LA BARRE STORY: FLASH-BACK!

Retour sur l’exposition « La Barre Story » qui était présente devant le parc Izadia durant l’été 2015. Cette exposition rétrospective du site de la Barre avait été montée par le service d’Izadia et la direction culturelle de la ville d’’Anglet. Nous avions, à cette occasion, apporté quelques photos et témoignages. L’exposition abordait plusieurs thèmes comme celui de l’embouchure de l’Adour avec le dragage de la Barre, la construction de la grande digue du Boucau avec sa grue Titan, l’âge d’or du surf dans les années 60 avec sa fameuse vague de renommée internationale, mais aussi les extractions littorales, le camping, l’hippodrome, le tir au pigeon, la patinoire et le célèbre karting, premier de son genre en France. Un vrai flash-back sur ce site emblématique de 50 hectares. Rétrospective en image donc:

Cliquez sur les images pour un agrandissement!

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L’équipe SosLa

ENQUETE PUBLIQUE: LE LITTORAL ANGLOY PRIS EN COMPTE

Ça y est, le verdict du commissaire enquêteur sur le projet de dragage de l’estuaire de l’Adour est tombé. Cette personne a émis un avis favorable, assorti de 8 réserves et de 7 recommandations. L’Etat devra donc s’appuyer sur ces conclusions pour sortir le nouvel arrêté.

Plusieurs points soulevés dans notre rapport ont été repris par le commissaire enquêteur, appuyé de son côté par des avis scientifiques locaux et régionaux comme l’IFREMER,  l’IMA, l’Institution ADOUR, et le CNRS avec notamment un spécialiste en océanographie, membre du conseil Maritime de la Façade Sud-Atlantique. Ces huit réserves demandent  à la CCI de Bayonne une augmentation des contrôles d’impact de ces activités, une amélioration des techniques de dragage dans un soucis de préservation de l’environnement estuarien et une plus grande transparence avec le public et les associations. Concernant les sept recommandations, le commissaire enquêteur invite la CCI de Bayonne à avoir une vision plus globale de l’évolution écologique de l’estuaire de l’Adour en lien avec ces activités, de lancer des études dans le but de trouver des solutions alternatives aux dragages/clapage, et de garder à l’esprit que tout projet doit envisager des mesures compensatoires sur l’environnement comme le préconise le GEODE. Pour notre association de défense du littoral, c’est une victoire car une nouvelle fois, il a été reconnu que ces activités ont un impact préjudiciable sur la côte angloye! D’ailleurs, le commissaire enquêteur n’a pas suivi les recommandations de la DREAL et de l’ARS concernant une restriction des dragages à l’embouchure et des clapages côtiers du 15 Mai et au 30 Septembre démontrant qu’elles n’étaient pas justifiées face aux enjeux du trait de côte angloy. Le combat du Colian était donc légitime et a eu gain de cause!

Nous allons vous énumérer, en première partie, les réserves et les recommandations proposées par l’enquête publique . En deuxième partie, nous joignons le rapport que l’association Sos Littoral Angloy avait remis au commissaire enquêteur le 22 Mars 2016. Bonne lecture!

 

Zone de dragage clapage définie par l'arrêté

Zones définies dans le projet de dragage de l’estuaire de l’Adour. (origine CCI Bayonne Pays Basque)

AVIS DU COMMISSAIRE ENQUÊTEUR RENDU LE 05 MAI 2016:

« Nous émettons un avis FAVORABLE assorti de 8 RESERVES et de 7 RECOMMANDATIONS.

8 RESERVES

Car même si le dossier est conforme, nous pensons que, compte tenu des enjeux, le porteur de projet doit être en mesure de:

1- PILOTER ET MESURER EN TEMPS RÉEL « LA QUALITÉ ENVIRONNEMENTALE DE SON ACTIVITÉ ET PROCÉDER SOUS SA PROPRE RESPONSABILITÉ A DES MESURES REGULIERES ET FRÉQUENTES » COMME:

Un suivi bathymétrique pour le dragage et pour le clapage

-Un suivi sur la granulométrie et la qualité physico-chimique sur toutes les zones concernées par les dragages des zones A et C (la démonstration a été faite que le risque de pollution de la zone B de clapage côtier est écarté)

-Une analyse bio-sédimentaire pour les clapages en zone A et C, sur plusieurs points, au contact des fonds et sur toutes les zones de dragage

-une analyse régulière des eaux et lorsqu’il se présente des événements exceptionnels de quelques ordres soient-ils

POUR CES ANALYSES ( et le point 2 ci-dessous), nous encourageons le maître d’oeuvre à s’appuyer sur toutes les personnes ressources compétentes en la matière afin de revoir et d’élaborer avec elles le nombre et la périodicité des analyses qui conviennent à un tel projet.

2-DILIGENTER DES ANALYSES COMPLÉMENTAIRES NON « POOLEES » DANS TOUTES LES ZONES SENSIBLES.

3-PRENDRE EN COMPTE LA QUALITE DES EAUX DE BAIGNADE D’ANGLET mais aussi  DE TARNOS

4-METTRE EN OEUVRE TOUS LES MOYENS QUI PEUVENT CONTRIBUER A ANTICIPER LA QUALITE DES EAUX ET DES SÉDIMENTS comme UN RESEAU DE SURVEILLANCE EN AMONT

5-POURSUIVRE LE SUIVI DE LA RECOLONISATION DES POPULATIONS BENTHIQUES et tirer les conclusions qui s’imposent y compris si la recolonisation ne peut s’effectuer du fait de la fréquence des opérations.

6-ETUDIER UN MODE DE TRAITEMENT DES SÉDIMENTS RETIRER DES ZONES LES PLUS SENSIBLES A TERRE afin d’envoyer les sédiments vers les filières appropriées car l’argument donné par le pétitionnaire dénote un contresens (point 4-2.3 du rapport)

7-METTRE LE PROJET AU COEUR D’UN PROCESSUS DE CONFIANCE, DE TRANSPARENCE ET DE COMMUNICATION APPORTANT LES RÉPONSES ATTENDUES PAR LES ASSOCIATIONS DE DEFENSE DE L ENVIRONNEMENT en s’appuyant par exemple sur le tableau des questions, en leur proposant DES TABLES RONDES THÉMATIQUES, avec un mode opératoire adapté qui permet d’élaborer sereinement LES POINTS LES PLUS CRUCIAUX: POLLUTION, EROSIONS (côtes et amont du fleuve) afin de réduire l’écart existant (point 5-3 du rapport) en terme d’attente d’information des publics au regard de la consultation des publics

8-ASSOCIER LES 4 COMMUNES MITOYENNES DU PORT A LA PROCÉDURE D’ALERTE PRÉCONISÉE PAR L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE EN CAS DE POLLUTION ACCIDENTELLE (PROTOCOLE A CRÉER?)

 

7 RECOMMANDATIONS

1-S APPUYER SUR LE TISSU ASSOCIATIF POUR LANCER DES OPÉRATIONS DE NETTOYAGE, REPLANTAGE ET DEPOLLUAGE

2-DEVANCER LA NOUVELLE DEMANDE D’AUTORISATION (2014-2024) EN LANCANT DES ETUDES POUR DES ALTERNATIVES AU DRAGAGE-CLAPAGE (DIGUE SUD voir point 5-3.4) et donc DEVANCER L’ECHEANCE 2025 (OBLIGATION DE TRAITEMENT AU SOL voir point 5-3.4)

3-PRENDRE DES MESURES COMPENSATOIRES CHAQUE FOIS QUE CELA EST POSSIBLE comme par exemple: compte tenu du déclassement par la directive cadre eau concernant les poissons, proposer une mesure compensatoire du type création de surfaces favorables à la reproduction des poissons ou à l’accueil des juvéniles avec le concours des structures compétentes

4-SE DOTER DES OUTILS DE CONNAISSANCE des ECOSYSTEMES HALIEUTIQUE ET BENTHIQUE et faire l’acquisition de données supplémentaires FAUNE & FLORE SOUS MARINES

5-ETUDIER DE N’AVOIR AUCUN CLAPAGE INTERNE

6-FAIRE UN SUIVI SUR LES PLAGES NORD DE L’EMBOUCHURE AFIN DE CONNAITRE L’EVOLUTION DES BATHYMÉTRIES AU COURS DU TEMPS, D’IDENTIFIER LES VOLUMES DE SABLE POTENTIELLEMENT DRAGUES DEPUIS L’EMBOUCHURE  AFIN DE CONNAITRE ET D’ANTICIPER LES MOUVEMENTS DU TRAIT DE CÔTE et DE RÉALISER DES ANALYSES PHYSICO CHIMIQUE DES SABLES DES PLAGES NORD AFIN DE VOIR S’IL ELLES FONT ECHOS AUX VALEURS RELEVÉES SUR LES PLAGES SUD.

7-AVOIR UNE VISION GLOBALE DE L’EVOLUTION SEDIMENTAIRE DE L’EMBOUCHURE DE L’ADOUR EN LIEN AVEC LES ACTIVITES DE DRAGAGE

Fait à Biarritz le 5 Mai 2016, 

Esmeralda Tonicello »

 

 


Rapport remis par l’association SOS LITTORAL ANGLOY le 22 MARS 2016

DISCUTIONS SUR LES PROPOSITIONS PORTÉES PAR LE PÉTITIONNAIRE CCI BPB :

A-Dragage devant l’embouchure de l’Adour et clapages côtiers:

Des études citées, Abadie et Al 2006, Rihouet 2008, montrent que le courant induit par les fortes houles (houle >4 mètres), qui s’accrochent sur la digue du Boucau, provoque un courant sud-nord devant les plages d’Anglet qui transporte le sable vers l’embouchure soit environ 460 000m3/ an. (P161 paragraphe A et p164 de l’enquête publique).  Le volume qui disparait des plages d’Anglet est évalué à 460 000 m3/an par le Casagec  en 2013. Il est dit aussi que la zone de clapage côtier va être étendue vers le nord des plages d’Anglet et que les sédiments qui y seront déposés risquent de migrer plus rapidement vers la zone d’embouchure avec les agents dynamiques locaux. (P266 de l’étude). A la page 370, paragraphe 7.2.3, il est dit que le volume dragué à l’embouchure du fleuve, 460 000 m3, correspond au volume qui disparait devant les plages d’Anglet. Plusieurs schémas de l’étude du Casagec, p 60 à 71/ 130 de l’annexe V, démontrent que lors des fortes houles, un courant côtier part du sud des plages d’Anglet pour finir devant l’embouchure. Le président de la CCI BPB, dans son courrier destiné au préfet de région, signale que le littoral d’Anglet est le plus touché par ces activités de dragage à l’embouchure et que le clapage côtier est la seule solution pour sauvegarder le littoral. (Page 3 du courrier de réponse de la CCI BPB du 3 Février 2016) La circulaire du 04/07/08 citée au début de l’enquête (pièce jointe n 7, chapitre 3aii, dernier paragraphe) relative à la procédure de gestion des sédiments lors des travaux ou d’opérations de dragages, stipule que dans le cas d’un entretien d’un ouvrage public maritime ou d’un chenal d’accès, les matériaux extraits doivent être utilisés prioritairement pour conserver le domaine public maritime. (Rechargement d’une plage qui se dégraisse, restauration de transit littoral, by-pass, création ou restauration de cordon dunaire)

Discussions :

1- Malgré toutes ces remarques pertinentes, l’enquête ne dit pas clairement l’origine du comblement de la zone 1 de l’embouchure de l’Adour et l’impact qu’elles peuvent avoir sur le trait de côte angloy si le sable dragué à l’embouchure n’est pas ramené devant les plages pour éviter une érosion artificielle, érosion reconnue comme préjudice à deux reprise en 1974 et 1986 par le tribunal administratif de Pau. Ainsi les incidences sur le milieu physique ne sont pas nulles comme l’enquête tente de le dire car les dragages ont un effet négatif sur la dynamique littorale de l’embouchure si le pétitionnaire ne réalise pas correctement son travail durant la période d’activité définie par l’arrêté. (p 260 paragraphe 4.2.2)

2- Le pétitionnaire a redéfini la durée des dragages/clapages en respectant au mieux la haute saison touristique. En effet,  la drague Hondarra doit réaliser 503 cycles entre l’embouchure du fleuve et le sud des plages d’Anglet sur 84 jours pour rapporter en moyenne  450 000 m3 de sable sur la côte.  Le tableau A (pièce jointe 4) montre que réduire plus la période d’activité ne permettrait plus d’assurer 100% de clapage côtier.

Les recommandations de la DREAL et de l’ARS risquent de compromettre le projet de préservation des plages. Les analyses des eaux de baignade sont en constante amélioration depuis plusieurs années et les études jointes montrent qu’il n’existe pas de corrélation bactériologique entre les clapages côtiers et les prélèvements réalisés sur le rivage. Et pour cause, l’océan a un pouvoir auto-épurateur reconnu et le sable prélevé devant  l’embouchure n’a pas les caractéristiques physiques pour devenir un substrat à bactérie. C’est plutôt dans le panache de l’Adour qu’il faut voir un élément perturbateur des activités de baignade. La période de migration de la pibale et des poissons migrateurs amphihalins n’est pas remise en cause. La drague est un navire parmi tant d’autre qui franchit l’embouchure deux fois par jour pour réaliser ces activités en mer sur la zone 1 et sur la zone B de clapage.  D’après le tableau A, elle n’y est présente au mieux que 15 jours par mois en moyenne entre Avril et Octobre et 6 jours par mois entre Novembre et Mars. La durée de travail y est de 10 heures par jours maximum.  Elle ne fait donc pas barrage à la faune et représente ainsi qu’un impact négligeable sur les poissons migrateurs par rapport aux activités de pêche. (4.4.1.1.2 p317)

Une partie des usagers des plages d’Anglet et des touristes fréquentent moins la côte angloye suite à la dégradation du profil des plages depuis l’arrêt du clapage côtier en 2004. Les sports de glisse, qui ont fait la réputation de ces 4.5 km de plages sont depuis, en perpétuelle dégradation à cause de l’abaissement des petits fonds livrant moins de vagues de qualité (constat relayé dans sud-ouest, surf session ou surf-prévention). La qualité physique des sables des plages est aussi préoccupante, avec de moins en moins de sable fin et de plus en plus de sable grossier, le sable fin étant mobilisé vers l’embouchure par les vagues (Annexe 5 p70 à 73 étude Casagec « modélisation hydrodynamique 2D Houle/courant) avant d’être perdu au large en zone A par la drague (3.2.1.3, p86 de l’enquête).

La sécurité des baignades encadrée par les MNS est devenue de plus en plus compliquée durant la saison estivale car l’effondrement des petits fonds a créé des trous d’eau de plus en plus grands, emportant plus facilement les baigneurs dès que la marée monte et que la houle se lève.

La mobilisation de la pétition de Mars 2013 avec 4600 voix, montre qu’il est une priorité pour l’opinion publique de ramener la totalité des sables dragués devant les plages. (Extrait Pièce jointe 8) Si l’objectif n’est pas atteint par le port, l’incidence sera indirecte, négative, et permanente. Nous recommandons de ramener la totalité des sables dragués à l’embouchure de l’Adour devant les plages car il s’agit là d’un enjeu majeur pour le littoral, pour l’économie touristique et pour les contribuables angloys.

3- Selon l’article R. 122-5-II.2 du code de l’environnement, il doit exister une analyse de l’état initial de la zone et des milieux susceptibles d’être affectés par le projet, portant notamment sur les équilibres biologiques, la population et les espaces de loisirs ainsi que les interrelations entre ces éléments. Ici, l’étude ne met pas en évidence les interrelations entre l’érosion artificielle des plages, le coût du maintien du trait de côte pour la ville d’Anglet et l’impact sur les habitudes des usagers des plages et l’activité touristique. En revanche, avec l’achat d’une nouvelle drague par le port de Bayonne, un partenariat a été mis en place entre la ville d’Anglet, l’agglomération ACBA et la CCI BPB pour remplir l’objectif de 100% de clapage côtier. Ce partenariat semble montrer la volonté des responsables de vouloir jouer la carte de la sauvegarde des plages d’Anglet et de son tourisme avec un bateau particulièrement adapté. Si cet objectif est compromis, les angloys et les usagers des plages deviendraient une nouvelle fois les victimes financières et morales de cette érosion.

4- Selon l’article. R. 122-5-II 5. du code de l’environnement et les recommandations du Groupe d’Etudes et d’Observation sur le Dragage et l’Environnement (p144 du guide GEODE), le pétitionnaire doit proposer une esquisse d’une solution alternative au dragage d’entretien de l’embouchure de l’Adour pour éviter l’impact sur les plages d’Anglet. L’idée de construire une contre digue, aussi longue que la première, tel que le concevait le projet initial demandé par les pouvoirs publics sous la direction de l’ingénieur général Dubrocq en 1922 et relancé par la CCI BPB en 1945 n’a pas été cité. Pourtant, elle resterait la meilleure alternative à l’ensablement de l’embouchure sur le long terme comme c’est le cas pour les ports de St Nazaire, le Havre, Dieppe, Boulogne, Calais, Dunkerque… Que fera-t-on le jour où la drague sera devenue trop vieille?

 

B-Dragage de l’embouchure de l’Adour et lien avec les plages nord.

Il n’y a pas d’étude fournie pour mesurer l’enjeu que représente le dragage de l’embouchure de l’Adour sur la dynamique côtière côté nord afin de savoir quel impact cette zone est susceptible de subir. La seule remarque est : «  les photos aériennes n’ont pas mis en évidence une variation significative de cette côte et donc l’absence d’engraissement en sable au nord de la digue justifie le peu d’intérêt à ce secteur à l’étude ». (P161 de l’enquête chapitre 3.3.6.3.1 A)

Discussions : Le transit en sable porté par la dérive littorale, avant la construction de la grande digue, avait été estimée, d’après les experts du procès de l’Etat en 1974, à 200 000 m3/an. (Pièce 4 page 46, b)  Mais les extractions littorales effectuées pour les travaux publics sur ces plages, 450 000m3/an ou 7 500 000 m3 de sable entre 1960 et 1975, avaient perturbés la dynamique sédimentaire locale faisant reculer ces plages par dizaines de mètres. Ainsi, le chiffre de 200 000 n’a pu être confirmé exactement en 1986. (Pièce 3 chapitre 2).

Depuis la construction de la digue, le LCHF (pièce 9) a estimé en 1986 le nouveau transit à 50 000 m3/ an, chiffre surestimé d’après P-Y Landouer  en 1990 (pièce 4). La profondeur de fermeture, profondeur où les sables ne sont plus mobilisables est évaluée à -15 mètres par le Casagec en 2014 (p162-163 paragraphe 3.3.6.3.1.C) , c’est-à-dire  bien au-delà  de la profondeur existante devant l’extrémité de la grande digue du Boucau (-10 mètres). Il existe d’ailleurs une flèche sableuse sous-marine en bout de digue semblant venir du nord et situé à l’extrémité de la zone de dragage (carte A et C p400 de l’enquête). Une autre carte bathymétrique montre une autre flèche sablonneuse sous-marine en direction de la grande digue du Boucau. (Figure 3 page 5/24 annexe 11 étude Casagec « Définitions des zones impactées par les rejets des sédiments  dragués par le port de Bayonne. »)

La forme de la digue, concentrique, n’empêche pas le courant de rivage de sortir par le chenal longeant l’enrochement et ainsi transporter le sable fin pris sur la plage lors des grosses houles. (Etude Casagec, schémas du paragraphe 7.3 et 7.4 page 60-63/130 et 7.19 p92 et 93 « Modélisation hydrodynamique 2D »). Cela expliquerait  la présence d’amas de sable en bout d’épi, devant la zone 1 régulièrement dragué à -12 mètres.  Il est ainsi probable que le sable venant du nord tombe dans le chenal avant d’y être dragué.

Sur la plage, depuis l’arrêt des extractions littorales en 1975, ce secteur est en engraissement lent d’un mètre par an environ. (Pièce 3; chapitre III) ce que confirme la carte publiée par la préfecture aquitaine relatant cette impression. Il existe donc une véritable inconnue sur la tendance de ce secteur car les constats scientifiques s’opposent. Ainsi la zone « plage nord-embouchure» devrait faire l’objet d’un suivi plus précis afin de connaitre l’évolution des bathymétries au cours du temps, identifier les volumes de sable potentiellement dragués depuis l’embouchure et définir l’impact que pourrait avoir ces activités sur le trait de côte. De plus, des analyses physico-chimiques des sables devraient être réalisées afin de savoir si elles font écho aux valeurs relevées sur les plages d’Anglet. Le but étant de livrer une vision globale de l’évolution sédimentaire de l’embouchure de l’Adour en lien avec les activités de dragages.

ONF rapport sous pref 2

                                     « Evolution moyenne du trait de côte entre 1966 et 1998 »                                              Carte diffusée en 2001 par la préfecture région aquitaine (via Ifremer)

 

C-Zone d’immersion des sédiments sur la zone de dépôt au large.

Nous sommes satisfaits de voir que la zone A de dépôt au large s’est agrandie vers l’ouest dans le but de séparer les sables de l’embouchure (zone 1), des sables vaseux (zone 2 à 10). Les prélèvements faits par l’Observatoire de l’Estuaire de l’Adour sur la zone A sont intéressants mais il s’agit là de couches de surfaces du dépôt, couches régulièrement balayées par les fortes houles hivernales. (-14 mètre.)  Il aurait été plus percutant de réaliser des carottages en profondeur afin de connaitre le sort bactériologique et physico-chimique des déblais déposés ici depuis plusieurs décennies.

  • Mise à terre d’une partie des sables dragués dans l’estuaire à des fins non littorales.

Nous sommes satisfaits de constater que la CCI Bayonne Pays Basque ait abandonné la modification de l’arrêté inter-préfectoral intervenue en Juin 2012, autorisant la mise à terre d’une partie des sables dragués à l’embouchure de l’Adour dans un but de commercialisation. Cette modification imposée en 2013 avait provoqué une mobilisation sans précédent des usagers des plages d’Anglet demandant l’abandon du projet et son retrait du nouvel arrêté. La volonté générale voulait que les sables soient rendus au littoral dans un but d’éviter un effet irréversible sur le trait de côte et des surcoûts financiers. (Pétition en pièce jointe).

Concernant les sédiments dragués à l’intérieur de l’Adour, il s’agit là de sables et de vases. Les volumes de sable ont été estimé par l’O.A.E en 2014 entre 115 000 et 175 000 m3 /an. (p 272 paragraphe 4.2.7.1.1) Ces sédiments dragués sur les zones 2 à 10 sont relâchés depuis plusieurs décennies au large, en zone A, et sont ainsi perdus pour le littoral. Les opérations de dragage de l’estuaire privent chaque année le littoral des sables qui lui sont destinés. L’impact de ces activités de dragage de l’estuaire de l’Adour est donc négatif pour le littoral angloy. Selon le guide technique des bonnes pratiques de dragage portuaire du GEODE, l’opérateur a obligation de mettre en œuvre des mesures réductrices et, à défaut, des mesures compensatoires surtout si  les effets sont permanents où irréversibles pour le littoral, ce qui est le cas ici. Une revalorision de ces sables à terre pourrait être envisagée par le pétitionnaire pour le littoral comme mesure réductrice ou compensatoire pour les angloys qui payent le coût du maintien du trait de côte.

 

  • Dragage du lit de l’Adour/ Evolution des berges et des ponts:

Dans le précédent arrêté, il était prévu de draguer 200 000 m3 de sable et de vase/an sur les zones 2 à 9 de l’estuaire. Mais en fait, il a été dragué en moyenne 350 000 m3/ an dans l’estuaire, soit 1.8 fois plus que prévu sur les 10 années passées. (p32 tableau 11 de l’étude) Le nouvel arrêté propose de draguer 525 000 m3 dans l’estuaire, soit 2.6 fois plus que l’ancien arrêté, pour permettre de porter le volume de tonnage des navires, côté quai de Blancpignon, à 20 000 tonnes. Le volume de sable piégé dans les zones 4 à 8 est  évalué entre 115 000 à 175 000 m3/an. Le volume total dragué étant de 350 000 m3, la différence serait composée de vases. (p 272 paragraphe 4.2.7.1.1)

Discussion :

Dans les années 1970, le port draguait en moyenne dans l’estuaire moins de 100 000 m3 de sable et de vase/ an (pièce jointe AD64) et le fleuve charriait, d’après le L.C.H.F en 1974/1975 et la SOGREAH 1989, 50 000m3 de sable/an (p24 annexe 4 chapitre 7). Existe-t-il une étude qui permette de comparer les bathymétries de l’estuaire de l’Adour afin de savoir si le lit du fleuve est stable, en engraissement ou en érosion par rapport à l’augmentation de ces activités depuis les années 70?

Si le port vient à draguer 525 000 m3/ an comme le spécifie le futur arrêté, il y a fort à parier que le bilan sédimentaire de l’estuaire de l’Adour sera négatif. Ainsi, on draguera plus que le fleuve ne produira de sédiment si ce n’est pas déjà le cas aujourd’hui! Un sur-dragage de l’estuaire de l’Adour va provoquer une accélération de l’érosion des berges et des quais mais aussi des piles des ponts qui traversent l’Adour ou la Nive. (Cas du pont Mayou  en février 2009, reconsolidation des berges à côté de la capitainerie d’Anglet en Mars 2014) Le développement économique du port justifie certainement une augmentation du dragage de l’estuaire. Qui va prendre en charge le futur coût de l’affaiblissement des ouvrages d’art qui bordent l’estuaire de l’Adour s’il a lieu?

 

  • Clapage des sédiments en zone C (Figure 133 p284 de l’enquête publique)

La zone de clapage interne appelé aussi zone C est une zone qui se situe devant la capitainerie du port de Bayonne près de l’embouchure de l’Adour (figure 19 p78 de l’enquête publique). Elle est utilisée lors des mauvaises conditions météorologiques maritimes pour réaliser le clapage des sédiments dragués dans l’estuaire de l’Adour, sédiments essentiellement vaseux prélevés dans les  zones 4 à 8. Grâce au jusant, ces vases vont se retrouver dispersées vers l’embouchure et au-delà en mer alors que la méthode classique de dépôt sur la zone A au large, libère les sables et vases qui vont, en grande partie, directement se déposer au fond par -25 mètres dans un secteur délimité et stable. L’arrêté autorise chaque année de claper 50 000 m3 de vase à cet endroit, l’équivalent de 50 chargements de la drague mixte Hondarra ou 10% des sédiments dragués dans l’estuaire. Il existe une période de restriction à un clapage/ jour durant la migration de la Civelle entre Décembre et Février. (Tableau 23 p75)

Discussions : le panache de l’Adour est un phénomène naturel visible essentiellement en l’hiver et au printemps quand le fleuve est chargé de matières en suspension. On l’aperçoit devant les plages d’Anglet mais aussi devant celles de Biarritz certains jours. Dans la bibliographie scientifique, il est dit que ce panache a déjà participé à la sédimentation du Gouf de Capbreton lors des grands épisodes tempétueux (p3/24 de l’étude Casagec « Définition des zones impactées par les rejets de sédiments dragués par le port de Bayonne »). Quand les conditions météorologiques sont mauvaises, le panache de l’Adour a pour habitude de revenir sur la côte et de lécher les rivages du littoral pour y déposer des détritus que seul un fleuve peut apporter à l’océan (bois, piments, animaux morts, verres des fêtes de Bayonne, perfuseurs de Cambo…). D’ailleurs, même si on ne le voit pas, le panache peut venir jouer les troubles fête en été, dès que le vent passe à l’ouest. On ne compte plus alors les jours de fermeture des plages d’Anglet liés à ce panache après de fortes pluies, venant troubler les analyses des eaux de baignade.(Tableau 50 p168) L’étude de 2006, réalisée par le centre technique littoral de la Lyonnaise des Eaux et le Casagec démontre cette influence connue. Ainsi vous comprendrez aisément que la majorité des clapages effectués dans la zone C par mauvaises conditions météorologiques vont se disperser de l’embouchure de l’Adour vers le large, mais aussi vers les plages d’Anglet et de Biarritz dès que le vent y sera favorable. (Photo p 415 de l’annexe de l’enquête publique)

Regardons maintenant la qualité des sédiments de dragage destinés à la zone C. Les vases sélectionnées proviennent des zones 4 à 8. Au vu des analyses réalisées par le port de Bayonne, durant ces 10 dernières années, ces zones ont eu en quasi permanence des teneurs en métaux lourds proche du seuil N1, soit 5 à 10 fois plus que les teneurs des plages (hormis pour le Cadmium et le mercure). Certaines ont dépassé le seuil N2 en PCB et elles ont toutes, au moins une fois, dépassés le seuil N1 voire N2 avec les TBT ou les HAP. (p93 à 104 de l’enquête publique) Les substances chimiques qui sont présentes sous forme particulaire dans les sédiments (associées aux matières en suspension par des phénomènes d’absorption sur les colloïdes) peuvent, en fonction des conditions physico-chimiques du milieu (salinité, pH, potentiel d’oxydo-réduction) passer sous la forme dissoute.(extrait GEODE)  Cette forme de contamination est la plus bio-disponible dans l’environnement marin qui peut conduire à une bioaccumulation des contaminants dans les organismes vivants si elle est répétée ce qui est le cas ici. De plus, ces clapages dans la zone interne peuvent interférer directement avec les prélèvements réalisés par le ROCCH de l’Ifremer au niveau du marégraphe, pour le suivi en métaux lourds de l’Adour réalisé depuis 1998. (fig 69 p178)

Un chargement de la drague Hondarra, c’est l’équivalent de 100 camions benne de vase et un chargement d’une drague de la SDI, c’est 500 camions benne. Par ailleurs, plusieurs clapages dans la zone interne par jour sont possibles du 01/03 au 15/06 et du 15/09 au 30/11. Les études sur cette zone C sont peu nombreuses et très peu documentées (p117 paragraphe 3.2.2.3) et parfois même minorées. C’est le cas des schémas d’impact des clapages de l’étude « modélisation numérique de l’effet des opérations de clapage » (p436) où des schémas de l’étude « modélisation hydrodynamique 2DH Houle/Courant » (p29 à 93)  où il aurait été plus pertinent d’additionner le débit de l’Adour et l’effet de marée à la houle et au vent car il n’y a au total pas deux mais quatre facteurs qui rentrent en compte. En effet les impacts du débit de l’Adour auraient été plus significatifs et auraient montré un potentiel de plus large envergure. (potentiel cité à la page p3/24 de l’étude en annexe « définition des zones impactées par les rejets des sédiments dragués par le port de Bayonne » … Les conclusions avancées sur l’impact de la zone interne sont juste « supposées » ! (p271 paragraphe 4.2.6.2) Combien de temps mettent réellement ces vases pour se dissoudre dans la zone interne sachant qu’aucune étude jointe à l’enquête n’est capable d’y répondre? Et si la durée de vie d’un dépôt était supérieure à une marée, les contaminants pourraient se retrouver à nouveau accumulés dans l’estuaire de l’Adour, situation qui va à l’encontre des recommandations du GEODE.

Cette zone de clapage interne est très inquiétante par son usage car elle nébulise des particules polluées vers le large mais aussi vers la côte, là où ont lieu les activités balnéaires. Elle pourrait être ainsi à l’origine de pollutions insidieuses voire inexpliquées des sables littoraux si ce n’est pas déjà le cas, avec les bruits de fond élevés en Chrome et en Nickel retrouvés en 2010 et 2012 sur les plages d’Anglet. Elle représente donc un danger potentiel car elle peut avoir un impact sanitaire et environnemental négatif pour l’avenir des plages et de ses usagers. Il serait recommandé d’abandonner cette pratique au plus vite vu l’ampleur des enjeux.

 

Conclusions :

-Il est capital de ramener 100% du sable dragué à l’embouchure de l’Adour devant les plages d’Anglet pour éviter de nouveaux impacts économiques et environnementaux.

– Il est nécessaire que le pétitionnaire lance de nouvelles études sur les alternatives au dragage de l’embouchure de l’Adour afin de trouver une situation plus pérenne.

-Il  est nécessaire de livrer une vision plus globale de l’évolution sédimentaire de l’estuaire de l’Adour en lien avec les activités de dragages notamment en déterminant plus précisément les volumes de sables charriés par le fleuve en amont et en aval de l’estuaire et de connaitre l’impact potentiel que peuvent représenter les dragages à l’embouchure sur la côte nord.

– Une revalorisation des sédiments dragués dans l’estuaire pourrait être envisagée à terre par le pétitionnaire pour protéger le littoral d’Anglet apparaissant ainsi comme une mesure réductrice ou compensatoire. Cette solution permettrait, par la même occasion, de diminuer les volumes de sédiments immergés dans la zone A au large.

– La zone de clapage interne, zone C, est une aberration dans son utilisation car elle va à l’encontre de toutes logiques environnementales et sanitaires. Elle n’a fait l’objet dans cette enquête d’aucune étude de risque spécifique. Elle doit être purement et simplement abandonnée.

– Notre association est étonnée de ne pas avoir était consultée pour participer à une démarche participative comme le préconise le G.E.O.D.E. Afin de jouer la plus grande transparence avec les activités de dragage organisées par le pétitionnaire, nous demandons que les associations sensibles au sujet reçoivent régulièrement les résultats des études et analyses pratiqués dans le cadre de l’arrêté et qu’une réunion d’information et d’échange soit organisée tous les ans.

Association Sos Littoral Angloy

Annexe:

Tableau des journée de dragage dans l'année

TABLEAU A

 

 

LES TROUS DE RENARD: QUEZACO?

Actuellement, (Avril 2016) on peut apercevoir des travaux de réparation sur les trous de renard présents au niveau de la digue sud de l’embouchure de l’Adour. On nomme « trou de renard » les trous provoqués par la chute de matériaux situés en surface vers une cavité souterraine. A l’embouchure, ils sont dus à des infiltrations d’eau qui ont lieu à travers la digue sud lors des fortes marée montrant ainsi les faiblesses de l’ouvrage liées à son âge.

trou de renard 2

Un encadrement de sécurité a été installé autour de la zone renardée près de la vielle digue sud.

 

C’est ce qui c’était déjà passé en Octobre 2002. A l’époque, les services de la DDE maritime avait excavé le sable présent contre la jeté pour en connaitre la raison.

trou de renard 2002

Trou de renard en Octobre 2002  pratiquement au même endroit. (Archives médiathèque Bayonne/Sud-ouest 2002)

 

Ils s’étaient rendu compte que l’eau circulait entre les blocs, présents côté sud de la jetée, suite à la formation de failles dans l’ouvrage. La digue était donc devenu perméable!

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L’excavation avait, à l’époque, mis au jour les blocs d’ophite mais aussi mis en évidence des infiltrations de l’eau du fleuve à travers la digue. ( Archives médiathèque Bayonne/Sud-ouest 2002)

 

Pour rappel, cet ouvrage d’art d’une longueur de 300 mètres environ avait été construit entre 1895 et 1912 par comblement des jetées à claires voies existantes, afin de canaliser le jusant de l’Adour et avoir un effet de chasse d’eau sur l’accumulation des sables qui formait le célèbre banc de la Barre. La jetée a bénéficié depuis de nombreuses maintenances et confortements par le service des Ponts et Chaussées.

digue sud vers 1960 OCA

La digue sud vers 1960. Un ouvrage malmené par les intempéries océaniques. Notez la présence de rails de chemin de fer qui permettaient d’acheminer les matériaux pour son entretien.

 

Au même moment, la Région a procédé à la consolidation de la digue intérieure touchée par les mêmes intempéries. Le coût global des opérations, digue sud + digue de la patinoire, est de 90 000€.

L’équipe SosLA

 

 

 

 

 

 

 

Point érosion au 08 Mai 2016

L’hiver, pour le littoral angloy, s’est terminé début Avril, avec la fin des houles XL dans le golf de Gascogne. La plus grosse tempête, cette année, s’est relevée être Zurica au mois de Février. Nous relevons qu’à cette occasion, des dalles du mur de soutien de la plage du Club ont volé en éclat et la brande présente en haut de la plage de la Madrague a été arrachée par des jets de vagues exceptionnels…

Voici l’analyse comparative, plage par plage, de l’évolution sableuse de la côte angloye au printemps des trois dernières années à marée basse avec une hauteur d’eau de 0.48 mètre le 8 Mai 2016,  de 0.54 m le 23 Mars 2015 et de 0.55 mètre le 30 Mars 2014:

Les plages sud d’Anglet:

-Plage de la petite Chambre d’Amour ( photo 2016-2015-2014)

vvf 0805 2016

vvf 23 mars 2015 bis

vvf mars 2015 marée basse hauteur d'eau 0.54m

 La plage de la petite Chambre d’Amour, de manière générale, parait moins ensablée sur sa partie haute en 2016 que sur les années précédentes. Cela se voit bien à la base de l’épis du VVF. Il semble que la plage se décaisse progressivement depuis 2014

-Petite Chambre d’Amour (2016-2015-2014)

vvf2

vvf mars 2015 marée basse hauteur d'eau 0.55m

vvf mars 2014 marée basse hauteur d'eau 0.54m

 Sur ces clichés, on voit que la plage était bien plus avancée dans la mer en 2014 qu’en 2015 et 2016. Les fortes houles de 2014 avaient poussé le sable des petits fonds sur le haut du rivage provoquant en partie la disparition des bancs de sable de marée basse. On a aujourd’hui la sensation d’un retour des bancs à marée basse. A confirmer!

La plage du Club: (2016-2015-2014)

club 0805 2016

club mars 2015 marée basse hauteur d'eau 0.55m

club mars 2014 marée basse  coef 109 et hauteur d'eau 0.54m

Il y a un banc de marée basse qui immerge en 2016 comme en 2015. L’accumulation de sable en haut de plage est moins importante qu’en 2014. Le drainage naturel de la plage  qui s’était produit en Février-Mars-Avril 2015 ne s’est pas reproduit 2016!

La plage des Sables d’Or: (2016-2015-2014)

sable d'or digue2 0805 2016

Sable d'Or mars 2015

Sable d'Or mars 2014

La plage des Sables d’Or a retrouvé le bourrelet de sable sur sa partie haute de 2014.???

Les plages centrales d’Anglet:

-Plage des Corsaires et de la Madrague: (2016-2015-2014)

cote nord 0805 2016

centre mars 2015 marée basse hauteur d'eau 0.55m

Anglet centre mars 2014 marée basse hauteur d'eau 0.54m

Entre la plage des Corsaires et la plage de l’Océan, il y a toujours une importante accumulation de sable grossier au milieu de la plage livrant une forte pente jusqu’au rivage. Mais les estrans sont moins bombés qu’en 2015. Le rivage a reculé là aussi et retrouvé ses marques de 2014… Ce recul a permis à l’extrémité de la digue de la Madrague de refaire son apparition. Le banc de marée basse a l’air d’avoir augmenté en volume au sud de l’épi au détriment de celui présent au nord. A noter, la plage de Marinella semble prendre progressivement le profil des plages plus au nord par une submersion de sable par dessus la digue provenant de la plage des Corsaires.

Plage de la Madrague: (2016-2015)

madrague

madrague marée basse mars 2015

En Mars 2015, l’enrochement de la Madrague était enseveli sous le sable. La pente de l’estran y était très forte, à tel point qu’on ne voyait plus le poste MNS depuis le rivage. Cette année, l’épi a fait sa réapparition grâce à un recul du rivage mais il reste encore beaucoup de travail à faire question pente! Le banc, au sud de l’enrochement et plus fort qu’en 2015 et celui présent au nord de l’épi a quasiment disparu.

 

Les plages nord d’Anglet:

 Plage des Cavaliers: (2016-2015-2014)

cavallier 0805 2016

cavalier mars 2015 marée basse hauteur d'eau 0.55m

cavalier mars 2014 marée basse hauteur d'eau 0.54m

 Le rivage des plages nord semble, lui aussi, avoir reculé en 2016. Les plages y paraissent moins bombées qu’en 2015. C’est nettement visible entre les Dunes et la digue des Cavaliers. Question banc, il semble que le banc situé en face à la plage de l’océan soit plus prononcé qu’en 2015 et celui des Cavaliers plus diminué!

Conclusion:

Le sud du littoral semble être dans une situation d’équilibre sédimentaire entre le printemps 2015 et celui de 2016, hormis les Sables d’Or, où le haut de plage s’est re-engraissé au détriment du banc de marée basse. Au centre et au nord, un recul du rivage s’est opéré se rapprochant de celui existant en Mars 2014. Les plages paraissent moins bombées mais avec une forte pente qui perdure. Concernant les bancs de marée basse, il semble qu’il y ait eu une redistribution des sables selon les plages. Cette tendance reste à confirmer à la fin de l’été avec le retour de sable présent au large et l’effet de reprofilage mécanique des plages qui va être réalisé au mois de Juin.

 

L’équipe SosLa

Renforcement de la digue intérieure!

Actuellement (Avril 2016), on peut observer des travaux de confortement de la petite digue de la Barre ou digue intérieure, construite en 2000. Elle a subi les assauts des tempêtes de 2014. Un affouillement s’était alors produit près du rivage, laissant entrevoir la dalle de béton, suite à un déplacement massif de sable par forts courants.

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Les blocs d’ophyte ont été emporté par les tempêtes de 2014.

Depuis, l’affouillement ne fait que s’étendre, notamment avec la tempête Zurica de Février 2016, et menace la base de l’ouvrage. Quelques blocs supplémentaires financée par la grande région pour le compte du port, devrait permettre d’appréhender un peu plus sereinement les prochaines houles hivernales.

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Les blocs d’ophite et le bull en attente du coup de départ!

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Pour rappel, la digue sud de la Barre a été construite en 2000 en face de la patinoire, pour dévier les courants traversiers qui sévissaient à l’embouchure de l’Adour lors des fortes houles. Cela a permis de réorienter les sables venant des plages d’Anglet vers la fosse de garde*pour y être dragués. Il fallut 150 000 tonnes de blocs d’ophite de Souraïde et Ainhoa, plus de 720 cubes de béton pesant chacun entre 19 et 24 tonnes, le tout surmonté d’une dalle de béton de 1.5 à 2 mètres d’épaisseur. L’opération a coûté, à l’époque, 50 millions de francs, financé par la DDE.

 

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L’embouchure de l’Adour en 2000! Au premier plan, on aperçoit la fin de la construction de la digue intérieure.

 

A l’époque, les ingénieurs de la DDE se félicitaient d’avoir vu juste quand à l’efficacité du nouvel ouvrage d’art pour le fonctionnement du port. Mais savaient-ils qu’ils venaient, par la même occasion, de condamner définitivement la fameuse vague de la Barre, qui possédait encore de beaux restes malgré la construction de la digue des Cavaliers en 1977. Cette vague qui avait fait la réputation des plages d’Anglet dans les années 60/70, restait d’un attrait incontournable lors des grosses houles et un argument économique pour le littoral angloy!

 

la barre 09 1998

La Barre en Septembre 1998: encore quelques déferlements mythiques avant le coup de grâce de 2000!

 

En même temps, la Région procède à la réfection de la digue sud de l’embouchure où des « trous de renard » ont fait leur apparition durant la même période d’intempérie.

L’équipe SosLa

 

*fosse de garde= piège à sable

 

Littoral angloy: deuxième victoire !

Ça y est , c’est officiel! La Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne Pays Basque, pétitionnaire du dragage de l’estuaire de l’Adour depuis 2009, a enfin retiré de l’arrêté inter-préfectoral sa modification de Juin 2012 autorisant, pour la première fois, la mise à terre des sables dragués devant l’embouchure dans un but de commercialisation!

Après trois ans de lutte pour faire entendre la voix des usagers des plages d’Anglet, mais également celle des habitants de l’agglomération, la pétition « Empêchons la vente du sable des plages publiques d’Anglet » a eu gain de cause. En effet, nous avions envoyé aux intéressés la pétition en Juin 2014 pour faire entendre notre mécontentement. Nous avons pu constater seulement en Mars 2016, dans l’enquête publique sur le nouvel arrêté inter-préfectoral, le retrait officiel et définitif de ce projet fou! Cette pétition aura comptabilisé, au total, plus de 4600 signatures. Concrètement, cela a révélé la forte attente des usagers des plages d’Anglet et la direction à prendre en matière de politique balnéaire: la préservation du littoral et de ses loisirs face à l’érosion artificielle liée aux activités portuaires. Un grand merci à tous ceux qui ont participé à cette grande bataille, votre confiance et votre soutien auront été déterminants!

Forts de cette nouvelle victoire, nous allons plus que jamais rester vigilants sur l’avenir des plages d’Anglet. Nous avons eu l’occasion de nous exprimer, il y a peu, au travers de l’enquête publique sur les nouvelles modalités de fonctionnement de la drague Hondarra. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés sur les conclusions du commissaire enquêteur dans cette affaire, car l’histoire n’est pas encore finie!

L’équipe SosLa

 

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Dragages automne-hiver 2015

Depuis l’arrivée de la nouvelle drague à demeure, le terme « campagne de dragage » est devenu obsolète. En effet, ces opérations sont désormais gérées à l’année par le port de Bayonne avec une coupure estivale, entre le 1 Juillet et le 01 Septembre. Voici le bilan des « dragages automne-hiver 2015 »:

Sur 73 216,7 m3 de sable dragué devant l’embouchure de l’Adour, 915.2 m3 ont été clapé au large, sur la zone de dépôt, soit une perte de 1.25% pour le littoral.  915.2 m3 de sable, c’est l’équivalent d’un chargements du navire ou de 77 camions benne! Lors de sa mise en service, en septembre 2015, la drague Hondarra avait effectué des essais afin de savoir si le navire répondait bien aux objectifs demandés. A cette occasion, les clapages côtiers n’avaient pas pu être réalisés pour des raisons techniques. Ce chiffre n’est pas compté dans le résultat. Le bilan du travail d’Hondarra est dans les objectifs annoncés pour cette période, ce qui signifie que la nouvelle drague est à la hauteur des performances attendues…

Au printemps 2015, la drague Albatros avait ramené 96% des sables devant les plages. L’équipage de la SDI avaient réalisé un super résultat avec un navire particulièrement adapté pour l’occasion. Au total, sur l’année 2015, il n’aura été perdu que 12 143 m3 de sable angloy ce qui est encouragent puisqu’il s’agit là du meilleur résultat annuel depuis la mise en place du clapage côtier en 1974. Affaire suivre…

L’équipe SosLa

1974-2015 diagramme clapage côtier v1403 2016

Diagramme représentant le volume de sable dragué à l’embouchure de l’Adour et les différents volumes clapés au large ou devant la côte entre 1974 et 2015.

 

Sources: port de Bayonne