Nouvel arrêté de dragage: un grand pas pour l’écologique des plages et de l’estuaire de l’Adour!

Le nouvel arrêté inter-préfectoral sur le protocole de dragage de l’estuaire de l’Adour est ENFIN sorti! OUF! Il aura fallu pas moins de trois ans pour que son élaboration définitive aboutisse, avec des demandes d’études complémentaires et encore des études complémentaires, une enquête publique très riche, une consultation des communes et des institutions en rapport avec la problématique pour arriver à cette nouvelle mouture très détaillée de 15 pages. Pour rappel, le précédent arrêté inter-préfectoral de dragage de 2004, à l’époque où l’Etat était encore propriétaire du port de Bayonne et responsable du maintien des profondeurs, faisait en tout et pour tout 7 pages!  Il était assez succinct et de ce fait, livrait une souplesse discutable. Depuis 2009, c’est la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne Pays Basque (CCI PB) qui est en charge des opérations dans le cadre d’une délégation de service public confiée par la Région Aquitaine. Le nouvel arrêté s’impose à elle dans un cadre législatif plus précis et plus transparent. Il répond aux enjeux économiques en relation avec le clapage côtier dans la lutte contre l’érosion artificielle des plages d’Anglet, tout en respectant le bon suivi de la qualité des eaux de baignade. Il lui demande aussi l’abandon progressif de la zone d’immersion interne, qui participe au déclassement de la masse d’eau Adour aval et constitue une pratique qui nous semble totalement aberrante à la vue des enjeux environnementaux. Cette anomalie, que nous avions révélée au commissaire enquêteur le 22 mars 2016, n’a pas été relevé par le conseil municipal d’Anglet à la vue du registre des délibérations du 29/02/2016 (voir question 32) Aussi, elle renforce une nouvelle fois la légitimité de notre travail associatif. C’est donc une victoire de plus pour les défenseurs du littoral que nous sommes, une victoire de fond pour l’avenir de l’estuaire de l’Adour et des plages qui le bordent!

Il y a encore quatre ans, nous levions une pétition pour empêcher la vente des sables dragués à l’embouchure de l’Adour, sables provenant des plages d’Anglet. Il nous semblait que nos élus marchaient sur la têtes. Nous avons eu gain de cause. Puis nous avons milité pour une drague à demeure, afin de stopper l’hémorragie des sables angloys liée aux mauvaises activités de dragage, créant une érosion littorale sans précédent pour les activités nautiques et les bains de mer… La drague Hondarra est arrivée en Septembre 2016, et avec l’aide de l’équipe municipale de l’époque, elle a pu répondre à cette mission de préservation du littoral. Enfin, nous avons pris la problématique des plages d’Anglet dans son ensemble avec l’étude du futur arrêté de dragage de l’estuaire de l’Adour, en apportant notre expertise et nos inquiétudes à l’enquête publique, notamment sur les possibles atteintes environnementales de la faune, de la flore et des plages. Aujourd’hui, l’état nous a entendu, car tout en conservant les missions de la drague, il a saisi l’opportunité de piloter ces activités avec des experts vers les objectifs du SDAGE Adour-Garonne et du SAGE Adour aval, dans un but d’atteindre un bon état écologique d’ici 2027. Les temps ont bien changé!

Et demain, quel avenir pour les plages d’Anglet? Il reste encore à trouver la solution pour stopper la fuite du sable angloy vers l’embouchure de l’Adour. Le commissaire enquêteur a recommandé un projet plus pérenne à moyen terme et a relancé l’idée d’une contre digue sud aussi longue que la digue du Boucau, afin de stopper les dragages à l’embouchure et donc des dépenses financières sans fin! Un autre projet aussi qui nous tient à cœur, c’est d’étudier la faisabilité de ramener sur la côte notre sable détenu au large depuis plus de 120 ans d’activité de dragage, pour diminuer le coût d’entretien des digues et permettre aux angloys et à l’activité touristique de renouer avec des pratiques balnéaires de qualité grâce au retour d’un profil de plage moins pentue…à suivre donc dans la prochaine décennie!

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Si vous souhaitez lire les conclusions de l’enquête publique sur l’arrêté de dragage ainsi que sur le rapport que nous avions remis au commissaire enquêteur en Mars 2016, vous pouvez les trouver ici. Sinon, voici une petite analyse du nouvel arrêté-inter-préfectoral-du-17-02-2017-dragage-Adour qui met en avant les éléments qui ont retenu notre attention:

1- Le contrôle des opérations et la qualité des sédiments prélevés :

La police de l’eau de la DDTM va être chargée de contrôler les bilans physico-chimiques, bactériologiques, bio sédimentaires et bathymétriques des activités de dragage. Des tests complémentaires devront lui être présentés lorsque la norme N1 des échantillons prélevés sur site sera dépassée, au vu de l’Article 2 de l’Arrêté du 9 août 2006 relevant respectivement des rubriques 2.2.3.0, 4.1.3.0 et 3.2.1.0 de la nomenclature annexée à l’article R. 214-1 du code de l’environnement relatif aux niveaux à prendre en compte lors d’une analyse de rejets dans les eaux de surface ou de sédiments marins ou estuariens et devra donner son accord pour la suite des opérations. Fini donc les résultats poolés!  Une immersion des sédiments sera possible que si l’innocuité pour le milieu aquatique aura été démontrée… Si les matériaux sont au dessus de la norme N2, (et il y a fort à parier que cela arrivera), les sédiments ne pourront être ni dragués, ni immergés.(Art 5 et 7.1)

En conséquent, la CCI BPB devra faire une étude de faisabilité technique, juridique et financière sur le traitement à terre des sédiments pollués, achevée au plus tard dans 3 ans. (Art. 8.2) Cette disposition fait écho à l’article 19 bis pour l’économie bleue qui annonce qu’à partir du 1er janvier 2020, le rejet en mer de boues de dragage polluées sera interdit. Une filière de traitement de boue et de récupération des macro-déchets associée sera mise en place. Le suivi des impacts de dragages contrôlé et poussé permettra de mieux connaitre notre estuaire en approfondissant les origines des contaminants et de ceux qui tirent vers le bas la qualité écologique du système.

La DTTM pourra réaliser des contrôles inopinés au frais du pétitionnaire sur les activités de dragage. (Art. 12)

Chaque année, un bilan précis des activités de dragage devra être fourni à la DDTM et, dans cinq ans, un bilan à mi-parcours devra être présenté au comité de suivi. Ce comité de suivi est composé de six membres d’origines différentes. Il se réunit au moins une fois par an pour faire une analyse de la situation, ce qui semble être un gage de sûreté. Ce comité se compose d’un représentant de la CCI BPB, porteuse du projet, d’un représentant de la DDTM qui effectue les contrôles, d’un représentant du Sage Adour aval, d’un représentant de l’ONEMA, d’un représentant de l’Ifremer et d’un membre de l’ARS. Il pourra être complété par la venue de spécialistes si nécessaire. (Art. 10)  Il sera intéressant d’y voir à occasion un ingénieur du BRGM pour tout ce qui touche aux ressources sédimentaires portées par le fleuve et la dérive littorale, en lien avec l’érosion estuarienne et littorale du bassin Adour. Le but de ce comité est de piloter le pétitionnaire vers de bonnes pratiques de dragage.

Le pétitionnaire doit fournir une modélisation de l’impact bactériologique des clapages dans la zone du large avant le 15 04 2017. (Art. 6.2)

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Zones homogènes de dragage et zones d’immersion. (extrait arrêté inter-préfectoral)

 

2- Volumes des sédiments dragués par la drague:

On ne connait pas exactement aujourd’hui les quantités de sédiment produits par le fleuve mais, pour l’instant, l’Etat ne fait aucune restriction sur les volumes de sédiment dragués dans l’estuaire de l’Adour. Pourtantil y a eu une augmentation de 260% des volumes dragués autorisés entre 2004 et 2016… (art. 2) Il existe donc un risque réel d’érosion artificielle des berges et des zones estuariennes non draguées. Cette augmentation expliquerait les érosions constatées au niveau de la capitainerie du port, au pied des arcades du Brise-lame, sur les berges de l’ancien camping d’Anglet, sur les piles des ponts de Bayonne, mais aussi plus en amont dans le fleuve. L’arrêté a quand même le mérite de borner ces opérations avec des relevés bathymétriques mensuels sur les zones dragués pour éviter les excès. Une étude est en cours afin de savoir quelle est l’évolution morpho-sédimentaires de l’estuaire du fleuve. (Annexe 3 de l’arrêté)

Les dragages par aspiration à l’élinde seront stoppés durant les mois de décembre à mars, sauf en cas d’urgences déclarées et justifiées à la police de l’eau. (Art. 2) Le but est de respecter la migration de la civelle durant cette période, espèce aujourd’hui en déclin.

Les dragages à la benne seront possibles toute l’année pour les zones allant de 5 à 10.(Art. 3)

Les clapages côtiers seront étendus de 500 mètres vers nord de la madrague, portant les nouvelles limites devant la plage de l’océan. Ils seront possibles entre le 15 mai et le 30 juin avec les matériaux de la sous-zone 1B et 1C  ce qui reste une faible restriction et ne mets pas en péril le partenariat de 100% de clapage des sables de l’embouchure devant les plages d’Anglet. En revanche, des analyses bactériologiques devront être effectuées tous les mois durant cette période sur les sables dragués. Les autres mois de l’année, hormis juillet et août où la drague est à l’arrêt, il n’y a aucune restriction de sous-zone, les opérations peuvent se dérouler normalement. (Art. 4)

Les clapages en zone interne, que nous avons tant décriés, participent au déclassement écologique de la masse d’eau Adour-aval. Ils sont limités à 50 000 m3/an ce qui reste beaucoup. Mais ils devront être exceptionnels, uniquement réalisés avec des matériaux des zones 4 bis et zone 8 entre le 01/10 et le 14/05 dans des conditions très spécifiques. Ils seront déclarés et justifiés à chaque fois à la police de l’eau. A moyen terme, une solution alternative devra être étudiée avec le comité de suivi pour que cette zone soit définitivement abandonnée. (Art. 4; 6.4; 8.3)

L’embouchure de l’Adour va faire l’objet d’un suivi bathymétrique dans son ensemble, avec des relevés des profondeurs sur les plages d’Anglet, à l’embouchure, mais aussi au large et sur les plages de Tarnos. Le but est de mieux comprendre l’évolution sédimentaire littorale qui n’est pas claire aujourd’hui pour le port de Bayonne! (Art 7.3)

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Dragage à benne de la drague Hondarra sur la zone 8 en 2016.

 

3 –Etudes sur la masse biologique:

Il y aura un suivi bio-sédimentaire et bactériologique à partir de 2018 sur les macro-invertébrés benthiques. Il s’agit de tous les vers, crustacés et mollusques. (Art. 7.4)

Il y aura une étude sur le suivi de la faune piscicole aspirée par la drague (art. 8.4) et une participation financière à une étude piscicole estuarienne.

Il y aura d’ici 7 ans la mise en place de mesures compensatoires se traduisant par la restauration d’habitats estuariens par le porteur du projet. (annexe 4)

4- Transparence sur les activités du pétitionnaire:

Afin de prévenir les pratiquants d’activité nautique et par la même occasion, d’éviter les accidents, le bénéficiaire devra diffuser régulièrement des informations sur les opérations de dragage/clapage au moyen d’un site internet, en précisant les zones de travail, les mouvements de la drague et peut être même les levées topographiques du littoral et la qualité des matériaux clapées sur la côte.(6.5)

Le bilan annuel des activités de dragage ainsi que les études qui auront été réalisées devront être présentés au Sage-Adour aval et au S3PI de Bayonne dans lequel siège neuf associations. Cela sera l’occasion de faire le point avec ceux qui œuvrent pour la préservation de l’estuaire de l’Adour.

L’équipe SoSLa

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La drague Hondarra dans le lointain, vue depuis l’Atalaye à Biarritz,  réalise un clapage côtier devant les plages d’Anglet en 2016.

Très beau bilan des dragages/clapages 2016!

Ça y est, le bilan 2016 des opérations de dragages/clapage est arrivé!

Sur 389 000 m3 de sable dragué à l’embouchure de l’Adour, 377 330 m3 ont été clapés (largués) devant la zone côtière et 11 610 m3 ont été perdus au large (11610m3 correspond au chargement de 970 camions-benne). La drague Hondarra a donc réalisé un nouveau record avec près de 97% des sables dragués de retour à la côte: YOUPI!

Atteindrons-nous la perfection en 2017 ou 2018?

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Bilan des dragage/clapage à l’embouchure de l’Adour entre 1974 et 2016.

 

Pour mémoire, deux journées de clapage avait été perdues en début d’année 2016, le 25 janvier et 04 février pour être exact, dans des circonstances énigmatiques…

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Jeudi 4 février 2016 fut un jeudi noir pour le littoral angloy: sur les 4 chargements réalisés par la drague Hondarra à l’embouchure de l’Adour, aucun sable n’est revenu devant la côte, soit une perte sèche de 4800 m3 dans le budget sédimentaire des plages, l’équivalent de 400 camions benne! (photo marinetraffic.com)

 

Mais les temps ont changé. Les capitaines maîtrisent mieux le navire puisque depuis cette date, il semblerait qu’il n’y ait eu que très peu de loupés et, aujourd’hui, il n’est pas rare de voir évoluer Hondarra dans des conditions de houle établie, s’approchant de la côte comme pour défier Neptune .

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1,5 à 2 mètres de houle et la drague Hondarra est toujours en poste pour remplir sa mission de clapage côtier pour la préservation du littoral: chapeau bas!

 

Nous félicitons donc ces marins qui ont su s’adapter à leur devoir pour servir de leur mieux l’intérêt local, c’est à dire préserver autant que possible le littoral angloy.

Nous pouvons également noter que la drague à demeure permet au port de Bayonne de faire des économies significatives comme nous l’avions toujours avancé:  600 000€ d’épargnés rien que sur la première année! (voir article Sud-Ouest ici)

L’outil permet aussi l’emploi de 14 personnes. Emploi local comme nous l’avions toujours soutenu alors que la CCI Bayonne Pays Basque avait, au départ, fait appel à des entreprises extérieures pour faire fonctionner la drague et le remorqueur Balea….

Seul bémol, l’utilisation de la zone interne de clapage des sédiments de l’estuaire pour  0.6% des volumes. Même si cette valeur est très faible, cette zone de clapage doit être définitivement abandonnée par sécurité. Pour rappel, le commissaire enquêteur, dans son rapport, avait demandé l’abandon de cette zone, car le devenir des sédiments dans la nature était totalement incertain. Nous sommes prêt à tirer la sonnette d’alarme si cette zone était à nouveau utilisée…

A ce jour, nous attendons toujours le nouvel arrêté inter-préfectoral sur les modalités de dragage de l’estuaire de l’Adour. Nous sommes impatients de le lire afin de savoir si l’Etat aura écouté les conclusions de l’enquête publique qui comportaient 8 réserves et 7 recommandations (voir ici). Aux dernières nouvelles, sa sortie devrait être imminente.

L’équipe SoSLa

*attention erreur de résultat dans les chiffres publiés par le journal Sud ouest (voir ici)

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Clapage côtier devant la plage de Marinella à l’automne 2016!

Nouveau renforcement de la digue interieure

Plage de la Barre, la digue intérieure fait à nouveau l’objet d’une consolidation. C’est la deuxième fois de l’année. La première, plus succincte, s’était déroulée au mois d’Avril.

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Ces nouveaux travaux, d’un montant de 490 200€, sont financés par la région Nouvelle Aquitaine, propriétaire du port de Bayonne.

La première phase de ces opérations d’automne a été de reprendre l’embase de la digue érodée, en confortant avec des blocs d’ophites du côté de la plage de la Barre, là même ou des affouillements s’étaient produits depuis 2014.

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Le tractopelle creuse la base de la digue pour placer minutieusement les blocs d’ophite.

 

La deuxième phase a pour but de consolider le musoir de la digue intérieure avec des cubes de béton de 32 tonnes. Ils sont fabriqués non loin du site de la Barre à l’aide de moules métalliques rainurés dans lesquels on fait couler le béton.

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Les moules à béton pour faire des blocs de 32 tonnes!

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Le jeune troupeau de blocs de béton prêt à renforcer le musoir de la digue intérieure.

 

Après la bonne période de séchage, il ne reste plus qu’à déplacer ces cubes avec un tracteur et une remorque. Le poids des blocs est tellement important qu’ils sont déplacés deux par deux jusqu’à l’extrémité de la digue intérieure, plage de la Barre. Une grue spéciale est alors nécessaire pour les soulever et les placer, là où les chocs avec l’océan sont les plus violent…

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La grue, en bout d’épi, place les énormes blocs de béton pour renforcer l’ouvrage.

 

Au fil du temps, ces blocs de béton seront amenés à tomber dans l’océan. Ces effondrements sont liés à plusieurs facteurs. Le courant artificiel du sud de l’embouchure de l’Adour ensable en permanence le chenal de navigation. La drague Hondarra maintient les profondeurs dans ce secteur pour permettre le passage des navires. Ce dragage permanent provoque le glissement des sables côtiers vers le fond du chenal à chaque tempête, car l’océan n’aime pas les trous. La fuite de ce sable provoque à son tour un affaiblissement de l’ouvrage, et l’impact des grosses houles combiné aux forts courants traversiers entraine la chute des blocs vers les profondeurs. C’est ce qui s’était passé en Novembre 2002: la création de la fosse de garde en 2000-2001-2002, avec le dragage de 3200 000 m3 de sable, avait provoqué la disparition de plus de 30 mètres de musoir à la digue des Cavaliers. (voir Sud ouest 27 Novembre 2002)

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La scène vue depuis l’embouchure!

 

L’équipe SoSLa

 

Point érosion au 20.09.2016

Le printemps 2016 a été l’occasion, pour le littoral angloy, d’un nouveau lifting artificiel avec des opérations de reprofilage dans le même esprit que les années précédentes: une partie du sable présent en haut et en milieu de plage a été poussé vers le rivage. Depuis, l’été est passé, avec ses petites houles qui sont venues balancer les estivants et donner quelques sueurs aux MNS. Cela a été aussi l’occasion aux courants côtiers de ramener le sable accumulé au large des plages vers les petits fonds, sable qui avait été arraché au littoral par les fortes houles hivernales. Voici le bilan sédimentaire, plage par plage, à marée basse et par grand coefficient de marée. Ces observations ont toutes été faites après l’été, sur les quatre dernières années:

Les plages sud d’Anglet:

– Plage de la petite Chambre d’Amour:

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Le 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

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Le 30 Août 2015, marée basse, coefficient de 107 et hauteur d’eau de 0.45 mètre

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Le 11 Septembre 2014, marée basse, coefficient de 110 et hauteur d’eau de 0.34 mètre

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Marée basse le 19 09 2013 coefficient de 105 hauteur de mer 0.61 mètre

Alors que le littoral avait connu en 2014 un terrible hiver provoquant le déplacement du sable des petits fonds vers le haut de la plage, 2015 avait été une année de tentative de »retour à la normale ». Entre 2015 et 2016, peu de différence , avec quand même, encore un peu moins de sable en haut de plage, près des enrochements, ce qui est de bon augure. Mais en 2016, la plage n’a pas encore rattrapé son niveau sédimentaire de 2013. Neptune et Hondarra y ont encore un peu de boulot!

– Plage du Club:

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Le 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

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Le 30 Août 2015, marée basse, coefficient de 107 et hauteur d’eau de 0.45 mètre

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Le 11 Septembre 2014, marée basse, coefficient de 110 et hauteur d’eau de 0.34 mètre:

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Marée basse le 19 09 2013 coefficient de 105 hauteur de mer 0.61 mètre

Ici, la lentille sablonneuse a connu une belle amélioration depuis 2014. On a même la sensation qu’on est revenu à la situation de septembre 2013. Bonne nouvelle!

– Plage des Sables d’Or vue d’en haut:

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Le 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

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Le 30 Août 2015, marée basse, coefficient de 107 et hauteur d’eau de 0.45 mètre:

 

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Le 11 Septembre 2014, marée basse, coefficient de 110 et hauteur d’eau de 0.34 mètre:

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Marée basse le 19 09 2013 coefficient de 105 hauteur de mer 0.61 mètre

La situation aujourd’hui semble meilleure que toutes les autres années, même que de 2013. Un plateau de marée basse plus tendu, plus régulier et moins chargé sur sa partie haute de la plage délivre une pente douce.

– Vue de profil depuis la digue du Club:

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Le 16 Septembre 2016

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Le 25 Septembre 2015

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Le 16 septembre 2014 (photo ASI)

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Le 19 septembre 2013 (photo ASI)

Confirmation de la situation pour le haut de la plage des Sables d’Or avec ces photos de profil: l’enrochement du viel émissaire, qui avait disparu en 2014 sous l’action des fortes houles, est réapparu en 2015. Le sable s’y est stabilisé, en 2016, avec une faible pente sur toute la longueur de l’estran.                                                                                                                     Le fait que le haut de plage se soit désensablé, signifie que les petits fonds se sont reconstitués notamment grâce au clapage côtier car ils stoppent mieux les houles du large et permet au sable fin de s’y stabiliser.

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Centre angloy:

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Le 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

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Le 30 Août 2015, marée basse, coefficient de 107 et hauteur d’eau de 0.45 mètre

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Le 11 Septembre 2014, marée basse, coefficient de 110 et hauteur d’eau de 0.34 mètre:

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Marée basse le 19 09 2013 coefficient de 105 hauteur de mer 0.61 mètre

Zone Compliquée! Au niveau de la digue de Marinella,  la plage est plus ensablée en 2016 qu’en 2015, 2014 et 2013, surtout du côté plage des Corsaires, à cause d’un courant de retour localisé permanent. Cet ensablement déborde progressivement sur Marinella. Entre les Corsaires et l’Océan, les plateaux de marée basse sont moins importants en 2016 qu’en 2015, et à peu près similaires à 2013.

L’enrochement de la Madrague est aujourd’hui moins ensablé qu’en 2015 et en 2014 mais toujours plus qu’en 2013. On y trouve toujours une plage très ensablée dans sa partie haute, malgré trois années de reprofilage…

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Le nord d’Anglet:

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Le 20 Septembre 2016, marée basse, coefficient de 105 et hauteur d’eau de 0.52 mètre

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Le 30 Août 2015, marée basse, coefficient de 107 et hauteur d’eau de 0.45 mètre

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Le 11 Septembre 2014, marée basse, coefficient de 110 et hauteur d’eau de 0.34 mètre:

Entre la plage de l’Océan et des Cavaliers, la houle de 2016 empêche de faire une bonne analyse des bancs de marée basse. Mais on distingue toujours l’absence de lentille sableuse émergente à marée basse même sur les gros coefficient. La présence de trous d’eau y est permanente: un vrai danger pour la baignade. Sur la plage, la pente est similaire aux autres années mais, depuis 2014, un désensablement progressif s’est visiblement enclenché près du rivage entre la digue des Cavaliers et la baignade surveillée. Un signe d’amélioration des petits fonds?

 

Conclusion:

Le bilan révèle que les plages du sud ont un profil toujours en amélioration depuis 2014.

Au centre , il semblerait que les plateaux de marée basse soient en baisse depuis 2014 et ce, malgré des clapages côtiers fréquents depuis plusieurs années au droit de ces plages. De plus, le haut de la plage y est toujours élevé est s’étend vers le sud.

Le nord pourrait montrer enfin un signe d’amélioration. A confirmer en 2017 en fonction des clapages côtiers et de l’intensité  des houles de l’hiver 2017!

 

L’équipe SosLa

Reprofilage 2016: à l’ouest, rien de nouveau!

Comme chaque année et depuis trois ans, les plages d’Anglet se sont offertes un petit lifting en vue de la saison estivale. Ces opérations de reprofilage ont duré cinq semaines, entre le 23 Mai et le 24 Juin 2016, soit une semaine de moins qu’en 2015 avec une enveloppe budgétaire à la baisse proche des 100 000€.

Mais la tache restait toujours aussi grande entre les plages des Corsaires et des Cavaliers où la pente de l’estran est toujours élevée.

 

Les opérations ont eu pour but d’optimiser la sécurité des baigneurs en améliorant la visibilité du rivage depuis le haut de la plage notamment pour les maîtres nageurs sauveteurs (MNS).

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La butte de sable, présente au milieu de la plage, faisait plusieurs mètres de hauteur. Formée pendant l’hiver par l’océan, elle a été arasée par les bulls comme ici à la plage de l’Océan.

 

Grâce à ces opérations, le côté esthétique du littoral a été aussi valorisé. En revanche, le travail d’arasement exercé par les engins mécaniques jusqu’au rivage a eu très peu d’effet sur les petits fonds sableux , là ou les baigneurs et les surfeurs évoluent.

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Le travail des bull-dozers, près de la baignade surveillée de la Madrague, interpelle les touristes!

 

On a vu aussi des tractopelles charger des tombereaux à la plage des Corsaires. Le but était d’évacuer le trop plein de sable jusqu’à la plage de la Madrague, déficitaire à la sortie de l’hiver. Mais l’opération s’est avérée chronophage et peu efficace tant les volumes à déplacer étaient importants…

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Le tractopelle charge un tombereau à la plage des Corsaires pour être déchargé ensuite à la Madrague, pendant que les bulls reprofilent l’estran

 

Depuis le début des opérations de reprofilage en 2014, on a pu se rendre compte que pousser de façon rectiligne et uniforme le sable vers le rivage ne fonctionne pas pour combler les trous proches du rivage. Cela provoque systématiquement un retour des matériaux à la marée suivante, les bull-dozers étant obligés de repasser là ou ils avaient travaillé quelques jours plutôt.

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Le « poussé tout droit vers le rivage » a ses limites comme ici à la plage des Dunes où, deux jours après le passage des bulls, la bosse de sable s’est reformée près du rivage, annulant toute visibilité du rivage même depuis le haut de la promenade Victor Mendiboure…

 

C’est pour cette raison que le collectif Colian avait pris contact avec les services techniques de la ville d’Anglet en vue de réaliser deux tests novateurs qui changeaient du « pousser tout droit comme dans un champ de maïs »: l’un à la plage de Marinella, l’autre, à la plage de l’Océan.  Ces deux essais avaient été travaillés en amont depuis 2015. Leurs impacts financiers restaient faibles, voire nuls au regard des travaux déjà effectués cette année. Ils avaient été approuvés par les services techniques et le Casagec mais, hélas, ils se sont perdus, par le plus grand mystère, dans les baïnes des plages d’Anglet! Pourtant, la finalité était simple puisqu’elle allait dans le sens de l’intérêt général, avec une participation des associations qui vivent le littoral depuis des lustres, et tentaient d’améliorer la sécurité des baigneurs et la pratique du surf qui ont fait la réputation de cette côte.

Alors que les premiers accidents sérieux ont été enregistrés sur les plages nord du littoral dès le début des vacances de Juillet, préparons nous donc, une fois de plus et sans surprise, à de bonnes secouées en shore-break, en croisant les doigts pour que les acteurs de l’enseignement du surf ainsi que nos anges gardiens MNS arrivent à maintenir une activité touristique sans accident grave. Les moins téméraires continueront d’aller plus au sud …

L’équipe SosLa

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LA BARRE STORY: FLASH-BACK!

Retour sur l’exposition « La Barre Story » qui était présente devant le parc Izadia durant l’été 2015. Cette exposition rétrospective du site de la Barre avait été montée par le service d’Izadia et la direction culturelle de la ville d’’Anglet. Nous avions, à cette occasion, apporté quelques photos et témoignages. L’exposition abordait plusieurs thèmes comme celui de l’embouchure de l’Adour avec le dragage de la Barre, la construction de la grande digue du Boucau avec sa grue Titan, l’âge d’or du surf dans les années 60 avec sa fameuse vague de renommée internationale, mais aussi les extractions littorales, le camping, l’hippodrome, le tir au pigeon, la patinoire et le célèbre karting, premier de son genre en France. Un vrai flash-back sur ce site emblématique de 50 hectares. Rétrospective en image donc:

Cliquez sur les images pour un agrandissement!

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L’équipe SosLa

ENQUETE PUBLIQUE: LE LITTORAL ANGLOY PRIS EN COMPTE

Ça y est, le verdict du commissaire enquêteur sur le projet de dragage de l’estuaire de l’Adour est tombé. Cette personne a émis un avis favorable, assorti de 8 réserves et de 7 recommandations. L’Etat devra donc s’appuyer sur ces conclusions pour sortir le nouvel arrêté.

Plusieurs points soulevés dans notre rapport ont été repris par le commissaire enquêteur, appuyé de son côté par des avis scientifiques locaux et régionaux comme l’IFREMER,  l’IMA, l’Institution ADOUR, et le CNRS avec notamment un spécialiste en océanographie, membre du conseil Maritime de la Façade Sud-Atlantique. Ces huit réserves demandent  à la CCI de Bayonne une augmentation des contrôles d’impact de ces activités, une amélioration des techniques de dragage dans un soucis de préservation de l’environnement estuarien et une plus grande transparence avec le public et les associations. Concernant les sept recommandations, le commissaire enquêteur invite la CCI de Bayonne à avoir une vision plus globale de l’évolution écologique de l’estuaire de l’Adour en lien avec ces activités, de lancer des études dans le but de trouver des solutions alternatives aux dragages/clapage, et de garder à l’esprit que tout projet doit envisager des mesures compensatoires sur l’environnement comme le préconise le GEODE. Pour notre association de défense du littoral, c’est une victoire car une nouvelle fois, il a été reconnu que ces activités ont un impact préjudiciable sur la côte angloye! D’ailleurs, le commissaire enquêteur n’a pas suivi les recommandations de la DREAL et de l’ARS concernant une restriction des dragages à l’embouchure et des clapages côtiers du 15 Mai et au 30 Septembre démontrant qu’elles n’étaient pas justifiées face aux enjeux du trait de côte angloy. Le combat du Colian était donc légitime et a eu gain de cause!

Nous allons vous énumérer, en première partie, les réserves et les recommandations proposées par l’enquête publique . En deuxième partie, nous joignons le rapport que l’association Sos Littoral Angloy avait remis au commissaire enquêteur le 22 Mars 2016. Bonne lecture!

 

Zone de dragage clapage définie par l'arrêté

Zones définies dans le projet de dragage de l’estuaire de l’Adour. (origine CCI Bayonne Pays Basque)

AVIS DU COMMISSAIRE ENQUÊTEUR RENDU LE 05 MAI 2016:

« Nous émettons un avis FAVORABLE assorti de 8 RESERVES et de 7 RECOMMANDATIONS.

8 RESERVES

Car même si le dossier est conforme, nous pensons que, compte tenu des enjeux, le porteur de projet doit être en mesure de:

1- PILOTER ET MESURER EN TEMPS RÉEL « LA QUALITÉ ENVIRONNEMENTALE DE SON ACTIVITÉ ET PROCÉDER SOUS SA PROPRE RESPONSABILITÉ A DES MESURES REGULIERES ET FRÉQUENTES » COMME:

Un suivi bathymétrique pour le dragage et pour le clapage

-Un suivi sur la granulométrie et la qualité physico-chimique sur toutes les zones concernées par les dragages des zones A et C (la démonstration a été faite que le risque de pollution de la zone B de clapage côtier est écarté)

-Une analyse bio-sédimentaire pour les clapages en zone A et C, sur plusieurs points, au contact des fonds et sur toutes les zones de dragage

-une analyse régulière des eaux et lorsqu’il se présente des événements exceptionnels de quelques ordres soient-ils

POUR CES ANALYSES ( et le point 2 ci-dessous), nous encourageons le maître d’oeuvre à s’appuyer sur toutes les personnes ressources compétentes en la matière afin de revoir et d’élaborer avec elles le nombre et la périodicité des analyses qui conviennent à un tel projet.

2-DILIGENTER DES ANALYSES COMPLÉMENTAIRES NON « POOLEES » DANS TOUTES LES ZONES SENSIBLES.

3-PRENDRE EN COMPTE LA QUALITE DES EAUX DE BAIGNADE D’ANGLET mais aussi  DE TARNOS

4-METTRE EN OEUVRE TOUS LES MOYENS QUI PEUVENT CONTRIBUER A ANTICIPER LA QUALITE DES EAUX ET DES SÉDIMENTS comme UN RESEAU DE SURVEILLANCE EN AMONT

5-POURSUIVRE LE SUIVI DE LA RECOLONISATION DES POPULATIONS BENTHIQUES et tirer les conclusions qui s’imposent y compris si la recolonisation ne peut s’effectuer du fait de la fréquence des opérations.

6-ETUDIER UN MODE DE TRAITEMENT DES SÉDIMENTS RETIRER DES ZONES LES PLUS SENSIBLES A TERRE afin d’envoyer les sédiments vers les filières appropriées car l’argument donné par le pétitionnaire dénote un contresens (point 4-2.3 du rapport)

7-METTRE LE PROJET AU COEUR D’UN PROCESSUS DE CONFIANCE, DE TRANSPARENCE ET DE COMMUNICATION APPORTANT LES RÉPONSES ATTENDUES PAR LES ASSOCIATIONS DE DEFENSE DE L ENVIRONNEMENT en s’appuyant par exemple sur le tableau des questions, en leur proposant DES TABLES RONDES THÉMATIQUES, avec un mode opératoire adapté qui permet d’élaborer sereinement LES POINTS LES PLUS CRUCIAUX: POLLUTION, EROSIONS (côtes et amont du fleuve) afin de réduire l’écart existant (point 5-3 du rapport) en terme d’attente d’information des publics au regard de la consultation des publics

8-ASSOCIER LES 4 COMMUNES MITOYENNES DU PORT A LA PROCÉDURE D’ALERTE PRÉCONISÉE PAR L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE EN CAS DE POLLUTION ACCIDENTELLE (PROTOCOLE A CRÉER?)

 

7 RECOMMANDATIONS

1-S APPUYER SUR LE TISSU ASSOCIATIF POUR LANCER DES OPÉRATIONS DE NETTOYAGE, REPLANTAGE ET DEPOLLUAGE

2-DEVANCER LA NOUVELLE DEMANDE D’AUTORISATION (2014-2024) EN LANCANT DES ETUDES POUR DES ALTERNATIVES AU DRAGAGE-CLAPAGE (DIGUE SUD voir point 5-3.4) et donc DEVANCER L’ECHEANCE 2025 (OBLIGATION DE TRAITEMENT AU SOL voir point 5-3.4)

3-PRENDRE DES MESURES COMPENSATOIRES CHAQUE FOIS QUE CELA EST POSSIBLE comme par exemple: compte tenu du déclassement par la directive cadre eau concernant les poissons, proposer une mesure compensatoire du type création de surfaces favorables à la reproduction des poissons ou à l’accueil des juvéniles avec le concours des structures compétentes

4-SE DOTER DES OUTILS DE CONNAISSANCE des ECOSYSTEMES HALIEUTIQUE ET BENTHIQUE et faire l’acquisition de données supplémentaires FAUNE & FLORE SOUS MARINES

5-ETUDIER DE N’AVOIR AUCUN CLAPAGE INTERNE

6-FAIRE UN SUIVI SUR LES PLAGES NORD DE L’EMBOUCHURE AFIN DE CONNAITRE L’EVOLUTION DES BATHYMÉTRIES AU COURS DU TEMPS, D’IDENTIFIER LES VOLUMES DE SABLE POTENTIELLEMENT DRAGUES DEPUIS L’EMBOUCHURE  AFIN DE CONNAITRE ET D’ANTICIPER LES MOUVEMENTS DU TRAIT DE CÔTE et DE RÉALISER DES ANALYSES PHYSICO CHIMIQUE DES SABLES DES PLAGES NORD AFIN DE VOIR S’IL ELLES FONT ECHOS AUX VALEURS RELEVÉES SUR LES PLAGES SUD.

7-AVOIR UNE VISION GLOBALE DE L’EVOLUTION SEDIMENTAIRE DE L’EMBOUCHURE DE L’ADOUR EN LIEN AVEC LES ACTIVITES DE DRAGAGE

Fait à Biarritz le 5 Mai 2016, 

Esmeralda Tonicello »

 

 


Rapport remis par l’association SOS LITTORAL ANGLOY le 22 MARS 2016

DISCUTIONS SUR LES PROPOSITIONS PORTÉES PAR LE PÉTITIONNAIRE CCI BPB :

A-Dragage devant l’embouchure de l’Adour et clapages côtiers:

Des études citées, Abadie et Al 2006, Rihouet 2008, montrent que le courant induit par les fortes houles (houle >4 mètres), qui s’accrochent sur la digue du Boucau, provoque un courant sud-nord devant les plages d’Anglet qui transporte le sable vers l’embouchure soit environ 460 000m3/ an. (P161 paragraphe A et p164 de l’enquête publique).  Le volume qui disparait des plages d’Anglet est évalué à 460 000 m3/an par le Casagec  en 2013. Il est dit aussi que la zone de clapage côtier va être étendue vers le nord des plages d’Anglet et que les sédiments qui y seront déposés risquent de migrer plus rapidement vers la zone d’embouchure avec les agents dynamiques locaux. (P266 de l’étude). A la page 370, paragraphe 7.2.3, il est dit que le volume dragué à l’embouchure du fleuve, 460 000 m3, correspond au volume qui disparait devant les plages d’Anglet. Plusieurs schémas de l’étude du Casagec, p 60 à 71/ 130 de l’annexe V, démontrent que lors des fortes houles, un courant côtier part du sud des plages d’Anglet pour finir devant l’embouchure. Le président de la CCI BPB, dans son courrier destiné au préfet de région, signale que le littoral d’Anglet est le plus touché par ces activités de dragage à l’embouchure et que le clapage côtier est la seule solution pour sauvegarder le littoral. (Page 3 du courrier de réponse de la CCI BPB du 3 Février 2016) La circulaire du 04/07/08 citée au début de l’enquête (pièce jointe n 7, chapitre 3aii, dernier paragraphe) relative à la procédure de gestion des sédiments lors des travaux ou d’opérations de dragages, stipule que dans le cas d’un entretien d’un ouvrage public maritime ou d’un chenal d’accès, les matériaux extraits doivent être utilisés prioritairement pour conserver le domaine public maritime. (Rechargement d’une plage qui se dégraisse, restauration de transit littoral, by-pass, création ou restauration de cordon dunaire)

Discussions :

1- Malgré toutes ces remarques pertinentes, l’enquête ne dit pas clairement l’origine du comblement de la zone 1 de l’embouchure de l’Adour et l’impact qu’elles peuvent avoir sur le trait de côte angloy si le sable dragué à l’embouchure n’est pas ramené devant les plages pour éviter une érosion artificielle, érosion reconnue comme préjudice à deux reprise en 1974 et 1986 par le tribunal administratif de Pau. Ainsi les incidences sur le milieu physique ne sont pas nulles comme l’enquête tente de le dire car les dragages ont un effet négatif sur la dynamique littorale de l’embouchure si le pétitionnaire ne réalise pas correctement son travail durant la période d’activité définie par l’arrêté. (p 260 paragraphe 4.2.2)

2- Le pétitionnaire a redéfini la durée des dragages/clapages en respectant au mieux la haute saison touristique. En effet,  la drague Hondarra doit réaliser 503 cycles entre l’embouchure du fleuve et le sud des plages d’Anglet sur 84 jours pour rapporter en moyenne  450 000 m3 de sable sur la côte.  Le tableau A (pièce jointe 4) montre que réduire plus la période d’activité ne permettrait plus d’assurer 100% de clapage côtier.

Les recommandations de la DREAL et de l’ARS risquent de compromettre le projet de préservation des plages. Les analyses des eaux de baignade sont en constante amélioration depuis plusieurs années et les études jointes montrent qu’il n’existe pas de corrélation bactériologique entre les clapages côtiers et les prélèvements réalisés sur le rivage. Et pour cause, l’océan a un pouvoir auto-épurateur reconnu et le sable prélevé devant  l’embouchure n’a pas les caractéristiques physiques pour devenir un substrat à bactérie. C’est plutôt dans le panache de l’Adour qu’il faut voir un élément perturbateur des activités de baignade. La période de migration de la pibale et des poissons migrateurs amphihalins n’est pas remise en cause. La drague est un navire parmi tant d’autre qui franchit l’embouchure deux fois par jour pour réaliser ces activités en mer sur la zone 1 et sur la zone B de clapage.  D’après le tableau A, elle n’y est présente au mieux que 15 jours par mois en moyenne entre Avril et Octobre et 6 jours par mois entre Novembre et Mars. La durée de travail y est de 10 heures par jours maximum.  Elle ne fait donc pas barrage à la faune et représente ainsi qu’un impact négligeable sur les poissons migrateurs par rapport aux activités de pêche. (4.4.1.1.2 p317)

Une partie des usagers des plages d’Anglet et des touristes fréquentent moins la côte angloye suite à la dégradation du profil des plages depuis l’arrêt du clapage côtier en 2004. Les sports de glisse, qui ont fait la réputation de ces 4.5 km de plages sont depuis, en perpétuelle dégradation à cause de l’abaissement des petits fonds livrant moins de vagues de qualité (constat relayé dans sud-ouest, surf session ou surf-prévention). La qualité physique des sables des plages est aussi préoccupante, avec de moins en moins de sable fin et de plus en plus de sable grossier, le sable fin étant mobilisé vers l’embouchure par les vagues (Annexe 5 p70 à 73 étude Casagec « modélisation hydrodynamique 2D Houle/courant) avant d’être perdu au large en zone A par la drague (3.2.1.3, p86 de l’enquête).

La sécurité des baignades encadrée par les MNS est devenue de plus en plus compliquée durant la saison estivale car l’effondrement des petits fonds a créé des trous d’eau de plus en plus grands, emportant plus facilement les baigneurs dès que la marée monte et que la houle se lève.

La mobilisation de la pétition de Mars 2013 avec 4600 voix, montre qu’il est une priorité pour l’opinion publique de ramener la totalité des sables dragués devant les plages. (Extrait Pièce jointe 8) Si l’objectif n’est pas atteint par le port, l’incidence sera indirecte, négative, et permanente. Nous recommandons de ramener la totalité des sables dragués à l’embouchure de l’Adour devant les plages car il s’agit là d’un enjeu majeur pour le littoral, pour l’économie touristique et pour les contribuables angloys.

3- Selon l’article R. 122-5-II.2 du code de l’environnement, il doit exister une analyse de l’état initial de la zone et des milieux susceptibles d’être affectés par le projet, portant notamment sur les équilibres biologiques, la population et les espaces de loisirs ainsi que les interrelations entre ces éléments. Ici, l’étude ne met pas en évidence les interrelations entre l’érosion artificielle des plages, le coût du maintien du trait de côte pour la ville d’Anglet et l’impact sur les habitudes des usagers des plages et l’activité touristique. En revanche, avec l’achat d’une nouvelle drague par le port de Bayonne, un partenariat a été mis en place entre la ville d’Anglet, l’agglomération ACBA et la CCI BPB pour remplir l’objectif de 100% de clapage côtier. Ce partenariat semble montrer la volonté des responsables de vouloir jouer la carte de la sauvegarde des plages d’Anglet et de son tourisme avec un bateau particulièrement adapté. Si cet objectif est compromis, les angloys et les usagers des plages deviendraient une nouvelle fois les victimes financières et morales de cette érosion.

4- Selon l’article. R. 122-5-II 5. du code de l’environnement et les recommandations du Groupe d’Etudes et d’Observation sur le Dragage et l’Environnement (p144 du guide GEODE), le pétitionnaire doit proposer une esquisse d’une solution alternative au dragage d’entretien de l’embouchure de l’Adour pour éviter l’impact sur les plages d’Anglet. L’idée de construire une contre digue, aussi longue que la première, tel que le concevait le projet initial demandé par les pouvoirs publics sous la direction de l’ingénieur général Dubrocq en 1922 et relancé par la CCI BPB en 1945 n’a pas été cité. Pourtant, elle resterait la meilleure alternative à l’ensablement de l’embouchure sur le long terme comme c’est le cas pour les ports de St Nazaire, le Havre, Dieppe, Boulogne, Calais, Dunkerque… Que fera-t-on le jour où la drague sera devenue trop vieille?

 

B-Dragage de l’embouchure de l’Adour et lien avec les plages nord.

Il n’y a pas d’étude fournie pour mesurer l’enjeu que représente le dragage de l’embouchure de l’Adour sur la dynamique côtière côté nord afin de savoir quel impact cette zone est susceptible de subir. La seule remarque est : «  les photos aériennes n’ont pas mis en évidence une variation significative de cette côte et donc l’absence d’engraissement en sable au nord de la digue justifie le peu d’intérêt à ce secteur à l’étude ». (P161 de l’enquête chapitre 3.3.6.3.1 A)

Discussions : Le transit en sable porté par la dérive littorale, avant la construction de la grande digue, avait été estimée, d’après les experts du procès de l’Etat en 1974, à 200 000 m3/an. (Pièce 4 page 46, b)  Mais les extractions littorales effectuées pour les travaux publics sur ces plages, 450 000m3/an ou 7 500 000 m3 de sable entre 1960 et 1975, avaient perturbés la dynamique sédimentaire locale faisant reculer ces plages par dizaines de mètres. Ainsi, le chiffre de 200 000 n’a pu être confirmé exactement en 1986. (Pièce 3 chapitre 2).

Depuis la construction de la digue, le LCHF (pièce 9) a estimé en 1986 le nouveau transit à 50 000 m3/ an, chiffre surestimé d’après P-Y Landouer  en 1990 (pièce 4). La profondeur de fermeture, profondeur où les sables ne sont plus mobilisables est évaluée à -15 mètres par le Casagec en 2014 (p162-163 paragraphe 3.3.6.3.1.C) , c’est-à-dire  bien au-delà  de la profondeur existante devant l’extrémité de la grande digue du Boucau (-10 mètres). Il existe d’ailleurs une flèche sableuse sous-marine en bout de digue semblant venir du nord et situé à l’extrémité de la zone de dragage (carte A et C p400 de l’enquête). Une autre carte bathymétrique montre une autre flèche sablonneuse sous-marine en direction de la grande digue du Boucau. (Figure 3 page 5/24 annexe 11 étude Casagec « Définitions des zones impactées par les rejets des sédiments  dragués par le port de Bayonne. »)

La forme de la digue, concentrique, n’empêche pas le courant de rivage de sortir par le chenal longeant l’enrochement et ainsi transporter le sable fin pris sur la plage lors des grosses houles. (Etude Casagec, schémas du paragraphe 7.3 et 7.4 page 60-63/130 et 7.19 p92 et 93 « Modélisation hydrodynamique 2D »). Cela expliquerait  la présence d’amas de sable en bout d’épi, devant la zone 1 régulièrement dragué à -12 mètres.  Il est ainsi probable que le sable venant du nord tombe dans le chenal avant d’y être dragué.

Sur la plage, depuis l’arrêt des extractions littorales en 1975, ce secteur est en engraissement lent d’un mètre par an environ. (Pièce 3; chapitre III) ce que confirme la carte publiée par la préfecture aquitaine relatant cette impression. Il existe donc une véritable inconnue sur la tendance de ce secteur car les constats scientifiques s’opposent. Ainsi la zone « plage nord-embouchure» devrait faire l’objet d’un suivi plus précis afin de connaitre l’évolution des bathymétries au cours du temps, identifier les volumes de sable potentiellement dragués depuis l’embouchure et définir l’impact que pourrait avoir ces activités sur le trait de côte. De plus, des analyses physico-chimiques des sables devraient être réalisées afin de savoir si elles font écho aux valeurs relevées sur les plages d’Anglet. Le but étant de livrer une vision globale de l’évolution sédimentaire de l’embouchure de l’Adour en lien avec les activités de dragages.

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                                     « Evolution moyenne du trait de côte entre 1966 et 1998 »                                              Carte diffusée en 2001 par la préfecture région aquitaine (via Ifremer)

 

C-Zone d’immersion des sédiments sur la zone de dépôt au large.

Nous sommes satisfaits de voir que la zone A de dépôt au large s’est agrandie vers l’ouest dans le but de séparer les sables de l’embouchure (zone 1), des sables vaseux (zone 2 à 10). Les prélèvements faits par l’Observatoire de l’Estuaire de l’Adour sur la zone A sont intéressants mais il s’agit là de couches de surfaces du dépôt, couches régulièrement balayées par les fortes houles hivernales. (-14 mètre.)  Il aurait été plus percutant de réaliser des carottages en profondeur afin de connaitre le sort bactériologique et physico-chimique des déblais déposés ici depuis plusieurs décennies.

  • Mise à terre d’une partie des sables dragués dans l’estuaire à des fins non littorales.

Nous sommes satisfaits de constater que la CCI Bayonne Pays Basque ait abandonné la modification de l’arrêté inter-préfectoral intervenue en Juin 2012, autorisant la mise à terre d’une partie des sables dragués à l’embouchure de l’Adour dans un but de commercialisation. Cette modification imposée en 2013 avait provoqué une mobilisation sans précédent des usagers des plages d’Anglet demandant l’abandon du projet et son retrait du nouvel arrêté. La volonté générale voulait que les sables soient rendus au littoral dans un but d’éviter un effet irréversible sur le trait de côte et des surcoûts financiers. (Pétition en pièce jointe).

Concernant les sédiments dragués à l’intérieur de l’Adour, il s’agit là de sables et de vases. Les volumes de sable ont été estimé par l’O.A.E en 2014 entre 115 000 et 175 000 m3 /an. (p 272 paragraphe 4.2.7.1.1) Ces sédiments dragués sur les zones 2 à 10 sont relâchés depuis plusieurs décennies au large, en zone A, et sont ainsi perdus pour le littoral. Les opérations de dragage de l’estuaire privent chaque année le littoral des sables qui lui sont destinés. L’impact de ces activités de dragage de l’estuaire de l’Adour est donc négatif pour le littoral angloy. Selon le guide technique des bonnes pratiques de dragage portuaire du GEODE, l’opérateur a obligation de mettre en œuvre des mesures réductrices et, à défaut, des mesures compensatoires surtout si  les effets sont permanents où irréversibles pour le littoral, ce qui est le cas ici. Une revalorision de ces sables à terre pourrait être envisagée par le pétitionnaire pour le littoral comme mesure réductrice ou compensatoire pour les angloys qui payent le coût du maintien du trait de côte.

 

  • Dragage du lit de l’Adour/ Evolution des berges et des ponts:

Dans le précédent arrêté, il était prévu de draguer 200 000 m3 de sable et de vase/an sur les zones 2 à 9 de l’estuaire. Mais en fait, il a été dragué en moyenne 350 000 m3/ an dans l’estuaire, soit 1.8 fois plus que prévu sur les 10 années passées. (p32 tableau 11 de l’étude) Le nouvel arrêté propose de draguer 525 000 m3 dans l’estuaire, soit 2.6 fois plus que l’ancien arrêté, pour permettre de porter le volume de tonnage des navires, côté quai de Blancpignon, à 20 000 tonnes. Le volume de sable piégé dans les zones 4 à 8 est  évalué entre 115 000 à 175 000 m3/an. Le volume total dragué étant de 350 000 m3, la différence serait composée de vases. (p 272 paragraphe 4.2.7.1.1)

Discussion :

Dans les années 1970, le port draguait en moyenne dans l’estuaire moins de 100 000 m3 de sable et de vase/ an (pièce jointe AD64) et le fleuve charriait, d’après le L.C.H.F en 1974/1975 et la SOGREAH 1989, 50 000m3 de sable/an (p24 annexe 4 chapitre 7). Existe-t-il une étude qui permette de comparer les bathymétries de l’estuaire de l’Adour afin de savoir si le lit du fleuve est stable, en engraissement ou en érosion par rapport à l’augmentation de ces activités depuis les années 70?

Si le port vient à draguer 525 000 m3/ an comme le spécifie le futur arrêté, il y a fort à parier que le bilan sédimentaire de l’estuaire de l’Adour sera négatif. Ainsi, on draguera plus que le fleuve ne produira de sédiment si ce n’est pas déjà le cas aujourd’hui! Un sur-dragage de l’estuaire de l’Adour va provoquer une accélération de l’érosion des berges et des quais mais aussi des piles des ponts qui traversent l’Adour ou la Nive. (Cas du pont Mayou  en février 2009, reconsolidation des berges à côté de la capitainerie d’Anglet en Mars 2014) Le développement économique du port justifie certainement une augmentation du dragage de l’estuaire. Qui va prendre en charge le futur coût de l’affaiblissement des ouvrages d’art qui bordent l’estuaire de l’Adour s’il a lieu?

 

  • Clapage des sédiments en zone C (Figure 133 p284 de l’enquête publique)

La zone de clapage interne appelé aussi zone C est une zone qui se situe devant la capitainerie du port de Bayonne près de l’embouchure de l’Adour (figure 19 p78 de l’enquête publique). Elle est utilisée lors des mauvaises conditions météorologiques maritimes pour réaliser le clapage des sédiments dragués dans l’estuaire de l’Adour, sédiments essentiellement vaseux prélevés dans les  zones 4 à 8. Grâce au jusant, ces vases vont se retrouver dispersées vers l’embouchure et au-delà en mer alors que la méthode classique de dépôt sur la zone A au large, libère les sables et vases qui vont, en grande partie, directement se déposer au fond par -25 mètres dans un secteur délimité et stable. L’arrêté autorise chaque année de claper 50 000 m3 de vase à cet endroit, l’équivalent de 50 chargements de la drague mixte Hondarra ou 10% des sédiments dragués dans l’estuaire. Il existe une période de restriction à un clapage/ jour durant la migration de la Civelle entre Décembre et Février. (Tableau 23 p75)

Discussions : le panache de l’Adour est un phénomène naturel visible essentiellement en l’hiver et au printemps quand le fleuve est chargé de matières en suspension. On l’aperçoit devant les plages d’Anglet mais aussi devant celles de Biarritz certains jours. Dans la bibliographie scientifique, il est dit que ce panache a déjà participé à la sédimentation du Gouf de Capbreton lors des grands épisodes tempétueux (p3/24 de l’étude Casagec « Définition des zones impactées par les rejets de sédiments dragués par le port de Bayonne »). Quand les conditions météorologiques sont mauvaises, le panache de l’Adour a pour habitude de revenir sur la côte et de lécher les rivages du littoral pour y déposer des détritus que seul un fleuve peut apporter à l’océan (bois, piments, animaux morts, verres des fêtes de Bayonne, perfuseurs de Cambo…). D’ailleurs, même si on ne le voit pas, le panache peut venir jouer les troubles fête en été, dès que le vent passe à l’ouest. On ne compte plus alors les jours de fermeture des plages d’Anglet liés à ce panache après de fortes pluies, venant troubler les analyses des eaux de baignade.(Tableau 50 p168) L’étude de 2006, réalisée par le centre technique littoral de la Lyonnaise des Eaux et le Casagec démontre cette influence connue. Ainsi vous comprendrez aisément que la majorité des clapages effectués dans la zone C par mauvaises conditions météorologiques vont se disperser de l’embouchure de l’Adour vers le large, mais aussi vers les plages d’Anglet et de Biarritz dès que le vent y sera favorable. (Photo p 415 de l’annexe de l’enquête publique)

Regardons maintenant la qualité des sédiments de dragage destinés à la zone C. Les vases sélectionnées proviennent des zones 4 à 8. Au vu des analyses réalisées par le port de Bayonne, durant ces 10 dernières années, ces zones ont eu en quasi permanence des teneurs en métaux lourds proche du seuil N1, soit 5 à 10 fois plus que les teneurs des plages (hormis pour le Cadmium et le mercure). Certaines ont dépassé le seuil N2 en PCB et elles ont toutes, au moins une fois, dépassés le seuil N1 voire N2 avec les TBT ou les HAP. (p93 à 104 de l’enquête publique) Les substances chimiques qui sont présentes sous forme particulaire dans les sédiments (associées aux matières en suspension par des phénomènes d’absorption sur les colloïdes) peuvent, en fonction des conditions physico-chimiques du milieu (salinité, pH, potentiel d’oxydo-réduction) passer sous la forme dissoute.(extrait GEODE)  Cette forme de contamination est la plus bio-disponible dans l’environnement marin qui peut conduire à une bioaccumulation des contaminants dans les organismes vivants si elle est répétée ce qui est le cas ici. De plus, ces clapages dans la zone interne peuvent interférer directement avec les prélèvements réalisés par le ROCCH de l’Ifremer au niveau du marégraphe, pour le suivi en métaux lourds de l’Adour réalisé depuis 1998. (fig 69 p178)

Un chargement de la drague Hondarra, c’est l’équivalent de 100 camions benne de vase et un chargement d’une drague de la SDI, c’est 500 camions benne. Par ailleurs, plusieurs clapages dans la zone interne par jour sont possibles du 01/03 au 15/06 et du 15/09 au 30/11. Les études sur cette zone C sont peu nombreuses et très peu documentées (p117 paragraphe 3.2.2.3) et parfois même minorées. C’est le cas des schémas d’impact des clapages de l’étude « modélisation numérique de l’effet des opérations de clapage » (p436) où des schémas de l’étude « modélisation hydrodynamique 2DH Houle/Courant » (p29 à 93)  où il aurait été plus pertinent d’additionner le débit de l’Adour et l’effet de marée à la houle et au vent car il n’y a au total pas deux mais quatre facteurs qui rentrent en compte. En effet les impacts du débit de l’Adour auraient été plus significatifs et auraient montré un potentiel de plus large envergure. (potentiel cité à la page p3/24 de l’étude en annexe « définition des zones impactées par les rejets des sédiments dragués par le port de Bayonne » … Les conclusions avancées sur l’impact de la zone interne sont juste « supposées » ! (p271 paragraphe 4.2.6.2) Combien de temps mettent réellement ces vases pour se dissoudre dans la zone interne sachant qu’aucune étude jointe à l’enquête n’est capable d’y répondre? Et si la durée de vie d’un dépôt était supérieure à une marée, les contaminants pourraient se retrouver à nouveau accumulés dans l’estuaire de l’Adour, situation qui va à l’encontre des recommandations du GEODE.

Cette zone de clapage interne est très inquiétante par son usage car elle nébulise des particules polluées vers le large mais aussi vers la côte, là où ont lieu les activités balnéaires. Elle pourrait être ainsi à l’origine de pollutions insidieuses voire inexpliquées des sables littoraux si ce n’est pas déjà le cas, avec les bruits de fond élevés en Chrome et en Nickel retrouvés en 2010 et 2012 sur les plages d’Anglet. Elle représente donc un danger potentiel car elle peut avoir un impact sanitaire et environnemental négatif pour l’avenir des plages et de ses usagers. Il serait recommandé d’abandonner cette pratique au plus vite vu l’ampleur des enjeux.

 

Conclusions :

-Il est capital de ramener 100% du sable dragué à l’embouchure de l’Adour devant les plages d’Anglet pour éviter de nouveaux impacts économiques et environnementaux.

– Il est nécessaire que le pétitionnaire lance de nouvelles études sur les alternatives au dragage de l’embouchure de l’Adour afin de trouver une situation plus pérenne.

-Il  est nécessaire de livrer une vision plus globale de l’évolution sédimentaire de l’estuaire de l’Adour en lien avec les activités de dragages notamment en déterminant plus précisément les volumes de sables charriés par le fleuve en amont et en aval de l’estuaire et de connaitre l’impact potentiel que peuvent représenter les dragages à l’embouchure sur la côte nord.

– Une revalorisation des sédiments dragués dans l’estuaire pourrait être envisagée à terre par le pétitionnaire pour protéger le littoral d’Anglet apparaissant ainsi comme une mesure réductrice ou compensatoire. Cette solution permettrait, par la même occasion, de diminuer les volumes de sédiments immergés dans la zone A au large.

– La zone de clapage interne, zone C, est une aberration dans son utilisation car elle va à l’encontre de toutes logiques environnementales et sanitaires. Elle n’a fait l’objet dans cette enquête d’aucune étude de risque spécifique. Elle doit être purement et simplement abandonnée.

– Notre association est étonnée de ne pas avoir était consultée pour participer à une démarche participative comme le préconise le G.E.O.D.E. Afin de jouer la plus grande transparence avec les activités de dragage organisées par le pétitionnaire, nous demandons que les associations sensibles au sujet reçoivent régulièrement les résultats des études et analyses pratiqués dans le cadre de l’arrêté et qu’une réunion d’information et d’échange soit organisée tous les ans.

Association Sos Littoral Angloy

Annexe:

Tableau des journée de dragage dans l'année

TABLEAU A