER EN TEMPS RÉEL « LA QUALITÉ ENVIRONNEMENTALE DE SON ACTIVITÉ ET PROCÉDER SOUS SA PROPRE RESPONSABILITÉ A DES MESURES REGULIERES ET FRÉQUENTES » COMME:

Un suivi bathymétrique pour le dragage et pour le clapage

-Un suivi sur la granulométrie et la qualité physico-chimique sur toutes les zones concernées par les dragages des zones A et C (la démonstration a été faite que le risque de pollution de la zone B de clapage côtier est écarté)

-Une analyse bio-sédimentaire pour les clapages en zone A et C, sur plusieurs points, au contact des fonds et sur toutes les zones de dragage

-une analyse régulière des eaux et lorsqu’il se présente des événements exceptionnels de quelques ordres soient-ils

POUR CES ANALYSES ( et le point 2 ci-dessous), nous encourageons le maître d’oeuvre à s’appuyer sur toutes les personnes ressources compétentes en la matière afin de revoir et d’élaborer avec elles le nombre et la périodicité des analyses qui conviennent à un tel projet.

2-DILIGENTER DES ANALYSES COMPLÉMENTAIRES NON « POOLEES » DANS TOUTES LES ZONES SENSIBLES.

3-PRENDRE EN COMPTE LA QUALITE DES EAUX DE BAIGNADE D’ANGLET mais aussi  DE TARNOS

4-METTRE EN OEUVRE TOUS LES MOYENS QUI PEUVENT CONTRIBUER A ANTICIPER LA QUALITE DES EAUX ET DES SÉDIMENTS comme UN RESEAU DE SURVEILLANCE EN AMONT

5-POURSUIVRE LE SUIVI DE LA RECOLONISATION DES POPULATIONS BENTHIQUES et tirer les conclusions qui s’imposent y compris si la recolonisation ne peut s’effectuer du fait de la fréquence des opérations.

6-ETUDIER UN MODE DE TRAITEMENT DES SÉDIMENTS RETIRER DES ZONES LES PLUS SENSIBLES A TERRE afin d’envoyer les sédiments vers les filières appropriées car l’argument donné par le pétitionnaire dénote un contresens (point 4-2.3 du rapport)

7-METTRE LE PROJET AU COEUR D’UN PROCESSUS DE CONFIANCE, DE TRANSPARENCE ET DE COMMUNICATION APPORTANT LES RÉPONSES ATTENDUES PAR LES ASSOCIATIONS DE DEFENSE DE L ENVIRONNEMENT en s’appuyant par exemple sur le tableau des questions, en leur proposant DES TABLES RONDES THÉMATIQUES, avec un mode opératoire adapté qui permet d’élaborer sereinement LES POINTS LES PLUS CRUCIAUX: POLLUTION, EROSIONS (côtes et amont du fleuve) afin de réduire l’écart existant (point 5-3 du rapport) en terme d’attente d’information des publics au regard de la consultation des publics

8-ASSOCIER LES 4 COMMUNES MITOYENNES DU PORT A LA PROCÉDURE D’ALERTE PRÉCONISÉE PAR L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE EN CAS DE POLLUTION ACCIDENTELLE (PROTOCOLE A CRÉER?)

 

7 RECOMMANDATIONS

1-S APPUYER SUR LE TISSU ASSOCIATIF POUR LANCER DES OPÉRATIONS DE NETTOYAGE, REPLANTAGE ET DEPOLLUAGE

2-DEVANCER LA NOUVELLE DEMANDE D’AUTORISATION (2014-2024) EN LANCANT DES ETUDES POUR DES ALTERNATIVES AU DRAGAGE-CLAPAGE (DIGUE SUD voir point 5-3.4) et donc DEVANCER L’ECHEANCE 2025 (OBLIGATION DE TRAITEMENT AU SOL voir point 5-3.4)

3-PRENDRE DES MESURES COMPENSATOIRES CHAQUE FOIS QUE CELA EST POSSIBLE comme par exemple: compte tenu du déclassement par la directive cadre eau concernant les poissons, proposer une mesure compensatoire du type création de surfaces favorables à la reproduction des poissons ou à l’accueil des juvéniles avec le concours des structures compétentes

4-SE DOTER DES OUTILS DE CONNAISSANCE des ECOSYSTEMES HALIEUTIQUE ET BENTHIQUE et faire l’acquisition de données supplémentaires FAUNE & FLORE SOUS MARINES

5-ETUDIER DE N’AVOIR AUCUN CLAPAGE INTERNE

6-FAIRE UN SUIVI SUR LES PLAGES NORD DE L’EMBOUCHURE AFIN DE CONNAITRE L’EVOLUTION DES BATHYMÉTRIES AU COURS DU TEMPS, D’IDENTIFIER LES VOLUMES DE SABLE POTENTIELLEMENT DRAGUES DEPUIS L’EMBOUCHURE  AFIN DE CONNAITRE ET D’ANTICIPER LES MOUVEMENTS DU TRAIT DE CÔTE et DE RÉALISER DES ANALYSES PHYSICO CHIMIQUE DES SABLES DES PLAGES NORD AFIN DE VOIR S’IL ELLES FONT ECHOS AUX VALEURS RELEVÉES SUR LES PLAGES SUD.

7-AVOIR UNE VISION GLOBALE DE L’EVOLUTION SEDIMENTAIRE DE L’EMBOUCHURE DE L’ADOUR EN LIEN AVEC LES ACTIVITES DE DRAGAGE

Fait à Biarritz le 5 Mai 2016, 

Esmeralda Tonicello »

 

 


Rapport remis par l’association SOS LITTORAL ANGLOY le 22 MARS 2016

DISCUTIONS SUR LES PROPOSITIONS PORTÉES PAR LE PÉTITIONNAIRE CCI BPB :

A-Dragage devant l’embouchure de l’Adour et clapages côtiers:

Des études citées, Abadie et Al 2006, Rihouet 2008, montrent que le courant induit par les fortes houles (houle >4 mètres), qui s’accrochent sur la digue du Boucau, provoque un courant sud-nord devant les plages d’Anglet qui transporte le sable vers l’embouchure soit environ 460 000m3/ an. (P161 paragraphe A et p164 de l’enquête publique).  Le volume qui disparait des plages d’Anglet est évalué à 460 000 m3/an par le Casagec  en 2013. Il est dit aussi que la zone de clapage côtier va être étendue vers le nord des plages d’Anglet et que les sédiments qui y seront déposés risquent de migrer plus rapidement vers la zone d’embouchure avec les agents dynamiques locaux. (P266 de l’étude). A la page 370, paragraphe 7.2.3, il est dit que le volume dragué à l’embouchure du fleuve, 460 000 m3, correspond au volume qui disparait devant les plages d’Anglet. Plusieurs schémas de l’étude du Casagec, p 60 à 71/ 130 de l’annexe V, démontrent que lors des fortes houles, un courant côtier part du sud des plages d’Anglet pour finir devant l’embouchure. Le président de la CCI BPB, dans son courrier destiné au préfet de région, signale que le littoral d’Anglet est le plus touché par ces activités de dragage à l’embouchure et que le clapage côtier est la seule solution pour sauvegarder le littoral. (Page 3 du courrier de réponse de la CCI BPB du 3 Février 2016) La circulaire du 04/07/08 citée au début de l’enquête (pièce jointe n 7, chapitre 3aii, dernier paragraphe) relative à la procédure de gestion des sédiments lors des travaux ou d’opérations de dragages, stipule que dans le cas d’un entretien d’un ouvrage public maritime ou d’un chenal d’accès, les matériaux extraits doivent être utilisés prioritairement pour conserver le domaine public maritime. (Rechargement d’une plage qui se dégraisse, restauration de transit littoral, by-pass, création ou restauration de cordon dunaire)

Discussions :

1- Malgré toutes ces remarques pertinentes, l’enquête ne dit pas clairement l’origine du comblement de la zone 1 de l’embouchure de l’Adour et l’impact qu’elles peuvent avoir sur le trait de côte angloy si le sable dragué à l’embouchure n’est pas ramené devant les plages pour éviter une érosion artificielle, érosion reconnue comme préjudice à deux reprise en 1974 et 1986 par le tribunal administratif de Pau. Ainsi les incidences sur le milieu physique ne sont pas nulles comme l’enquête tente de le dire car les dragages ont un effet négatif sur la dynamique littorale de l’embouchure si le pétitionnaire ne réalise pas correctement son travail durant la période d’activité définie par l’arrêté. (p 260 paragraphe 4.2.2)

2- Le pétitionnaire a redéfini la durée des dragages/clapages en respectant au mieux la haute saison touristique. En effet,  la drague Hondarra doit réaliser 503 cycles entre l’embouchure du fleuve et le sud des plages d’Anglet sur 84 jours pour rapporter en moyenne  450 000 m3 de sable sur la côte.  Le tableau A (pièce jointe 4) montre que réduire plus la période d’activité ne permettrait plus d’assurer 100% de clapage côtier.

Les recommandations de la DREAL et de l’ARS risquent de compromettre le projet de préservation des plages. Les analyses des eaux de baignade sont en constante amélioration depuis plusieurs années et les études jointes montrent qu’il n’existe pas de corrélation bactériologique entre les clapages côtiers et les prélèvements réalisés sur le rivage. Et pour cause, l’océan a un pouvoir auto-épurateur reconnu et le sable prélevé devant  l’embouchure n’a pas les caractéristiques physiques pour devenir un substrat à bactérie. C’est plutôt dans le panache de l’Adour qu’il faut voir un élément perturbateur des activités de baignade. La période de migration de la pibale et des poissons migrateurs amphihalins n’est pas remise en cause. La drague est un navire parmi tant d’autre qui franchit l’embouchure deux fois par jour pour réaliser ces activités en mer sur la zone 1 et sur la zone B de clapage.  D’après le tableau A, elle n’y est présente au mieux que 15 jours par mois en moyenne entre Avril et Octobre et 6 jours par mois entre Novembre et Mars. La durée de travail y est de 10 heures par jours maximum.  Elle ne fait donc pas barrage à la faune et représente ainsi qu’un impact négligeable sur les poissons migrateurs par rapport aux activités de pêche. (4.4.1.1.2 p317)

Une partie des usagers des plages d’Anglet et des touristes fréquentent moins la côte angloye suite à la dégradation du profil des plages depuis l’arrêt du clapage côtier en 2004. Les sports de glisse, qui ont fait la réputation de ces 4.5 km de plages sont depuis, en perpétuelle dégradation à cause de l’abaissement des petits fonds livrant moins de vagues de qualité (constat relayé dans sud-ouest, surf session ou surf-prévention). La qualité physique des sables des plages est aussi préoccupante, avec de moins en moins de sable fin et de plus en plus de sable grossier, le sable fin étant mobilisé vers l’embouchure par les vagues (Annexe 5 p70 à 73 étude Casagec « modélisation hydrodynamique 2D Houle/courant) avant d’être perdu au large en zone A par la drague (3.2.1.3, p86 de l’enquête).

La sécurité des baignades encadrée par les MNS est devenue de plus en plus compliquée durant la saison estivale car l’effondrement des petits fonds a créé des trous d’eau de plus en plus grands, emportant plus facilement les baigneurs dès que la marée monte et que la houle se lève.

La mobilisation de la pétition de Mars 2013 avec 4600 voix, montre qu’il est une priorité pour l’opinion publique de ramener la totalité des sables dragués devant les plages. (Extrait Pièce jointe 8) Si l’objectif n’est pas atteint par le port, l’incidence sera indirecte, négative, et permanente. Nous recommandons de ramener la totalité des sables dragués à l’embouchure de l’Adour devant les plages car il s’agit là d’un enjeu majeur pour le littoral, pour l’économie touristique et pour les contribuables angloys.

3- Selon l’article R. 122-5-II.2 du code de l’environnement, il doit exister une analyse de l’état initial de la zone et des milieux susceptibles d’être affectés par le projet, portant notamment sur les équilibres biologiques, la population et les espaces de loisirs ainsi que les interrelations entre ces éléments. Ici, l’étude ne met pas en évidence les interrelations entre l’érosion artificielle des plages, le coût du maintien du trait de côte pour la ville d’Anglet et l’impact sur les habitudes des usagers des plages et l’activité touristique. En revanche, avec l’achat d’une nouvelle drague par le port de Bayonne, un partenariat a été mis en place entre la ville d’Anglet, l’agglomération ACBA et la CCI BPB pour remplir l’objectif de 100% de clapage côtier. Ce partenariat semble montrer la volonté des responsables de vouloir jouer la carte de la sauvegarde des plages d’Anglet et de son tourisme avec un bateau particulièrement adapté. Si cet objectif est compromis, les angloys et les usagers des plages deviendraient une nouvelle fois les victimes financières et morales de cette érosion.

4- Selon l’article. R. 122-5-II 5. du code de l’environnement et les recommandations du Groupe d’Etudes et d’Observation sur le Dragage et l’Environnement (p144 du guide GEODE), le pétitionnaire doit proposer une esquisse d’une solution alternative au dragage d’entretien de l’embouchure de l’Adour pour éviter l’impact sur les plages d’Anglet. L’idée de construire une contre digue, aussi longue que la première, tel que le concevait le projet initial demandé par les pouvoirs publics sous la direction de l’ingénieur général Dubrocq en 1922 et relancé par la CCI BPB en 1945 n’a pas été cité. Pourtant, elle resterait la meilleure alternative à l’ensablement de l’embouchure sur le long terme comme c’est le cas pour les ports de St Nazaire, le Havre, Dieppe, Boulogne, Calais, Dunkerque… Que fera-t-on le jour où la drague sera devenue trop vieille?

 

B-Dragage de l’embouchure de l’Adour et lien avec les plages nord.

Il n’y a pas d’étude fournie pour mesurer l’enjeu que représente le dragage de l’embouchure de l’Adour sur la dynamique côtière côté nord afin de savoir quel impact cette zone est susceptible de subir. La seule remarque est : «  les photos aériennes n’ont pas mis en évidence une variation significative de cette côte et donc l’absence d’engraissement en sable au nord de la digue justifie le peu d’intérêt à ce secteur à l’étude ». (P161 de l’enquête chapitre 3.3.6.3.1 A)

Discussions : Le transit en sable porté par la dérive littorale, avant la construction de la grande digue, avait été estimée, d’après les experts du procès de l’Etat en 1974, à 200 000 m3/an. (Pièce 4 page 46, b)  Mais les extractions littorales effectuées pour les travaux publics sur ces plages, 450 000m3/an ou 7 500 000 m3 de sable entre 1960 et 1975, avaient perturbés la dynamique sédimentaire locale faisant reculer ces plages par dizaines de mètres. Ainsi, le chiffre de 200 000 n’a pu être confirmé exactement en 1986. (Pièce 3 chapitre 2).

Depuis la construction de la digue, le LCHF (pièce 9) a estimé en 1986 le nouveau transit à 50 000 m3/ an, chiffre surestimé d’après P-Y Landouer  en 1990 (pièce 4). La profondeur de fermeture, profondeur où les sables ne sont plus mobilisables est évaluée à -15 mètres par le Casagec en 2014 (p162-163 paragraphe 3.3.6.3.1.C) , c’est-à-dire  bien au-delà  de la profondeur existante devant l’extrémité de la grande digue du Boucau (-10 mètres). Il existe d’ailleurs une flèche sableuse sous-marine en bout de digue semblant venir du nord et situé à l’extrémité de la zone de dragage (carte A et C p400 de l’enquête). Une autre carte bathymétrique montre une autre flèche sablonneuse sous-marine en direction de la grande digue du Boucau. (Figure 3 page 5/24 annexe 11 étude Casagec « Définitions des zones impactées par les rejets des sédiments  dragués par le port de Bayonne. »)

La forme de la digue, concentrique, n’empêche pas le courant de rivage de sortir par le chenal longeant l’enrochement et ainsi transporter le sable fin pris sur la plage lors des grosses houles. (Etude Casagec, schémas du paragraphe 7.3 et 7.4 page 60-63/130 et 7.19 p92 et 93 « Modélisation hydrodynamique 2D »). Cela expliquerait  la présence d’amas de sable en bout d’épi, devant la zone 1 régulièrement dragué à -12 mètres.  Il est ainsi probable que le sable venant du nord tombe dans le chenal avant d’y être dragué.

Sur la plage, depuis l’arrêt des extractions littorales en 1975, ce secteur est en engraissement lent d’un mètre par an environ. (Pièce 3; chapitre III) ce que confirme la carte publiée par la préfecture aquitaine relatant cette impression. Il existe donc une véritable inconnue sur la tendance de ce secteur car les constats scientifiques s’opposent. Ainsi la zone « plage nord-embouchure» devrait faire l’objet d’un suivi plus précis afin de connaitre l’évolution des bathymétries au cours du temps, identifier les volumes de sable potentiellement dragués depuis l’embouchure et définir l’impact que pourrait avoir ces activités sur le trait de côte. De plus, des analyses physico-chimiques des sables devraient être réalisées afin de savoir si elles font écho aux valeurs relevées sur les plages d’Anglet. Le but étant de livrer une vision globale de l’évolution sédimentaire de l’embouchure de l’Adour en lien avec les activités de dragages.

ONF rapport sous pref 2

                                     « Evolution moyenne du trait de côte entre 1966 et 1998 »                                              Carte diffusée en 2001 par la préfecture région aquitaine (via Ifremer)

 

C-Zone d’immersion des sédiments sur la zone de dépôt au large.

Nous sommes satisfaits de voir que la zone A de dépôt au large s’est agrandie vers l’ouest dans le but de séparer les sables de l’embouchure (zone 1), des sables vaseux (zone 2 à 10). Les prélèvements faits par l’Observatoire de l’Estuaire de l’Adour sur la zone A sont intéressants mais il s’agit là de couches de surfaces du dépôt, couches régulièrement balayées par les fortes houles hivernales. (-14 mètre.)  Il aurait été plus percutant de réaliser des carottages en profondeur afin de connaitre le sort bactériologique et physico-chimique des déblais déposés ici depuis plusieurs décennies.

  • Mise à terre d’une partie des sables dragués dans l’estuaire à des fins non littorales.

Nous sommes satisfaits de constater que la CCI Bayonne Pays Basque ait abandonné la modification de l’arrêté inter-préfectoral intervenue en Juin 2012, autorisant la mise à terre d’une partie des sables dragués à l’embouchure de l’Adour dans un but de commercialisation. Cette modification imposée en 2013 avait provoqué une mobilisation sans précédent des usagers des plages d’Anglet demandant l’abandon du projet et son retrait du nouvel arrêté. La volonté générale voulait que les sables soient rendus au littoral dans un but d’éviter un effet irréversible sur le trait de côte et des surcoûts financiers. (Pétition en pièce jointe).

Concernant les sédiments dragués à l’intérieur de l’Adour, il s’agit là de sables et de vases. Les volumes de sable ont été estimé par l’O.A.E en 2014 entre 115 000 et 175 000 m3 /an. (p 272 paragraphe 4.2.7.1.1) Ces sédiments dragués sur les zones 2 à 10 sont relâchés depuis plusieurs décennies au large, en zone A, et sont ainsi perdus pour le littoral. Les opérations de dragage de l’estuaire privent chaque année le littoral des sables qui lui sont destinés. L’impact de ces activités de dragage de l’estuaire de l’Adour est donc négatif pour le littoral angloy. Selon le guide technique des bonnes pratiques de dragage portuaire du GEODE, l’opérateur a obligation de mettre en œuvre des mesures réductrices et, à défaut, des mesures compensatoires surtout si  les effets sont permanents où irréversibles pour le littoral, ce qui est le cas ici. Une revalorision de ces sables à terre pourrait être envisagée par le pétitionnaire pour le littoral comme mesure réductrice ou compensatoire pour les angloys qui payent le coût du maintien du trait de côte.

 

  • Dragage du lit de l’Adour/ Evolution des berges et des ponts:

Dans le précédent arrêté, il était prévu de draguer 200 000 m3 de sable et de vase/an sur les zones 2 à 9 de l’estuaire. Mais en fait, il a été dragué en moyenne 350 000 m3/ an dans l’estuaire, soit 1.8 fois plus que prévu sur les 10 années passées. (p32 tableau 11 de l’étude) Le nouvel arrêté propose de draguer 525 000 m3 dans l’estuaire, soit 2.6 fois plus que l’ancien arrêté, pour permettre de porter le volume de tonnage des navires, côté quai de Blancpignon, à 20 000 tonnes. Le volume de sable piégé dans les zones 4 à 8 est  évalué entre 115 000 à 175 000 m3/an. Le volume total dragué étant de 350 000 m3, la différence serait composée de vases. (p 272 paragraphe 4.2.7.1.1)

Discussion :

Dans les années 1970, le port draguait en moyenne dans l’estuaire moins de 100 000 m3 de sable et de vase/ an (pièce jointe AD64) et le fleuve charriait, d’après le L.C.H.F en 1974/1975 et la SOGREAH 1989, 50 000m3 de sable/an (p24 annexe 4 chapitre 7). Existe-t-il une étude qui permette de comparer les bathymétries de l’estuaire de l’Adour afin de savoir si le lit du fleuve est stable, en engraissement ou en érosion par rapport à l’augmentation de ces activités depuis les années 70?

Si le port vient à draguer 525 000 m3/ an comme le spécifie le futur arrêté, il y a fort à parier que le bilan sédimentaire de l’estuaire de l’Adour sera négatif. Ainsi, on draguera plus que le fleuve ne produira de sédiment si ce n’est pas déjà le cas aujourd’hui! Un sur-dragage de l’estuaire de l’Adour va provoquer une accélération de l’érosion des berges et des quais mais aussi des piles des ponts qui traversent l’Adour ou la Nive. (Cas du pont Mayou  en février 2009, reconsolidation des berges à côté de la capitainerie d’Anglet en Mars 2014) Le développement économique du port justifie certainement une augmentation du dragage de l’estuaire. Qui va prendre en charge le futur coût de l’affaiblissement des ouvrages d’art qui bordent l’estuaire de l’Adour s’il a lieu?

 

  • Clapage des sédiments en zone C (Figure 133 p284 de l’enquête publique)

La zone de clapage interne appelé aussi zone C est une zone qui se situe devant la capitainerie du port de Bayonne près de l’embouchure de l’Adour (figure 19 p78 de l’enquête publique). Elle est utilisée lors des mauvaises conditions météorologiques maritimes pour réaliser le clapage des sédiments dragués dans l’estuaire de l’Adour, sédiments essentiellement vaseux prélevés dans les  zones 4 à 8. Grâce au jusant, ces vases vont se retrouver dispersées vers l’embouchure et au-delà en mer alors que la méthode classique de dépôt sur la zone A au large, libère les sables et vases qui vont, en grande partie, directement se déposer au fond par -25 mètres dans un secteur délimité et stable. L’arrêté autorise chaque année de claper 50 000 m3 de vase à cet endroit, l’équivalent de 50 chargements de la drague mixte Hondarra ou 10% des sédiments dragués dans l’estuaire. Il existe une période de restriction à un clapage/ jour durant la migration de la Civelle entre Décembre et Février. (Tableau 23 p75)

Discussions : le panache de l’Adour est un phénomène naturel visible essentiellement en l’hiver et au printemps quand le fleuve est chargé de matières en suspension. On l’aperçoit devant les plages d’Anglet mais aussi devant celles de Biarritz certains jours. Dans la bibliographie scientifique, il est dit que ce panache a déjà participé à la sédimentation du Gouf de Capbreton lors des grands épisodes tempétueux (p3/24 de l’étude Casagec « Définition des zones impactées par les rejets de sédiments dragués par le port de Bayonne »). Quand les conditions météorologiques sont mauvaises, le panache de l’Adour a pour habitude de revenir sur la côte et de lécher les rivages du littoral pour y déposer des détritus que seul un fleuve peut apporter à l’océan (bois, piments, animaux morts, verres des fêtes de Bayonne, perfuseurs de Cambo…). D’ailleurs, même si on ne le voit pas, le panache peut venir jouer les troubles fête en été, dès que le vent passe à l’ouest. On ne compte plus alors les jours de fermeture des plages d’Anglet liés à ce panache après de fortes pluies, venant troubler les analyses des eaux de baignade.(Tableau 50 p168) L’étude de 2006, réalisée par le centre technique littoral de la Lyonnaise des Eaux et le Casagec démontre cette influence connue. Ainsi vous comprendrez aisément que la majorité des clapages effectués dans la zone C par mauvaises conditions météorologiques vont se disperser de l’embouchure de l’Adour vers le large, mais aussi vers les plages d’Anglet et de Biarritz dès que le vent y sera favorable. (Photo p 415 de l’annexe de l’enquête publique)

Regardons maintenant la qualité des sédiments de dragage destinés à la zone C. Les vases sélectionnées proviennent des zones 4 à 8. Au vu des analyses réalisées par le port de Bayonne, durant ces 10 dernières années, ces zones ont eu en quasi permanence des teneurs en métaux lourds proche du seuil N1, soit 5 à 10 fois plus que les teneurs des plages (hormis pour le Cadmium et le mercure). Certaines ont dépassé le seuil N2 en PCB et elles ont toutes, au moins une fois, dépassés le seuil N1 voire N2 avec les TBT ou les HAP. (p93 à 104 de l’enquête publique) Les substances chimiques qui sont présentes sous forme particulaire dans les sédiments (associées aux matières en suspension par des phénomènes d’absorption sur les colloïdes) peuvent, en fonction des conditions physico-chimiques du milieu (salinité, pH, potentiel d’oxydo-réduction) passer sous la forme dissoute.(extrait GEODE)  Cette forme de contamination est la plus bio-disponible dans l’environnement marin qui peut conduire à une bioaccumulation des contaminants dans les organismes vivants si elle est répétée ce qui est le cas ici. De plus, ces clapages dans la zone interne peuvent interférer directement avec les prélèvements réalisés par le ROCCH de l’Ifremer au niveau du marégraphe, pour le suivi en métaux lourds de l’Adour réalisé depuis 1998. (fig 69 p178)

Un chargement de la drague Hondarra, c’est l’équivalent de 100 camions benne de vase et un chargement d’une drague de la SDI, c’est 500 camions benne. Par ailleurs, plusieurs clapages dans la zone interne par jour sont possibles du 01/03 au 15/06 et du 15/09 au 30/11. Les études sur cette zone C sont peu nombreuses et très peu documentées (p117 paragraphe 3.2.2.3) et parfois même minorées. C’est le cas des schémas d’impact des clapages de l’étude « modélisation numérique de l’effet des opérations de clapage » (p436) où des schémas de l’étude « modélisation hydrodynamique 2DH Houle/Courant » (p29 à 93)  où il aurait été plus pertinent d’additionner le débit de l’Adour et l’effet de marée à la houle et au vent car il n’y a au total pas deux mais quatre facteurs qui rentrent en compte. En effet les impacts du débit de l’Adour auraient été plus significatifs et auraient montré un potentiel de plus large envergure. (potentiel cité à la page p3/24 de l’étude en annexe « définition des zones impactées par les rejets des sédiments dragués par le port de Bayonne » … Les conclusions avancées sur l’impact de la zone interne sont juste « supposées » ! (p271 paragraphe 4.2.6.2) Combien de temps mettent réellement ces vases pour se dissoudre dans la zone interne sachant qu’aucune étude jointe à l’enquête n’est capable d’y répondre? Et si la durée de vie d’un dépôt était supérieure à une marée, les contaminants pourraient se retrouver à nouveau accumulés dans l’estuaire de l’Adour, situation qui va à l’encontre des recommandations du GEODE.

Cette zone de clapage interne est très inquiétante par son usage car elle nébulise des particules polluées vers le large mais aussi vers la côte, là où ont lieu les activités balnéaires. Elle pourrait être ainsi à l’origine de pollutions insidieuses voire inexpliquées des sables littoraux si ce n’est pas déjà le cas, avec les bruits de fond élevés en Chrome et en Nickel retrouvés en 2010 et 2012 sur les plages d’Anglet. Elle représente donc un danger potentiel car elle peut avoir un impact sanitaire et environnemental négatif pour l’avenir des plages et de ses usagers. Il serait recommandé d’abandonner cette pratique au plus vite vu l’ampleur des enjeux.

 

Conclusions :

-Il est capital de ramener 100% du sable dragué à l’embouchure de l’Adour devant les plages d’Anglet pour éviter de nouveaux impacts économiques et environnementaux.

– Il est nécessaire que le pétitionnaire lance de nouvelles études sur les alternatives au dragage de l’embouchure de l’Adour afin de trouver une situation plus pérenne.

-Il  est nécessaire de livrer une vision plus globale de l’évolution sédimentaire de l’estuaire de l’Adour en lien avec les activités de dragages notamment en déterminant plus précisément les volumes de sables charriés par le fleuve en amont et en aval de l’estuaire et de connaitre l’impact potentiel que peuvent représenter les dragages à l’embouchure sur la côte nord.

– Une revalorisation des sédiments dragués dans l’estuaire pourrait être envisagée à terre par le pétitionnaire pour protéger le littoral d’Anglet apparaissant ainsi comme une mesure réductrice ou compensatoire. Cette solution permettrait, par la même occasion, de diminuer les volumes de sédiments immergés dans la zone A au large.

– La zone de clapage interne, zone C, est une aberration dans son utilisation car elle va à l’encontre de toutes logiques environnementales et sanitaires. Elle n’a fait l’objet dans cette enquête d’aucune étude de risque spécifique. Elle doit être purement et simplement abandonnée.

– Notre association est étonnée de ne pas avoir était consultée pour participer à une démarche participative comme le préconise le G.E.O.D.E. Afin de jouer la plus grande transparence avec les activités de dragage organisées par le pétitionnaire, nous demandons que les associations sensibles au sujet reçoivent régulièrement les résultats des études et analyses pratiqués dans le cadre de l’arrêté et qu’une réunion d’information et d’échange soit organisée tous les ans.

Association Sos Littoral Angloy

Annexe:

Tableau des journée de dragage dans l'année

TABLEAU A

 

 

LES TROUS DE RENARD: QUEZACO?

Actuellement, (Avril 2016) on peut apercevoir des travaux de réparation sur les trous de renard présents au niveau de la digue sud de l’embouchure de l’Adour. On nomme « trou de renard » les trous provoqués par la chute de matériaux situés en surface vers une cavité souterraine. A l’embouchure, ils sont dus à des infiltrations d’eau qui ont lieu à travers la digue sud lors des fortes marée montrant ainsi les faiblesses de l’ouvrage liées à son âge.

trou de renard 2

Un encadrement de sécurité a été installé autour de la zone renardée près de la vielle digue sud.

 

C’est ce qui c’était déjà passé en Octobre 2002. A l’époque, les services de la DDE maritime avait excavé le sable présent contre la jeté pour en connaitre la raison.

trou de renard 2002

Trou de renard en Octobre 2002  pratiquement au même endroit. (Archives médiathèque Bayonne/Sud-ouest 2002)

 

Ils s’étaient rendu compte que l’eau circulait entre les blocs, présents côté sud de la jetée, suite à la formation de failles dans l’ouvrage. La digue était donc devenu perméable!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’excavation avait, à l’époque, mis au jour les blocs d’ophite mais aussi mis en évidence des infiltrations de l’eau du fleuve à travers la digue. ( Archives médiathèque Bayonne/Sud-ouest 2002)

 

Pour rappel, cet ouvrage d’art d’une longueur de 300 mètres environ avait été construit entre 1895 et 1912 par comblement des jetées à claires voies existantes, afin de canaliser le jusant de l’Adour et avoir un effet de chasse d’eau sur l’accumulation des sables qui formait le célèbre banc de la Barre. La jetée a bénéficié depuis de nombreuses maintenances et confortements par le service des Ponts et Chaussées.

digue sud vers 1960 OCA

La digue sud vers 1960. Un ouvrage malmené par les intempéries océaniques. Notez la présence de rails de chemin de fer qui permettaient d’acheminer les matériaux pour son entretien.

 

Au même moment, la Région a procédé à la consolidation de la digue intérieure touchée par les mêmes intempéries. Le coût global des opérations, digue sud + digue de la patinoire, est de 90 000€.

L’équipe SosLA

 

 

 

 

 

 

 

Ruzica 09.02.2016

Après deux ans d’un calme très relatif, voici l’arrivée sur nos plages de la tempête Ruzica. Sa houle musclée est venue heurter la côte angloye durant la marée haute de la nuit du 09 Février 2016. Deux vagues ont marqué ce temps fort. Une vers 4h00 du matin au sud du littoral et autre vers 5h30 au nord.

La bouée ouest Arcachon relevait au large une houle de 10.0 mètres de hauteur avec une période de 13 secondes. Le coefficient de marée était de 100 et le vent était nul.

bouée 0802 2016

Relevé de la bouée ouest Arcachon, le 8.02.2016

On jouait donc dans la même catégorie qu’Hercules et que Christine, tempêtes XXL de Janvier et Mars 2014. Voici un bilan en image comprenant des photos de nuit sur les zones éclairées du littoral au moment des faits et des photos faites de jour, dans la matinée qui a suivi, pour les autres plages.

 

Plage du VVF:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La promenade aménagée en 2013 a subi les assauts de l’océan et à mieux résisté qu’en Mars 2014

 

 

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le local piscine a de nouveau était inondé, mais sans dégât apparent.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Cette partie de la promenade a été renforcée par des enrochements supplémentaires en Novembre 2014 améliorent ainsi la protection frontale de l’ensemble « piscine/mobilier urbain ». Mais depuis, les enrochements se sont déjà enfoncés dans le sable.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Tiens, un bloc d’ophite en balade… sur l’esplanade!

 

Plage du Club:

Comparé aux tempêtes Christine et Hercules de 2014, le choc y a été bien plus violent.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Vers 04h00, une vague a fracassé la murette.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une submersion s’est ainsi formée une heure avant la marée haute!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La mer était à raz bord! Les dalles de la murette ont été décollées sur une cinquantaine de mètres.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La promenade est inondée!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Devant le bâtiment, une vague a propulsé les dalles cinq mètres en arrière…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’eau, sous la pression, a fait céder la porte du Café Vent d’Ouest…et s’est invitée!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Parking du Club inondé!

Capture

Soirée mousse!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Arbre et poubelles arrachés…

 

Plage des Sables d’Or:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Comme en 2014, les dalles ont volé devant les restaurants, mais de façon moins importante.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Sur cette plages, les jets de vague sont allés aussi loin que durant la tempête Christine!

 

Plage de Marinella:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quelques blocs en balade, près de la digue des Sables d’Or!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La laisse de mer est venue lécher les ganivelles

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La laisse de mer est venue lécher les ganivelles.

 

Plages des Corsaires:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ici, les jets de vagues sont allés bien moins loin que lors de la tempête Christine qui étaient alors arrivés jusqu’au poste MNS.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Au nord de la plage des Corsaires, la mer s’est arrêtée bien avant la promenade.

 

Au nord de la Madrague:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une vague a enfoncé les ganivelles,

12717477_556608631181876_5670756424057691145_n

emporté la brande et les poteaux de la promenade Victor Mendiboure,

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

avant de finir sur les pelouses près des parking: exceptionnel!

 

Plage des Dunes:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les jets de vagues sont venu jusqu’à la dune, mais sans gravité.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Lors de la tempête Christine, les jets était arrivés jusqu’à la promenade…

 

Plage des Cavaliers:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Devant le poste de Mns, rien à signaler. L’enrochement modifié au printemps 2015 a fonctionné.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Comme pour la tempête Christine, une sur-verse d’eau de mer s’est faite au niveau de la piste hélico.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La place des cabanas a été submergé comme en 2014 mais rien de plus.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Un bloc cubique installé sur les remparts de la digue a été projeté sur la dalle de béton de l’ouvrage. Ce bloc de 32 tonnes a été porté à une dizaine de mètres en arrière de son emplacement. C’est dire la puissance de l’impact…

 

Plage de la Barre:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les vagues ont détruit le mur de sable qui avait été levé par les services techniques pour faire barrage. Le rivage s’est déplacé au pied du quai, devant le restaurant.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une vague est venue balayer l’ensemble du parvis vers 05h15.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La fameuse vague de 5h15…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Devant la tour de pilotage, des vagues ont réussi à passer par dessus bord proche de l’endroit ou le mur et le parvis avaient été endommagé en Mars 2014

 

 

Capture

Vidéo résumant les faits de la nuit du 09 Février 2016

Conclusion:

Durant cette tempête exceptionnelle, deux zones ont été fortement marquées. Une, au niveau de la plage du Club où le bilan a été plus impressionnant qu’en mars 2014 et une, à la plage de la Madrague ou une vague a littéralement balayée la promenade avant de finir derrière, sur les terrains verts. L’océan garde sa part de mystère quand à savoir ou il va frapper la prochaine fois. Mais ce qui est sûr, c’est qu’avec l’aide de l’homme, il gagne toujours du terrain…

 

L’équipe SoSLa